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- Too tired for your bullshit • Wayland -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Santa Lucia :: Le Ruby
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Roman Issaïev10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Roman Issaïev
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Sujet: Too tired for your bullshit • Wayland ( le Dim 5 Jan 2020 - 20:01 )


Too tired for your bullshit
Wayland & Eros



Tu ne sais pas trop quelle heure il est, lorsque tu montes dans la voiture censée te ramener au Ruby. Ton chauffeur du moment te jette à peine un regard ; il sait que c'est peine perdue que d'essayer de te faire la discussion, surtout après la soirée que tu viens de passer. T'es crevé. Déjà peu bavard de base, t'as encore moins envie de causer que d'habitude. La voiture démarre et tu regardes d'un œil absent les rues défiler et disparaître les unes après les autres, la tête vide. Un nid de poule secoue la voiture, t'aide à ne pas t'endormir sur ton siège. Il crève de chaud et tu te demandes pourquoi les italiens aiment autant faire n'importe quoi avec leurs thermostats - brûlant en hiver, glacial en été. Alors, tu te débarrasses de ton manteau et défais l'écharpe que tu as nouée autour de ton cou pour masquer les marques qui commencent déjà à y apparaître, vibrantes sur ta peau claire. Tu te sens un peu mieux, l'impression d'étouffement s'étant estompée légèrement. Une sangle a visiblement laissé une trace parfaitement nette, caractéristique, à l'endroit où elle a été serrée encore et encore ce soir. S'y ajoutent les papillons bleutés de suçons qui se sont manifestement égarés en morsures. Quelque part au cours du trajet, tu t'éteins, pour revenir à la réalité lorsque la voiture se gare finalement. Tu attrapes alors tes affaires d'une main lasse sans prendre la peine de les remettre, effort que tu juges inutile, et tu te glisses dans le club. Tu laisses tes pas grimper les étages et te guider lentement vers la cuisine, sans prendre la peine de saluer les rares personnes que tu croises à cette heure tardive (ou plutôt, matinale ; même si tu ne sais pas exactement quelle heure il est). Fourbu, fatigué, tu n'as pas l'intention de traîner ou sociabiliser -encore moins que d'habitude,  disons. Tu désires simplement récupérer de quoi manger un peu et aller te terrer dans ta chambre aussi longtemps que tu le pourras. Vu la soirée qu'on vient de te faire passer, tu as espoir qu'on te laisse tranquille demain. Mais tu n'y réfléchis pas trop, l'espoir ça n'amène rien de trop bon.
Tu as à peine poussé la porte que ton regard reconnaît la silhouette de celui qui s'y trouve. C'est bien ta veine, tiens. Sans un mot, un geste, tu poursuis ta route comme si tu ne t'étais pas apperçu de sa présence, ou plutôt : comme s'il n'était pas là. Ce comportement pourrait être perçu comme enfantin, mais tu n'en as pas grand chose à foutre ; toi, tu veux juste qu'on te laisse tranquille. Qu'il te laisse tranquille. Et ce soir, la lassitude est telle qu'il ne subsiste aucune trace de l'inverse. Même si tu ne l'aurais jamais avoué, si tel avait été le cas. La (dé)négation est ton plus grand pouvoir.



Spoiler:
 


Dernière édition par Roman Issaïev le Jeu 9 Jan 2020 - 9:32, édité 2 fois
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Wayland CollinsLa jeunesse dorée et éclatante
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Sujet: Re: Too tired for your bullshit • Wayland ( le Dim 5 Jan 2020 - 23:14 )
Tu ne bouges pas quand la porte s’ouvre. Même si c’est sur lui. Tu n’esquisses pas le moindre mouvement mais tes yeux se posent sur sa carcasse épuisée et l’analyses. Le scrutent. Cherchent les indices qui te renseigneront sur son emploi du temps de la soirée. Il n’était pas au Ruby et tu n’ignores pas que parfois, les clients invitent à demeure et réclament quelques extras. Tu en as fait quelques-uns déjà de ton côté, mais ce soir, c’est lui qu’on a réclamé.
On le réclame souvent ces derniers temps, et il revient à peu près dans le même état à chaque fois : souillé. Et vidé de toute énergie, silhouette fantomatique qui n’arrive plus à se dynamiser, même pour jouer le jeu. Ils te le tuent à petit feu, cet Eros qui sait si bien occuper tes pensées… Mais il se laisse faire, l’animal, sans se rebeller, sans broncher. Il accepte tout des autres. Sauf de toi.

Tu redresses un menton provocant, imbu de cette morgue dont tu fais preuve à chaque fois que vous êtes en tête-à-tête, et tes doigts lâchent la clémentine que tu étais en train de décortiquer. Lentement tu viens appuyer ton dos contre le dossier de la chaise, afin de mieux l’observer. Et même s’il se sent traqué, il ne bronche pas, continue son escapade vers le frigo comme si tu n’existais pas. Cela t’agace bien plus que tu ne l’aurais imaginé : c’est sa parade habituelle avec toi, et il arrive encore à te mettre dans tous tes états. L’ignorance est pire que l’insulte entre vous. Ta langue vient claquer contre ton palais avec agressivité comme pour lui rappeler que tu es là. Mais cela ne suffit pas. Cela ne suffit jamais avec Eros.
- Ils se sont bien amusés apparemment.
Tu es tenté d’ajouter « petit veinard » mais tu t’abstiens à temps. Parce que toi aussi tu sais ce que cela fais, toi aussi tu n’as pas eu le choix ni l’envie, et pourtant…. Alors ça, c’est une insulte qui ne franchira jamais tes lèvres parce qu’elle serait inhumaine, au-delà de la cruauté. Au-delà de ce que tu as réellement envie de lui infliger. Tu as beau crever d’envie de le maltraiter, parfois, tu n’as jamais franchi les bornes à ce point-là. Et tu ne le feras jamais.

Mais la bêtise de ta propre méchanceté te dégoûte soudain, et tu te redresses pour quitter ta chaise. Calmement ton corps prend place entre le frigo et la porte, lui barrant toute retraite et tout échappatoire. Il a beau avoir l’air épuisé, tu ne le lâcheras pas aussi facilement. Du moins, pas avant d’avoir réellement vu…. Il te tourne le dos, continue de t’ignorer – c’est tellement plus facile – alors tu tends ta main et des doigts, tu effleures cette marque sur son cou…. Si droite, si régulière : une lanière probablement. Serrée, pas fouettée, sans quoi elle aurait mordu la peau et l’aurait faite saigner. Tu t’y connais toi aussi, à force d’entraînements.

Ce seul contact t’électrise et tu retires prestement tes doigts, serrant le poing comme pour y dissimuler l’affront.
- Ils t’ont attaché.
Ils l’ont abîmé. Une langue de feu vient noyer ton cerveau et toute pensée cohérente : cette seule image te révulse, te fait horreur et t’empêche de t’écarter de lui. Attaché. Soumis à eux. Baisé….

Bon sang, tu as beau savoir et y être habitué, c’est toujours plus fort que toi dès qu’il s’agit de lui. Tu dérapes. Et à défaut de pouvoir les atteindre eux, tu le blesses lui. Ton sourire n’a rien de gentil quand tu ajoutes d’un air moqueur :
- As-tu aboyé pour qu’ils te passent ainsi la laisse ?


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Sujet: Re: Too tired for your bullshit • Wayland ( le Jeu 9 Jan 2020 - 9:31 )

Tu as beau faire mine de l'ignorer, aucun de vous deux n'est dupe. Tu peux sentir son regard sur toi, comme s'il s'agissait d'un soleil écorchant ta peau de ses rayons brûlants. Il te scrute, élabore certainement son plan d'attaque et tu te prépares mentalement, conscient qu'il y a peu de chance -pour ne pas dire aucune- qu'il te laisse tranquille. Tes sens aiguisés par sa seule présence, tu goûtes le réconfort olfactif d'un agrume écartelé tout en poursuivant ta route. Tes affaires toujours sur le bras, tu ouvres la porte du frigo pour en inspecter le triste contenu. Plusieurs choix s'offrent à toi, mais tu n'as guère envie de t'éterniser ici alors tu ne tergiverses pas bien longtemps. Mais déjà, un claquement de langue annonce le début des ennuis : il est déjà trop tard.

—  Ils se sont bien amusés apparemment, conclut le gamin, alors même que tu sais qu'il ne s'agit que du prologue.
C'est pour ça qu'ils payent, tu réponds d'un ton qui se veut neutre mais où perce un point final auquel même toi ne crois pas.

Alors que ta main s'étend pour attraper un paquet de jambon, tu perçois le mouvement furtif, à peine perceptible, dans ton dos. C'est le pas d'un prédateur, et tu maudis ton corps qui se tend d'avance. Tu refuses de lui faire face, refuses d'admettre sa présence, mais tu te fais surprendre par la caresse dans ta nuque, l'effleurement subtil sur ta peau marquée par la violence. L'espace d'un instant, tu as l'impression soudaine que tes poumons manquent d'air, plus encore que lorsque la sangle se resserrait sur ta gorge. Le plus doux des contacts te suffoque, et disparaît aussitôt. Tu frissonnes à retardement, et tu blâmes aussitôt le froid du frigo, niant la trace chaude laissée par ses empreintes sur ta peau.

Ils t’ont attaché.
Toujours aussi perspicace.

Tu réponds sans pause ni réflexion, le sarcasme en automatisme de défense, puissant. Là où le feu brûle en Wayland, tu choisis de souffler la glace. Attrapant ton jambon, tu te retournes alors même qu'il ajoute déjà , moqueur :

As-tu aboyé pour qu’ils te passent ainsi la laisse ?

Il cherche à te provoquer mais tout ce que tu lui offres en réaction, c'est un haussement de sourcil qui se fronce finalement. Et maintenant que tu lui fais face, c'est presque autant du mépris que de l'agacement qui pointe dans ton regard. Tu t'accroches à ta barrière, fermement. Défies le petit con à son propre jeu.

J'ai même remué la queue et bavé sur demande.

Tu n'es pas fier de ce que tu fais, loin de là, mais tu n'iras pas gémir et gigoter à ce propos devant un de ceux que tu considères comme faisant partie du cercle des responsables. Wayland ne t'a peut-être pas traîné ici -tu étais là bien avant lui-, mais il fait subir tout cela à d'autres en ramenant de la chair fraîche au Ruby. Il ne vaut pas mieux que Red dans ton esprit. Et tu essaies de te persuader qu'il ne vaut ni ton énervement, ni tes frissons. Surtout pas tes frissons.
Sur ce, tu esquisses un mouvement souple de côté pour le contourner, d'un pas agile, presque dansé. Ainsi, tu te fais l'effet d'un toréador, cape sur le bras, piquets en main -manteau et jambon feront l'affaire-. Si ses mots réveillent ton instinct endormi, tu ne te doutes pas d'à quel points les tiens peuvent effectivement énerver le taureau face à toi.

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Sujet: Re: Too tired for your bullshit • Wayland ( le Sam 18 Jan 2020 - 20:19 )
Il choisit la retraite, le sarcasme pour mieux éviter la confrontation. Parce qu’il sait que ce sera pénible, que tu vas l’emmerder un maximum et que tu ne lâcheras pas prise. Tu ne l’as jamais fait, tu ne vois pas pourquoi tu commencerais maintenant. Et surtout pas avec lui. Il est semblable à ces aimants qui affolent les aiguilles des boussoles : il te fait perdre le nord. Raison et Logique ne riment plus à rien dès qu’il est dans les parages, c’est comme s’il déclenchait l’étincelle et que tu partais en flamme comme un fétu de paille.

Sauf qu’à son âge, et après avoir vu sa vie être ainsi piétinée sans rien pouvoir y changer, on accepte sans doute un peu plus la fatalité de ce monde et on esquive les obstacles pour retourner se noyer dans ce long fleuve pas si tranquille que ça. Toi, t’es trop jeune encore pour ne pas lutter, pour ne pas refuser de toutes tes forces d’aller dans le sens du courant. Tu lui en veux de faire profil bas, de lâcher l’argument comme quoi, s’ils payent, ils peuvent : c’est comme si au final, cela lui importait peu et ce défaitisme te ronge les sangs. Tu ne le supportais pas quand il s’injectait cette saloperie dans les veines, tu le détestes encore plus quand il laisse la vie le droguer et le rendre amorphe. Dans ces quarts d’heure-là, l’envie de le secouer et l’obliger à ouvrir les yeux te vrille les entrailles…. C’est plus fort que toi. Tu en deviendrais tyrannique, mais tu t’en fous. Tu ne veux plus jamais qu’il baisse le regard en ta présence ou qu’il baisse les bras : deux signes terrifiants dans votre monde, parce qu’ils signaient le début de la fin.

Heureusement il a ce sursaut, ce tressaillement d’ego qui te réchauffe soudain le cœur et sa réplique te fait sourire froidement. Aussi sarcastique soit sa rebuffade, elle est pourtant belle et bien présente et tu adores le sentir encore vivant, même si cela reste profondément caché en lui. Quelque chose dans son regard t’hypnotise un bref instant, tu t’y plonges comme pour t’y noyer… et il s’enfuit, esquive et te contourne. Pensant pour t’échapper pour de bon.

Trop facile. La bataille vient à peine de commencer, énième rencontre d’une guerre entamée dès ton arrivée ici. Son corps svelte te contourne, il danse autour de toi avec cette grâce qui souvent te fascine, cette audace qu’il incarne avec autant de beauté que d’érotisme. Corps devenu malgré lui ce qu’on attendait : l’incarnation de l’indécence. Et toi, tu succombes, comme tu n’as jamais succombé pour aucun autre avant lui. Il a cet avantage, ce coup du sort qui t’a rendu si unique à tes yeux, et du coup, si impossible à supporter.

D’un geste rapide, tu attrapes son avant-bras et l’empêches de filer à l’anglaise. Loin de toi. Tu n’en as pas fini avec lui et ton regard le met en garde contre toute fuite. T’es pas son patron, tu n’as aucun pouvoir sur lui et pourtant, tu transpires l’exigence alors que tu le regardes droit dans les yeux. Bataille d’ego, défi des palpitants qui s’affolent…. Et tu romps brusquement la confrontation pour désigner du menton la grande table principale.
- Je vais faire du café. Assieds-toi là.
Tu sais qu’il rêve d’aller se coucher, que son corps épuisé – et maigre, si maigre sous tes doigts – n’aspire plus qu’à s’allonger pour oublier les sévices subis, mais tu ne le laisseras pas te fuir. Toi aussi tu as envie de café, toi aussi tu veux profiter de sa présence, aussi sarcastique soit-elle. T’es prêt à encaisser les chocs : de toute façon, tu les lui rendras au centuple, pour faire bonne figure.

Tu ne le lâches que lorsqu’il semble avoir compris qu’il n’a pas d’autre choix que de se choisir une chaise et s’asseoir, et tu te diriges vers la cafetière pour préparer le liquide noir. Au moins, vous avez du bon matériel ici, Navaro sait prendre soin de ses employés, il faut bien lui reconnaître cela.

- Tu es très demandé en ce moment.
Et tu détestes ça. L’idée de le savoir collé à ces corps, à subir sans oser mordre, alors toi, ton âme est parsemée des marques de ses morsures….
- Qu’est-ce que tu leur fais donc, pour qu’ils t’aiment à ce point ?


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Sujet: Re: Too tired for your bullshit • Wayland ( le )
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