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- Un train à prendre { Vango -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Giacinta Faggio10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Giacinta Faggio
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Mar 14 Jan 2020 - 21:47 )
Tout à sa curiosité, Giacinta suivait Vango. Il avait parlé d'une amie. À quel genre d'amie livre on des colis soigneusement enveloppés ? Elle se posait la question. Et ressentait une petite pointe de jalousie qui venait lui chatouiller les côtes... Elle découvrit avec surprise qu'il s'agissait de Laura. Et elle l'avouerait bien volontiers, cette surprise lui convenait. Elles avaient beau ne s'être rencontrées qu'une seule fois, elle avait accroché avec la petite brune qui n'avait pas son pareil pour renvoyer son collègue dans ses vingt-deux mètres.

Après un accueil chaleureux, mais horrifié, Giacinta se trouvait bientôt installée dans un fauteuil, avec une bière fraîche et une boite de doliprane. Qui avait lu dans ses pensées ? C'était exactement ce dont elle avait besoin. Auparavant, un point l'intriguait. Laura et Vango parlaient une langue dont les sonorités lui étaient familières mais qu'elle ne connaissait pas. Elle posait la question, observant, hilare, Vango se faire rabrouer.

"Oh du sicilien donc... Il n'y a jamais fait mention."

Elle lui faisait un clin d'oeil, ouvertement taquine. Elle voyait bien que Laura le prenait à parti et elle ne pouvait s'empêcher de trouver cela drôle. Bon, elle savait qu'il ne fallait pas qu'elle en fasse trop pour ne pas l'agacer. La brune se taisait et regardait la petite scène de ménage qui se déroulait devant elle. Elle se faisait apostropher mais ne répondait pas, il valait mieux-être neutre entre ces deux là. Le fait de ne pas l'être ne lui vaudrait que des ennuis.

Changeant de sujet, la secouriste demandait à l’assemblée ce qu’était le paquet qu’ils étaient venus livrer. Des gâteaux, tiens donc. Le garde forestier était donc plus sensible qu’il n’en avait l’air. Au point de s’arrêter directement en rentrant de Sicile pour porter à son amie les gâteaux que sa mère avait…. Elle trouvait ça plutôt touchant, et ce n’était pas l’image qu’elle se faisait de Vango. Même si son avis sur lui changeait continuellement. Il avait des petites attentions qui la surprenaient. Comme ce cactus, qui trônait désormais chez elle. Laura partait téléphoner à sa mère et le brun la surprenait encore. En lui conseillant de prendre les doliprane que son amie avait déposé à son attention. Gia se touchait la mâchoire en grimaçant, ce salaud ne l’avait pas loupée.

“Je crois que de la glace serait probablement plus efficace à ce stade là…”


Mais cette attention la touchait et elle lui adressait un sourire qui voulait tout dire. Laura revenait ensuite, et Giacinta continuait de rire, coincée entre les vannes que s’envoyaient ces deux là. Il y avait vraiment une alchimie entre eux, qui était indéniable. Si elle n’avait pas eu plus d'informations, la secouriste aurait parié sans hésiter qu’il s’agissait d’un vieux couple.

La sicilienne lui posait ensuite une question à laquelle elle ne s’attendait pas. Bien. Il allait falloir y répondre. Tentant de paraître normale, Gia répondait à son interrogation.

“Eh bien je suis Florentine. Pure souche et depuis plusieurs générations.”

Là, elle arborait elle aussi son petit air chauvin en parlant de la Toscane. Mais la brune n’avait pas l’air décidée de la laisser tranquille.

“Oh d’accord. Ta famille est restée là bas ? Et pourquoi être arrivée ici ?”

Là. La question était celle qu’elle redoutait le plus. Largement.

“Oui. Je viens d’une famille d’artistes et de marchands d’art qui ont établis leurs commerces à Florence et en Toscane de façon générale. Ils sont toujours là bas. Et… je suis partie parce que… j’avais besoin de changer d’air je crois.”

Elle avait réussi à être à peu près sûre d’elle. Mais elle croisait le regard de Vango et elle se doutait qu’il ferait le rapprochement avec les quelques indices qu’elle avait déjà laissé échapper. Il finirait probablement par assembler les pièces du puzzle et comprendre ce qui lui était arrivé. Laura semblait avoir senti son malaise et décidait de changer de sujet. Au grand dam de la secouriste, cette question la mettait encore plus en porte à faux.

“Tu faisais quoi avant d’arriver ici ? Et maintenant tu fais quoi comme métier ?”

“Je… je peignais. Et je suis secouriste maintenant.”


Peindre. C’était un mot faible par rapport à ce qu’elle faisait en réalité, à savoir contrefaire des tableaux. Mais cela pouvait passer. Enfin si on exceptait Vango, vers lequel elle ne levait pas les yeux. De peur de ce qu’elle pourrait y lire. Il répondait tout de même à la question suivante ce qui la soulageait. Elle en avait déjà trop dit. Et il se donnait même en spectacle pour changer totalement de sujet. Un petit sourire aux lèvres, elle les regardait se chamailler se mettant à rougir violemment en voyant le garde-forestier enlever son tee-shirt.

Pour cette fois, elle se laissait aller à détailler le torse de Vango. Elle l’avait déjà vu bien sûr mais… ça prenait à chaque fois. Il était séduisant et elle ne pouvait clairement pas le nier au vu du regard qu’elle portait sur lui. Rapidement, et toujours en piquant un fard, elle baissait la tête pour regarder ailleurs. Il avait une espèce de magnétisme qui avait tendance à l’attirer. Elle avait fini par s’en rendre compte. Elle les laissait régler leurs comptes entre eux. Effectivement, il s’était battu et c’était pour la sortir d’un sacré mauvais pas dans lequel elle aurait pu laisser des plumes. Elle ne disait pas ça à Laura. Elle n’avait pas envie de parler de ce qui s’était passé à la gare. Cela avait éveillé un peu trop de souvenirs.

La sicilienne lui parlait ensuite de son métier et Gia n’avait même pas le temps de répondre, que celle ci se jetait sur elle avec une photo d’eux deux, petits. Giacinta éclatait de rire et faisait un clin d’oeil à Vango, ayant enfin réussi à retrouver une couleur de peau normale, malgré le strip tease de son attirant collègue.

“Ce que tu étais mignon Vango… Blond comme les blés. Tu avais une tête d’ange… Mais ça c’était avant !”

Laura sortait d’autres photographies, qui provoquaient l’hilarité et l’attendrissement de Giacinta. Dont une de Vango avec une superbe coupe au bol. Le genre de photographie que tout le monde a dans son placard mais bien cachée, à l’abri de regards indiscrets… comme le sien. Toujours avec douceur, particulièrement depuis cet après-midi, elle s’adressait à lui, accrochant son regard. Un instant. Peut être un instant de trop pour attirer la vigilance de la sicilienne.

“Si tu es gentil je ne balancerais pas à la réserve, promis…”

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Vango Ponti10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Jeu 16 Jan 2020 - 19:32 )
Si les discussions sont plutôt agréables, le temps a filé depuis notre arrivée chez Laura. Je ne l’ai pas vu défiler, et suis surpris par l’heure avancée en consultant ma montre. Pas que j’ai beaucoup de choses à faire ce soir, non, mais plutôt que je me rend compte que je n’ai toujours pas mis le pied chez moi. Les discussions autour de moi me tiennent l’esprit occupé, laissant derrière moi les péripéties du milieu d’après-midi à la gare. Effectivement, nous travaillons quotidiennement ensemble, mais nous n’avons jamais mentionné notre vie privée. Je suis du genre à ne pas mélanger la vie privée avec le travail, d’habitude. Gia est cette exception qui confirme la règle à présent.

« Jamais mentionné, mais jamais jamais demandé ! » dis-je toujours sur cet air renfrogné. Il est vrai que les siciliens ont la réputation d’être des gens très fiers, mais pour ma part c’est plus fort que moi... je préfère la discrétion. Je suis heureux de pouvoir discuter dans ma langue maternelle, qui n’est que très peu parlée en Italie et tend à disparaître... mais je n’aime pas être catégorisé par mes origines, et donc je préfère me fondre dans la masse.

Mais comme je le disais plus tôt, je ne suis pas le seul fautif dans cette histoire. J’apprends donc que Gia est de Florence. Une jolie ville, au demeurant, mais qui semblerait avoir un peu trop pesé dans le cœur de la jeune femme, à en croire son expression quand elle le mentionne. L’expression de son regard, pas celle du masque qu’elle a revêtu.

Les quelques échanges avec Laura concernant son passé ne font qu’accentuer le pressentiment que j’ai eu alors que le collègue de Gia tentait de la soigner. Laura, qui a également senti le malaise dans la voix de son interlocutrice, se contente d’acquiescer. « Secouriste ? C’est toi qui a récupéré Vango en morceaux à la réserve, j’imagine ? » Oh, non, ça va pas recommencer à être ma fête !

Je me lève, laissant les deux brunettes discuter sur les photos que Laura a retrouvées. Oui, j’étais ridicule avec la coupe au bol, mais après tout, je n’avais pas choisi !

« C’est vrai que concernant le faux air d’ange tu en connais un rayon » Dis-je l’air taquin à Gia. Quand elle a décidé quelque chose, elle n’en démord pas ! J’en sais quelque chose, à n’avoir pas eu mon mot à dire pour rentrer paisiblement chez moi après mon accident de course à pied... Et alors que les filles sont occupées à commenter les moindres détails de mon enfance, je me dirige vers l’entrée de l’appartement.

Artistiques, marchands... je peignais... besoin de changer d’air. Toutes ces paroles se retournent dans ma tête, alors que quelques fragments d’images me reviennent. Un dessin tombé à mes pieds et bien trop vite rangé. Quelque chose me dit que tout se rejoint, et que je suis en bonne passe de dénouer le mystère. A part un choc émotionnel ou une énorme honte, il n’y a aucune raison qui pourrait expliquer qu’une personne soit aussi vague sur son passé, son métier... ce sont déjà deux raisons suffisantes, vous me direz.

« Bon, les commères, vous venez ou quoi ? » Laura se retourne pour m’observer en train de mettre mon manteau. « Tu vas où ? » me demande-t’elle en fronçant les sourcils. Voyons, Laura, la question serait plutôt à mettre au pluriel.... « Je ne comptais pas vous laisser raconter des ragots seules sans moi. On part tous les trois ! » Je me suis emparé des vestes des deux femmes, une dans chaque main, les tendant aux concernées pour qu’elles daignent se lever. « Venez, et vous le saurez bien assez tôt ! » Avouez, bien trop de suspens dans cette phrase. Mais j’adore les faire patienter et lire toute cette impatience dans leurs yeux brillants de curiosité. D’ailleurs elles ne tardent pas plus que ça à venir récupérer leurs manteaux.

Mains dans les poches, avec une démarche détendue, je pars devant en attendant que Laura ferme la porte de son appartement. Gia, sur mes talons, ne tarde pas à me rattraper. « C’est pas parce que tu marches vite que tu sauras avant les autres, moustique ! » je lui adresse un large sourire amusé.

La nuit est tombée sur la jolie ville côtière, les réverbères se sont progressivement allumés pour donner une ambiance chaleureuse, et ce malgré le froid ambiant. Ce n’est certes pas mon quartier, mais les nombreux retards de mon amie depuis qu’elle habite ici m’ont permis de sillonner les rues des centaines de fois. Je pourrais même dire que je connais le quartier comme ma poche... peut-être mieux que le mien, au passage. Et vous savez, quand on connaît bien un endroit, on sait exactement où, aller pour passer un moment agréable.

C’est donc sans aucune hésitation que j’ai emmené les deux demoiselles qui me suivent vers cet escalier très raide, caché entre deux façades d’immeubles. Si je n’avais pas eu des heures entières à perdre, je n’aurais jamais vu cet entassement de vieilles pierres, recouvertes en partie de mousse.

Mais ça, c’était sous-estimer le manque de ponctualité de ma meilleure amie.

Jusqu’à présent les deux brunettes ont continué à discuter de tout et de rien sur le chemin, abordant des sujets légers comme leurs passions -les arts martiaux, pour Laura- et moins légers, comme la place de la femme dans leur métier... « Oh Gia, je comprends pas, ils sont tous charmants avec toi au travail ! Surtout un certain Vincento... Que Laura aime beaucoup d’ailleurs ». Pas besoin d’en dire plus pour que la Laura démoniaque se mette a pester en sicilien. Pas besoin de comprendre pour suivre... mais à tout hasard je me permet d’ajouter : « En italien, Laura ! ». Ce qui a le don de l’énerver de plus belle.

L’escalier est long, et escarpé. Elles doivent être en train de me haïr avec leurs petites jambes alors que je monte les marches deux à deux. Mais leur souffle coupé m’assure encore un peu de tranquillité avant de me faire tuer. « Allez plus vite bande de mollusques ! » dis-je en accélérant la cadence alors que j’aperçois le haut de l’escalier.

Je n’entend plus les répliques de mes deux acolytes, trop concentré sur le point de vue qui s’élève devant mes yeux. Un mirador. Un vrai. Une vue incroyable sur Naples illuminée, dégagée... spectacle splendide sur lequel je suis tombé par hasard en cherchant à m’occuper.

Alors que les deux jeunes femmes me rejoignent, bouche bée, je les attrape par les épaules, bombant la poitrine. « C’est joli, hein ? Vous avez faim ? » Laura ne dit plus rien, contemplant la vue, impressionnée. « Restez-là, je reviens ! »

Disparaissant dans une ruelle sur la droite, je repère la petite épicerie dans laquelle je suis déjà entré. J’en ressors quelques minutes plus tard les bras chargés d’un pack de bières et de nombreuses petites choses à grignoter. Un pique-nique, oui, et alors ? Il fait froid, mais le paysage devant nous -et un peu d’alcool-, souffriront à nous tenir réchauffés.

Lorsque je reviens près d’elle, Laura m’attrape par le cou pour m’embrasser sur la joue. Décidément, c’est la soirée ! « Toujours le chic pour choisir les points les plus hauts Monsieur Ponti. Mais on va se les cailler ! ». Ah les filles, jamais contentes. Je me pose au milieu d’un blanc, décapsulant les bières avec le dossier puis en tend une à chacune. « J’ai la solution à tout, gentes dames. »


La nature se suffit.
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Lun 20 Jan 2020 - 23:25 )
Finalement, cet après-midi impromptue était très agréable. Passé les moments de gêne suite aux questions personnelles que Laura lui avait posées et auxquelles elle avait été obligée de répondre, Giacinta commençait à trouver sa place au milieu de ces deux là. Elle appréciait vraiment leur compagnie. Leurs chamailleries et la chaleur de Laura… Même le comportement de Vango envers elle semblait avoir changé. La secouriste sentait qu’il y avait une ébauche de complicité entre eux, un petit feeling qui passait. Et c’est probablement ce qui l’aidait à se sentir aussi bien, et ce même après les événements précédents. Pour l’heure, elle discutait avec la sicilienne de son collègue et de son enfance, n’hésitant pas à se moquer allègrement de lui. Plaisir partagé évidemment.

Tout à leur discussion, Gia regardait Vango qui leur demandait de venir et leur tendait leurs manteaux. Aucune idée sur où ils allaient, visiblement ils le sauraient bien assez tôt. Elle adorait ce genre d’idées et après un regard brillant d’excitation échangé avec Laura, elle se levait avec sa tête de bagarreuse et prenait sa veste. En effet, les souvenirs de cette terrible après-midi se réveillaient sur son visage. Le bleu devenait violet et rose à la fois et prenait une grosse partie de sa mâchoire. Elle ne se regardait pas dans une glace, elle savait très bien qu’elle se ferait peur et qu’elle se rappelerait bien trop de souvenirs. Alors elle choisissait cette journée, ou plutôt cette soirée vu l’heure qui avait défilé et pas les souvenirs. La brune se précipitait à la suite de Vango, finissant par le ratrapper. Non sans mal au vu de la taille de ses jambes par rapport aux siennes… Plus assurée en sa présence, maintenant, au vu de la complicité naturelle qui se nouait entre eux, elle le rattrapait en le prenant par la main. Elle gardait sa main dans la sienne un instant, se moquant de nouveau ouvertement.

“Quel homme plein de mystère Vango…”

De peur de ce que la Sicilienne pourrait déduire de ce geste, elle la retirait dès qu’elle la voyait arriver. Constatant qu’elle aussi était plus que curieuse de l’endroit où le garde forestier les emmenaient. Marchant côte à côte, et tentant de suivre le rythme de Monsieur Mystère, Gia et Laura discutaient.

“Ca va ton travail ? Enfin… C’est pas trop compliqué dans ce milieu d’hommes ?”

A cette question, la florentine éclatait d’un rire assez jaune, disons le.

“Ils sont ignobles. Commentaires machos, blagues pourries… Enfin tu vois le topo quoi.”

La sicilienne lui répondait qu’elle vivait la même chose quand Vango intervenait. Faisant grimacer les deux femmes.

“Mon dieu Vincento… Mais le pire de tous. Je crois que lui il me fait peur. Je n’ai aucune idée de ce dont il est capable…”

Laura acquiescait et pestait en italien s’énervant contre le garde forestier. Elle ajoutait.

“Heureusement, celui ci n’est pas les autres. Enfin j’espère !”

Giacinta éclatait de rire en secouant la tête. Le ton qu’elle allait employer pour parler de lui était un peu trop, un peu trop tendre peut être. Une personne suffisamment attentive percevrait aisément que dans cette façon de parler de son collègue, il y avait plus que de l’amitié ou de la complicité.

“Non, heureusement… Au contraire. Même si il est parfois pénible… il est toujours gentil.”

La brune pensait sincèrement ce qu’elle disait. Malgré les quelques petites tensions qu’ils avaient parfois vécu ensemble, il avait toujours été surprenant. Eu une petite attention ou un petit mot envers elle. Elle ne le réalisait que maintenant. En disant ces mots. Effectivement, il avait toujours eu ce petit quelque chose pour elle. Le cactus ou la valse sabotée pendant le dîner… Est ce qu’il y avait une signification à ces petits gestes ? Probablement pas mais c’est la question qu’elle ruminerait plus tard dans la soirée. Une fois sortie du cocon avec ces deux là.

Cette discussion se terminait lorsqu’il les amenait devant un bâtiment et surtout devant une grosse quantité de marches à monter. Les deux femmes râlaient, particulièrement Laura qui balançait des mots en sicilien que Gia soupçonnait ne pas être des mots d’amour, au contraire. Elle même lui lançait d’en bas.

“Vango ! Tu veux nous tuer pour qu’on se taise ? Il y a d’autres moyens de réduire les gens au silence !”

Finalement, elles parvenaient enfin en haut et… effectivement, elle avait le souffle coupé. Non pas par la montée pénible, plutôt par la vue sur la ville qui s’étendait à perte de vue. C’était juste magnifique. Et le garde forestier semblait en être très fier. A peine le temps de profiter que Vango disparaissait déjà, laissant les deux femmes seules. Gia murmurait.

“Mon dieu. Il me surprendra toujours.”


Absorbée par la vue, elle ne remarquait pas le regard taquin que Laura posait sur elle. Visiblement, cette phrase était un peu trop équivoque. Celle ci en profitait pour glisser une petite phrase.

“Oui je vois bien ça…”

Cette perche non plus, la florentine ne la saisissait pas. Elle l’avait bien entendue mais elle faisait mine de regarder la vue. Il valait mieux ne pas répondre à ça. Et heureusement, Vango revenait avec un pique nique et de quoi boire. Encore une fois une excellente surprise. Cette fois, Gia captait le petit regard en coin que Laura lui lançait. Et elle la suivait, attrapant elle aussi le garde-forestier par le cou en se mettant sur la pointe des pieds pour l’embrasser sur la joue. Chacune son tour.

Prenant la bouteille de bière tendue par Vango, Giacinta trinquait en souriant.

“A toi Monsieur Mystère !”

Après une gorgée, elle se lâchait sur les questions, elle qui restait toujours sur la réserve avec lui.

“Comment tu as dégoté cet endroit ? La vue est incroyable.”

Entre les deux femmes, Gia tournait sa tête vers Vango en souriant. Elle profitait de l’éloignement provisoire de Laura qui répondait à un coup de fil tardif, probablement le travail. Et articulait silencieusement à son attention un “Merci.” En serrant sa main un instant. Elle était sereine. Pour une fois. Pas sur la réserve ou sur la défensive. Il avait réussi à lui faire oublier la bagarre et les souvenirs qui normalement auraient du l’envahir après une scène comme ça. En lieu et place, elle était calme et tranquille. Pour l’instant. Son regard accrochait celui du brun. C’était la première fois que quelqu’un faisait quelque chose d’aussi désintéressé pour elle. Elle ne savait pas si c’était intentionnel ou non mais ça la touchait tout particulièrement.  Rougissante, elle finissait par détourner le regard et montrait un point du doigt.

“Je crois que la réserve là bas. Et là bas c’est chez moi non ? Et je dirais même que là bas ça doit être ta tanière…”

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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Lun 27 Jan 2020 - 21:45 )
Personne n’est jamais trop tendre. Personne n’est trop gentil, ni trop attentionné. Jamais trop, si vous voulez mon avis. On passe notre temps à critiquer les gens qui nous entourent, à bouder ce qu’on a… et on oublie bien trop souvent la chance qu’on a dans la vie. Chance que personnellement, je n’oublie jamais. Être entouré par des gens aimables, voir aimants… Oui, après tout, pourquoi pas… Je ne suis pas ce genre de personne à attendre qu’on me cire les pompes, mais j’apprécie d’être parmi les gens que j’aime. C’est bien trop souvent oublié, malheureusement…

« Ne t’en fais pas, j’aurais juste décampé pour éviter de vous entendre piailler. » ai-je répondu à Gia, haletante, qui tentait de reprendre son souffle alors que je montais les marches quatre à quatre. Si j’entends les filles s’offusquer du comportement de mon collègue Vincento, je n’en dis pas plus. Je suis en accord avec elles, et n’hésiterai pas à une seconde à les défendre si j’en sens le besoin. En revanche, il n’est pas question pour moi d’alimenter le débat. Je préfère les écouter argumenter à son sujet, c’est bien plus passionnant à mes yeux.

Je ne réponds pas non plus lorsque Laura me qualifie, à raison je l’espère, comme différent des autres. J’ai toujours été très attentif à la cause de la gente féminine. J’ai toujours considéré les femmes comme mes égales… Alors entendre que je suis différent des autres, et « gentil » c’est pour moi le plus gros des compliments. Sans aucun doute ! Même si « gentil » est un peu fort, je pense...

Assis sur ce banc, bière fraiche à la main dans ce froid glacial… je regarde le paysage droit devant moi. La nuit est claire, les nuages se sont absentés pour quelques instants. Comment ai-je trouvé cet endroit ? La question est si simple que Laura pouffe de rire. « Ne dis rien, Vang', je t'en prie. » Me supplie Laura en me lançant son regard le plus doux. N’importe qui aurait résisté à la tentation… Mais dommage, car je ne suis pas n’importe qui. Et je ne suis pas prêt de l’être !

« Disons qu’une certaine personne est toujours en retard… il m’a fallu trouver des solutions de repli pour ne pas passer de longues heures d’ennui… » Dis-je en lançant mon plus beau sourire à la plus petite des deux brunes, située sur ma gauche à l’instant présent. « J’ai découvert cet endroit il y a quelques semaines, en recherchant un endroit pour prendre un peu de hauteur. Juste un peu, vous avez vu ? » Fièrement, je me redresse, et passe les bras sur le dossier du banc sur lequel nous nous sommes assis.

Le téléphone de Laura se met à vibrer dans sa poche alors que j’entame une énième gorgée du breuvage à bulles. Elle s’éloigne pour aller discuter dans un coin plus calme. Alors que je m’apprête à sortir une bêtise de plus pour faire rire l’assemblée -un peu réduite, je l’avoue-, mes yeux croisent ceux de la jeune femme restant à mes côtés. Je ne sais pas, à cet instant précis, ce que veut dire ce regard.

« Tu te trompes. » Dis-je avec tant de certitude que cela pourrait devenir déconcertant. « J’habite à cet endroit. » Je montre la direction de la réserve du bout du doigt, pointé vers l’horizon. Même direction que celle qu’elle a pointée quelques secondes plus tôt. « D’ailleurs, à cet endroit… » Je pointe un point vers la droite, montrant sans aucune hésitation l’immense bâtiment blanc qui se dresse devant nos yeux. « Regarde, c'est ton chez toi ! »

Pas besoin d’une paire de lunettes trop élaborée pour comprendre qu’il s’agit là d’un endroit sensible. Evidemment, cela ne semble pas plaire à Gia… L’établissement que j’ai montré du doigt n’est autre qu’un hôpital psychiatrique, où les patients sont.. spéciaux. Gia, à cet instant même, est piégée par ma capacité de plaisanterie sans précédent. Laura, toujours au téléphone, s’est tellement éloignée qu’elle me laisse esquiver seul la baffe de Gia qui se perd dans l’obscurité.

« Te fatigue pas, moustique, tu ne m’aurais pas. » J’esquive une nouvelle baffe en venant entourer ses épaules de mon bras pour voler sa bière. « Essaie encore, et je confisque le précieux ! » Dis-je avec un large sourire aux lèvres alors que la belle tente de se sortir de la situation. Trop tard pour elle, car j’ai déjà récupéré les deux bières et m’amuse à en siroter l’une, puis l’autre… sans trop de problèmes.

« Vango ! » La voix de Laura m’appelle au loin. Je me retourne, découvrant la petite silhouette longiligne de ma meilleure amie, tapie dans l’ombre d’un arbre. « Je dois vous laisser, le devoir m’appelle… » Je lis à son regard pétillant que le devoir… n’est pas si formel qu’il en a l’air. En effet, il n’est pas bien compliqué de comprendre que la méditerranéenne a des choses plus plus palpitantes à faire que de suivre son meilleur ami dans les ruelles sombres de Naples. « Dépêche-toi, ne le fais pas attendre… » Laura s’approche pour déposer un baiser sur mon front. « Qui te dit que c’est un « il » ? » Dit-elle avec avec un air malicieux qui ne trompe pas. « Je te connais, il me semble. » Si Laura est une grande amatrice d’hommes - je n’en ai aucun doute, pour en avoir discuté des centaines de fois avec mon amie.-, elle aurait très bien pu s’intéresser à de jolies jeunes femmes. En tout cas c'est ce qu'elle essaie de me faire comprendre. Pour Laura, pas de limites quand on est célibataire, à partir du moment où on se plait… il peut se passer n’importe quoi.

« Vas, ma douce, ne laisse pas attendre son prétendant du soir. » Dis-je en la regardant partir, sans regret. Mon bras est toujours passé sur le dossier du banc, avec un côté derrière le dos de Giacinta. J’aime savoir ma Laura entre de bonnes mains, aimer sa nuit passionnément. Il est si rare qu’elle garde du temps pour elle… Laura, bien que très tactile et aimant ma compagnie est une grande solitaire pour qui les hommes ne sont qu’un passe-temps. Je ne suis pas sûr de l’avoir vue un jour ramener un homme qu’elle juge assez respectable pour présenter à ses amis. Une chose est certaine, c’est qu’elle ne m’a jamais montré personne.

Alors que la jolie brune s’éloigne, je me retrouve de nouveau en tête à tête avec Gia. « Elle me fatigue souvent, mais elle oublie de s'occuper d'elle si souvent… » Dis-je en soupirant alors que mes doigts viennent de nouveau trouver les mèches de sa chevelure châtain pour aller les chatouiller. Je termine ma bière d’un seul coup, me tournant délicatement vers la brunette aux yeux noisette. « Viens, moustique des terriers, j'ai encore des choses à te montrer. » Dis-je avec procédure, sans manquer de me moquer d’elle. Et bien oui, si je vis dans une tanière, autant qualifier son appartement de terrier. Je ne laisse pas la choix à ma collègue, qui en plus d’avoir pris de sacrés coups dans la figure, a un peu picolé.

Je prends délicatement sa main dans la mienne puis l’aide à se relever. Mon autre main s’empare du restant du pack de bières, nourriture soigneusement rangée dans les poches du manteau qui couvre mes épaules.

« Come on. » Dis-je dans un parfait accent américain. Je ne suis pas un grand anglophone mais je me suis toujours bien débrouillé en langues. Gardant sa main dans la mienne, j’entreprends le retour vers chez mon amie… par un tout autre chemin bien moins facile. J’ai toujours aimé les challenges, et je ne compte pas la laisser là à se moquer de moi. Je me dirige donc vers l’autre flanc de la colline sur laquelle nous avons grimpé pour me diriger vers ce petit chemin de terre ridicule.

« Par ici. » Je commence à descendre d’un pas assuré, sautant parfois quelques marches pour gagner du temps. Le chemin est plus court par les petits sentiers entre les immeubles. Si j’en crois mon instinct évidemment…

Parfois, elle s’appuie sur ma main pour franchir une racine d’arbres qui traine sur le chemin, ou pour se retenir dans une descente glissante. Je m’arrête au milieu de la descente… « J’en connais une qui ferait bien de venir prendre un cours de sport avec avec moi ! » Je la taquine, évidemment, mais elle est si drôle, à s’appuyer sur moi comme si elle avait cinquante ans. Une mamie un chouia plus jeune que moi, c’est quand même pas banal !

Au final, nous nous retrouvons en haut d’un mur d’environ un mètre cinquante… habituellement une petite formalité… ce qui j’avais oublié, alors que le petit bout de femme se trouve à côté de moi. Sans trop réfléchir, je me laisse descendre en me tenant à la force des bras, puis une fois les pieds à terre, je lâche les bras qui me retenaient. Attendant que Gia se laisse glisser sur les fesses, je lui tend les bras pour venir l’attraper. « A toi moustique, tu viens ? » Je l’aide à retrouver la terre ferme, à quelques pas de l’endroit où nous avons laissé la voiture de la belle brune.

« Par contre, Gia… Vu que nous n’avons pas pu rester raisonnable sur la boisson… » Je regarde son énorme bolide avec l’air perplexe. « Mea culpa. Enfin... tu es aussi coupable que moi dans cette affaire, ne faisons pas semblant ! » Dis-je à moitié hilare… « J’ai le regret de t’annoncer que tu devras camper dans le quartier. » Je rouvre deux bières à l’aide d’une bordure dépassant d'un mur, en tendant une à la jeune femme qui m’accompagne. « Sauf si tu veux m’accompagner, mais une tanière c’est pas forcément un lieu très fréquentable pour une habituée des terriers… »


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Mar 28 Jan 2020 - 18:49 )
Ce moment était si agréable... Après les événements de l'après-midi, Giacinta se détendait enfin vraiment. Alcool aidant, avouons le. Les mauvais souvenirs ne tentaient plus d'envahir sa tête. Elle ne pensait plus qu'à ce moment particulier, et à cette vue. Qui conférait une atmosphère singulière à l'endroit depuis lequel ils étaient perchés. Le téléphone de Laura sonnait, lançant les deux collègues seuls désormais. Le malaise n'était plus. Il avait déjà progressivement disparu depuis l'intervention de Gaetano, mais l'après-midi avait achevé de réduire en cendres les dernières barrières de la florentine. Ils étaient bien plus proches que des collègues désormais, sans l'ombre d'un doute.

La brune finissait sa boisson, avant de poser la bouteille et de tenter de reconnaître les différents bâtiments dans le paysage extérieur. Elle trouvait son appartement, la réserve et puis celui du brun. Persuadée d'avoir raison, emle se tournait vers lui avec un air interrogateur alors qu'il lui disait qu'elle se trompait... Blague. Elle grimaçait, tentant une gifle imaginaire. Qui échouait bien entendu. Le bougre était trop rapide pour elle. Et sans rien y comprendre, elle se faisait piquer sa bière. Elle se rapprochait et tentait de la lui reprendre.

"Rends la moi, alcoolique notoire !"

Rien n'y faisait. Même collée contre Vango, ce qui était loin d'être désagréable signalons le, il mettait la bouteille trop haut pour qu'elle puisse s'en saisir. Elle tentait alors une autre technique. Moue boudeuse, elle ne s'éloignait pas du garde forestier et tentait de l'attendrir.

"Allez... S'il te plaît..."

À peine le temps d'avoir une réponse que Laura revenait et annonçait qu'elle les laissait là. Son petit sourire ne laissait aucun doute sur son programme de la soirée. Geste d'amitié entre femmes, celle ci saluait Vango et prenait les mains de Gia dans les siennes en lui disant de prendre soin d'elle. Ce geste était touchant. Elle lui rendait son sourire.

"Toi aussi. Et profite bien de ta soirée..."


La secouriste ajoutait un clin d'oeil et regardait la sicilienne partir plus loin. L'atmosphère semblait changer d'un cran. Elle, s'affalait un peu plus contre le dossier du banc et lassait Vango passer une main dans ses cheveux. Appuyant même parfois, spontanément bien qu'en rougissant, sa tête contre sa paume de main.

"Elle a vraiment l'air d'être une bonne personne..."

Dans la bouche de Gia, c'était plus qu'un compliment. De nouveau, elle fermait les yeux, sa tête contre sa paume de main. À présent, plus que détendue... Ce qui ne semblait pas être le cas de Vango. Puisqu'il lui prenait la main piur l'entraîner à sa suite. Le passage de cet état un peu cotonneux et terriblement agréable dans lequel elle se trouvait à une position plus active était un peu compliqué. Il y eut un fugace instant durant lequel la brune fut un peu déséquilibrée, étourdie. Mais le garde forestier ne lui laissait pas de répit et malgré ses talons, elle le suivait.

"Vas y doucement quand même..."

Visiblement, ce n'était pas le mantra de Vango. Il prenait le parti de faire une petite randonnée dans la ville. Gia ne lâchait pas sa main, plutôt cramponnée à lui qu'autre chose. L'effet talons ajouté à l'alcool bu ne lui donnait pas une démarche vraiment stable, alors couplé au parcours d'obstacles qu'il était en train de lui faire passer... la marche était compliquée. Elle râlait, juste un peu, un sourire sur le visage tout de même.


"Vango ! Tu as décidé que la prochaine cheville cassée c'était la mienne ou quoi ?"


Et puis là, carrément un mur. Que la jeune femme regardait avec de grands yeux. Le truc faisait sa taille, elle ne passerait jamais au dessus. Pourtant le garde forestier l'y aidait... et finalement elle se laissait tomber dans ses bras. Rien de désagréable non plus. Elle en profitait un instant, elle l'avouait volontiers. Ses bras se nouaient naturellement au cou de Vango jusqu'à ce qu'il la relâche, moment où elle le relâchait à son tour et s'écartait un peu, gardant juste sa main dans la sienne.

Effectivement, devant sa voiture, elle abdiquait. Elle avait trop bu. Et conduire serait totalement imprudent. Sauf que Vango avait trop bu aussi. Et qu'elle habitait à l'autre bout de la ville. À cette heure là, à pieds, avec les quelques douleurs que les coups qu'elle avait lui imposaient, elle ne le sentait clairement pas. Un taxi ? À Naples, une affaire à éviter. Le métro à cette heure là, en étant une femme seule c'était tout autant une mauvaise idée. Les événements de la journée l'avaient suffisamment marquée pour qu'elle n'ait pas envie de se retrouver dans les transports en commun.

Alors, Gia se tournait vers Vango avec un petit sourire au coin des lèvres. Elle avait suffisamment bu pour être désinhibée, mais pas assez pour être ridicule ou vaciller. Suffisamment pour lui faire une proposition de ce genre là, de façon aussi directe.

"Eh bien mon cher Vango... Je crains que tu ne doives me prêter ton canapé cette nuit. À moins que tu n'ai quelque chose contre les moustiques ?"

Elle prenait la bière gentiment tendue et ouvrait son coffre, prenant quelques affaires qu'elle fourrait à la va vite dans son sac à main. Une fois cette opération nécessaire effectuée, elle se remettait en marche aux côtés du brun. Sans oublier de glisser sa main dans la sienne. Visiblement, depuis la scène de la gare c'était devenu une habitude. Un instant de silence agréable passait puis, taquine, Gia lançait.


"Je te préviens... On prends les chemins normaux pour rentrer. Pas tes itinéraires qui ont pour but de m'envoyer à l'hôpital !"


La florentine suivait le garde forestier sans trop broncher le reste du trajet. Finissant une bière, une énième et en reprenait une, gentiment decapsulée par le brun. La tête commençait à lui tourner un peu. Juste un peu. Mais suffisamment pour qu'elle soit capable de sortir un peu de sa carapace et de cesser de cacher derrière ses attitudes toutes faites.

Ne relâchant pas sa main, toujours pas, elle finissait par laisser échapper, un peu trop franche peut-être.


"Je crois que je ne t'aurais jamais imaginé comme ça. De prime abord je ne voyais vraiment que le bel homme solitaire et ronchon. En fait, tu es différent. Toujours bel homme évidemment mais... pas solitaire. Ni ronchon d'ailleurs."


Giacinta ne buvait pas souvent mais lorsqu'elle le faisait, elle avait un défaut. Son honnêteté. Toutes ces pensées qu'elle planquait soigneusement au fond de sa tête avaient une tendance exacerbée à vouloir ressortir. Et elle venait clairement de dire à Vango qu'elle le trouvait séduisant. Oups. Elle rougissait immédiatement mais c'était trop tard. Elle ne retirait pas sa main et continuait à marcher avec lui. Tant pis pour la franchise.
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Mar 28 Jan 2020 - 21:31 )
Suis-je une personne nuancée ? Vous, qui me suivez depuis quelques temps maintenant... Qu’en pensez-vous ? Suis-je ce genre de personne qu’on qualifie de raisonnable, ou de réfléchi ? Non. Bien sûr que non ! Il faudrait être un peu sonné pour le penser je vous en assure... Alors, à quel moment s’est-elle imaginé que j’irais doucement ? J’en ris intérieurement.

Et puis, j’ai d’autant plus envie de la mettre à l’épreuve depuis qu’elle m’a traité d’alcoolique. Et dire qu’elle espérait récupérer sa bière de cette façon. Pauvre enfant, c’est si mal me connaître !

« Bah oui, tout le monde le sait, je suis toujours sur la réserve. » Ahah mais quel humour vous avez entendu ? Mais si allez, c’était d’un génie ! Je m’épate moi-même ! Et comme tout le monde a cru à mon regard angélique et son sourire assorti, je pars de plus belle nous enfoncer dans les ruelles étroites de Naples. Entre l’appartement de Laura et le mien il n’y a pas beaucoup de marche... enfin, quand on connaît le chemin.

Je préfère la laisser râler pendant que je cherche les ruelles les plus compliquées. Elle porte des talons, et elle ne tient clairement pas autant l’alcool. J’en profite donc pour mettre un peu de difficulté pour lui donner de vraies raisons de pester. Je m’assure tout de même qu’elle tienne sur ses pieds en toute circonstance, parce que je ne suis pas un monstre. Le premier qui l’insinue, je le croque, c’est compris ?

Nous continuons à zigzaguer dans les ruelles étroites, sautant les marches pavées, passant au-dessus des racines d’oliviers... éclairés à la simple lueur des candélabres... lorsqu’il y en a. Nous finissons par nous retrouver au pied de l’immeuble de Laura, où force est de constater que nous devons abdiquer. Ni elle ni moi ne pourront prendre le volant. Les quelques fois où elle a dû me conduire, elle m’a fait flipper. Du coup, quand elle tient à peine sur ses pieds je préfère passer mon tour. Et de mon côté, il ne vaut mieux pas se prononcer. J’adore marcher de toute façon, vous l’avez bien compris.

« Ah parce que tu pensais que je te prêterais mon canapé ? » Elle est en train de fouiller je ne sais quoi pendant que je continue à prendre de l’avance sur le taux d’alcool dans le sang. « Tu es bien naïve, moustique ! Une place chez moi ça s’achète. C’est un prestige qui se mérite, tu vois ? » Mais il semblerait que malgré l’exagération la plus osée dont je fais preuve ne lui fasse rien. Ou pas grand chose du moins. C’est donc d’un pas plus déterminé qu’elle repart en me prenant la main.

Très bien. Il y a cette petite rue en sortant de chez Laura qui devrait bien lui plaire. « Tous les chemins mènent à Rome. » dis-je avec mystère alors que ses doigts se serrent sur les miens. À Rome ? Ou au Rhum ? Elle a compris qu’avec moi, toutes les routes sont normales. Qu’elle ne m’imagine pas prendre les Grands Boulevards bétonnés. Je préfère encore les sentiers boueux et les ruelles trouées. Tant pis pour les chevilles, au moins le paysage est plus appréciable. « Bienvenue dans ma normalité ! » J’annonce avec un grand sourire alors qu’elle se met à râler de plus belle. Mais comme je ne suis toujours pas un monstre, je continue à lui montrer les terrains les plus propices pour poser ses pieds. « Quelle idée de marcher avec ça, aussi. Souffrir pour être belles, qu’elles disent toutes... » je ricane dans ma barbe.

Nous continuons de marcher en sirotant une bière, bravant la fraîcheur de la nuit de décembre. Je ne sais pas si l’alcool la rend plus bavarde, mais la Gia rougissante et susceptible n’a pas sorti le bout de son nez ce soir. J’encaisse avec un petit sourire en coin cet énorme compliment de sa bouche concernant ma sociabilité et la façon dont les gens me voient de manière générale. Il ne faut pas aller bien loin pour comprendre que la solitude, je la quitte volontiers pour aller boire un boire un verre avec des amis. Je ne suis pas un grand solitaire, non. Mais là où elle n’a pas tout à fait tort, c’est que je ne me livre pas au premier venu. Il faut un peu de temps, comme pour approcher un animal sauvage.

« J’ai plein d’autres talents que mon incroyable beauté, il faudra que je te fasse voir ça à l’occasion. » Dis-je en ricanant de plus belle alors que nous franchissons un énième escalier. Bon, si d’ici-là elle a encore le courage de supporter mes jérémiades je sais bien. Je la rattrape par le bras alors qu’elle manque de mettre le pied dans un énorme trou... « Et moi je te pensais bien plus forte aujourd’hui... mais ça c’était avant que tu n’essaies de me copier ! Aucune personnalité ! » J’ai eu envie de lancer une pique un peu plus osée, mais je me suis souvenu de la raison pour laquelle nous sommes dans la rue, éméchés... et je me suis ravisé.

« Par contre je te préviens, cette fois tu me déshabillera pas ! Mais non ne sois pas déçue...» Dis-je avec un sourire sarcastique au bord des lèvres. Après avoir tourné dans plusieurs ruelles que je connais bien, je me retrouve nez à nez avec mon immeuble. Évidemment que j’ai compris que je lui plaisais. Évidemment, que je compte en jouer.

C’est passé plus vite que prévu en fait ! Le temps passe plus vite quand on a une Gia sous la main... En parlant de main, la cage de mon escalier étant bien étroite, je passe devant elle pour grimper les quatre étages. Et sans surprise, il y en a toujours une qui râle. « Si tu te tais je t’offre quelque chose de plus fort une fois là haut pour calmer la douleur ! » Je jette un œil en arrière en croisant son regard défiant. Je m’attends à une punchline comme elle aime me balancer, mais j’avoue que mon avance dans l’escalier me donne un peu plus de tranquillité. Le temps qu’elle trouve quoi dire je serai déjà déchaussé dans mon canapé.

Et cela ne tarde pas à arriver. Nous retirons nos vestes, balancées à la va-vite sur un fauteuil de mon studio, et je m’affaire dans la cuisine pour trouver des récipients ou mettre les restes de cacahuètes et autres choses à grignoter. J’en profite pour sortir une bouteille fraîche de Prosecco, pour la servir dans deux grands coupes. Quand je dis grandes c’est que j’ai probablement attrapé des verres à cocktail. Les coupes sont donc bien remplies.

« Alors, moustique, on aime la lumière de ma tanière ? » Fais-je en allumant les quelques lampes d’appoint pour donner une ambiance chaleureusement tamisée. Je dépose la coupe -enfin le bol- dans les petites mains de Gia... réalisant ô combien elle est petite, en fait. « Moustique... t’as pas mangé assez de soupe, regarde ces minuscules petites mains ! » Lui dis-je avec ce ton enfantin et moqueur que je sais si bien faire. Bah quoi... j’ai dit que j’avais bien d’autres qualités... genre... l’humour ! Vous le saviez déjà, j’en suis sûr.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Ven 31 Jan 2020 - 22:11 )
Finalement, leur soirée impromptue prenait une totale autre tournure. L'un et l'autre avaient beaucoup trop bu pour pouvoir rentrer. Et conduire. Gia savait qu'elle se trouvait bien aussi de la limite légale pour prendre le volant... et Vango aussi. Alors, désinhibée par les effets de l'alcool elle s'invitait plus ou moins chez lui. En temps normal elle ne l'aurait jamais fait. Surtout pas avec lui. Mais elle se sentait plus confiante ce soir. Osait plus. Au point même qu'elle marchait en lui tenant la main dans la rue. Allant jusqu'à lui faire un énorme compliment dont, heureusement, elle ne se rendait pas compte... Si elle avait été sobre, il y a fort à parier qu'elle serait devenue cramoisie, à dire ce genre de choses.

Pour le moment, elle se concentrait sur d'autres problèmes. Vango la faisait passer par des itinéraires impossibles, rocailleux et boueux, le genre de trucs que l'on imagine pas trouver en plein centre de Naples. Et pourtant... elle peinait à le suivre, cramponnée à lui. Ses hauts talons n'étaient pas les chaussures les plus adaptées à ce type de balade.

"D'autres talents... mon dieu mais quel vantard ce n'est pas possible !"

Elle ne savait pas exactement ce qu'il entendait par talent puisque.. cela pouvait avoir plusieurs significations. Dont certaines plutôt osées. Et ils avaient l'air de continuer dans cette veine puisque Vango parlait de le déshabiller. Gia, en réponse à cette attaque, choisissait une petite pique, un sourire taquin aux lèvres.


"Quel dommage... Je n'aurais pas l'occasion de voir ton corps de rêve ! Je suis terriblement déçue. Méfie toi que je ne me glisse pas dans ton lit en pleine nuit."


Elle plaisantait évidemment. Même si elle avait d'ores et déjà habillé et déshabillé Vango à plusieurs reprises et que la vue était loin d'être désagréable. Enfin, ils arrivaient devant chez le garde forestier. La jeune femme, qui avait elle aussi continué à siroter quelques bières tout en marchant commençait à avoir la langue bien plus pendue que d'habitude. Elle râlait face aux quatre étages qu'elle avait à escalader. Et grognait sur le brun alors qu'il la cherchait. Une fois de plus.

Giacinta rentrait chez lui et laissait sa veste et son sac dans un coin. Elle le regardait leur servir deux verres et prenait celui qu'il lui tendait.


"Arrête. C'est toi qui est grand c'est différent."

Mauvaise foi ? Assurément cette fois. La soirée se passait dans la même veine. Taquineries et petits piques qui ne blessaient personnes. Et puis, quelques rapprochements... Gia caressait la joue de Vango. Très délicatement.

"Tu as tout de même un bleu ici... J'espère que ça ne te fait pas mal."

Sa main restait un instant de trop sur la pommette du brun, un peu trop longtemps pour montrer un simple bleu. Elle devenait plus aventureuse ce soir. Oui, Vango lui plaisait. Elle ne s'en cachait plus vraiment. Plus depuis l'épisode Gaetano. Et elle aimait cette relation qu'ils étaient en train de tisser. Cette amitié inattendue. Avec ce côté un peu tactile. Sa gêne au moindre contact semblait bien loin à présent.

La fatigue finissait par se faire sentir et Vango lui laissait sa chambre malgré ses protestations. Avant d'y entrer, elle s'arrêtait un instant et accrochait son regard. Elle parcourait les quelques mètres qui les séparaient et nouait ses bras autour de son cou. Sur la pointe des pieds, Gia venait embrasser plusieurs fois la joue du garde forestier. Elle lui murmurait dans le creux de l'oreille, profondément sincère.

"Merci pour tout Vango..."

Il l'avait sauvée aujourd'hui. Si elle n'avait pas été là elle aurait fini en très mauvais état. Rien d'ambigu dans son geste. Juste la volonté de le remercier. Après cette brève étreinte, elle lui adressait un dernier sourire et partait se coucher. Heureusement, elle avait prévu de quoi dormir et enfilait un short minuscule et un débardeur. C'était mieux que rien.

La nuit était agitée. La scène de la gare avait fait remonter trop de choses. Trop de mauvais souvenirs. Elle faisait un cauchemar. Elle était avec eux. Dans cet appartement. Et elle refusait de copier un Delacroix. Elle ne voulait plus faire ça. Elle voulait juste Alekseï sans ses travers. Sans cette illégalité. Il se montrait tendre et puis d'un coup beaucoup moins. Elle prenait un coup, deux et trois. Et elle se retrouvait à genoux à sangloter la main sur le visage.

"Arrête je t'en supplie... je t'aime mais je ne peindrais pas un Delacroix... je ne veux plus faire ça... Tu me fais mal et tu me fais peur... arrête..."

La brune se tournait et se retournait dans ce lit qui n'était pas le sien. Elle continuait à le supplier d'arrêter et sanglotait. Cette scène elle l'avait déjà vécue en totalité et elle la revivait une nouvelle fois. Prononçant les mêmes mots à la virgule près.
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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le Sam 8 Fév 2020 - 11:44 )
Elle est vraiment étrange, cette journée, quand j’y pense. Et dire qu’à la base, je devais livrer des gâteaux à Laura et rentrer m’effondrer dans mon lit pour passer la soirée à chiller. C’était un bon programme, vous ne trouvez pas ? Mais ça, c’était avant que d’innombrables péripéties viennent mettre un coup de pied au fesses de mon projet de la journée. Avec un peu de recul, je trouve qu’on ne s’en sort pas si, mal et le bilan est plutôt positif. Pas de blessé grave -même si on peut dire sans trop s’avancer que Gia risque de payer cher en cosmétiques pour cacher l’énorme bleu de sa mâchoire-, pas de larmes… Seulement une bonne soirée alcoolisée, avec des rires, et des moqueries.

« Moi ? Vantard ? Voyons Gia, quand on sait ce qu’on vaut, la fausse modestie serait une véritable hypocrisie. » Je prends un air hautain et sûr de moi, et ce sourire charmeur que j’adore employer à outrance. Mais elle me rend bien cette ironie, en continuant sur la lancée alors qu’elle m’avoue qu’elle pourrait potentiellement se glisser dans mon lit pour voir mon corps de rêve.

Si habituellement j’aurais pu être un peu gêné de cette révélation, je le prend totalement à la légère. Nous avons chacun un peu trop bu, et ces derniers jours Gia se montre très ironique et second degré, là où elle avait tendance à être très cash et premier degré depuis que je la connais. Un revirement de situation qui, je dois vous le dire, n’est pas désagréable.

Vous qui commencez à me connaitre un peu, vous comprenez ma passion pour les jolies femmes, cultivées, intelligentes… Je peux passer des heures à discuter avec une femme qui me plait, de sujets plus ou moins constructifs. Tant que la discussion est là, c’est que mon attention est captée... il ne se passera rien d'autre. Si j’ai longtemps eu du mal à cerner Gia, je la trouve particulièrement bavarde… et drôle, ce soir.

Quelque chose tout au fond de moi n’a pas envie que cette soirée se termine, il est si rare que je tombe sur une personne qui stimule ma curiosité. J’ai longtemps considéré Gia comme une collègue, avec sa force de caractère, mais jamais je n’aurais imaginé passer de longues soirées avec elle comme des amis de longue date.

« Je ne suis pas grand, c’est toi qui est minuscule. Ne mélange pas tout ! » Assis en face d’elle, dans un fauteuil orienté vers le canapé, je lui adresse toujours ce large sourire amusé. La voir protester est un régal, tendez-lui la main et elle vous attrape le bras entier tant elle tombe dans le piège. Mais elle a une bonne répartie, et arrive souvent à me contrer. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle la soirée dure encore, malgré nos yeux fatigués, et la lutte contre l’envie de tomber dans les bras de Morphée…

La voyant de moins en moins réactive, je prends sa coupe vide d’entre ses mains et commence à faire un peu de rangement sur la table basse du salon. La musique continue de jouer sur l’enceinte du salon. « Ma chambre est sur la mezzanine, tu y seras bien installée. » Lui dis-je en la secouant un peu par le bras alors qu’elle pique du nez. Je n’avais pas fait attention à l’heure, mais avec cette longue balade nocturne il est déjà bientôt quatre heures du matin. Elle proteste un peu, pour le principe, mais je ne lui laisse pas vraiment le choix. Je l’accompagne à l’étage pour aller récupérer quelques affaires pour dormir, laissant mes vêtements de voyages sur un chaise, pliés, pour aller récupérer un t-shirt propre dans le placard.

« Repose-toi bien. Si y’a quoi que ce soit, tu peux crier. » Dis-je en ricanant, comme pour lui rappeler que cet appartement n’a pas beaucoup de cloisons… Quand on vit seul, c’est plutôt pratique… Quand on reçoit, c’est parfois un peu plus délicat pour l’intimité. Mais je ne suis pas ce genre de psychopathe voyeur, elle peut dormir tranquille, je n’irai pas me glisser dans ses draps en plein milieu de la nuit.

Je m’apprête à descendre les escaliers de la mezzanine pour aller dans le canapé, quand elle m’interpèle pour me remercier, bras autours de mon cou.

L’alcool fait que je la repousse pas pour ce contact un peu intrusif, et que je passe mes bras autours de sa taille. « Heu, mais… Tu croyais quand même pas que j’allais te laisser casser des gueules sans moi ? ». Elle fait un pas en arrière et j’en profite pour m’en aller à mon tour, n’ayant pas envie de laisser l’alcool décider des choses que nous pourrions regretter. « Bonne nuit, moustique. » Lui dis-je alors que je m’affale de tout mon long dans le canapé, un plaid replié sur moi. Paola, à qui j’ai laissé la cage ouverte, vient se percher sur le bras du canapé et se met en boule après ma dernière petite caresse sur le haut de son crâne. Je ne mets pas longtemps à plonger dans un profond sommeil…

* * * * * * * * *

J’ai l’impression ne pas avoir dormi beaucoup, quand j’ouvre de nouveau les yeux. Il semblerait qu’il y at un peu d’agitation au-dessus de ma tête. Pourtant, il fait encore nuit noire. Je relève ma main gauche : je n’ai même pas pris le temps de retirer ma montre avant de me coucher, ma salle de bain étant dans la pièce voisine de la chambre où dort ma collègue. Il est cinq heures et demi du matin.

Que se passe-t-il là-haut ? Je tend l’oreille, entendant des paroles mêlées à des sanglots. Je me redresse doucement essayant de comprendre ce qu’elle est en train de dire. Au téléphone, peut-être ? A cinq heures et demi, cela me paraitrait étrange, mais qui sait…

Les mots qu’elles prononce me semblent tellement incohérents… elle dit qu’elle aime quelqu’un, et qu’elle ne peindra pas… Sérieusement, quel rapport ? Je bascule mon plaid sur mes épaules -parce que bon, il fait quand même sacrément froid quand on est fatigué- et me lève pour m’approcher de l’escalier. Pas de lumière, elle est en train de dormir… en disant qu’elle a peur, en suppliant quelqu’un. Je suis bien trop fatigué pour essayer de faire des rapprochements avec quoi que ce soit, mais une chose est sûre, c’est qu’elle sanglote dans un cauchemar qu’il faudrait arrêter.

Je prends un verre qui séchait dans la cuisine, et le remplit d’eau. Je me dirige ensuite doucement vers les escaliers pour rejoindre la chambre où elle se retourne dans tous les sens. Je ne crois pas avoir déjà vu quelqu’un dans cet état pendant son sommeil, c’est assez impensable. « Gia » Dis-je, la voix douce, mais le ton ferme. Rien ne change, elle continue de supplier quelqu’un avec panique. Je me demande comment on peut dire « je t’aime » à quelqu’un, et le supplier avec terreur dans la même phrase. « Giancinta ! » Dis-je plus fermement. On m’a souvent dit que prononcer le nom complet d’une personne était la meilleure façon de le sortir de son sommeil. La terrifiée sursaute, et ouvre des yeux exorbités. J’en ai moi-même envie de sursauter. Je la laisse cligner des yeux pour reprendre ses esprits, reculant un peu des fois qu’elle décide de m’en coller une. On ne sait jamais comment les gens réagissent quand on les réveille. Laura par exemple, est du genre à me taper quand je la réveille… « Bah alors, moustique, t’as vu un caméléon ? » J’ai pas pu m’en empêcher… mais c’était trop tentant ! Je l’aide à se redresser, elle est haletante, ses mains tremblent. « Gia, tu faisais un cauchemar… tiens, bois un peu d’eau. » Je dépose délicatement le verre dans ses mains, puis le récupère quand elle me le rend.

Les minutes passent, sa respiration se calme. Elle est dans une sorte de demi-sommeil éveillé. Pas un mot, seulement sa main tremblante dans la mienne. Progressivement, elle se rendort en serrant toujours ses doigts entre les miens. Cette fois-ci elle est bien plus paisible… je n’ose pas récupérer mon bras pour retourner me coucher. Assis par terre, je m’appuie contre le bord du lit et me rendort à mon tour, le plaid glissant progressivement de mes épaules.


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Sujet: Re: Un train à prendre { Vango ( le )
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