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- La mort a toujours tort. || Emiko -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Hôpital de Maria di Loreto Nuovo
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Sujet: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Lun 6 Jan 2020 - 22:21 )
Misako s’était présentée comme convenue à l’accueil de l’hôpital. On lui donna un badge et les indications pour descendre à la morgue avant de la laisser se débrouiller seule. Elle remit sa musique sur ses oreilles et suivit le chemin donné. Aujourd’hui, elle venait rendre visite à Koko sur son lieu de travail comme promis. Elle était sincèrement intéressée par le travail de sa sœur : probablement parce qu’elle était attirée par la grande faucheuse comme un papillon vers la lumière. La fleuriste n’avait jamais eu peur de la mort, elle l’avait tant de fois cherché qu’aujourd’hui : elle la considérait comme une amie plus qu’une ennemie. Rentrant dans la morgue, elle regarda autour d’elle avant de remarquer qu’elle était toute seule. Elle haussa les épaules et s'avança donc avant de commencer à faire le tour du lieu de travail de sa sœur. Un corps avait été laissé sur la table d’auscultation : elle ne tourna pas de l’œil bien au contraire. Misako s’approcha et inspecta le travail en cours : impressionnée, sous le charme presque. Elle trouvait ça… Beau. Naturellement, elle ne parlerait de ces pensées à personne : elle n’avait pas envie de terminer dans le service psychiatrique de l’hôpital, mais les faits étaient là quand même. En voyant la table d’auscultation d’à côter libre, elle posa son manteau sur son sac à dos, enleva sa veste et grimpa pour s’y allonger. Elle ne devrait probablement pas, mais elle ne pouvait résister à la tentation. S’allongeant dessus, elle tourna ses bras pour que ses paumes soient dirigées vers le plafond et ferma les yeux avant de soupirer longuement. Dans ses oreilles jouaient Lacrimosa de Mozart. Cela était si… Normal. Le froid de la table apaisait son esprit, la faisait couler dans les méandres de son esprit.

Elle avait tant de fois été proche de mourir sans attendre le but ultime du suicide que se retrouver dans un endroit où les morts sont découpés et analyser avait quelque chose de grisant. Elle ne pourrait pas expliquer comment, ni pourquoi, mais en quelque sorte elle se sentait à sa place parmi les macchabées. Peut-être que lors de sa dernière tentative une part de son âme est partit ? Qu’elle est une sorte de morte-vivante avec encore un peu de vie ? Assez pour paraître normale ? Misako ne savait pas, mais elle trouverait une réponse à ces questions. En attendant, elle préférait se concentrer sur les énergies autour d’elle. Il y avait beaucoup de vibrations, de noirceurs qui enserraient son cœur et lui faisaient tourner la tête. Sa grand-mère aurait pu dire si oui ou non ce sont des âmes perdus : elle n’avait pas totalement ce don. Elle ne le travaillait plus depuis son arrivée à Naples. Par manque de temps, mais surtout, car cela lui rappelait bien trop le Japon et la rendait nostalgique. Sa place était là-bas, mais elle ne changerait sa situation pour rien au monde. Etant de retour dans cette ville : elle pouvait se lier à nouveau à sa sœur.

Quand la porte s’ouvrit, Misako ne bougea pas. Elle garda ses yeux fermés et laissa la personne s’approcher. Pour qu’elle ne dise rien, c’est que cela devait être Emiko. En sentant une présence au-dessus d’elle, elle rouvrit ses yeux et croisa les iris sombres de son aîné. “Hey…” Elle referma les yeux : “C’est si paisible ici.” Elle était sérieuse. Elle n’avait pas froid bien qu’elle soit en débardeur. “Je pourrais rester là toute la journée sans bouger.” Est-ce que c’était le moment où elle devait se confier sur sa fascination pour la mort ? Était-ce le moment où elle devait avouer ce qu’elle avait tant de fois fait ? Non. Elle se retenait de dire quoique ce soit, ne pensa même pas à cacher ses nombreuses cicatrices plus ou moins récentes sur ses bras. Finalement, elle se redressa et s’assit sur la table : “Il y a une énergie bizarre ici. Il y a des âmes qui ne sont pas passées de l’autre côté.” Elle haussa les épaules : “Mais je ne suis pas aussi douée que le reste de notre famille.”


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Sujet: Re: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Jeu 23 Jan 2020 - 23:51 )
Sa journée avait été épuisante pour Emiko. Pas parce qu’elle avait eu beaucoup de boulot, non bien au contraire, pour la jeune médecin il n’y avait jamais assez de morts. Après toutes ces années, elle était toujours à la quête de cette âme qu’elle persistait à trouver que ce soit dans cette vie ou dans une autre. Depuis le moment passé avec sa jeune sœur, la jeune femme s’était intéressée à la vie après la mort mais de façon spirituelle. Si elle n’avait pas compris grand-chose à ce qu’elle lisait et qu’elle avait dû relire plusieurs fois une seule page pour comprendre le sens de ce qu’elle avait sous les yeux, elle ne voulait pas perdre espoir. Elle ne se souvient même plus du moment où dans sa vie, la quête de cette chose aussi insensée lui était devenue vitale. Pourtant elle l’était. Tout comme le besoin d’être proche de sa sœur lui devenait de plus en plus indispensable. Toutes ces années passées sans elle à ses côtés avait créé un vide dans le cœur de la légiste qu’elle savait ne jamais pouvoir combler. Et elle ne l’avait jamais cherché de toute façon. Rien ni personne n’aurait pu remplacer sa sœur. Le soir après les retrouvailles, ça avait été la première nuit de Koko sans cauchemars. Certes son sommeil n’avait pas été un long fleuve tranquille, mais elle avait trouvé la paix suffisante pour pouvoir faire une nuit complète sans besoin de noyer ses pensées sous de l’alcool fort qui l’aurait engourdit. Rien que de penser à Misa remplissait le cœur mort d’Emiko d’une émotion qu’elle avait du mal à définir. Et plus elle pensait à elle, plus elle s’activait à terminer ce qu’elle devait faire pour aller la rejoindre. Bien que ça semble étrange, elles avaient décidé de se revoir et de passer plus de temps ensemble. A cause – ou grâce à – de la fascination des sœurs Cortesi pour la mort, Koko avait décidé d’arranger un moment dans la morgue pour toutes les deux. Là où elle découpait les cadavres, elle était sur le point d’accueillir sa jeune sœur. Cette pensée lui était étrange mais tellement pleine d’espoir qu’elle tenait à peine en place. Pour ses collègues, elle était encore plus froide et autoritaire que d’habitude. Pour Emiko, elle se sentait désorganisée et dissipée avec un œil qu’elle gardait sur sa montre toutes les cinq minutes.

Lorsqu’elle eut enfin terminé son travail, elle se dirigea à toute vitesse vers la salle d’opération où elle devait y faire quelque chose rapidement avant d’aller à la recherche de Misa. En poussant la porte, le cœur de la jeune femme rata un battement en voyant un corps allongé sur la table. Elle ne fit qu’un pas pour pénétrer dans la pièce avec une certaine réticence, de loin, les traits de la personne lui disaient quelque chose. A mesure qu’elle se rapprochait, elle sentait les battements de son cœur s’amplifier dans sa poitrine en reconnaissant les traits de Misa. Presque tremblante, elle sentit la nausée lui monter ainsi que les larmes. Elle ne bougeait pas et Koko était bien trop sous le choc pour voir que sa sœur respirait toujours. Dans la tête de la légiste, c’était encore une hallucination qui lui montrait une vision horrible. D’un geste presque inconscient, elle toucha la marque qu’avait laissée la lame le soir où elle avait eu envie d’en finir encore une fois. Non, ça ne pouvait pas être ça. C’était juste son cerveau qui lui jouait des tours, encore. A pas lents, presque timides, elle s’avança vers la table et observa avec plus de précision les jolis traits de sa sœur une fois à sa hauteur. En la voyant ouvrir les yeux et lui parler, elle sursauta avec un petit mouvement de recul, devant se retenir au chariot où étaient posés les outils. « Hey… » Répondit Koko d’une petite voix tremblante, les yeux écarquillés alors que sans ses tympans elle n’entendait que les pulsations du sang battre. Sans dire un mot, elle l’écouta alors qu’une main se posait contre sa poitrine pour calmer son cœur qui venait de vivre un ascenseur émotionnel terrible. Elle n’était pas morte. Misa n’était pas morte, elle avait juste cru bon de s’installer de la sorte sur sa table. Si une envie puissante de la prendre dans ses bras avait poussé Emiko à s’avancer à nouveau vers sa cadette, elle ralentit le pas et se ravisa. Elle se contenta d’adresser un sourire à cette dernière avant de monter à son tour sur la table et de s’asseoir à côté d’elle. Son regard balaya la pièce comme à la recherche de ces âmes. « Tu penses qu’elles sont bloquées ici ? Je fais la sieste parfois sur cette même table, j’ignore qui dérange qui pour le coup. » Lâcha la légiste. « Là, tout de suite, tu saurais comment communiquer avec elles ? »




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Sujet: Re: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Sam 1 Fév 2020 - 16:39 )
Misako avait longtemps ressenti de la honte pour sa fascination pour la mort, pour cette envie d’en finir. Dans une société où on accepte la violence à la télévision ou dans les films, la grande faucheuse est absolument partout. Cependant, dire qu’on ressent le besoin d’en finir et soudainement c’est la personne remplie d’un mal-être qui est l’extraterrestre de la conversation. Elle n’avait jamais compris pourquoi les gens s'obstinaient à être offusqué par le suicide et par le libre-arbitre d’une personne de mettre fin à ses jours. Cela ne gêne et ne peine que les vivants qui doivent passer le reste de leurs à se poser des questions, mais pensent-ils que cela est une libération pour la personne qui en a fini ? Le choix était-il de juste prendre des médicaments pour relâcher des endorphines artificiellement et avoir cette impression d’être heureux ou bien de mettre à terme à cette mascarade ? Misako ne savait pas trop. Pendant longtemps elle avait eu honte oui, s’était cachée, avant de finalement arrêter de faire une telle chose et c’est probablement à cet instant que les choses s’étaient dégradées. Heureusement, on lui avait tendu une main, héberger, soigner ses plaies physiques à défaut de pouvoir guérir psychologiquement. Il était certain que sans ses années passées au Japon : Misako aurait abandonné depuis longtemps. Elle n’aurait pas connu Arthur, elle n’aurait pas pu renouer avec sa sœur, mais au moins elle ne devrait pas se batailler avec elle-même tous les jours avec l’espoir que la vie allait être mieux dans les heures qui suivent son réveil. Elle vivait dans une incertitude constante, cela était un peu comme vivre au pied d’un volcan qui menaçait de rentrer en éruption à tout instant. En rentrant dans la morgue, un sentiment de paix l’avait immédiatement envahi. Comme si soudainement… Elle était à sa place à Naples. Cela voulait-elle dire que la mort était belle et bien sa meilleure amie ? Arpentant la grande salle froide, elle ouvrit même quelques portes pour voir les corps allongés. Penchant la tête en les regardant, cela ne lui faisait pas froid dans le dos. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait un cadavre. En revenant vers les tables d’auscultation, elle regarda le sujet qui attendait d’être ouvert avant de s’allonger à côté de lui. Elle n’avait probablement pas l’autorisation, mais elle la prenait. En simple débardeur, elle savourait le froid de la table, le silence que les morts imposaient à la pièce. Seule l’aiguille des secondes semblait avoir le courage de défier ce dernier. Un courage admirable qui n’est pas étonnant venant de la personnification même du temps qui passe : alliée millénaire de la mort et fin de toute chose.

En entendant la porte s’ouvrir, Misako sut immédiatement que c’était sa sœur, mais elle ne bougea pas pour autant : voulant égoïstement savourer les quelques instants de paix que la pièce offrait avant de retrouver le monde des vivants en quelque sorte. Quand elle ouvrit les yeux, effrayant par la même occasion sa sœur, elle se redressa vivement :

“Désolée, je ne voulais pas te faire peur.” Cela était sincère. Ses yeux ne mentaient pas. Elle sourit en voyant sa sœur s’installer à ses côtés et l’informa par la même occasion qu’il y avait des esprits bloqués ici. Elle les sentait sans pour autant les voir. Ses poils, hérissés à la base de sa nuque, n’étaient pas dus au froid. “Je te comprends, c’est paisible et reposant ici.” Elle réfléchit : “Je pense que tu déranges personne, tant que tu les traites avec respects.” Hochant négativement la tête, Misako éluda ce geste : “Je ne sais pas vraiment non et cela peut être dangereux pour moi si je n’ai pas la formation adaptée, mais…” Elle se pencha pour attraper son sac et en sortit un livre : “Grand-mère à envoyer ce livre du Japon après que je lui aie parlé de ce que tu fais.” C’était un vieux tome en japonais. “Je t’ai traduit les chapitres qui peuvent t’intéresser. C’est sur le Shamanisme, sur les Yutas principalement qui sont - comme notre grand-mère - des shamans indépendantes contrairement à notre tante qui est une Noro : au service de la communauté. C’est un manuscrit du XVIIème siècle, mais ça parle des liens entre les esprits et le monde des vivants : ou comme une âme peut rester enfermer dans ce monde si elle ne s’est pas réincarnée.” Misako sourit : “Je vais faire des recherches, demander des conseils et voir si je peux apprendre à distance à rentrer en contact avec eux. Je sais que je peux être un récepteur d’esprit, j’ai été testée, mais je ne sais pas comment utiliser ce don. Puis si je peux, on pourra essayer ici t’en dis quoi ?”


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Sujet: Re: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Mer 1 Avr 2020 - 22:19 )
Pour toute réponse, Emiko se contenta d’esquisser un fin sourire. Elle ne voulait pas lui montrer à quel point elle était soulagée qu’elle était en vie, parce qu’elle ne voulait même pas justifier cette peur qui s’installait doucement qu’elle puisse la perdre à nouveau. Jamais la jeune femme n’aurait ressentir une telle chose. Mais depuis que sa petite sœur était de nouveau dans sa vie, elle s’était fait le triste constat qu’elle avait quelque chose auquel elle tenait et qu’elle pouvait perdre à tout moment. Par le passé, elle s’était toujours interrogée sur cette sœur qu’elle avait élevée plus comme sa propre fille que comme sa cadette. Elle se demandait souvent  si elle était en bonne santé, si elle avait bien mangé, le genre de question que seule une mère pourrait se poser. Et ça lui faisait drôle de voir qu’elle pouvait encore penser à Misa de cette façon malgré la distance. N’ayant que très peu de nouvelles de cette dernière, il n’était pas difficile pour Emiko de répondre à ses propres questions par une imagination qu’elle refusait de voir déborder. Est-ce qu’elle allait bien ? Oui. Est-ce qu’elle avait mangé ? Oui. Est-ce que Misako était heureuse ? Plus qu’elle, elle l’espérait. Cette époque était plus facile. Aujourd’hui elle faisait peu à peu partie de son quotidien. Elle ne pouvait plus répondre à ses propres questions et n’osait pas non plus les demander directement à la personne concernée. Quoi qu’il en soit, elle chassa ces pensées d’un geste discret de la main tandis qu’elle s’installait à côté de la jeune femme sur la table d’opération vacante. Un rapide coup d’œil autour d’elle et elle haussa les épaules. Oui elle occupait souvent les lieux au point même de se cacher parfois dans son trou pour éviter de devoir croiser des collègues désagréables. Ou bien les esprits la laissaient tranquilles, ou bien elle était tellement habituée à leur présence qu’elle ne les sentait même plus. A penser qu’elle avait déjà senti des vibrations ou ce genre de choses. Elle en avait vu passer des morts entre ces murs, et elle savait qu’elle en verrait encore beaucoup. Jamais elle ne s’était demandée ce qu’il avait pu advenir de leurs esprits. D’ailleurs, l’âme était la même chose que l’esprit ? « Les traiter avec respect ? Je dissèque leur enveloppe corporelle, j’imagine que les gestes chirurgicaux comptent comme du respect. » Les sourcils froncés, elle se repassait le dernier cadavre dont elle avait pu observer l’intérieur. Elle avait grimacé en voyant la couleur des poumons avant de lever les yeux au ciel en soupirant. Ca comptait comme un manque de respect ça ? Perdue un court instant dans ses pensées, elle rapporta son regard sur Misa qui sortit un livre sur lequel elle se pencha pour le voir de plus près. Presque timidement, elle récupéra l’objet entre les mains de sa cadette et l’observa sous tous les angles. La première chose qui lui sauta aux yeux c’était la langue. Ses gestes se figèrent face aux paroles de Misako. Leur grand-mère. Celle qu’elle n’avait jamais rencontré ni même parlé, et dont elle ignorait encore si elle était encore en vie ou pas. Cette grand-mère là. Son cœur se serra sans raison lorsqu’elle fit mention de cette dernière et pour ne pas qu’elle remarque son expression avait changé, Emiko avait détourné les yeux pour se concentrer sur l’ouvrage qu’elle avait entre les doigts. Elle ne comprenait rien mais faisait semblant de déchiffrer ce qu’il était écrit parce qu’il était plus facile pour elle de prétendre, plutôt que d’affronter le regard de sa sœur. Mais plus elle parlait et lus le cœur de la légiste se serrait. Elle ne faisait que parler de choses qu’elle ignorait, introduisant ici et là des membres de cette famille inconnue voire étrangère à Emiko. Un autre sourire étira doucement les lèvres de la jeune femme pour toute réponse, hochant doucement la tête. Elle n’avait écouté qu’à moitié ce qu’elle venait de lui dire, mais elle était d’accord pour faire des tests avec elle, tant qu’elles pouvaient passer du temps ensemble. Evitant toujours de croiser le regard de sa cadette, elle ouvrit une page au hasard où elle laissa son regard défiler avant de finalement le refermer. « Ta… notre… grand-mère ? » L’hésitation dans sa voix se faisait sentir. « Comment elle est ? » Une question si vague pourtant la seule qu’elle était en mesure de formuler. « Est-ce qu’elle lui ressemble ? » Pas besoin d’être devin pour comprendre qu’elle faisait référence à leur mère. Mais Emiko voulait savoir si elle était la seule à qui les traits rappelaient ceux de cette génitrice décédée ou pas.




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Sujet: Re: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Dim 5 Avr 2020 - 20:24 )
Misako hocha la tête quand sa sœur demanda si couper leur corps était un signe de respect. Aussi étrange que cela pouvait paraître, oui cela était une marque de respect. “La plupart du temps, c’est pour savoir pourquoi ils sont morts et pour faire avancer la médecine. Ce n’est pas faire quelque chose de mal. Enfin, je pense et au fond : si cela était quelque chose de mauvais cela fait depuis longtemps qu’il n’y aurait plus de médecin légiste.” Elle lui sourit, se voulant réconfortante pour qu’Emiko ne se mine pas le moral avec ça.

Se penchant pour récupérer un livre qu’elle avait apporté, elle commença à expliquer ce dernier et aussi à montrer quelques passages traduit du Japonais à l’italien pour qu’elle comprenne. Misako serait ravie d’apprendre à sa sœur la langue de leur mère. Une femme qu’elle n’a jamais connue et qui pourtant l’a accompagné à chaque pas de sa vie adulte. Elle avait tout fait pour se rapprocher le plus possible d’elle et qu’on arrête de lui dire que son caractère et ses yeux ressemblaient à son père. Elle ne voulait rien à voir à faire avec cet homme et ne voulait pas son patrimoine génétique. Misako avait prévu de changer son nom de famille pour prendre celui de sa famille maternelle et définitivement couper les ponts avec cet homme qu’elle tuerait avec plaisir. Il était bien la seule personne dans cette catégorie.

La cadette n’avait aucune idée du mal qu’elle faisait à son aînée. Elle souhaitait juste lui transmettre un peu son savoir, être un pont entre les origines d’une mère absente depuis sa naissance. Rien de plus. Alors oui, Misako n’y allait pas de main morte, car d’une elle était passionnée et de deux, elle n’avait pas peur de faire le chemin toute seule en tirant par la main Emiko. Elles avanceraient à leur rythme et maintenant elle ne serait plus loin pour l’aider, pour la pousser. C’était la raison pour laquelle était revenue à Naples après tout. Pour être avec elle et seulement elle. Laissant le silence s’installer, ne cherchant même pas à le couper : elle laissa sa sœur le briser. C’est à cet instant que Misako comprit qu’elle n’avait probablement pas eu la bonne technique.

“Certains disent que oui, d’autres que non.” Elle haussa les épaules en baissant la tête : “Je ne sais pas trop. Il paraît qu’elles avaient la même voix plus jeune. C’est une femme patiente et douce qui ne sait pas quoi faire pour prendre soin de sa famille.” La fleuriste chercha dans sa poche et sortit son portable pour montrer une photo. “Notre tante lui ressemble plus selon Misako.” Elle lui tendit son téléphone pour qu’elle le prenne si elle le veut. “Je suis désolée…” Souffla-t-elle finalement. “Si cela te gêne, si je fais quelque chose qui te rends mal à l’aise, dis le moi ok ? On va peut-être mettre du temps à se retrouver, mais autant le faire comme il faut, tu ne crois pas et pour ça, on doit être honnête l’une envers l’autre.” Misako tendit sa main : “Deal ?”


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Sujet: Re: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Lun 11 Mai 2020 - 18:55 )
Elle ne savait pas si elle pouvait appeler ce qu’elle ressentait de la tristesse, c’était plus du gène. C’était une culture très éloignée de celle de la jeune femme. Et même si ses traits, ainsi que son prénom la ramènent sans qu’elle ne puisse y faire grand-chose aux origines de sa mère, elle s’était toujours arrangée pour rester éloignée le plus possible de tout ce qui pourrait lui rappeler cette femme. Pour les rares fois où on lui avait parlé de sa mère, suite au décès de cette dernière, elle s’enfermait dans le silence pour éviter de dire tout ce qu’elle pensait de cette femme qu’elle avait détesté malgré elle pendant de longues années. Une part d’elle, plus raisonnable blâmait Emiko d’en vouloir à sa mère d’être morte. Une autre lui en voulait de l’avoir abandonnée et de tous les malheurs qui avaient suivi. Peut-être que si aux yeux de son géniteur elle n’avait pas tant ressemblé à sa mère, il n’aurait jamais abusé d’elle. Si sa mère était encore en vie, peut-être même qu’elle aurait pu la protéger de cette vie qui l’avait forcé à grandir trop vie. Une chose était pourtant sûre, jamais elle n’en avait voulu à Misako. Certes, c’était suite à sa venue au monde que leur mère avait tiré leur révérence, mais au final, des deux c’était sûrement elle qui aurait eu plus besoin de sa présence. Contrairement à Emiko, elle n’avait pas eu la chance de la connaître. De la serrer dans ses bras ou même d’appeler qui que ce soit « maman ». Pendant un court instant alors que sa cadette lui expliquait le manuel qu’elles avaient toutes les deux sous les yeux, elle sentit son regard s’emplir de tristesse face à cette sœur qui méritait bien mieux que ce la vie avait pu lui offrir. Elle méritait une sœur meilleure qu’Emiko, qui l’avait tenue éloignée de ses proches pendant toutes ces années. Si sur le moment elle se disait ne pas avoir d’autre choix que d’envoyer Misako dans une autre ville que là où ils étaient, elle s’en voudrait toujours de ne pas avoir tenté de la garder près d’elle. Au final, Emiko avait perdu au court de ces longues années la seule chose à laquelle elle aurait pu se raccrocher. Et suite à ça, elle avait perdu sa sœur.

Le regard toujours triste, elle poussa un soupir avant de détourner les yeux du livre. Elle n’avait plus envie de voir du japonais pour aujourd’hui. D’une façon détachée, elle passa une main dans ses cheveux et sur son visage pour être sûre qu’aucune larme n’avait coulé, avant de fixer le sol. Elle qui détestait pleurer, avait appris qu’il s’agissait d’une réaction normale dans certaines situations donc même si elle ne voulait pas verser de larmes, parfois elles coulaient toute seule. Ici ce n’était pas le cas et tant mieux. Le regard fuyant, la voix peu assurée, elle finit par prendre la parole. La question lui avait presque brûlé les lèvres, et quant à la réponse, elle n’était pas certaine de vouloir la connaître. Dans la tête de la jeune femme, elle essayait de dessiner les traits de cette grand-mère qu’elle ne connaissait pas et qu’elle ne rencontrerait sûrement jamais. A ça, venaient se mêler des souvenirs qu’elle avait enfouit pour essayer de se souvenir du timbre de voix de sa mère. La seule chose dont se souvenait Emiko, c’était une chanson japonaise que lui chantait sa mère pour l’endormir lorsqu’elle la prenait dans ses bras. Ne parlant pas la langue et à cause du flou qui entourait encore ce souvenir, elle ne saurait fredonner la chanson sans paraître ridicule. Mais c’était tout ce qu’elle avait. Et quelque part, c’était déjà trop. En voyant Misa chercher quelque chose à côté d’elle, elle reporta son attention sur elle avant de se saisir du téléphone qu’elle lui tendait. « Désolée de quoi ? » Les sourcils froncés, elle avait eu à peine le temps de regarder l’écran. Un sourire à peine perceptible étira les lèvres d’Emiko qui secoua doucement la tête. « Deal. » Sur le fond, elle était d’accord avec ce que disait la jeune femme. En ce qui concernait l’honnêteté, c’était autre chose. « Je suis désolée… » Souffla à son tour la légiste. « Toutes ces années où j’aurais dû être là pour toi… » La fin de sa phrase se perdit entre les murs de la salle d’opération. Alors qu’elle avait le poids de ses propres maux, elle prenait également la responsabilité de ceux de Misa. « Je suis désolée. » Elle réitéra ses propos, en plantant cette fois son regard dans celui de sa sœur. Elle sauta à pieds joints pour descendre de la table avant de se ressaisir. « Je vais bientôt devoir aller m’occuper d’un corps, est-ce que tu… tu veux que je te montre ? » Elle espérait qu’elle dise oui, elle n’avait pas envie que ce moment entre elles prenne fin. De plus, même si elle savait que sa sœur n’était pas en droit de l’assister pour une telle chose, qui allait la dénoncer ? Le corps ? Elle aimerait bien voir ça. « Tu veux bien ? »




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Sujet: Re: La mort a toujours tort. || Emiko ( le Mer 13 Mai 2020 - 18:25 )
Il était hors de question pour Misako de s’imposer. Si jamais sa sœur ne se sentait pas à l’aise avec la mention de sa famille Japonaise : alors elle respecterait cela et ferait son possible pour moins en parler, voir plus du tout. Il lui serait difficile de faire une telle chose, mais pour Emiko : il n’y avait rien de trop beau. Il était hors de question qu’elle perde sa sœur maintenant, pas alors qu’elle semblait faire quelques pas en avant. Leur relation ne serait jamais parfaite, mais la fleuriste s’en contenterait. Parce que la présence de la femme assise à côté d’elle avait entaché sa vie d’ombre et de tristesse. Alors, même si rien n’était gagné, elle n’avait rien à perdre. C’était ce qui lui permettait d’être aventureuse et de se jeter dans le vide quand cela était nécessaire. Misako sortit son portable pour montrer une photo de leur grand-mère puisqu’elle semblait vouloir savoir si elle ressemblait à leur mère. Une chose qu’elle ne pouvait pas répondre, n’ayant vu que des photos d’elle. Et puis… Elle mit les pieds dans le plat. Emiko avait le droit de l’envoyer sur les roses et elle ne serait pas gênée par cela. Elle serait même … Soulagée. Ainsi, tant que sa sœur ne lui dit rien : elle ne faisait pas de bêtises. Satisfaite d’entendre le médecin légiste accepter, elle suivit le mouvement et alla poser le livre sur le bureau un peu plus loin.

Surprise de la demande, elle lui offrit un immense sourire : “Pour de vrai de vrai ?” Elle était surprise oui. “Cela serait génial ! J’ai toujours été curieuse de savoir ce qu’il y avait sous la peau.” Pas question de dire qu’elle avait trituré sa propre chair par excès de rage, de spleen et de colère. “Je ne pense pas être d’une grande aide, mais si je peux le faire : je le ferai.” Elle attacha ses cheveux et attendit les instructions : “C’est pour une enquête policière ?” Et c’est là où elle pensa à Arthur. D’ailleurs, son sourire se fit un peu plus doux, pour ne pas dire niais.


Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera, elles raisonneront au contact de ce qu’il y a de meilleur en nous.
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