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- Un train à prendre { Vango -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Giacinta Faggio
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Sujet: Un train à prendre { Vango ( le Mar 7 Jan 2020 - 17:59 )
Le nez en l’air, et le sourire aux lèvres, Giacinta parcourait la gare, sa valise à la main. Ces temps ci, elle avait souvent eu envie de rentrer chez elle. De voir ses proches. De se sentir soutenue, aidée, épaulée par les siens. Elle se plaisait à Naples, ce n’était pas le problème mais les cauchemars restant étaient nombreux. Elle dormait mal, se réveillant souvent en sueur, en se demandant où elle était. Même le chat ne l’aidait pas à avoir un sommeil plus serein. Elle vérifiait toujours qu’elle n’était pas suivie dans les rues et faisait toujours le tour de son appartement en rentrant. Le seul endroit où elle parvenait à se sentir en sécurité c’était la réserve puisqu’elle savait que personne n’aurait l’idée d’aller l’y chercher. Elle avait de repos et de calme. En calme et repos n’étaient pas les maîtres mots de la maison familiale. Elle y trouverait plutôt divers individus loufoques, prêts à discuter de n’importe quel sujet et surtout ceux étant politiquement incorrects. Plus que ça, elle y trouverait l’amour familial. Et elle parviendrait à se ressourcer et probablement à éloigner les angoisses. Ce dont elle avait cruellement besoin.

Et puis il y avait un autre problème. Le dessin. Malgré le chevalet installé dans son salon, elle n’avait toujours pas réussi à toucher un crayon. Les souvenirs revenaient en masse et elle échouait à chaque fois. Elle regardait souvent la toile posée, encore vierge sur son socle, se demandant quand son cerveau débloquerait le truc. Le dessin lui manquait énormément. Poser la toile et prendre le temps de visualiser le dessin. Prendre un crayon et faire une succession de traits gris, à l'instinct, qui ressemblaient à un gribouillis jusqu’à ce qu’il devienne une esquisse. Puis reprendre les traits, affiner, perfectionner, recommencer. Et enfin, donner de la vie au tableau avec la couleur. Jusqu’à ce que sa vision s’anime et que ce qui était jusqu’alors en construction devienne quelque chose de terriblement réaliste. Ces sensations lui manquaient. Elles étaient uniques et elle n’avait ressenti ça nulle part ailleurs. Autrefois elle ne pensait qu’à cela. C’était sa raison de vivre, sa passion. Aujourd’hui il ne lui en restait plus rien. Elle espérait que ce séjour lui permettrait de débloquer ce point, même si elle avait peu d’espoirs. Il faudrait du temps.

La gare était un endroit animé, dans lequel elle aimait bien flâner. Elle aimait arriver en avance et regarder les gens se jeter dans les bras de leurs proches ou au contraire, essuyer une larme discrète (ou pas d’ailleurs) en les voyant partir. Il y avait aussi les pressés, qui couraient presque pour atteindre le train ou ceux qui, comme elle, regardaient autour d’eux avec l’agréable sentiment d’avance et de contrôle sur la situation. Justement, elle faisait partie de ceux là. Elle avançait tranquillement vers son quai, le train n’étant pas encore en gare. Elle avait fait un effort vestimentairement parlant. Il faut préciser que passer toutes ses journées en uniforme ne faisait que renforcer son envie d’être plus coquette lors de ses jours de congés. Vêtue d’un jean assez moulant, d’un chemisier dévoilant sa gorge et de bottines à talons, elle n’ignorait rien des regards insistants de certains individus masculins. Elle rabattait les pans de sa veste couleur rouille pour cacher un peu plus ces quelques centimètres de peau dévoilée. Ces regards avaient le don de la mettre mal à l’aise. Elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi de nos jours, fallait il toujours qu’une femme qui faisait attention à elle soit considérée comme un obscur morceau de viande par la gente masculine.

Justement, il y avait un homme en particulier qui la mettait mal à l’aise. Il était passé bien trop près d’elle lorsqu’elle était entrée dans le kiosque pour prendre un café, frôlant sa nuque et laissant dans son sillage une odeur nauséabonde. Elle ne pensait pas le recroiser mais il était à quelques mètres d’elle, accompagné d’une petite fille sale, aux cheveux emmêlés qu’il tenait bien trop fermement par le poignet. Cela serrait le coeur de la secouriste. Il continuait à lui lancer des regards tout aussi nauséabonds que son odeur alors qu’elle détournait la tête. La petite fille, elle continuait de se débattre et de ne pas vouloir avancer sur le quai. Elle ne devait pas avoir plus de trois ou quatre ans peut être. Et il marchait vite pour elle. Bien trop vite pour ses petites jambes. Giacinta était à deux doigts d’intervenir, mais pour le moment elle se muselait. Il n’y avait rien qui puisse mettre la vie de la petite en danger d’un point de vue extérieur. Elle ne ferait qu’effrayer l’homme, qui se débrouillerait ensuite pour passer inaperçu.

Elle était du genre impulsive, elle ne mûrissait pas ses réflexions pendant des heures et en effet, son sang ne fit qu’un tour. L’homme, agacé par la fillette qui ne voulait pas avancer commençait à la battre, sur le quai de la gare. Les gens passaient interloqués mais personne ne réagissait. La brune lâcha sa valise et se dirigeait à grandes enjambées vers eux.

“Lâchez là. Vous n’avez aucun droit de battre ainsi votre enfant !”

Gia sut qu’à cet instant précis, elle venait de se mettre dans une position fâcheuse. Très fâcheuse puisque l’homme redirigeait sa colère vers elle et commencait à l’insulter de divers nom d’oiseaux que je ne transcrirais même pas ici. Le problème se posait vraiment au moment où il ne se contait plus de l’insulter, mais commençait à s’approcher et à la prendre à parti en la poussant. La secouriste ne réagissait pas sur l’instant mais se sentir bouillir. Jusqu’à ce qu’il lui mette une gifle.

Elle avait pris quelques cours de self défense après l’incident. Persuadée que de toute façon, cela ne lui servirait jamais puisqu’elle ne parviendrait pa sà prendre le réflexe de placer ces mouvements. Et pourtant. Son cerveau faisait appel à cette partie travaillée il n’y a pas longtemps puisqu’elle lançait son poing en direction de l’homme qui venait s’écraser sur son visage et faisait entendre un bref mais intense crac au niveau de son nez. Endolori, la colère de celui ci semblait se renforcer et il se mettait à présent à la frapper vraiment et violemment, enchaînant les coups sur son visage. Elle avait un seul avantage, celui ci semblait avoir bu et ses gestes étaient donc hésitants. De fait, il ne la touchait pas vraiment. Et elle put rapidement le mettre à terre avec un coup de coude en direction de sa pomme d’adam puis un coup de genou dans le ventre.

Échevelée mais indemne, elle ne se rendait absolument pas compte de ce qui venait de passer ou plutôt de ce qui était en train de se passer puisque l’homme semblait se relever pour recommencer.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Mar 7 Jan 2020 - 21:58 )
Les fêtes de fin d’année… Quel meilleur prétexte pour profiter et rentrer chez soi ! Après avoir retrouvé mon île natale, en compagnie de ma famille et mes quelques amis d’enfance également rentrés pour la fin d’année, j’ai repris des forces pour commencer cette nouvelle année sur de bonnes bases. Et cela tombait bien, parce que ça coïncidait avec le fait que les médecins m’aient retiré mon plâtre. Après la rééducation, et les quelques séances à cheval pour mon retour au travail, quoi de plus agréable que d’aller marcher dans les chemins forestiers aillant bercé mon enfance ? Pour aller observer les oiseaux en haut de la falaise, comme à l’époque avec Paola, bien évidemment ! Elle me manque, la bougre, j’aimerais bien pouvoir discuter encore des heures, assis dans l’herbe, de tout et de rien.

Ma meilleure amie, dont le nom commence probablement à vous être familier, n’a pas eu l’occasion d’avoir de congés, et a passé les fêtes avec des amies à Naples. J’aurais aimé l’avoir à mes côtés pour pouvoir surmonter ce coup de mou avec elle… mais parfois il faut se résoudre à se faire violence sans l’aide de personne. J’en ai profité pour faire un tour chez ses parents, récupérer un paquet qu’elle m’avait demandé de prendre… un paquet plein de pâtisseries de Noël faites par sa mère. Je ne sais pas si elle arriveront entières jusqu’à Naples… En l’annonçant à sa mère, il semblerait que ça l’ait fait bien rire d’ailleurs.

Du coup, c’est avec deux colis que je rentre chez moi. Un pour Laura, et un pour moi ! Bien joué, n’est-ce pas ? Mes parents, un peu émus de me laisser partir pour ma vie de citadin -comme à chaque fois que je rentre- m’ont pris une dernière fois dans les bras avant de me faire des grands signes alors que mon bateau s’éloignait au large pour rejoindre un port… port où j’ai pris un bus, puis un train.

Quelques heures de train plus tard, et je pose un pied sur le quai de la gare, chargé d’une valise et de mes deux petits sacs en toile contenant les pâtisseries fraiches. Le périple n’est cependant pas terminé. Le train m’a déposé en coeur de ville, il me reste encore le métro et quelques minutes de marche -avec quatre étages, on ne va pas se mentir- avant de pouvoir me reposer un peu. Demain, c’est la reprise du travail, et je suis bien décidé à profiter de mon dernier jour de tranquillité.

Arpentant les quais de la gare pour rejoindre la station de métro, je marche d’un pas lent, mais assuré. J’ai remis ma longue veste gris foncé et ma lourde écharpe bleu clair, ainsi qu’une paire de chaussures de ville. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de frissonner… et pourtant, je pense qu’à Naples il fait bien plus chaud que l’endroit où j’ai passé mes quelques jours de vacances. La pollution n’y est pas pour rien, c’est certain.

Et alors que je m’apprête à tourner dans un couloir où le métro est fléché, mon regard est attiré par un attroupement sur la gauche. Il y a comme de l’agitation dans l’air, et cela ne fait que se confirmer au fur et à mesure des expressions que je vois sur les visages des passants qui me font face. Les cris et les bruits sourds me mettent en alerte : mon petit doigt me dit qu’il faudrait que j’aille y jeter un oeil.

Toujours accompagné de ma valise et mes deux petits sacs, je me rapproche de l’attroupement avec curiosité, poussant parfois certaines personnes pour pouvoir accéder à la scène. Heureusement, avec ma taille je peux aisément voir par-dessus les têtes de la majorité des gens.

Un homme dans un piteux état est en train de secouer une petite fille qui crie. Probablement sa fille, il semblerait en tout cas. Le coeur noué, j’observe avec dégoût tous ces gens qui passent sans rien dire, alors que l’homme continue à secouer violemment cette petite fille. Avec ses longs cheveux emmêlés, pour ne pas dire sales, elle ne doit pas être bien plus vieille que quatre ans. L’homme est de carrure imposante, avec de l’embonpoint. A son expression colérique, s’ajoute une odeur d’alcool bas de gamme que je peux sentir d’ici, alors que je suis bien assez loin. Plus les secondes passent, plus les gestes de l’homme envers sa fille sont violents et rapprochés.

Absorbé par le regard désespéré de la petite fille, et ne comprenant pas ce qu’il se passe, je ne remarque même pas qu’une passante s’est interposée pour mettre fin au calvaire de la petite. Un voile blanc a recouvert mes yeux, je me retrouve comme tous ces gens que j’ai vus passer, choqués, mais sans rien dire, ni faire.

Je secoue la tête, tentant de reprendre mes esprits, puis d’un geste assuré, prend le téléphone dans ma poche et compose machinalement le numéro des secours. Allez, faites que ça réponde et vite !

Je ne sais pas exactement ce que j’ai donné comme informations quand j’ai raccroché, mais une chose est sûre… la voix de la personne du standard s’est voulue rassurante. « On vous envoie quelqu’un, faites attention à vous Monsieur. » Faire attention, c’est une bonne idée… Sauf quand je réalise que cette personne qui vient de prendre une gifle en s’interposant ne m’est pas inconnue. Pas du tout inconnue.

« Bordel de merde ! » Dis-je en réalisant ce qu’il est en train de se passer. J’ai repris mes sentiments en main, et tous mes sens sont en alerte. Gia.

J’abandonne mon chargement à une vieille dame immobile, poussant tous les curieux qui n’ont pas levé le petit doigt. Je fais volontairement tomber le téléphone d’un spectateur en train de filmer. Gia est en train de se faire ruer de coups. Je lutte toujours pour accéder au centre du cercle qui s’est formé autours des deux adultes et de cette pauvre petit fille en détresse. Gia se défend, poings serrés, contrant du mieux qu’elle le peut, et sous les cris d’encouragement de la foule. « Mais laissez-moi passer bande d’abrutis ! » Je hurle pour qu’on me laisse aller l’aider… avant qu’elle ne se fasse tuer par exemple.

Finalement, elle retourne la situation, réussissant à le mettre à terre avec le combo poing/genou. Bien ça moustique ! Incrédule, elle se retourne vers la petite fille qui s’est mise à pleurer à chaudes larmes. Mauvais plan ! « Dernière ! » Hurle un homme dans la foule pour la prévenir. Mais c’est trop tard, l’homme s’est relevé et s’attaque de nouveau violemment à la jeune femme qui n’a pas vu venir le subterfuge. Le voir ruée de coup m'est insoutenable.

C’est le moment où j’arrive enfin à me frayer un passage. Je prends une longue inspiration, puis me jette de toute mes forces sur l’homme saoul, le contraignant à lâcher Gia en l’attrapant par la gorge. Les cris de la foule me donnent une adrénaline incroyable. Je pourrais lui briser la nuque en pliant le petit doigt. En deux temps trois mouvements, j’applique mes savoirs d’art martiaux avec ma tête plutôt que mon envie de le tuer, et neutralise l’assaillant. Il est immobilisé, mains dans le dos, face contre terre. « Quelqu’un ! » Je hurle à gorge déployée pour qu’on vienne me le tenir.

Et là, un grand costaud sort de la foule, et vient prendre le relai me laisser deux minutes pour récupérer mon souffle… deux minutes que je prends pour attraper la petite fille dans mes bras, et l’entraîner plus loin. Dans ma course, j’attrape le bras de Gia, la forçant à me suivre. Une barrière de personnes se tient maintenant entre nous et le fou furieux. Des dizaines de téléphones sont sortis des poches pour appeler les secours. Je sais qu’ils sont déjà en route, pourvu qu’ils fassent vite…

Je relève les yeux. Nous nous sommes arrêtés devant le guichet de la gare qui peut alors voir cet homme que je suis protéger la tête d’une enfant contre sa poitrine, tout en serrant dans ses bras le corps de celle qui lui a sauvé la vie. Tremblant de peur, de rage, et tout ce qui s’en suit. Sans dire mot.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Jeu 9 Jan 2020 - 1:17 )
Après sa première vie liée au dessin et tout ce qui en avait découlé, Giacinta avait décidé de changer du tout au tout. Elle avait balancé ses crayons et décidé ducjour au lendemain de ne se consacrer qu'aux autres. Elle avait embrassé le métier de pompier secouriste, laissant volontiers l'adrénaline liée aux feux et aux gros incidents à ses collègues ayant besoin d'étaler leur testostérone. Elle, préférait les entorses et les piqûres de tique dans la réserve. Elle avait subi bien des moqueries pour cette activité. Peu de gens y voyaient la noblesse qu'elle pouvait y trouver. Soigner les gens lambda. Ceux qu'on ne remarque pas forcément dans la rue. Soigner les laux physiques et surtout les maux de l'âme. Conforter, rassurer et réconforter. Il est bien plus difficile de donner un sourire que de poser un pansement. Elle voyait son métier et sa vie en général de cette façon. C'est ainsi qu'elle avait laissé sortir son côté solaire, lumineuse. Elle passait ses journées à la réserve et ses soirées à aider ceux qui en faisaientcla demande. Engagée auprès de trop d'associations pour pouvoir les dénombrer. Elle discutait avec chaque personne qui avait besoin d'aide qu'elle croisait, apprenait son histoire. Ses victoires et ses difficultés. Elle partait du principe que s'intéresser aux détails de la vie des gens leur permettaient de repartir un peu plus léger. C'était la vie qu'elle s'était choisie.

Et selon ses principes elle ne pouvait pas laisser cette petite fille se faire battre sur un quai de gare. Avant, elle aurait probablement suivi le reste de la population. Lançant des regards interloqués sur la situation et ne faisant absolument rien. Aujourd'hui elle prenait le dessus. Peu importe ce qui pouvait arriver. Elle interpellait l'alcoolique en question et constatait avec soulagement qu'il avait relâché la petite fille. En revanche, elle voyait avec moins de soulagement qu'il décidait de s'en prendre à elle. Tout se passait si vite. Elle subissait, rendant coup de poing pour coup de poing sous les encouragements de la foule. Totalement abrutie. Visiblement il ne venait à l'idée de personne de l'aider. Aucun homme ne se disait que c'était anormal qu'elle prenne des coups visiblement. Prise à parti par l'homme, Gia se défendait. Réussissant, enragée à le mettre par terre après un mauvais coup qu'elle venait de prendre dans la mâchoire.

Elle n'avait jamais été du genre à se bagarrer. Au contraire. Plutôt du genre à pacifier. Discuter. Et apaiser. Mais la situation était différente. Ici il s'agissait de sauver sa peau puisque personne ne semblait vouloir l'aider. Au contraire. Heureusement, quelques bribes de self défense lui revenaient et elle mettait l'homme à terre, par un coup de coude et un coup de genou bien placé. Sous le coup de l'adrénaline, elle regardait le corps immobile à ses pieds et se retournait vivement vers la petite fille qui pleurait à chaudes larmes sur le quai de la gare. Mais quelqu'un finirait il par l'aider ici ? Au moins s'occuper de la gamine. À cet instant précis, elle qui se décrivait volontiers philanthrope détestait l'espèce humaine. S'occuper de l'humain miniature se révélait finalement être une très mauvaise décision puisque l'homme s'en prenait de nouveau à elle. Il était enragé. Et elle surprise. Il prenait rapidement le dessus. Elle sentait les coups sur ses pommettes. Sa lèvre éclatée et puis plus rien. À part ce bourdonnement dans son oreille qui la faisait se replier sur elle, les yeux fermés. Elle avait mal partout. Absolument partout.

Encore sonnée par la violence des coups qu'elle avait pris, Giacinta se sentait tirée plus loin, hors de l'arène formée les badauds. Elle revenait à elle en sentant une odeur familière et voyait que son sauveur n'était autre que Vango. Que faisait il ici ? Par quel pur hasard avait il pu se retrouver au même endroit, à la même heure ? Après cet épisode particulièrement éprouvant, la brune tremblait. De tous ses membres. En se demandant comment c'était possible qu'il puisse être là et la sortir de ce mauvais pas. Il avait visiblement attrapé la petite fille puisque celle ci se trouvait dans ses bras. Bientôt, la secouriste était projetée contre son torse enserrée de ses bras. Elle n'allait pas s'en plaindre. C'était agréable. Et plus encore.

Les tremblements cessaient petit à petit et elle se calmait. Réalisant à peine ce qui venait de se passer et ce qu'elle venait de faire. Qui aurait pu lui coûter très cher tellement c'était inconscient. Mais visiblement son sauveur était arrivé non pas sur son cheval blanc mais à pieds cette fois pour la sortir de là. Et elle lui en serait éternellement reconnaissante. Autant que de la garder serrée contre lui ce qui l'aidait à se calmer et à se rendre compte que tout ça c'était fini. À présent elle réalisait que la petite-fille n'était plus là, emmenée par les autorités et surtout que ce n'était plus elle qui tremblait. Mais que son preux chevalier était choqué lui aussi. De ses petits bras, elle renforçait son étreinte autour de lui. L'enlaçant à présent vraiment.

Ils étaient là. Au milieu de la gare. Serrés l'un contre l'autre et y trouvant un réconfort certain. C'était un drôle de hasard qu'il ait été là à cet instant. En particulier après la conversation que la brune avait eue avec Gaetano. Qu'elle suivait scrupuleusement. Puisque même si elle ressentait ce trouble de nouveau, elle le cachait bien. À vrai dire, elle était inquiète pour lui. Elle n'avait absolument pas fait attention à la fin de la bagarre. Et à si Vango était amoché ou non. Elle s'écartait à peine et relevait la tête vers lui. Se rendant compte qu'elle devait être sacrément amochée puisqu'elle sentait du sang au niveau de sa lèvre. Pourtant, tout cela lui était bien égal. La seule chose qui importait c'était Vango. Qui tremblait entre ses bras. Elle denouait une de ses mains du dos de celui ci et la posait sur son menton, pour relever son regard vers elle. Comme il l'avait fait quelques fois déjà avec elle. Son regard accrochant à présent le sien, sa main repartait sur sa joue sur laquelle elle appliquait une légère caresse. Un petit sourire aux lèvres, elle parlait à voix basse comme s'ils étaient seuls au monde.

"Est-ce que ca va ? Tu n'as rien ?"

Oui, elle gérait parfaitement le trouble qu'il lui faisait ressentir. Pour deux raisons. D'abord parce qu'elle avait admis, dans sa tête que ce bougon de forestier pouvait lui plaire et ensuite parce qu'elle savait faire quand les gens lui montraient leurs faiblesses. Jusqu'ici Vango ne lui en avait montré aucune et elle peinait à le cerner. Pourtant, malgré leurs prises de becs fréquentes il n'avait pas hésité à s'interposer et sicelle avait déjà de l'estime pour lui, cela avait été multiplié par dix devant le courage qu'il avait montré.
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Sam 11 Jan 2020 - 12:44 )
Vous êtes-vous déjà senti extérieur à une situation ? Comme si votre âme s’était échappée de votre corps et regardait les choses d’en haut ? C’est un peu ce que je ressens à l’instant même.

Je peux voir tout cet attroupement autour de l’homme neutralisé au sol, celui autour de la jeune femme qui est intervenue aussi… maintenant contrainte à restée collée au corps d’un autre homme, tenant dans ses bras la petite fille en larmes, victime d’une terrible énergumène qui est aussi son père. Cet homme aussi, au milieu du cercle de spectateurs, qui tremble de tous ses membres. De peur, de colère, par réflexe probablement.

Je n’entends pas ce qu’il se passe, je peux juste voir que le grand costaud à la peau ébène qui neutralise l’agresseur s’est assis sur lui et lui tord les bras sans scrupules pour l’empêcher de se débattre.

Progressivement, des équipes de forces de l’ordre accompagnées de pompiers arrivent sur les lieux. La Police s’occupe de récupérer l’agresseur pour soulager celui qui le maintient au sol. Quelques agent de l’équipe recueillent des témoignages auprès de la foule qui ne s’est toujours pas dissipée. De son côté, la brigade de sauveteurs vient arracher la petite fille à celui qui la protège contre lui pour aller l’emmener en sécurité, vérifier qu’elle ne soit pas blessée. Concernant les deux autres personnes, elle sont pour le moment laissée de côté, enlacées au milieu de la foule qui les ignore à présent.

Parfois, quand votre âme quitte votre corps, c’est une façon de vous protéger, et de vous faire prendre de la hauteur pour calmer votre instinct de survie qui sévit. Lorsque je reprends enfin mes esprits, sentant les fourmillements dans mes doigts et mes orteils, je réalise que cet homme qui a mis à terre l’assaillant, et écarté les deux femmes… n’est autre que moi-même. Moi-même qui suis enlacée par les bras de Gia, et qui tremble de haine au milieu du hall de la gare. Moi-même à qui on a arraché difficilement le corps de la petite fille.

Une main délicate s’empare de mon menton, et mon regard croise celui de Giacinta. Elle s’inquiète, je le lis dans ses yeux avant même qu’elle ne dise un mot. En réalité, c’est moi qui devrait m’inquiéter pour elle, lorsque mes yeux parcourent son visage. Du sang perle de sa lèvre inférieure, une ecchymose impressionnante se développe sur sa mâchoire, à la base de l’oreille… cela ne fait qu’aggraver mes tremblements de colère.

Comment peut-on s’en prendre à une petite fille ? Comment peut-on infliger des blessures aussi marquées à une jeune femme ? Je n’arriverai jamais à comprendre, à me mettre à la place d’un type qui est capable de frapper une femme. Gia est probablement un dommage collatéral, mais je n’ose pas imaginer les blessures de la petite fille. Je baisse les yeux, troublé par ce que je vois, puis attire la tête de la jeune femme contre ma poitrine pour sentir son corps contre le mien. « C’est moi qui devrait te poser cette question. » Mes doigts se glissent machinalement dans sa chevelure parfumée, caressant son crâne nerveusement. « Tu aurais pu te faire tuer, Gia. Est-ce que tu réalises ? » Dis-je sur un ton qui se veut moralisateur, mais qui cache en réalité une angoisse sans précédent.

Comment réagir, quand une personne que vous connaissez intervient dans une dispute ? Qui plus est, qui intervient pour sauver une petite fille ? Comment lui en vouloir, en même temps, d’avoir fait ce qui lui semblait juste ? J’aurais fait la même chose… à la différence que mon gabarit me permet facilement de maitriser l’agresseur. A la différence de Gia, donc. Je dois certes l’avouer, elle a bien tenu. Mais qu’aurait-elle fait, s’il avait eu le temps de s’en prendre à elle un peu plus ?

Je glisse mon visage dans sa chevelure, m’imprégnant de cette odeur de shampoing sucée, rassurante.

« Seigneur Gia, tu m’as flanqué une de ces frousses ! Ne recommence jamais ça ! » Je la serre de toutes mes forces dans mes bras, continuant de caresser la base de ses cheveux. Sa petite tête permet à ma paume entière de la maintenir contre ma poitrine. Je n’entends plus que le bruit de mon coeur qui s’emballe jusque dans mes oreilles.

Je me sens tiré par le bas de mon manteau, alors que mes paupières se sont fermées pour essayer de maitriser mon souffle haletant. Une longue inspiration me permet de reprendre un peu de contrôle, je libère la jeune femme de mon étreinte -un peu musclée- pour me retourner, tous les sens encore en alerte.

Je reconnais le visage de la vieille dame à qui j’ai laissé mes bagages avant de foncer tête baissée dans la foule. Un petit sourire au coin des lèvres, elle attend que je me sois écarté de ma collègue pour attraper ma main, et la serrer fort dans la sienne. Elle était dans le bateau avec moi, maintenant je me souviens. Dans un Sicilien parfaitement maitrisé, elle murmure tout bas. « Air dégagé et net, il n'y a pas de peur du tonnerre. » Un proverbe que j’ai souvent entendu en famille. Comme soudainement apaisé, je réponds à son sourire en serrant à mon tour sa main. Quelques secondes plus tard, elle a déposé mes bagages à nos côtés, et s’en est allée.

Elle a raison, tant que j’ai les idées au clair, il n’y a rien à craindre. Je me retourne vers Gia qui semble ne pas très bien comprendre ce qu’il vient de se passer. Je ne lui laisse pas le choix, et la soulève avec autant de facilité que s’il s’était agit d’une feuille de soie, pour la placer contre moi, jambes d’un côté, corps de l’autre. Comme un chevalier qui sauverait une princesse, pour reprendre une métaphore déjà explorée…

« Allez moustique, c’est l’heure de faire soigner les vilains balafres. » Elle n’a pas vraiment l’air d’accord avec cette idée, mais je ne lui laisse pas le choix, me dirigeant vers la camionnette des secours. Des collègues de Gia, qui plus est. Cela ne rend pas forcément la tâche facile alors que l’un d’entre eux tente de venir sécher le sang de sa lèvre à l’aide d’une compresse pendant qu’elle se détourne. Le choc, probablement. La fierté, aussi, j’imagine. « Vous n’avez rien, Monsieur ? » me demande l’un des pompiers en parcourant mon corps des yeux. « Non, juste un coup de sang. »

Par réflexe, je me saisis de la compresse de l’autre qui ne semble pas s’en sortir. « Je vais vous aider. » Gia, assise au bord du camion, pieds dans le vide, se protège le visage avec les mains. Je passe une jambe par-dessus les siennes pour me retrouver au-dessus d’elle, et m’en vais récupérer délicatement son menton, comme elle l’a fait plus tôt pour moi. « Ne complique pas les choses, tu veux ? » J’ai l’impression de parler à une enfant, alors que le gosse, c’est moi. Un monde à l’envers.

Je parviens alors à passer tout doucement la compresse imbibée sur sa lèvre, pour constater qu’elle est salement fissurée. Mon coeur s’emballe de nouveau de colère, contre cet homme qui n’a pas su maîtriser sa colère… Des milliers de sentiments éclosent dans ma tête, alors que le pompier prend le relai par-dessus mon épaule, ma main maintenant toujours fermement le visage de Gia.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Sam 11 Jan 2020 - 15:40 )
De prime abord, c’était une femme. Plus tout à fait une jeune femme. Brune. Avec des cheveux mi longs. Des grands yeux noisettes, souvent rieurs. Elle était petite, suffisamment pour mériter son surnom de moustique. Souvent un sourire vissé aux lèvres. Un vrai rayon de soleil, toujours prête à aider n’importe qui. A donner un sourire, à serrer une main dans la sienne. Toujours dynamique et douce à la fois. C’est l’image de Giacinta. Celle que n’importe qui a au premier abord, la première fois que l’on pose les yeux sur elle. Pourtant, si on y regarde de plus près on verra que sous ses yeux rieurs, il se cache une petite lueur sombre, une flamme qui ne s’éteint jamais. On verra que ce sourire est un peu figé, même si il vient du coeur et qu’il pourrait y avoir toute autre chose derrière. On verra aussi que ce qui pourrait être du dynamisme cache tout autre chose, une fuite en avant. Une méfiance. Une façon d’être sur ses gardes, toujours sur ses gardes. Et si on creuse encore, on sentira le poids de ce lourd passé qu’elle promène, bien caché. La plupart du temps.

Parce qu’ici, à la gare et en plein jour il a refait surface. La violence, elle a fait partie de son quotidien pendant trop longtemps. Bien trop longtemps. Elle la voir, peut provoquer des réactions inappropriées. Comme se jeter sur un homme en prenant le risque de se faire tuer.  Le danger, elle l’a totalement occulté. Ne compte plus que la petite fille. La protéger. Comme aurait aimé l’être, à une époque où elle n’était plus une petite fille, mais tout à fait une femme non plus. Pourtant, elle sent que la situation s’envenime. Qu’elle ne contrôle absolument plus rien, et que les coups pleuvent sans qu’elle ne parvienne à les contrer. Pourtant, elle n’a pas peur. Elle connaît ça les coups qui pleuvent. Elle sait qu’elle s’en tire toujours.

Le cerveau est un organe formidable, capable de passer un voile sur uns scène que l’on est en train de vivre. Giacinta est là, mais il n’y a que son corps. Sa tête est ailleurs. Elle s’enfuit sous les coups, elle s’évade. Cela la ramène en arrière, à une période qu’elle ne veut plus revivre. Elle ne crie pas et ne gémit pas. Elle subit. Autant les coups que ses souvenirs. Et puis, elle se retrouve debout, contre le torse de Vango. Qu’elle n’avait même pas vu arriver. Elle se demande comment c’est possible. Qu’il ait pu être là à cet instant précis. Naples, c’est une grande ville, la gare elle même est grande et la probabilité pour qu’il soit à cet endroit, à cet instant précis est infime. Pourtant c’est le cas.

Minute après minute, elle revenait à elle. Chassant loin, très loin les souvenirs et se concentrant sur le présent. Et se rendant compte que Vango est plus choqué qu’elle de la scène qui vient de se passer sous ses yeux. Elle resserre son étreinte contre lui. Et elle mentirait si elle disait qu’elle n’appréciait pas ça. Elle le sentait tremblant, un peu déboussolé. Gia glissait alors sa main sous son menton avec toute la délicatesse dont elle était capable. Et accrochait le regard de son sauveur du regard. Elle sentait ses yeux sur lui, et se disait qu’au vu de la façon dont il la regardait, elle devait être sacrément amochée. Il tremblait encore un peu plus et l’attirait contre lui.

La secouriste ne se faisait pas prier. Ici, et dans les bras de Vango elle devait avouer se sentir bien. En sécurité. Elle murmure à son attention, son corps collé tout contre le sien et ses bras enroulés autour de lui.

“Ne t’en fais pas… Ce n’est pas la première fois. Ca va.”


Elle entends le ton inquiet qu’il prends. Et cela la touche profondément. Cela faisait bien longtemps que personne n’avait montré autant de sollicitude envers elle. Vango la prenait de ses bras et la serrait, fort. Elle souriait, elle ne pouvait pas s’en empêcher, et ce malgré tout ce qui venait de se passer. Gia occultait totalement le danger, ce qui aurait pu lui arriver à cause de ce qu’elle venait de faire. Et pour le moment elle était uniquement focalisée sur l’homme qui l’enlaçait. Sa main dans ses cheveux et son coeur qu’elle entendait battre de façon totalement irrégulière. Oui, elle savait que ce n’était pas le moment de se concentrer sur tous ces détails et de les apprécier. Pourtant c’était plus fort qu’elle. Elle avait cette petite attirance pour lui, et le fait de l’avoir tirée de là n’arrangeait pas les choses. Elle ne répondait pas à sa remarque. Que dire ? A part que si elle devait revivre cette scène, elle ferait exactement la même chose. Elle était droite dans ses bottes et elle savait exactement pourquoi elle l’avait fait.

A regrets, elle sentait Vango s’écarter. Elle le lâchait et regardait sans comprendre, son échange dans une langue inconnue avec une vieille femme. Visiblement, elle lui rendait ses bagages mais la brune ne saisissait absolument pas la teneur de leurs échanges. Elle reste plantée là, à attendre. Attendre quoi elle ne sait pas bien, mais elle attends. La seule chose qui lui semble avoir du sens à ce moment là, c’est lui. Enfin, il revenait vers elle et sans vraiment comprendre pourquoi, elle se sentait soulevée et portée dans ses bras. Elle s'agrippait à son cou.

“Vango lâche moi je suis beaucoup trop lourde. Beaucoup trop lourde. Toi aussi tu dois être blessé et… tu vas te faire mal !”

Et puis, l’instant de surprise laissait place à la résignation. En voyant qu’il la portait vers ses collègues, elle devenait mutique. Pour plusieurs raisons. Déjà, parce qu’elle ne pouvait pas les sentir et ça depuis qu’elle était arrivée à la caserne. Ils étaient sexistes. Et la considéraient comme leur bonniche. Certainement pas comme une égale puisque, pour eux, elle occupait les basses fonctions de la caserne. La deuxième raison c’est… qu’elle avait des choses à cacher. Raison pour laquelle, une fois assise sur l’ambulance elle se cachait le visage entre les mains.

Vango prenait le dessus et elle était bien obligée de se laisser faire. Elle qui était si calme depuis la fin de l’intervention sentait son coeur se mettre à battre bien trop fort, et sa respiration s'accélérer. Et ce n’était pas parce qu’elle était proche physiquement de Vango. Elle restait mutique. Et serrait les dents quand son collègue derrière le forestier lâchait innocemment.

“On ne va pas pouvoir te faire de points de sutures Gia. C’est comme si ta lèvre avait déjà été fendue plusieurs fois. Tu ne t’es jamais fait recoudre ? Tu as fait de la boxe ou quelque chose comme ça ?”

La brune détournait le regard. C’est exactement la raison pour laquelle elle ne voulait pas se faire soigner. Elle savait que ses collègues, habitués à ce genre de blessures verraient directement les quelques stigmates qu’elle portait encore. Et elle préférait garder ça très loin d’elle. Le plus loin possible. Finalement, elle récupérait la compresse et l’appliquait elle même sur sa lèvre.

“C’est rien ça va se remettre.”

Il fallait qu’elle change de sujet avant que les deux hommes présents n’aient le temps d’en tirer des conclusions. Gênantes. Elle retrouvait aussitôt un sourire, faux bien évidemment mais crédible. Elle se tournait vers Vango et attrapait délicatement sa main.

“Laisse le t’examiner aussi. Juste pour être sûre.”

Bizarrement, à son contact, son sourire n’était plus si faux que ça. Il avait le don de faire ressortir la vraie Gia derrière ce passé sombre visiblement. Ce n’était pas la première fois. Il avait déjà réussi cette prouesse alors qu’elle était tombée sur un vieux dessin. La brune l’attirait vers l’ambulance et cherchait de nouveau son regard. Pendant que son collègue était hors de portée, elle en profitait pour se mettre sur la pointe des pieds, et déposer un baiser sur sa joue. Elle lui murmurait, dans le creux de l’oreille.


“Merci Vango. Sincèrement.”
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Dim 12 Jan 2020 - 15:21 )
Enfin parvenu à mettre à nu la profonde entaille de Gia, le pompier ne peut s’empêcher d’affirmer qu’elle ne pourra pas être recousue. Vieille blessure ?

Tout en m’écartant pour laisser l’autre homme prendre en charge ma collègue, je croise les bras sur ma poitrine, tentant d’accrocher le regard de la concernée. Je ne suis pas certain que tenter de rassurer une personne sur la balafre de son visage en affirmant que ce n’est rien, soit une idée de génie.

Dans ma tête, sa phrase fait écho à celle qu’elle m’a dite quand je l’ai portée jusque là. Une phrase qui ne me plait pas, mais alors pas du tout. Ce ne serait donc pas la première fois... J’inspire longuement. Garder le contrôle, on a dit. Cela n’a pas échappé au collègue de Gia qui me lance un regard suspicieux. Nous nous sommes croisés au repas, et avons nous un peu échangé. Dans ses yeux je peux facilement lire qu’il tente de m’alerter. Pas besoin, vieux, j’ai été doté d’un cerveau à la naissance, moi aussi. Je ne me laisse pas berner par ce sourire terriblement faux qu’elle a revêtu. Mais je n’en dis pas plus.

De toute façon, à part avoir de fausses informations, lui tirer les verres du nez ne mènerait à rien. Je décide donc de ricaner à sa demande de me laisser examiner. Le type n’a même pas réussi à me toucher et je devrais me soumettre à un examen ? « Très bien, mais seulement si tu le laisses d’examiner plus en profondeur. » Je me tourne vers le collègue de Gia. « Elle a pris des sales coups, il n’a pas touché à un seul de mes poils. Mais comme ça on est quittes ! »

Je le laisse donc docilement m’examiner, laissant l’homme soulever mon t-shirt pour chercher des traces de coups. Le verdict est, comme je l’attendais : « Négatif, Giacinta. Il a esquivé les coups comme un grand garçon. Et vu le gabarit je dirais que c’est un combattant habitué, je me trompe ? ». J’aurais préféré qu’il n’en dise pas plus... si ça peut éviter de rappeler à Gia ce mec que j’ai tabassé dans la réserve, ça m’arrangerait. « Je fais des arts martiaux et de la boxe, j’ai quelques réflexes c’est tout. » Je me racle la gorge nerveusement, me retournant alors que le pompier applique quelque chose sur la mâchoire de Gia, pour remettre mon t-shirt en place. Des fois qu’il devrait la dénuder un peu... je préfère ne pas être un frein.

« Très bien m’dame, tu te reposes ! Et évites de jouer les Catwoman pour le moment. Je ne doute pas que tu sois au moins aussi sexy qu’elle en combi cuir... mais tu m’as compris. » Non mais je rêve ! La lourdeur du type. Ta collègue vient de se faire tabasser et tu peux pas t’empêcher de faire une remarque misogyne. Un sentiment de dégoût s’empare de moi alors que l’homme vient me serrer la main. « Prenez soin d’elle. On est pas toujours tendre avec elle mais on l’aime tous bien.  » Me chuchote-t’il alors qu’elle s’approche. « Salut Gia, je te donne des nouvelles de la petite à la caserne ! » lui dit-il comme si de rien n’était. J’ai du mal à piger comment il peut passer d’une remarque sexiste à une petite attention gentille comme ça... Peut-être qu’en fait il s’y prend juste comme un manche pour lui montrer qu’il l’aime bien. Mais alors comme un manche à balai cassé.

Je lis dans le regard de Gia qu’elle s’est sentie un peu violée dans son intimité par la remarque. Elle dépose un baiser sur ma joue pour remercier, ce qui a le don de me surprendre. Si je sais qu’elle est du genre très protectrice avec les gens qu’elle côtoie, même les moins coopératifs -vous voyez ce que je veux dire-, elle s’est toujours un peu montrée gênée par tout contact physique avec moi. Surtout depuis la soirée de la tempête. « Tu étais l’héroïne de cette petite fille, même sans la combi. » lui dis-je pour clôturer la vilaine remarque sexiste. Je prends ses deux mains dans les miennes, l’approchant de moi. Mes bras tremblent encore, la colère peut parfois mettre des heures avant de se calmer.

« Puisqu’on est dans les remerciements, j’ai trouvé comment tu pourras me revaloir tout ça ! » Bah quoi ? On allait pas rester dans le mélodramatique quand même ! A son air surpris, j’éclate de rire. « Je te donne un cours de self défense pour que tu ne te fasses plus jamais défigurer comme une débutante » Ce serait dommage de fissurer cette lèvre une nouvelle fois, vous ne pensez pas ? « Et non, ce n’est pas négociable ! »

Je le retourne, réalisant que mes bagages sont toujours quelque part derrière nous. Je n’ai pas besoin de chercher longtemps car il semblerait que quelqu’un les ait rapprochés du camion. Sûrement cette vieille dame, comme un ange gardien dans cette journée. Les deux sacs en toile sont posés soigneusement sur la valise. La chronologie de ma journée commence à me revenir en tête, j’ai encore pas mal de choses à faire avant de rentrer chez moi. « Un expresso ? Il paraît que ça aide à prévenir les migraines. » je lui propose en apercevant un stand de café à deux pas de là.

Je n’attends pas vraiment la réponse que je suis déjà parti chercher deux expressos bien chauds. Après tout, on est début janvier, il ne faudrait pas oublier qu’il fait un froid de canard à Naples. Et ce malgré les quelques émotions qui m’ont donné bien chaud. « J’ai une livraison à faire, je ne serais pas contre un peu de compagnie... » Lui dis-je en soutenant son regard. Si je me sens vide de toute énergie, elle doit également ne pas être moralement très en forme. Mes yeux se posent de nouveaux sur les bagages, réalisant qu’à côté des miens se trouve une autre valise. Celle de Gia, probablement.

« Oh mais... je suis bête. Tu dois sûrement prendre un train ! » Je l’interroge du regard alors que le breuvage chaud que je viens d’avaler sans faire attention me brûle l’œsophage. Je tousse comme un idiot, en attendant la réponse de la brunette. J’ai du mal à détacher mes yeux de cet hématome en formation sur sa mâchoire, ce soit être douloureux... plus qu’un café brulant dans la gorge en tout cas.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Dim 12 Jan 2020 - 16:40 )
La journée avait été bien plus difficile que ce que Giacinta avait prévu. Elle pensait simplement monter dans un train, retrouver sa dingue de famille et profiter de ces moments dont elle avait particulièrement besoin. Mais tout semblait être parti en vrille. D’abord, la petite fille. Elle revoyait son regard lorsque l’homme la rouait de coups. Ce regard résigné, qui attends que cela se passe… Cela lui faisait encore mal au coeur. Maintenant la bagarre et là… Son collègue qui venait de soulever un point dont elle ne voulait plus jamais parler. Elle était parfaitement consciente qu’il lui restait plusieurs stigmates de la partie sombre de son passé. D’ailleurs, elle avait dépensé des sommes astronomiques en fond de teint et en correcteur pour cacher la cicatrice de sa lèvre. Visiblement, aujourd’hui ça n’avait pas marché. Elle avait bien vu le regard échangé entre Vango et son collègue et cela la hanterait quelques temps, en la ramenant à son passé.

Elle s’était ensuite plus ou moins laissée examiner, toujours aussi réticente. Surtout vu le type qui l’examinait… Catwoman.. Quel abruti. Sexiste. Visiblement c’était plus que toléré dans son milieu puisque personne ne disait rien. Le chef de la caserne écoutait même ces remarques avec un sourire aux lèvres. Cela avait le don de la rendre dingue. Elle ne répondait même pas. Que dire ? Il valait mieux se taire avant de se mettre la caserne à dos. Gia n’oubliait pas Vango, et ce qu’il avait fait pour elle quelques minutes plus tôt. Se mettant sur la pointe des pieds, au vu de la taille de la bête comparée à la sienne elle venait embrasser sa joue.

Encore une fois, il trouvait les mots justes et lui arrachait un sourire. Un vrai sourire. Un grand sourire. Ses mains dans les siennes, elle se laissait approcher. Et finalement, le sentant encore tremblant, de colère probablement et surtout du choc de ce qui venait de se passer, elle passait ses bras autour de son cou, laissant ses mains caresser les cheveux de Vango. Murmurant.

“Ca va. Calme toi. Tout le monde est sain et sauf. Et toi aussi tu as joué à Superman sans la combi…”

Il parlait des remerciements et la brune dénouait ses bras de son cou, gardant tout de même cette proximité avec les sourcils froncés. Que voulait-il ? Elle éclatait d’un rire sincère à sa réponse en secouant la tête.

“J’en ai déjà pris des cours de self défense… Il me faudrait plutôt 20 cm et 20 kilos de plus je crois…”

Vango proposait ensuite un café et elle n’eut même pas le temps de répondre qu’elle avait déjà le gobelet brûlant entre les mains. Elle le remerciait et prêtait une oreille attentive à sa proposition. De toute façon… Elle ne risquait pas de rentrer dans cet état. Elle affolerait tout le monde, qui penserait qu’elle était retombée dans ses vieux démons. Mieux valait différer ce départ. Elle s’apprêtait à répondre quand elle le voyait s’étouffer un peu. Inquiète, sourcils de nouveaux froncés, elle posait une main sur l’épaule de son sauveur.

“Vango ? Est ce que ca va ? Tu as besoin de quelque chose ?”

Toujours aussi prévenante, la secouriste attendait que sa toux se calme avant de répondre.

“Je devais prendre un train oui, pour rentrer à Florence mais… je ne peux pas rentrer comme ça. Ils s'inquiéteraient et penseraient que… de nouveau… enfin bref. Je ne vais pas prendre ce train.”

Elle parlait trop. En disait trop. Visiblement, l’incident l’avait un peu plus secouée que ce qu’elle ne pensait. Elle respirait un grand coup, et répondait au garde-forestier.

“Ok pour la livraison. Par contre, tu conduis. Comme ça tu éviteras de crier à la terre entière que j’essaie de te tuer…”

Un sourire taquin aux lèvres, Giacinta finissait son café, et jetait son gobelet. Elle se saisissait de sa valise, et tendait la main vers Vango.

“Tu viens ?”

Elle prenait ensuite le chemin du parking, pour y retrouver sa voiture. Un peu plus sur le qui vive que d’habitude. Des gens criaient à l'intérieur de la gare et cela la faisait sursauter. Elle regardait autour d’elle en se mordant la lèvre avant de se raisonner et se dire qu’il n’y avait pas de risques, et qu’elle devait arrêter d’avoir peur. Après cet instant de flottement, elle se remettait en route, et guidait son collègue jusqu’à sa voiture dans laquelle elle chargeait sa valise. Elle tendait les clefs à Vango, retrouvant de nouveau ce sourire taquin.

“On va bien voir si tu conduis ce tank mieux que moi..”

Bon. La réponse était évidente. Ce serait un oui. Elle savait qu’elle avait une conduite plutôt… sportive et que la plupart du temps ses passagers s’en plaignaient. Disons que c’était une vraie preuve de ses origines italiennes…

“Alors, on va où et livrer quoi ? “

Une fois la voiture en marche, l’italienne ne pouvait faire autrement que de se cramponner à la poignée située sur la portière. Visiblement son collègue était bien meilleur cavalier que conducteur. Et elle ne pouvait également s’empêcher de rire.

“Visiblement, tu es plus à l’aise à cheval qu’en voiture Vango… Quand je te dis que tu ressembles à Gandalf...”

C’était bon de rire après tout ça. Elle dormirait probablement d’un sommeil juste ce soir après tous ces évènements. Mais elle profitait de l’instant. De ce moment où ils se chamaillaient comme si rien ne s’était passé. Comme ils l’avaient presque toujours fait depuis qu’ils se connaissaient. Pour le coup, elle ne pouvait reconnaître qu’une seule chose. Gaetano avait eu terriblement raison de lui parler. Et de lui faire comprendre qu’elle ne devait pas laisser sa timidité l’envahir. Elle ne le remercierai probablement pas par fierté mais… Elle le pensait.
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Dim 12 Jan 2020 - 17:51 )
Étouffez-vous trente seconde et la grande blessée arrivera vous secourir au galop. Sauf qu’entre elle et son visage un peu abîmé... et ma petite toux de rien du tout... Il est évident que je n’ai besoin de rien. Elle s’est calmée toute seule de toute façon. Mais Gia me semble encore reconnaissante de ne pas l’avoir laissée se débrouiller seule avec le taré alcoolisé. « Il ne faudrait pas que je rencontre ton enseignant, je lui collerais bien une raclée pour t’avoir éduquée comme ça. » lui dis-je en riant. Ça se saurait s’il fallait être grand et lourd pour battre son adversaire. On est pas au judo ici mais dans la vrai vie ! Dans les arts martiaux ce sont souvent les plus petits et les plus secs qui surprennent par la vitesse de leurs mouvements.

« Hum... quelques muscles en plus ne te feraient pas de mal, c’est vrai. Mais tu te sous-estime, moustique ! » Si elle savait les raclées que j’avais prises par mon Maître d’arts martiaux, avant de devenir le combattant que je suis aujourd’hui... D’ailleurs, une adversaire redoutable dans ma vie est une femme. Bien plus petite que moi ! Maintenant elle refuse de se battre avec moi, mais elle aurait bien des atouts pour réussir à me mettre à terre de nouveau. De toute façon, c’est non négociable, j’ai dit. L’occasion de voir ce qu’elle a dans le ventre... je suis sûr qu’elle pourrait me surprendre avec ce que j’ai vu toute à l’heure.

« Au passage, j’aurais beaucoup de mal à passer la combi de Superman... » lui dis-je avec sarcasme. Vous l’aurez deviné, c’était une blague ne faisant absolument pas allusion à mes muscles mais à l’aspect moulant de l’entre-jambes. J’ai hâte qu’elle me traite de pretientieux, c’est ma passion dans la vie. Elle a l’habitude de bien pire de toute façon !

Je ricane comme un gamin de quinze ans, profitant de la proximité avec ma collègue pour glisser une mèche rebelle derrière son oreille. « Te cache pas, je te vois toujours, moustique ! » Dis-je pour changer de sujet alors qu’une nouvelle phrase me sème le doute dans les idées. Une nouvelle fois. Tout coïncide à dire qu’elle s’est déjà battue... ou pire. Elle a été battue. Si je continue à ricaner en me chamaillant avec la brune au visage tuméfié, j’ai ce drôle de sentiment qui vous glace le sang. Ce drôle de sentiment qu’elle n’a pas dû voir que de belles journées ensoleillées. Mais cette idée semble la troubler et il ne me semble pas opportun de remuer le couteau dans la plaie.

J’attrape donc la main qu’elle me tend après avoir accepté de venir si je conduis. Nous reprenons la direction de l’intérieur de la gare pour accéder au parking souterrain. Le hall de la gare est bruyant, nous entendons régulièrement des cris qui ne font qu’accentuer ce besoin de compagnie que je ressens. C’est pourquoi, sans douter une seconde que c’est la même chose pour ma camarade, je passe mon bras qui tenait jusqu’à présent sa petite main, autours de son épaule. Cela me permet de récupérer les deux sacs en toile. Mon autre main tire la valise, alors que le bras de Gia vient m’attraper par la taille. Comme ça, nous avons l’air de deux vieux amis. Ce qui est assez incroyable quand on sait que Gia et moi ne savons rien l’un de l’autre.

« Maintenant que tu le dis, je t’ai pas sortie de là pour mourir dans un accident de voiture alors... avec plaisir ! » Une fois arrivés devant le bolide -que dis-je, le monstre...- je laisse la brunette prendre place sur le siège passager alors que j’ouvre le coffre pour charger les deux valises et les deux sacs. « Bon sang mais tu pars trois mois ou quoi ? » dis-je en soulevant sa valise qui doit peser au moins trois fois la mienne. Je viens le glisse sur le siège passager, puis règles les commandes avant de démarrer.

Ça doit faire des mois que je n’ai pas conduit. Si sur mon île je n’avais pas d’autre choix que de savoir conduire, j’ai décidé de ne pas avoir de voiture à Naples. Les transports sont efficaces... et les faits divers auraient pu mentionner la mort d’un homme agressé par un autre pour ne pas avoir roulé assez vite... Je préfère le métro. Vraiment.

En sortant du parking, je reste précautionneux, n’ayant pas l’habitude de rouler dans des carrosseries aussi larges. « Je suis passé chercher une commande chez les parents d’une amie en rentrant voir la famille. C’est périssable, du coup... pas de temps à perdre ! » J’aime la laisser dans le suspens. J’aurais pu lui dire que nous allions chez Laura, puisqu’elle l’a déjà rencontrée, mais ça aurait été bien moins drôle. Et puisqu’elle insinue que je conduis moins bien qu’elle -l’hôpital qui se fout de la charité, croyez-moi!- je décide d’être un peu moins souple que prévu.

Et la revoilà partie pour m’appeler Gandalf. « Je devrais peut-être me laisser pousser la barbe... Ca plairait sûrement aux geeks. Comme ça pas besoin de se creuser la tête pour chercher une idée de soirée en tête à tête. » Je réponds en sortant des grands axes pour emprunter les ruelles étroites du centre de Naples. Une fois sortis du centre-ville je pourrai lui montrer qu’elle pourrait s’endormir avec ma conduite façon Uber.

Après une dizaine de minutes de route, nous arrivons devant le bar du pied de l’immeuble de ma meilleure amie. Bar que je connais comme ma poche étant donné qu’elle m’y fait poireauter des heures quand elle est en retard. Comme si le karma était avec moi, je trouve directement une place pour me stationner, et réussit mon créneau du premier coup. « J’attends une ovation. » dis-je avec fierté en me tournant vers la passagère un peu trop critique. Vu l’heure, il est possible que Laura soit présente.

Je saute de la voiture pour aller récupérer l’un des sacs en toile dans le coffre. « Alors, ma récompense pour avoir été bien meilleur conducteur que toi ? » j’ai pris l’air particulièrement malicieux, m’attendant à une réplique de taille. Quand on traine avec les hommes toutes la journée, on dirait que le sens de la répartie se développe en conséquence. « Allez la rageuse, je vais prendre un mauvais commentaire sur JustEat si je me dépêche pas ». Je la pousse délicatement vers la porte de l’immeuble, située à côté de l’entrée du bar. Nous montons dans l’ascenseur jusqu’au sixième étage. Là, je me dirige au fond du couloir, puis toque à la toute dernière porte. Je vois dans les yeux de Gia la curiosité. Mais je n’en dis pas plus.

C’est finalement quelques secondes plus tard que Laura pointe le bout de son nez. « Vango ! Mon petit chat. Je ne t’attendais pas si tôt ! » me dit-elle en sicilien en me sautant dans les bras ! « Comment ça va? Viens, entre ! » Elle est tellement enjouée qu’elle vient tout juste de remarquer la présence de Gia. Son expression passe alors d’extrêmement heureuse à horrifiée. « Seigneur, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? » demande-t-elle, toujours en sicilien.

J’attrape la petite brune, bien qu’un peu plus grande que Gia, par les épaules et la tire dans l’appartement. « Si tu veux qu’elle te réponde, ma douce, il va falloir commencer par lui parler en italien ! » Laura prends Gia par la main, l’attirant dans l’appartement en douceur. « Pardon ma jolie, avec celui-là, j’oublie tout mon italien ! » Je ricane en allant dans la cuisine pour chercher quelques bières. Connaissant Laura, elle n’en attend pas moins de la part puisqu’elle est trop occupée à installer Gia confortablement dans un fauteuil. « Laisse-la respirer, Laura ! » lui dis-je en m’affalant dans dans le canapé, parmi les dizaines de coussins. Canapé, qui, à l’image de l’ensemble de son appartement et de mon hôte, est confortable et chaleureux. Le sac en toile a pris place sur la table basse en bois massif.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Dim 12 Jan 2020 - 20:49 )
Ah les hommes. Et leurs blagues… Graveleuses. Giacinta en entendant bien plus qu’elle n’aurait aimé au sein de la caserne. Et Vango ne faisait visiblement pas exception à la règle… Elle n’avait jamais compris l’intérêt de ce genre de blagues. Et elle avait la ferme intention de le charrier avec celle ci. Même si il lui avait fallu quelques instants pour saisir qu’il ne parlait pas de son éventuelle musculature mais… d’autre chose.

“Vango ! Mon dieu quel poète tu fais… doublé d’un sacré prétentieux !”

Et quel prétentieux oui… La brune éclatait de rire. Elle était toujours contre lui. C’était assez dingue de voir que, deux personnes qui ne connaissaient pas ou très peu pouvaient être aussi proches. D’autant plus que jusque là Gia avait toujours été gênée et mal à l’aise au contact du garde-forestier. Pourtant, à cet instant, lorsqu’il remettait une mèche de ses cheveux derrière son oreille, elle se sentait bien. Apaisée. A vrai dire, le brouhaha de la gare n’existait même plus. Il avait ce don pour la rassurer. La mettre en confiance. Il avait une vraie présence. Et elle ne l’avait pas perçu jusque là.

Finalement, il fallait y aller et Gia tendait la main à Vango pour avancer jusqu’à sa voiture. Ravie qu’il la saisisse. Ils avancaient en silence, et elle tentait de cacher son appréhension par rapport à la foule. Elle était tout de même un peu éprouvée par ce qui s’était passé précédemment et cela ressortait au contact des bruits de la gare. Et encore une fois, son collègue semblait le sentir. Ils marchaient main dans la mien jusqu’à présent, situation qui pouvait sembler étrange mais qui pour la brune se révélait être totalement spontanée et… naturelle. Elle sentait le bras de Vango se glisser autour de sa taille et inconsciemment, se rapprochait de lui, passant un bras autour de sa taille. Voilà. Là elle se sentait mieux. Et le regard qu’elle lançait à la dérobée au brun se révélait être très explicite.

Elle lui laissait ensuite volontiers le volant et la discussion partait sur l’humour et sur leurs chamailleries habituelles. Un ton léger qui se révélait appréciable après les événements précédents. Une amie alors ? La petite pointe e jalousie ressentie dans le restaurant sur la plage revenait. Et ce malgré l’envie qu’avait Gia de la chasser et de ne pas y faire attention. Histoire de dissiper cette sensation désagréable, elle partait sur la taquinerie, de nouveau.

“Oh tu peux tenter… Mais je te vois assez mal dans un champ pour faire des jeux de rôles en costume le week-end. A moins que tu ne sois plus fan de hobbit que ce que je pensais ?”

Un sourire taquin prenait place sur le visage délicat de la brune, pendant qu’elle regardait le conducteur. Finalement, il ne se débrouillait pas si mal au volant. Elle avait lâché la poignée et c’était une bonne chose.

“C’est un choix de ne pas conduire dans Naples et de prendre le métro Vango ou c’est juste que c’est plus pratique ?”

En effet, Gia se rendait compte qu’ils ne se connaissaient pas. Ou vraiment très peu sortis du cadre professionnel. Pourtant, ils se voyaient de plus en plus en dehors de ce cadre et elle était curieuse d’en savoir plus sur lui. Bien que la question reste banale, c’était toujours ça de pris.
Finalement, ils arrivaient à bon port et le garde forestier faisait un créneau parfait. Chose qui n’était pas aisée avec le tank de Giacinta. Il en jouait d’ailleurs, lorsqu’ils sortaient hors du véhicule. Avec cet air malicieux. Un air similaire se dessinait sur le visage de la brune, tandis qu’elle lançait.

“Parce que tu crois que tu vas m’impressionner en conduisant ? Permet moi de te rappeler que je suis entourée de gros bras qui conduisent des camions cinq fois plus gros que ma voiture…”

Toujours aussi taquine, et légère après les évènements de la gare, elle se hissait, encore une fois sur la pointe des pieds et murmurait à son oreille.

“Mais tu gagnes un point pour le créneau parfaitement réussi alors je vais te faire une faveur…”

Elle hésitait un bref instant et puis tant pis, elle déposait un nouveau baiser sur sa joue. Là ça faisait deux dans la même journée, elle même se giflait mentalement pour avoir fait ça mais pour le coup, c’était un geste totalement spontané. Un peu trop spontané peut être ? Faisant comme si de rien n’était, elle se laissait pousser vers la porte de l’immeuble et lui emboitait le pas. Dans l'ascenseur, elle le regardait avec curiosité.

“Tu fais exprès de t’entourer de mystère en plus… C’est désespérant !”

Lançait Giacinta dans le cabine de métal, ne quittant pas son sourire taquin. Puis ils sonnaient et une personne déjà connue venait ouvrir. Le sourire de Giacinta s’élargissait. Elle avait apprécié la chaleur de Laura. Et effectivement, le brun avait tapé juste c’était probablement exactement de ce genre de chaleur dont ils avaient besoin. Elle se disait que cela lui permettrait de garder ses démons à distance. Même si ils finiraient probablement par revenir ce soir et l'empêcher d’avoir un sommeil correct,  parsemé de cauchemars.

Elle remarquait qu’ils ne parlaient pas l’italien, une sort de dialecte plutôt. Et elle les regardait avec curiosité. Après avoir salué Laura, elle se tournait vers eux.

“Vous parlez quel dialecte ? Je dirais que ça m’est familier mais je ne sais absolument pas ce que c’est… C’est le dialecte de chez vous ?”

Elle ne se serait probablement pas permis d’être aussi directe avec Vango en tête à tête. Et de poser autant de questions. La présence de Laura simplifiait les choses. D’ailleurs, elle se retrouvait immédiatement attirée par la brune, et installée dans un fauteuil. Comme s elle la connaissait depuis toujours. Giacinta aimait ce comportement. Et elle aimait la complicité évidente qui liait Vango et son amie.

“Ce n’est rien Laura… Juste une petite bagarre à la gare tout à l’heure. J’ai été sauvée in extremis par le preux chevalier qui se trouve en face de moi…”

Plaisantait la secouriste, avant d’ajouter plus de précisions devant l’air intrigué et curieux de l’amie de Vango.

“Juste un vieil ivrogne… Un peu en colère…”

Pudique, elle n’osait pas dévoiler les vraies raisons de la bagarre. Laura se faisant plus insistante, Gia se tournait vers Vango avec un regard de détresse, même si il avait déjà dit à Laura de la laisser tranquille. Elle n’avait absolument aucune envie de tout expliquer en détails. Alors elle changeait de sujet.

“Je vais faire ma curieuse mais.. qu’est ce qu’il t’a ramené exactement ? Il a joué monsieur mystère et je ne sais toujours pas si c’est de la drogue, à manger ou un animal vivant, voir les trois ?”

Giacinta riait à sa blague, grimaçant immédiatement, rappelée à l’ordre par le gros hématome qui commençait à fleurir sur sa joue et sur sa mâchoire. Une bière dans la main, elle commençait véritablement à se détendre, recroquevillée sur le fauteuil de Laura. Elle observait les joutes verbales entre ses deux compagnons en prenant toujours le parti de Laura.
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Lun 13 Jan 2020 - 21:40 )
Si conduire est, de manière générale, plutôt intuitif pour moi, je sais que ce n’est pas le cas de tous. Mais j’ai appris sur un scooter dans les montagnes, avant d’avoir le droit au toucher au 4x4 de mes parents. Quand la voiture est essentielle, il devient aussi compliqué de s’en séparer, même pour une journée. Gia l’aura rapidement compris, il y a des endroits où l’on peut s’en passer aisément. « Je n’ai pas d’intérêt à supporter les bouchons... je mets beaucoup moins de temps à me déplacer en métro. » Avouez-le, avec cet argument il serait peine perdue d’essayer de me faire changer d’avis.

Concernant l’énorme perche que je lui ai tendue en descendant de voiture, je ne suis pas peu fier de la performance. Si j’avais reçu un baiser à chaque fois que j’avais réussi un créneau du premier coup ! Oui... je serais un débutant dans les relations humaines, certes. Mais en tout cas, je trouve la récompense bien méritée. « Je n’irais pas jusqu’à qualifier tout cela de faveur mais... » J’ai marqué une courte pause alors que les portes de l’ascenseur se sont refermées sur nous. « Va pour cette fois. ».

De toute façon, avec Laura dans les parages je n’aurais pas le temps de jouer les fines bouches. Elle voudrait tout savoir dans les moindres détails, et je suis loin d’être d’humeur à tout raconter. Comme par exemple ce merveilleux créneau qui ne vaut pas qu’on passe la soirée à écrire tout un roman sur lui. Beaucoup trop ennuyeux. Je suis bien trop occupé à contenir l’énergie de mon amie. Forcement, à fêter Noël seule dans son coin elle doit avoir besoin de parler. Je la connais comme si j’avais grandi à ses côtés !

Comment ça, c’est le cas ? On m’aurait menti ?

L’interrogation de Gia sur la langue que nous parlons a le mérite de faire bien rire ma vieille amie alors que je décapsule les bières pour les verser dans des verres appropriés. Si j’ai bien retenu une chose chez Laura, c’est qu’elle adore recevoir... et on ne reçoit pas ses amis en les faisant boire au goulot de la bouteille. Même si je m’en fiche royalement, vous imaginez bien que je fais ça pour la paix de ma soirée. Tout comme je fais un gros effort vestimentaire à son contact pour éviter les reproches. « Oh ma jolie, c’est du Sicilien ! » s’exclame la jolie brune qui est aussi notre hôte. « Du sicilien pure souche, celui que nous parlons depuis petits avec Vango ! » Elle se retourne vers moi l’air réprobateur.

Eh voilà ! Ma tranquillité avec ces deux-là sera encore mise à l’épreuve. « Eh bien, Vango, on nie ses origines ? » Évidemment que je m’y attendais à celle-là ! Contrairement à mon amie qui a bombé la poitrine en déclarant être sicilienne, je suis plus modéré. Pas que je renie mon île et ma langue natale, loin de là. Je suis plutôt discret sur ma vie en général, préférant me montrer derrière un masque hermétique. « Je ne m’en cache pas ! Si elle m’avait posé la question plus tôt j’aurais répondu ! » Je réponds en me renfrognant alors que les coussins du canapé sont en train de m’aspirer. C’est vrai quoi...

A présent débarrassée de son tailleur moulant, ayant revêtu un pantalon fluide et une chemisette turquoise, Laura vient s’installer à mes côtés, recommençant à dévisager sa seconde invitée. Des questions, toujours des questions ! Et si Giacinta n’avait pas envie de répondre ? Elle se sent probablement obligée... J’aimerais pouvoir l’aider mais elle s’en sort plutôt bien. Brève, mais il semble que cela soit pour le moment suffisant à satisfaire la curiosité de mon amie. De toute façon, la plus petite des deux brunes a tenté de changer de sujet en posant une question sur le contenu du paquet.

Le regard que me lance Laura ne trompe pas. Elle n’en a pas fini avec son interrogatoire. Il est donc nécessaire d’aider Gia à changer de sujet.... et y rester. « Ce sont des gâteaux de Noël faits par la mère de Laura ! » dis-je avec un large sourire sarcastique à la concernée qui continue de me dévisager pour essayer de voir si je me suis battu. « Tu devrais l’appeler pour la remercier ! » je lui murmure en sicilien, suscitant une vague d’agacement chez la femme avant qu’elle s’exécute.

Alors qu’elle s’éloigne dans une autre pièce du somptueux appartement, je profite de l’instant de solitude avec Gia pour lui tendre le verre de bière. « Si elle t’importune, tu lui dis ! » fais-je lui tendant la boîte de Doliprane que Laura a pris soin de déposer devant Gia. « Tu devrais en prendre un, ça limitera la douleur de ta mâchoire. Tu es bien amochée ». Je grimace légèrement, voyant son bleu passer de rougeâtre à noirâtre au fur et à mesure que le temps passe.

« Maman me dit que je devrais me méfier, elle te pense capable de mettre du somnifère dans mes gâteaux pour me faire taire ! » M’indique Laura, révoltée, alors qu’elle revient vers le salon. « C’est vrai Vango ? Je parle trop ? » J’éclate de rire, en cœur avec mes camarades. Lorsqu’elle s’installe à mes côtés, je l’attrape dans mes bras pour venir lui déposer un baiser sur la tempe. « Oui, tu parles trop. Tu vas faire peur à Gia ! » Outrée, elle se retourne vers Gia pour la prendre à parti. « Gia, sommes-nous d’accord que son intervention était inutile ? On le met dehors ? »

Non Mesdames, ne vous donnez pas tant de mal, je partirai de mon plein gré ! Pour l’instant, le verre de bière mousseuse me tend les bras.

« Et toi, Gia, dis-moi d’où tu viens ! » Interroge Laura. J’avoue que la réponse pourrait susciter un intérêt chez moi. Si Laura m’a vite reproché de ne pas avoir assez parlé de mes origines à ma collègue, il me semble ne pas être le seul fautif. A part son prénom de fleur, son métier et son dégoût pour les dragueuses superficielles... j’avoue ne rien savoir de Gia. Même pas son nom de famille pour tout vous dire ! Il est d’ailleurs probable que le contraire soit vrai... C’est pourtant l’une des personnes que je côtoie le plus depuis quelques semaines.

« Et vous, comment vous vous connaissez ? » Finit par demander Laura. Évidemment, celle-ci aussi je m’y attendais. « Nous travaillons régulièrement ensemble à la réserve ! » Je commence à dire, alors que mon amie s’est emparée de ma main pour la regarder. « Seigneur Laura, tu veux quand même pas que je me mette à poil pour te prouver que je vais bien ? ».

Elle n’est pas née de la dernière pluie, la petite. Elle-même une excellente combattante, probablement la meilleure que je connaissance, elle sait que si les parties visibles ne sont pas touchées, des blessures plus graves peuvent facilement se dissimuler. « Tu sais que j’adore voir tes muscles beau brun. » Fait-elle avec sarcasme en se tournant vers Gia pour lui faire un clin d’œil complice. Je lève les yeux au ciel, exaspéré. « Je te fais voir, mais à deux conditions ! » L’attention de Laura est toute tournée vers moi. « Plus de questions embarrassantes ! Et... » Je fais basculer mon t-shirt par-dessus la tête, me lève, et mains sur les hanches, je fais un tour sur moi même. Laura tente de me chatouiller au passage, mais j’ai un réflexe de recul. « Et pas touche ! » Sur ce, j’éclate de rire lorsqu’elle revêt sa plue belle moue boudeuse, et repasse mon t-shirt pour reprendre le cours de la discussion. Ce sera bien plus zen maintenant qu’elle n’a plus le droit aux questions gênantes. Sacrée Laura ! « Tu t’en sors bien, mais je sais que tu t’es battu, tu trembles, crétin. » ouille. Touché. Mais peu importe puisqu’elle n’est plus censée mentionner cette histoire...

« Je suis commerciale dans une grande boîte de cosmétique » Répond Laura à Gia qui a repris les questions sur mon amie. Je m’installe confortablement sur l’un des bouts du canapé, entre le fauteuil de Gia et Laura qui prend toute la place. « Oh tiens, regarde ce que j’ai retrouvé en fouillant dans des cartons ! » S’écrie Laura en montrant un papier à Gia. Une photo de nous deux à 4 ans. La première fois que nous nous sommes vus... « Fais pas attention elle adore m’afficher ! » dis-je avec un rire presque jaune. Aussi jaune que j’étais blond sur cette photo. Enfance ingrate.


La nature se suffit.
©️ FRIMELDA
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