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- La mort a toujours tort. || Emiko -

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Misako CortesiLe vin est un puissant lubrifiant social
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Misako Cortesi
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Sujet: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Lun 6 Jan 2020 - 22:21 )
Misako s’était présentée comme convenue à l’accueil de l’hôpital. On lui donna un badge et les indications pour descendre à la morgue avant de la laisser se débrouiller seule. Elle remit sa musique sur ses oreilles et suivit le chemin donné. Aujourd’hui, elle venait rendre visite à Koko sur son lieu de travail comme promis. Elle était sincèrement intéressée par le travail de sa sœur : probablement parce qu’elle était attirée par la grande faucheuse comme un papillon vers la lumière. La fleuriste n’avait jamais eu peur de la mort, elle l’avait tant de fois cherché qu’aujourd’hui : elle la considérait comme une amie plus qu’une ennemie. Rentrant dans la morgue, elle regarda autour d’elle avant de remarquer qu’elle était toute seule. Elle haussa les épaules et s'avança donc avant de commencer à faire le tour du lieu de travail de sa sœur. Un corps avait été laissé sur la table d’auscultation : elle ne tourna pas de l’œil bien au contraire. Misako s’approcha et inspecta le travail en cours : impressionnée, sous le charme presque. Elle trouvait ça… Beau. Naturellement, elle ne parlerait de ces pensées à personne : elle n’avait pas envie de terminer dans le service psychiatrique de l’hôpital, mais les faits étaient là quand même. En voyant la table d’auscultation d’à côter libre, elle posa son manteau sur son sac à dos, enleva sa veste et grimpa pour s’y allonger. Elle ne devrait probablement pas, mais elle ne pouvait résister à la tentation. S’allongeant dessus, elle tourna ses bras pour que ses paumes soient dirigées vers le plafond et ferma les yeux avant de soupirer longuement. Dans ses oreilles jouaient Lacrimosa de Mozart. Cela était si… Normal. Le froid de la table apaisait son esprit, la faisait couler dans les méandres de son esprit.

Elle avait tant de fois été proche de mourir sans attendre le but ultime du suicide que se retrouver dans un endroit où les morts sont découpés et analyser avait quelque chose de grisant. Elle ne pourrait pas expliquer comment, ni pourquoi, mais en quelque sorte elle se sentait à sa place parmi les macchabées. Peut-être que lors de sa dernière tentative une part de son âme est partit ? Qu’elle est une sorte de morte-vivante avec encore un peu de vie ? Assez pour paraître normale ? Misako ne savait pas, mais elle trouverait une réponse à ces questions. En attendant, elle préférait se concentrer sur les énergies autour d’elle. Il y avait beaucoup de vibrations, de noirceurs qui enserraient son cœur et lui faisaient tourner la tête. Sa grand-mère aurait pu dire si oui ou non ce sont des âmes perdus : elle n’avait pas totalement ce don. Elle ne le travaillait plus depuis son arrivée à Naples. Par manque de temps, mais surtout, car cela lui rappelait bien trop le Japon et la rendait nostalgique. Sa place était là-bas, mais elle ne changerait sa situation pour rien au monde. Etant de retour dans cette ville : elle pouvait se lier à nouveau à sa sœur.

Quand la porte s’ouvrit, Misako ne bougea pas. Elle garda ses yeux fermés et laissa la personne s’approcher. Pour qu’elle ne dise rien, c’est que cela devait être Emiko. En sentant une présence au-dessus d’elle, elle rouvrit ses yeux et croisa les iris sombres de son aîné. “Hey…” Elle referma les yeux : “C’est si paisible ici.” Elle était sérieuse. Elle n’avait pas froid bien qu’elle soit en débardeur. “Je pourrais rester là toute la journée sans bouger.” Est-ce que c’était le moment où elle devait se confier sur sa fascination pour la mort ? Était-ce le moment où elle devait avouer ce qu’elle avait tant de fois fait ? Non. Elle se retenait de dire quoique ce soit, ne pensa même pas à cacher ses nombreuses cicatrices plus ou moins récentes sur ses bras. Finalement, elle se redressa et s’assit sur la table : “Il y a une énergie bizarre ici. Il y a des âmes qui ne sont pas passées de l’autre côté.” Elle haussa les épaules : “Mais je ne suis pas aussi douée que le reste de notre famille.”


Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera, elles raisonneront au contact de ce qu’il y a de meilleur en nous.
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