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- [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Misako CortesiLe vin est un puissant lubrifiant social
Misako Cortesi
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Sujet: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Jeu 9 Jan 2020 - 22:46 )
Aujourd’hui était une journée plutôt agréable. Misako s’était réveillée avec un sourire au coin de ses lèvres. Pourquoi ? Elle ne le savait pas. Peut-être parce qu'elle s'était coupée des réseaux sociaux pendant toute la période des fêtes. Cela n’arrivait pas souvent et quand cela était le cas : elle savait qu’elle devait juste savourer ces instants. Comme tous les matins, elle se fit son thé et tartina deux tranches de pain avec du beurre. Assise en tailleur à la table basse, elle chantonnait même la chanson “Toss a coin for your witcher” après avoir dévoré la première saison comme elle avait fait qu’une bouchée des livres. Elle ne jouait pas au jeu vidéo, n’ayant ni le temps, ni l’argent pour acheter un ordinateur ou une console de jeux, mais elle avait découvert la plume d’Andrej Sapkowski et n’avait pas su s’arrêter. Elle était comme ça Misako, quand elle aimait quelque chose : elle fonçait sans réfléchir et faisait ce qui lui semblait être le meilleur pour elle. Ici en l'occurrence : sacrifier ses heures de sommeil pour savoir comment la série se terminait. Son petit-déjeuner avalé, elle fit rapidement la vaisselle - ne supportant pas de laisser des assiettes ou des plats sales dans son évier - et alla se préparer pour cette nouvelle journée. Aujourd’hui, elle ne travaillait pas dans la boutique, mais elle faisait ses livraisons. C’est pourquoi il était à peine 06h du matin lorsqu’elle alluma les lumières de l’atelier sous son logement : pour être certaine d’avoir toutes les commandes prêtes. Réceptionnant les cagettes de fleurs aux senteurs délicieuses, elle les entreposa soigneusement avant de charger sa voiture des commandes.

Commençant par les maisons les plus éloignées, au fur et à mesure de la journée elle se rapprochait du centre-ville. Bloquée par une manifestation, elle se résigna à garer sa voiture et à porter la boîte avec les bouquets dedans à la main pour terminer les dernières livraisons. Misako n’était jamais contre un peu d’exercice, mais elle aimait être prévenu à l’avance et ne pas être habillée avec plusieurs couches. Qu’à cela ne tienne, elle prit son courage à deux mains et se fraya un chemin sans même prendre la peine de s’excuser. Si certains ronchonnaient, d’autres lui jetaient des regards menaçants, mais elle s’en moquait. Elle avait un travail à faire et un emploi du temps à respecter. Concentrée sur sa tâche et sur le chemin qu’elle pouvait prendre pour traverser la foule : elle ne remarqua pas le mouvement de cette dernière qui l’emporta. Levant les bras avec les fleurs, elle poussa un cri qui se perdit dans les slogans de la foule. En sentant deux bras l’entourer et éviter qu’elle ne tombe par terre : elle tourna vivement sa tête et croisa le regard azur d’un homme.

Arthur.

Son cœur rata plusieurs battements sans qu’elle puisse se contrôler. Avalant difficilement sa salive : elle n’osait pas bouger. Bouddha avait une drôle de façon d’envoyer des messages. Déjà la première fois ils s’étaient retrouvés dans les bras de l’un et de l’autre. Cette fois-ci, il prenait la casquette de sauveur. Misako ne savait pas quoi dire, tant la surprise était grand. Elle préférait détailler son visage avant de se redresser :

“Décidément, toujours au bon endroit, au bon moment hein ?” Elle sourit, puis rigola : “Je n’aurais pas cru la personne qui m’aurait dit qu’on se retrouverait à nouveau comme ça.” Elle profita que le cortège semblait se terminer pour coincer la cagette sur sa hanche et passer son bras autour d’Arthur : “C’est bon de te revoir.” Et elle était sincère en disant cela. Misako ne savait pas mentir et ne voulait pas commencer une telle chose. Elle s'éloigna pour pouvoir le regarder : “Qu’est-ce que tu fais à Naples ? Tu es là depuis longtemps ?”


Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera, elles raisonneront au contact de ce qu’il y a de meilleur en nous.
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Sam 11 Jan 2020 - 18:17 )
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Les rayons du soleil avaient percé dans la chambre d’Arthur, hier soir, bien trop fatigué il avait oublié de fermer ses volets pour empêcher la lumière du jour de pénétrer. Un râle s’était fait entendre dans la petite pièce, Arthur détestait être réveillé ainsi. Heureusement pour lui, la journée allait être calme. Il n’avait aucun cours à dispenser et aucune affaire sur laquelle la police avait besoin de lui en tant que consultant. Il pourrait de ce fait, profiter un peu de ce jour de repos. Rituel quotidien, il se leva en râlant jusqu’à ce que l’eau froide dégouline sur sa peau et le réveille pour de bon. Le seul moyen de véritablement le réveiller. Puis une tasse de café dans une main et un paquet de cigarette dans l’autre, il ouvrit sa baie vitrée pour s’installer dehors. L’air était frais et Naples calme. Arthur aimait ces moments-là, le silence d’une ville encore endormie. Il aimait souvent s’asseoir là, même lorsqu'il faisait froid ou qu'il pleuvait. Cette habitude ne l’avait pas quitté, même à Naples. Il but une gorgée de son café tout en regardant l'horizon, le soleil l'éblouissait et réchauffait sa peau. Une cigarette coincée entre ses lèvres, il usa de ses allumettes pour l’allumer avant d’en tirer une longue bouffée qu’il recracha lentement.

De longues minutes plus tard, et Arthur avait mis les pieds dehors. Il avait pris conscience que c’était l’anniversaire de sa mère aujourd’hui. Même s’il ne parlait plus avec son paternel, il continuait d’envoyer des lettres à sa mère et des fleurs ou autre babiole pour son anniversaire. Il entra dans une première boutique sans grande conviction. Il ne savait même pas quoi chercher ni par où commencer. C’était toujours la même rengaine, il cherchait une idée, un cadeau original, mais ne trouvant rien, il finissait par faire envoyer des fleurs avec un petit mot. Tant pis, il tenterait quand même le coup, peut-être qu’aujourd’hui la chance allait être avec lui. Il fit le tour de la petite boutique mais rien ne l’inspira vraiment. En réalité, il ne savait pas réellement ce que sa mère aimait. Cela faisait dix ans qu’il n’avait plus revu, les lettres étant le seul moyen de communication qui parfois n’étaient qu’à sens unique. Il se résigna, rapidement, et quitta la boutique. Il venait à peine de mettre les pieds dehors qu’il s’aperçut de la cohue autour de lui. Incompréhensible. Il n’eut pas le temps de comprendre que la foule emporta tout sur son passage comme une tornade. Arthur aperçut une jeune femme emportée par la foule, il la rattrapa en plein vol avant de s’arrêter net en reconnaissant les traits de son visage. Misako Cortesi. Comme il l’espérait, la foule était à nouveau venue la jeter entre ses bras.

Arthur avait relâché la pression sur sa taille, la laissant reposer les pieds sur terre. Un sourire amusé au coin de ses lèvres, il regardait la brune le dévisageait. Comme si elle était face à un fantôme. A ses mots, il ne put s’empêcher de rire. C'est vrai que c'était devenue une habitude pour eux de se rencontrer de cette façon.

“On ne change pas les bonnes habitudes non ?” Il lui adressa un sourire en coin avant de hausser les épaules : “Je crois que les gens appellent ça le destin ou le hasard, j’ai bien envie de dire la chance moi.” Arthur lui rendit son accolade, la serrant quelques secondes contre lui avant de l’observer un court instant : “Tu n’as pas changé depuis tout ce temps. C’est bon de te voir aussi.” Malgré les années qui les avaient séparés, Arthur n’avait pas oublié Misako et les moments passés à parler des heures durant. Elle avait été une véritable bouffée d’air dans sa vie. S’adossant contre le mur derrière lui, il regarda la jeune femme : “Et bien, j’y ai aménagé depuis neuf mois environ. J’ai quitté Chicago pour m’installer ici, je travaille à l’Université. Et toi dans les fleurs apparemment” dit-il en pointant du doigt la cagette de fleurs appuyée sur la hanche de Misa. “Tu veux un peu d’aide avec ça ?”, ne lui laissant pas le temps de répondre, il lui avait récupéré la cagette pour la soulager un peu. “Alors que deviens-tu depuis… si longtemps ?”
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Sam 11 Jan 2020 - 23:34 )
Si on lui avait dit qu’elle reverrait ce militaire un jour, Misako aurait probablement rit au nez de la personne. Quelles étaient les chances pour qu’Arthur se retrouve à Naples ? Que la foule la pousse dans ses bras comme elle l’avait fait à Okinawa ? Pourtant, et pourtant, les faits étaient là. Il n’était qu’à quelques mètres - que dis-je - centimètres d’elle. Son cœur s’affolait de bonheur : il tambourinait dans sa poitrine tant la surprise était grande. C’était donc pour ça qu’elle continuait de se battre tous les jours, pour cette raison qu’elle ne devait jamais céder à cette envie insatiable de mettre fin à sa vie. Elle en fut elle-même surprise, probablement, car dans sa vie elle n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer une personne qui la trouble de la sorte. Elle en fut elle-même surprise, probablement, car dans sa vie elle n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer une personne qui la trouble de la sorte. Il lui suffisait de se plonger dans son regard azur pour se sentir chanceler. Était-il devenu encore plus charismatique ? Se demanda-t-elle intérieurement. Elle n’en savait trop rien : toujours était-il que Misako devait trouver le courage de parler au lieu de rester planter là avec sa cagette de fleurs.

“Pas quand elles sont aussi agréables non ! Des surprises comme ça : j’en veux bien tous les jours.” Répondit-elle en rigolant de bon coeur. Chose qui n’était pas arrivée depuis longtemps. Elle-même était choquée de se sentir comme ça. “La chance me semble être une bonne justification, même si à mon avis il y a des personnes qui doivent être sur notre chemin et quand ils s’éloignent trop : la vie les ramène à leur place.”

Une autre façon de voir les choses. Ils avaient trop appris de l’un et de l’autre, ils avaient tellement passé de bons moments que leur vie respective serait mêlée à l’autre qu’ils le veuillent ou non ? Misako ne savait pas, demanderait probablement l’avis de sa grand-mère sur la question : elle saura lui apporter des réponses. Dans tous les cas, il y avait une raison derrière ces rencontres inopinées. Le prenant dans ses bras, elle profita de ces quelques secondes pour étirer sa risette un peu plus : allant jusqu’à ressentir des tiraillements dans ses joues tant elle n’avait pas l’habitude de sourire de la sorte.

“C’est le moment où je remercie mes gènes asiatiques pour préserver ma jeunesse.” Il était vrai qu’ils étaient plus chanceux sur ce point que les autres. “Le sentiment est partagé.”

Misako ne pourrait pas le cacher, même si elle le voudrait. Rapidement, elle lui posa des questions : bien trop curieuse de savoir depuis combien de temps il était à Naples. Il y avait des blancs à combler depuis leur dernière discussion.

“Neuf mois ? Et tu ne m’as pas contacté ?” Elle prit un air faussement offusqué : “C’est triste…” Et puis elle rigola à nouveau en le poussant du coude : “Tu as coupé le cordon avec l'armée ! Je suis contente pour toi. Tu méritais de suivre la voie que ton cœur avait choisis.” Et ne pas laisser un autre dicter sa vie.

Elle alla répondre à sa question quand il lui arracha des mains presque la cagette, ce qui la fit sourire :

“Tu veux vraiment jouer au prince charmant jusqu’au bout hein ?”
Elle mit ses mains dans ses poches : “Il y a un an et demi j’ai posé mes bagages à Naples et j’ai vu une petite annonce pour travailler dans cette boutique. La vieille femme m’a engagée en me logeant au-dessus du magasin. Quand elle est morte il y a un peu plus d’un an, elle m’a laissé le fond de commerce.” Elle réfléchit : “J’aime bien prendre soin des choses et aider les gens à ma façon alors… J’ai continué.” Misako regarda sa montre : “Puisque tu sembles enclin à porter la livraison : tu vas devoir me suivre.” Et elle lui fit signe de la suivre : "Tu enseignes quoi à l'université ? La criminologie comme tu le voulais ?"


Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera, elles raisonneront au contact de ce qu’il y a de meilleur en nous.
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Dim 19 Jan 2020 - 16:46 )
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Ils s’étaient rencontrés par hasard et se retrouvaient par hasard. Les choix de la vie étaient parfois étranges et déroutants. A des milliers de kilomètres de leur lieu de rencontre, il retrouvait Misako Cortesi perdue au milieu de la foule, comme la première fois. Même si quand elle avait plié bagages, elle lui avait confié partir pour Naples, il n’avait jamais pensé la recroiser un jour. Rien n’avait changé lorsque on les voyait ainsi. Il ne pouvait réprimer ce large sourire qui étirait son visage, la joie de recroiser celle qui fut un temps, une bouffée d’air dans sa vie complexe. Elle qui l’avait aidé à surmonter la guerre et les nombreuses séquelles même si certaines persistaient encore aujourd’hui. A l’époque, elle l’avait maintenu en vie. Elle n’avait pas changé, et Arthur ne pouvait s’empêcher de la dévisager, comme pour être bien sur qu’elle se tenait là et qu’il n’était pas en train d’halluciner.

“Je peux essayer de me débrouiller pour te rattraper à chaque fois que tu te fais surprendre par la foule.”
Répondit-il en riant tout autant. Il en fut lui même surpris, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas rit d'une façon si franche, sans se forcer ou faire semblant. C'était devenu compliqué pour lui, depuis un peu plus d'un an, de ne pas faire semblant. “Tu as peut être raison, en tout cas, je remercie une nouvelle fois la foule qui aide beaucoup à te ramener vers moi.”

Deux fois de suite, c'était tout de même surprenant, la chance et le destin, peu importe ce qui avait causé cela, Arthur était content de revoir la jeune femme. Il l'observa encore quelques instants. “Fais gaffe, j’en serais presque jaloux de tes gênes si conservatrices.” Il fallait avouer que la quarantaine se voyait aisément sur le visage de Arthur, les derniers événements n’ayant pas aidé à ce qu’il garde sa jeunesse, mais il s’en fichait pour être honnête. Il ne put réprimer un sourire avant de taquiner la jeune femme face à lui. “Mais j’espère bien, Mademoiselle Cortesi.” Arthur avait l'impression qu'ils s'étaient quittés hier tant leurs retrouvailles étaient presque naturelles. Et pourtant, des années avaient passé depuis leur dernière conversation, depuis le départ de Misako pour Naples. Le temps était à rattraper, mais il n'avait aucun doute sur leurs capacités à le faire. Une légère grimace étira le visage de Arthur. Non, il n'avait rien dis concernant son arrivé ici. Tout d'abord parce qu'il n'avait aucune certitude qu'elle se trouvait encore à Naples et ensuite parce qu'il était tellement amoché de l'intérieur qu'il avait préféré régler ça seul avant d'envisager de quelconques retrouvailles. Mais encore une fois, le destin avait pris les devants.


“Neuf mois oui, et non j’avoue, j’espérais que le destin s’en chargerait pour moi. Comme quoi, je savais qu’il le ferait. Puis tu me connais, j’ai fait ça sur un coup de tête, j’avais besoin de quitter Chicago parce que... Tu sais les aléas de la vie, Naples est la première destination qui m’est venue à l'esprit.”
Il le savait, il en disait trop et en même temps pas assez sur son départ et son aménagement à Naples, mais parler de son ex-femme décédée était encore terrain miné et à vrai dire il n’en parlait jamais, sauf à son psy (et pas tout le temps). Les plaies étaient encore trop béantes, trop ouvertes pour Arthur. Il adressa un léger sourire à Misako avant de hocher la tête et de prendre un air faussement fier. “Et oui, j’ai renoncé à l’armée. Je n’ai pas re signé, j’ai tout envoyé bouler quand j’ai eu trente ans, la crise de la trentaine. Oui mais bon cette voie a quelques inconvénients, mon père a coupé les ponts avec moi, j’ai repris le nom de ma mère, histoire de ne pas être associé à lui. Tu comprends, "je suis la honte de la famille".” Dit-il en prenant une grosse voix comme celle de son père avant de se mettre à rire. Avec le temps, il avait accepté plus ou moins de ne plus être qu’Arthur.

Arthur avait sorti une cigarette de la poche de sa veste qu'il avait allumé avant de récupérer la cagette de Misako. Il expira la fumée doucement tout en levant les yeux au ciel en entendant les propos de la jeune femme face à lui :“Jouer les princes charmants, tout de suite les grands mots, tu sais que ce n’est pas mon genre. ” Rétorqua-t-il en lui adressant un clin d’œil amusé. Il hocha doucement la tête en l’écoutant, à la voir ainsi, elle semblait bien, satisfaite de la vie qu’elle avait et c’était bon de le savoir. Misako méritait plus que n’importe qui d’avoir la vie qu’elle voulait. : “Et bien dis donc, c’est une bonne nouvelle ça, tu es donc propriétaire d'une boutique, je viendrais chez toi commander mes fleurs maintenant, je promets. Prendre soin des choses et aider les gens, ça te définit plutôt bien et je suis le premier à pouvoir l’assurer. ” Le sourire d’Arthur était sincère, tout comme ses paroles. “Oui m’dame, je te suis. Tu as de la chance, je n’ai rien à faire aujourd’hui, je suis de repos, autant me rendre utile non ?”

Il lui emboita le pas, la cagette de fleurs sous le bras. "La criminologie, oui. Je ne m’attendais pas à autant d’engouement pour cette matière à vrai dire, mais c’est vraiment sympa. Différent de Chicago, mais en mieux. Il m’arrive aussi d’être consultant pour la police de Naples, c’est tout aussi intéressant je dois dire. Surtout sur les affaires complexes. ” Il fallait l’avouer, sa nouvelle vie ici lui plaisait beaucoup et il n’y renoncerait pour rien au monde. Même si parfois les journées étaient longues, les nuits difficiles, et la solitude pesante, il se sentait bien. “Ce ne sont que des livraisons à faire ça ou c’est pour ta boutique ?” Questionna-t-il en montrant du regard la cagette. “Et pour ta sœur, tu as pu l’aider comme tu le souhaitais ? ” Beaucoup trop de questions d’un coup et il le savait, la curiosité était un défaut chez lui qui ne se taisait jamais. Il se souvenait que le départ de Misa avait été pour sa sœur, il espérait que les choses aillent bien pour l’une et l’autre.
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Misako CortesiLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Jeu 23 Jan 2020 - 13:11 )
Comment ne pas croire au destin quand par deux fois il l’a jeté dans les bras de cet homme ? Misako avait toujours su au fond qu’ils se reverraient au moment où elle s’y attendrait le moins. Était-ce parce que ce matin, elle s’était réveillée du bon pieds ? Ou bien était-ce un signe que ce qu’elle faisait à l’heure actuelle était une bonne chose ? Après tout, Emiko et elle retissaient des liens qui s’étaient étiolés avec le temps. Elles avançaient à pas feutrées sur une chemin glissant, mais elles ne s'en sortaient pas trop mal. La fleuriste avait été soulagée et heureuse de voir qu’il n’était pas trop tard pour elles, qu’il y avait encore un fol espoir de créer quelque chose de beau sur le tas de fumier qu’avaient été leurs vies jusque-là. Elle prenait donc cette surprise comme un bon augure. Arthur et elle avaient tout de suite accrochés. Leur rencontre avait été si étrange que Misako n’avait qu’à fermer les yeux pour se souvenir des moindres détails. Elle n’avait, au fond, jamais ressenti une telle connexion psychologique. Ce qui était étrange, cela l’avait laissé perplexe et elle avait rit au nez de sa tante quand elle lui avait dit que c’était un signe. Celui que leurs routes se croiseraient encore et encore. En partant d’Okinawa pour Naples, elle n’avait jamais espéré revoir ces grands yeux bleus chargés de tempêtes et de lourds nuages. Et pourtant, le voilà devant elle.

“Si tu peux faire ça, c’est définitivement quelque chose que tu dois ajouter sur ton CV.” Elle rigola : “Arthur, rattrapeur de ces dames.” Leurs rires se mêlèrent au bruit de la ville. Misako était sourde à tout autre son de toute façon. “C’était écrit quelque part va, cela ne peut pas être une coïncidence.”

Malgré le temps qui s’était écoulé, Arthur la complimenta sur le fait qu’elle n’avait pas changé. Une occasion en or pour sortir le coup de ses gènes asiatiques qui devaient jouer dans la balance. Pour sûr qu’elle n’avait rien prit de son père et même si cela était le cas : elle le nierait jusqu’à son dernier souffle. Elle ne devait rien à cet homme. Absolument rien et si elle n’avait pas travaillé sur elle : elle l’aurait tué quand il a passé les portes de son magasin. Cela ne lui faisait pas peur. Misako prit le temps de détailler Arthur aussi et elle remarqua qu’Arthur non plus n’avait pas si changé que ça.

“Tu es bien conservé aussi va pour un vieux.” Le taquina-t-elle. “Même dans une foule, je t’aurais reconnu. Des visages et des yeux comme les tiens : il n’y en a pas cinquante mille.” Et c’était probablement pour cela que jamais elle pourrait le confondre avec un autre.

Elle ne lui en voulait pas de ce silence : il devait avoir ses raisons et elle était très mal placée pour juger. De toute façon, elle ne mangeait pas de ce pain-là. Ce n’était pas son genre et cela ne le serait jamais. Misako l’écouta attentivement en hochant de temps en temps la tête pour montrer qu’elle ne perdait pas une miette de ce qu’il disait.

“Je me doute que cela ne doit pas être facile.” Elle savait qu’Arthur voulait rendre fier son père : “Mais si ça peut compenser, je suis fière de toi moi.” Et c’était sincère. “Le principal, c’est que tu es agi sur un coup de tête, que tu as écouté ton cœur. Je suis heureuse d’entendre que tu as eu la force de faire ce qu’il te plaît, sincèrement. Même si ça veut dire prendre le risque de se buter à la vie et d’avoir des bleus.” Tout finissait par guérir plus ou moins. Misako le comprenait un peu plus chaque jour. Elle voyait bien qu’il y avait de la peine dans ses yeux, dans sa voix, mais elle ne gratta pas plus que cela. Ils avaient le temps pour en parler si tel était son désir.

Lui donnant le surnom de prince charmant, la réponse ne se fit pas attendre et cela la fit sourire un peu plus. Il en était un. Qu’il le veuille ou non. Il rendait sa journée encore meilleure, un peu plus légère : il était toujours bon de retrouver un ami, encore plus quand ce dernier s’appelle Arthur.

“Ne fais donc pas ton modeste.”
Elle expliqua comment elle était arrivée à avoir la boutique et le regarda quand il affirmait qu’il allait maintenant commander chez elle. “Je te ferais une ristourne. Juste pour ta belle gueule.” Elle le poussa avec son coude. Misako se sentait plus légère quand il était là. Probablement car elle n’avait pas à mentir ou bien cacher qui elle était. S’il ne savait pas tout, il connaissait assez sa vie pour qu’elle n’ait pas à prétendre. “Disons que c’est plus facile que de s’occuper de mes propres problèmes.” Cela sonnait égoïste en un sens, mais elle était la déficière de l’histoire.

En route vers les derniers appartements, ses mains dans ses poches empêchaient le froid de leur faire prendre une couleur violette. De toute façon, cela n’était pas important. Seules les paroles qui sortaient de la bouche d’Arthur importait. Elle voulait savoir ce qu’il enseignait et était heureuse de voir qu’elle avait vu juste.

“Ca se sent à ta voix, à ton regard que tu aimes ce que tu fais. Vraiment.” Elle tourna sa tête : “J’ai regardé Mind Hunters il n’y a pas longtemps, ça m’a fait penser à toi. C’est tellement intéressant. Si jamais tu veux une oreille pour t’écouter, viens donc : je ferais chauffer du saké et tu pourras me parler des affaires.” Une invitation jetée dans le vent. Oui elle comptait le revoir. Elle regarda les trois bouquets dans la cagette puis regarda Arthur : “Pour des clients. Cela peut être pour des restaurants ou des particuliers : je prends une journée pour toutes les faire.” Elle sourit : “Parfois il n’y en a pas beaucoup, surtout en hiver. Heureusement d’ailleurs.”

Quand il demanda pour Emiko, elle regarda droit devant elle. Elle tournait machinalement sa langue dans sa bouche. Où elles en étaient ? Cela était difficile à dire, même Misako ne savait pas réellement.

“Il est trop tôt pour dire si j’ai réussi ou non ma mission de renouer avec elle.” Elle baissa son regard pour le poser sur le sol pavé : “Je l’espère, mais je ne vends pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je préfère attendre, qu’on prenne notre temps pour construire sur des bases saines. Il y a - pour l’instant - trop de zones d’ombres et de choses non-dites. Tôt ou tard, on devra couper dans le vif du sujet et je risque de devoir être la première à me jeter à l’eau.” Et cela la terrifiait car très peu de personnes savaient ce qui se passait dans sa tête et les actions qui ont mené à un tel raisonnement.


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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Lun 27 Jan 2020 - 11:55 )
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Destin ou pas, Arthur était content de se trouver là à ce moment précis. Il y a des personnes dans une existence que l’on n’oublie pas, Misako en faisait partie. Parce qu’elle avait été importante durant une période et d’une grande aide pour Arthur. Peut-être que la vie avait décidé que seule Misako pourrait venir en aide à Arthur, dans la tempête qu'était sa vie, comme elle avait su le faire autre fois. Peut-être était-il temps pour Arthur d'essayer tant bien que mal d'avancer? Il n'en savait rien, seul le temps lui dirait.

Ajouter cette qualité sur un CV, Arthur fit mine d'y réfléchir l'espace d'un instant avant d'affirmer :“Je ferais un malheur, j’en suis sûr.” Il rigola à son tour. Cela lui faisait un bien fou, il fallait bien l’avouer. Depuis combien de temps n’avait-il pas rit autant ? Beaucoup trop longtemps. Ainsi va la vie comme l’on dit souvent. L’un face à l’autre, Arthur détailla Misako quelques secondes, non elle n’avait pas changé et il était sincère quand il disait cela. Quand elle mentionna le cap qu’avait passé Arthur concernant son âge, il ne put s’empêcher de secouer la tête.

“Tu finiras par y arriver toi aussi à la quarantaine et je saurais te le rappeler.” Lui rétorqua-t-il faisant un air faussement vexé avant de lui adresser un clin d’œil. “Vous êtes toutes folles de ces yeux et de cette gueule-là.” La taquina-t-il à son tour avant de lui sourire, touché par ce qu’elle venait de dire. Comme s’il avait été impossible à oublier. Cela était plaisant à entendre, parce que lui non plus n’avait pas oublié Misako et il l’aurait reconnu perdu au milieu de la foule.

“C’est comme ça, on finit par s’y habituer tu sais.”
C’est vrai, on s’habituait toujours à ce que la vie pouvait nous réserver. Arthur avait accepté la décision de son géniteur, maintenant il faisait avec. Il ne ressentait pas de manque particulier ou du moins il le cachait au plus profond de lui : “Toujours aussi adorable, tu ne changes pas.” Et un énième sourire sincère, dis donc, cela faisait une éternité qu’il n’avait pas souri ainsi, de façon si spontané. Depuis le décès de sa femme, les choses semblaient plus mornes, plus pessimistes, moins colorés, moins amusantes.

Un soupir passa entre ses lèvres : “Disons que je me serais bien passé de certains événements, la vie aime bien me jouer des tours. M’enfin, je te raconterais ça une autre fois, c’est pas un sujet hyper fun pour des retrouvailles.” Il avait l’impression qu’il ne parviendrait jamais à tourner cette fichue page de sa vie. Il avait beau tourner le problème dans tous les sens, Arthur finissait toujours par penser au passé, qu’il le veuille ou non. Le changement d’idées n’était pas son fort alors à la place il se concentrait sur sa carrière, mais cela ne l’aidait pas toujours. Son psy lui répétait souvent que c'était parce qu’il n’avait pas passé toutes les étapes du deuil, il avançait lentement. Mais comment voulez-vous avancer quand vous perdez le seul pilier de votre vie ? Comment voulez-vous accepter que vous n’entendrez plus jamais son rire ? C’est impossible, enfin pour Arthur.

Soit. Il était content de voir que Misako se plaisait dans ce qu’elle faisait. Et il était également content d’entendre qu’elle était sa propre patronne. Il échappa un rire bref. “Tu sais que ce genre de phrase n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Coïncidence ou non, j’avais justement besoin de fleurs aujourd’hui.” Il se mit à hausser les épaules en lui adressant un clin d’œil. Il avait rapidement renoncé quelques minutes plutôt à trouver un meilleur cadeau pour sa mère, de toute façon, il ne savait jamais si elle les recevait et ce qu’elle en faisait une fois le paquet en main, alors autant opter pour les fleurs. Il en envoyait également à son ancienne belle-mère à chaque anniversaire de sa femme afin qu’elle aille les poser sur sa tombe. Chicago était bien trop loin et de toute façon cela était beaucoup trop dur pour Arthur alors il déléguait la tâche, comme il l’avait toujours fait. Aux mots de la jeune femme, il ne put s’empêcher de soupirer. “Je vois que je ne suis pas le seul à avoir une vie compliquée de temps à autre.” Dit-il la voix légèrement brisée. Il se racla la gorge comme pour faire disparaître ce semblant de cassure. Sa vie à lui était toujours compliqué depuis un an, il lui avait fallu tout réapprendre, seul.

Il suivit la jeune femme, tenant fermement la cagette d’une main et sa cigarette de l’autre qui se consumait rapidement. Il ne lui fallut que quelques minutes avant qu’elle ne finisse sa course sous la chaussure d’Arthur, écrasée. Un sourire prit place sur son visage quand il se mit à parler de son métier. C’est vrai, il adorait ce qu’il faisait, même si parfois il y avait de mauvais côtés, il ne s’en plaignait jamais. Parce que c’était la première fois qu’il ne regrettait pas de se lever le matin. Et ses élèves lui rendaient plutôt bien.

“Aussi étrange que ça puisse paraître, ouais j’adore ce que je fais, et j’adore pouvoir apporter ma contribution dans les affaires de la police.” Il arqua un sourcil en regardant la jeune femme, un air surpris sur le visage, il esquissa un sourire en coin : “Ah oui tu penses à moi ? Je note ça quelque part.” dit-il pour la taquiner avant de reprendre : “ Je serais ravi qu’on fasse ça un jour, quand tu veux. Vraiment. ” Il lui adressa un doux sourire avant de regarder les fleurs qu’il tenait. Il hocha la tête lorsqu’elle lui expliqua pour qui elle livrait. “Toujours aussi organisée dis donc. Je suis vraiment content de voir que ça fonctionne pour toi, et puis il n’y a pas que moi qui semble aimer ce que je fais et ça fait plaisir à voir.”

Il avait bien vu le malaise suite à sa question. Il comprit rapidement pourquoi. Décidément peu de choses changées, il avait toujours le don de mettre les pieds dans le plat, comme il le fallait. Dès qu’une gaffe devait se faire, il était le premier. Une véritable catastrophe. Gêné, une légère grimace étira ses lèvres.

“Oh je suis désolé, je ne pensais pas mettre les pieds dans le plat, désolé pour ça.”
Arthur posa sa main libre sur l’épaule de Misako et exerça une légère pression dessus. Il lui adressa un sourire réconfortant. “Tu y arriveras, ça s’arrangera Misa, j’en suis sûr. Il faudra du temps, mais ça ira, et puis si ça ne va pas, maintenant tu sauras qui appeler ou à qui parler. Je serais là.” Oui, il était sincère. Maintenant que leurs routes s’étaient à nouveau croisées, Arthur comptait bien rester dans les parages. Il repositionna la cagette contre sa hanche qui était en train de se faire la male. Il ne restait que quelques appartements vu le nombre de fleurs qui réduisait au fil et à mesure que les minutes s’écoulaient. Arthur tourna machinalement son visage vers Misako. “Tu as d’autres choses à faire pour lesquelles je peux me rendre utile ou tu as fini et je t’invite à boire un café ? ”. Il n’avait pas vraiment envie de lui dire au revoir maintenant, le temps à rattraper n’avait cessé de s’allonger avec les années, alors maintenant qu’ils s’étaient retrouvés, autant en profiter. Bien sûr, ils auraient d’autres occasions, Arthur n’avait aucun doute là-dessus mais cela ne l’empêchait pas de vouloir en profiter aujourd’hui également. En plus, il était en repos et il préférait largement passer sa journée en compagnie de Misako plutôt que chez lui à ruminer.
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Dim 2 Fév 2020 - 17:36 )
Elle ne se rendait pas encore compte au combien, elle était heureuse de le voir. Arthur avait marqué sa vie au fer rouge et elle avait toujours espéré le retrouver au détour d’une rue. Elle avait toujours été convaincue que la vie trouverait une façon de la surprendre. Et voilà qu’il était devant elle. Encore plus beau qu’avant, avec toujours ses grands yeux bleus qui menaçaient à tout moment de s’assombrirent. Elle n’avait rien oublié, elle se souvenait de toutes leurs conversations, des fous rires, des moments de silences partager quand les mots ne sont pas suffisants pour aider, de ces accolades quand cela était nécessaire… Misako ne peut s’empêcher de croire que c’était sa récompense pour réussir à tenir le bon cap pendant aussi longtemps. De bonnes choses arrivaient à ceux qui le méritaient. C’est ce qu’elle croyait et ces retrouvailles ne faisaient que peser dans la balance.

“Contrairement à toi, cela ne se verra pas que j’ai quarante ans.” Evidemment, elle le taquinait, vieillir ne lui faisait pas peur du tout et en rire n’était pas une façon pour elle de cacher un malaise quelconque. “Bien sûr qu’on l’est. T’es comme un bon vin : tu deviens plus beau avec les années. Tu sais que c’est rare les hommes comme ça hein ? Ils ne courent pas les rues.”

Comme elle approuvait les paroles de son ami quand il disait qu’on s’y habituait. Il avait tellement raison… On s’y faisait, chaque jour pouvait apporter son lot de malheur et il était difficile parfois de faire la part des choses. Misako menait un combat au quotidien et si ces derniers temps elle en sortait victorieuse, elle savait que ce n’était pas toujours le cas. Il y avait des journées où elle était réellement misérable. Les malheurs de la vie comme elle disait. Misako ne put empêcher ses joues de devenir aussi rouge que les fleurs dans la cagette quand il la complimenta. Elle n'avait pas l'habitude non. Et elle savait qu’Arthur était sincère en disant ça. Ce n’était pas une technique de drague, juste une remarque douce. L’ambiance presque bonne enfant s’alourdit un peu quand son ami se confia à demi-mot. N’étant pas le genre de femmes à mettre son nez là où il ne faut pas, elle ne remua pas le couteau dans la plaie.

“Je compte plus te laisser partir de toute façon alors on a tout le temps. Tu sais que je ne te forcerais jamais.” Parce qu’il n’y avait rien de pire. Misako voulait qu’Arthur se sente bien à ses côtés et ce n’est pas en le cuisinant que cela va être le cas.

Ce fut à son tour de combler les quelques années qui les avaient séparées en expliquant sa situation actuelle. C’est naturellement qu’elle lui proposa de venir dans sa boutique si jamais il a besoin de fleurs ou de plantes. Elle lui ferait une ristourne, après tout : cela était les avantages d’être son propre patron. Ses amis payaient rarement quand ils venaient la voir.

“Eh bien c’est parfait. Tu n’auras qu’à me raccompagner à la boutique et je verrai si je peux te trouver ce que tu cherches.” S’il n’avait pas trouvé son bonheur chez les autres fleuristes : elle espérait qu’il le trouve chez elle.

Puis elle montra le chemin pour terminer les dernières livraisons. Elle tourna la tête en voyant le mégot par terre et elle fit quelques pas en arrière pour le ramasser. Une manie qu’elle avait prise sur l’île. De retour auprès d’Arthur, elle l’écouta parler de la criminologie et Misako sentait bien que cela était sa passion : qu’il faisait enfin ce qu’il lui plaisait. C’était tout ce qu’elle avait souhaité pour l’ancien militaire qui méritait d’être heureux et de vivre pour lui, non pour les idéaux de son géniteur.

“Je ne pense pas que ça soit étrange. Tant que cela te plaît, tu te moques bien de ce qu’on pense de toi. Je suis certaine que tu excelles dans ton domaine et comme tu le dis : en plus tu peux aider la police. C’est génial.” Elle était admirative oui et sa voix enthousiaste le prouvait. Elle s’éloigna pour aller jeter le mégot dans la poubelle, évitant par la même occasion de répondre à la question où elle pensait à lui. “Fais celui qui est surpris. Bien sûr que j’ai pensé à toi.” Misako ne pouvait pas se cacher : elle avait craché le morceau et assumait ses propos. Cela lui apprendrait à ne pas tourner sa langue sept fois dans sa bouche. “Deal. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.” Elle était toujours curieuse et avide d’apprendre de nouvelles choses.

Expliquant le système de livraison, elle tourna sa tête pour lui offrir un immense sourire. Elle pouvait sentir toute la sincérité d’Arthur et cela était un vent d’air frais. Elle n’en voulait pas à son ami de parler de sa sœur, il savait le lien étrange qui les liait. Misako était optimiste concernant sa relation avec Koko. Elles allaient trouver une façon de communiquer, de se comprendre. Elle se battrait pour elle et ne la laisserait plus jamais tombé. C’est bien pour ça qu’elle résistait avec autant d’ardeur à ce désir parfois intenable d’en finir.

“Ne t’excuse pas, tu ne pouvais pas savoir.” Elle regarda la main de son ami, surpris de ce geste. Elle ne chercha pas à s’échapper d’ailleurs et acceptait ce contact. “Merci.” Elle posa sa main sur celle d’Arthur et releva ses yeux pour le regarder en souriant doucement. “Juste ces deux dernières commandes et j’ai fini. Vu que tu cherches des fleurs, on peut retourner à la boutique après si tu veux ? Je peux t’offrir un thé, un café ou bien du saké chaud : j’habite juste au-dessus alors on n'aura pas loin où aller.”

Misako regarda sur son portable et montra l’immeuble pour l’avant-dernière livraison. Puis ils allèrent dans un bâtiment voisin pour les livrer dans une petite pizzeria de quartier. Maintenant terminé, elle s’étira :

“Journée terminée. Après l’effort, le réconfort.” Elle leva sa main : “High five. Merci de ton aide.” Misako soupira de soulagement, étrangement heureuse, pleinement heureuse. “Toujours ok pour venir voir mon petit chez moi ?”


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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Mar 4 Fév 2020 - 19:57 )
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Il était tellement heureux de revoir son amie. Cette bouffée d’air qu’elle avait été pour lui par le passé, elle le redevenait en quelques secondes. C’était dingue de voir à quel point une personne pouvait rendre votre journée plus lumineuse, joyeuse et douce. Misako le faisait à merveille et ce sans même le savoir. Arthur n’arrêtait pas de sourire depuis qu’il l’avait sauvé de la foule. Elle n’avait pas changé, même pas un peu. Elle était toujours aussi belle, il fallait l’avouer. Il l’avait toujours trouvé belle à vrai dire, mais il ne lui avait jamais trop dis. Parce que leur coup de foudre avait surtout été amical. Chose que Arthur n’avait plus jamais connu avec personne d’autre. Ils s’étaient compris dès les premiers regards, les premiers mots. Quand elle avait du partir, Arthur lui avait souhaité bonne chance le cœur lourd. Elle lui avait manqué chaque jour. Si bien qu’il se rendait souvent à la plage là où ils avaient passé la nuit entière à parler, à ressasser les souvenirs. Il n’avait rien oublié. Il ne pouvait pas oublier. Pas avec une amitié si forte.

Face à ses taquineries, il lui tira la langue telle un enfant de cinq ans qui se serait vexé de ne pas avoir eu tel ou tel jouet. Il se mit à rire, constatant à quel point il était ridicule. « Fais gaffe, je vais prendre la grosse tête avec tous ces compliments. Les femmes qui ne vieillissent pas ne courent pas non plus les rues.» Répondit-il amusé.

La vie était rude, elle mettait des claques à chaque âme sur cette terre. Arthur avait connu, connaissait encore cela et était persuadé que cela serait pareil dans le futur. Parce que la vie n’est jamais un long fleuve tranquille. Mais il fallait continuer de se battre, il fallait ne rien lâcher sinon c’était foutu, on se laissait aller. Arthur avait trouvé un combat à mener : sa carrière professionnelle. Cela fonctionnait, il se donnait à 2000% dans ce qu’il faisait. Mais parfois c’était dur, le soir, quand il était seul chez lui. D’ailleurs du bout des lèvres, il énonça qu’un malheur planait au-dessus de sa tête. Il sentait qu’il avait rendu cette ambiance plus lourde alors il lui adressa un petit sourire comme pour s’excuser.

« Je sais bien oui, et je t’en remercie d’ailleurs. C’est ce que j’ai toujours aimé chez toi, ta façon de laisser les gens parler quand bon leur semble.» Avoua-t-il à son amie. C’était une grande qualité qu’il devait souligner. Il était devenu rare d’avoir une oreille attentive qui ne forçait pas à se dévoiler. Aujourd’hui, les gens voulaient tout savoir, tout connaître. Même pour un simple entretien d’embauche l’on vous demandait : femme, enfant, loisirs, passions. Quelle plaie. Surtout pour les personnes comme Arthur qui avait tendance à tout garder jusqu’à exploser.

La proposition de Misako fut plaisir à Arthur, elle était prête à l’aider dans sa quête de compositions florales qui plairait au brun. Il savait que sa demande serait traitée au millimètre près si ce n’est à la perfection. De ce qu’il avait entendu, la jeune femme semblait douée et passionnée dans ce qu’elle faisait, et ça c’était le plus important de tout. Rien qu’avec cela, il était sûr qu’elle était celle à qui Arthur devait demander conseil, même si pour l’instant, il ne savait pas comment mettre sur la tapis sa défunte femme.

« Oh je suis convaincu que tu trouveras ce dont j’ai besoin.» Et c’était sincère. Il avait fait quelques boutiques de fleurs mais les compositions étaient soit trop chargées, soit trop colorées. Arthur cherchait quelque chose de sophistiqué mais neutre pour sa mère et dans les tons blancs pour sa femme. Son anniversaire approchait à grands pas. Arthur fronça les sourcils en la voyant rebrousser chemin, puis encore plus en la voyant ramasser son mégot. « Tu sais que j’aurais pu le faire ? » lui demanda-t-il un peu gêné. C’est vrai qu’il n’avait pas toujours le réflexe de faire cela et il savait que ce n’était pas bien. Il se sentait comme un gamin ayant fait une connerie, un gamin attendant sa punition. Puis il se mit à parler de son nouveau métier, celui qui le faisait vibrer. Ses yeux brillaient quand il en parlait. Il connaissait la criminologie sur le bout des doigts et malgré les horreurs qu’il était amené à étudier, il était toujours avide d’en savoir plus. Il se mit à rire doucement avant de reprendre.

« Tu sais que j’ai toujours eu du mal avec ce genre de philosophie. Vis comme tu le souhaites sans faire attention aux regards des autres. Je suis plutôt dans l’éternel jugement, la pression de toujours être mal vu. Ça n’a pas changé même avec les années, je veux beaucoup trop bien faire. Pour l’instant je n’ai eu aucune réclamation, ça doit vouloir dire que je suis un bon prof. J’ose l’espérer. Oui c’est vraiment génial de pouvoir aider.» C’est vrai qu’il allait beaucoup mieux professionnellement parlant. Il aimait ce qu’il faisait. Et il était persuadé que c’était cela qui l’aidait à ne pas être un prof et un criminologue mauvais. Parce qu’il se donnait corps et âme pour sa carrière, parce qu’il ne vivait plus que pour ça. « Bien sûr que je suis surpris, ça faisait longtemps. Mais j’ai aussi pensé à toi, c’est d’ailleurs grâce à toi que j’ai complètement vrillé. Je me suis rappelé tes paroles et j’ai décidé de dire merde à tout le monde. Alors merci.» Il lui adressa un sourire sincère, les yeux brillants. Oui c’est vrai, Misako avait joué un rôle sans le vouloir dans sa reconversion, sa nouvelle vie. Il ne pourrait jamais assez la remercier d’avoir croisé sa route par le passé. Elle lui avait été d’une grande aide même à des milliers de kilomètres. Quand elle acquiesça à sa proposition, le brun lui adressa un clin d’œil comme pour lui signifier qu’il honorerait ses propos.

Arthur s’en voulait, cela pouvait aisément se lire sur son visage. Parce qu’il aurait détesté que quelqu’un évoque les sujets sensibles auxquels la vie l’avait confronté. Il savait comme cela était compliqué de parler, de parvenir à se battre tous les jours. Avant son départ, Misako lui avait brièvement expliqué les liens qu’elle entretenait avec sa sœur, mais il était persuadé que même après tant d’années, cela se serait arrangé. Il avait faux sur toute la ligne et regrettait de retourner le couteau dans la plaie. Il lui adressa un sourire qui était doux, mais avant tout désolé de ce petit couac. D’ailleurs, il n’en finissait plus de s’excuser.

« Certes, mais je suis quand même doué quand il s’agit de mettre les pieds dans le plat, alors désolé. » Il voulait la rassurer, et il était vraiment désolé de sa bourde. Il voulait, par son geste, qu’elle sache que maintenant elle ne serait plus seule pour affronter les nombreux sentiments que pouvaient provoquer les relations comme celle-ci. Il savait que ce ne devait pas être facile à gérer parfois. Il relâcha doucement la pression sur l’épaule de Misako. « Oui si tu veux, avec plaisir, mieux je m’y prends tôt, plus vite elles arriveront à destination non ? Tu fais les envoie vers les Etats-Unis ? » C’est vrai qu’il n’avait même pas posé la question. Il espérait que ce serait le cas. Allez savoir pourquoi mais il n’avait pas envie de mettre les pieds dans une autre boutique de fleurs.

Arthur suivit la jeune femme et l’aida dans ses deux dernières livraisons. Malgré tout, cela lui avait permis d’arpenter les rues de la ville. Certaines lui étaient encore inconnus il fallait le dire, il n’avait pas vraiment pris le temps de tout visiter. Une fois qu’elle eut terminée par la pizzeria, Arthur lança d’un naturel assez surprenant : « Tiens ça à l’air sympathique cette pizzeria, il faudra aller y manger un soir ». Et voilà qu’il venait de lancer une invitation comme ça. Il fut lui-même surpris par ses mots mais tenta de ne rien laisser paraître. Depuis qu’il était veuf, il avait soigneusement évité toutes les sorties, et autres conneries qu’on avait pu lui proposer et là, voilà que c’était lui qui voulait sortir.

Il tapa dans sa main. « ça m’a fait plaisir de t’aider. » Arthur lui adressa un clin d’œil avant de faire mine de réfléchir à sa proposition. Puis il se mit à rire ne voulant pas effrayer la jeune femme de ce temps de réponse un peu long. « Avec plaisir. »  Il suivit à nouveau la jeune femme qui se remettait en route. « Avoue-le, tu as cru que j’allais te dire non». Lui lança-t-il taquin. La cagette désormais vide et plus légère bascula de sa hanche à sa main et Arthur récupéra une cigarette qu’il plaça entre ses lèvres et qu’il alluma. Un véritable vice qui avait redoublé depuis le décès de sa femme.  
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Mar 4 Fév 2020 - 22:56 )
Comme ces instants de simplicité lui avait manqué. Parler sans avoir à réfléchir. Vivre sans avoir à peser le pour et le contre : juste profiter de l’instant présent sans penser à l’après. Arthur avait dès les premiers instants eu cet impact dans sa vie. Peut-être parce qu’ils ne se jugeaient pas, s’écoutaient et prenaient le temps de comprendre les paroles de l’autre ? Misako ne saurait dire, mais savoir que cet homme était à nouveau en ville remplissait son cœur d’une certaine joie qu’elle avait du mal à cacher. Si elle était en mesure de cacher sa peine, sa déprime : elle avait bien plus de mal à ne pas sourire. Comment faire autrement quand vous aviez devant vous un homme qui a marqué votre vie au fer rouge ? Il n’y a pas beaucoup de personnes de son sexe qui sont réussis. Cela était un exploit qu’elle ne lui dira jamais.

“S’il n’y a que ça, on peut faire un de ces contrats bidons qui disent que dans dix ans si on a trouvé personne on se mettra ensemble.” Elle lui sourit, mi-sérieuse, mi-amusée : il ne saura jamais si elle le pense réellement.

Elle faisait la fière, mais elle n’avait jamais été en couple avec quelqu’un alors elle était très mal placée pour faire ce genre de commentaire. Et puis, la vie était difficile et elle ne prenait rien pour acquis. Alors, quand elle pouvait passer un bon moment comme en cet instant : elle saisissait sa chance. Celle d’être heureuse pour quelques heures. Et quand son spleen viendrait l’enlacer plus tard, elle se souviendra du regard d’Arthur, de leurs conversations. C’était comme ça qu’elle avançait Misako, comme ça qu’elle survivait entre deux bulles de bonheurs. La vie n’avait pas épargné l’homme qui se tenait à ses côtés. Elle pouvait le sentir, elle pouvait le voir dans ses grands yeux azur. Elle aurait aimé n’y voir que la joie, que des étoiles de bonheurs. Les faits étaient loin de cela. Alors, elle affirma sans sourciller, sans cligner des yeux qu’elle ne le laisserait plus partir. Parce qu’elle le pensait sincèrement. Elle n’était peut-être pas la personne la plus fun du quartier, ou celle qui fait rire, mais elle était loyale et fidèle en amitié. Alors, quand il exprima son besoin d’aide dans la recherche de composition florale : elle ne mit pas de temps à se jeter sur cette occasion pour programmer une nouvelle visite. Misako aimait prévoir quelques lignes dans sa vie, juste assez pour avoir un fil conducteur et ne pas se perdre en chemin. Il était si facile pour elle de s’éloigner du sentier doré pour errer dans les ténèbres de son esprit.

“C’est entendu alors, je t’aiderai dans cette quête. Pour te remercier de m’aider dans mes livraisons : c’est la moindre des choses.” Parce que oui, elle n’oubliait pas qu’elle avait encore du travail devant elle avant de pouvoir passer plus de temps avec Arthur.

Instinctivement, elle s’arrêta pour ramasser le mégot et alla le mettre dans la poubelle. Elle rigola en voyant la mine renfrognée de son ami :

“Bah fais pas cette tête-là.” Elle le poussa du coude avant de mettre ses mains dans ses poches.

Misako ne manqua pas une seule miette de ce que lui racontait Arthur et se prenait rapidement au jeu : voulant même en savoir plus. Elle n’avait jamais pensé au fait que les criminels pouvaient être prévisibles. Et elle aimerait beaucoup en apprendre plus : quoi de mieux que de demander à un spécialiste sur la question quelques cours du soir ? Elle hocha la tête quand il affirma ne pas être le genre d’homme à briser le moule et à faire ce que bon lui semblait.

“Je sais et ce n’est pas une mauvaise chose, Arthur, vraiment pas. C’est une qualité de vouloir bien faire et ça fait de toi un homme réfléchis. Ce n’est pas un mal.” Misako avait toujours tendance à voir le verre à moitié plein pour les autres, mais rarement pour elle. “Le principal s’est de se souvenir que tu peux faire ce que tu veux quand tu n’es plus satisfait de quelque chose.” Parce qu’elle ne voulait pas qu’il change, Arthur était comme ça pour une raison et elle n’était personne pour le pousser à être autre chose. “Je suis contente si j’ai pu t’aider.” Et ces paroles étaient sincères. Elle ne savait souvent pas comment aider les gens alors quand elle réussissait : cela était un bonus.

Comme sa sœur. Emiko était si précieuse à ses yeux que Misako avait peur de mal faire et qu’elle lui tourne le dos pour toujours. Il y avait des fois où elle voulait juste être assise dans la même pièce qu’elle. Sans parler, sans rien dire : juste ressentir sa présence à ses côtés car elle demandait rien de plus. Comme si elle était toujours cette petite fille abandonnée de tous et seule dans son coin. Sans famille, sans attache à part une poignée d’amis qui n’étaient plus dans sa vie. La fleuriste détestait cette enfant chétive qui ne savait pas se débrouiller, qui était faible. Probablement car elle l’était encore aujourd’hui même si elle avait passé ces dix dernières années à s’endurcir et devenir une personne qui peut se prendre les coups que la vie voulait bien lui donner.

“Ca fait partie de ton charme va.” Misako lui fit un clin d’œil, un jour : elle lui parlerait peut-être de tout ce qui s’est passé dans son enfance. Elle se mettrait à nue pour se confier, pour avouer. Mais pas aujourd’hui. Elle voulait juste profiter de lui et de ces retrouvailles surprises. Il ne restait plus que deux livraisons et ils étaient libres. “Je peux voir comment faire oui, je vais me renseigner, mais je ne vois pas en quoi ça serait un problème.” Elle allait faire son possible oui.

Sortant de la pizzeria qui était le dernier stop avant la maison, elle sourit en regardant Arthur puis l’enseigne. Elle n’y avait jamais mangé bien que les propriétaires l’y aient invité plusieurs fois depuis qu’elle est arrivée à Naples.

“Si tu veux une table, tu n’as qu’à dire que tu me connais et ils en trouveront une directement. Puis si jamais tu trouves personne, je me sacrifierais pour venir avec toi.” A aucun moment elle s’est fait d’illusion. Quand il avait dit d’y aller, il ne devait probablement pas parler d’y manger avec elle. Mais être une roue de secours ne la dérangeait pas. De toute façon, il était l’heure de célébrer par un beau high five et non de tergiverser.

Naturellement, elle lui proposa de prolonger ces retrouvailles un peu plus longtemps en venant à sa boutique. Elle fronça les sourcils en le voyant réfléchir avant de rire et de lever ses yeux au ciel :

“Alors toi je te jure !” Elle avança pour s’éloigner de lui et se retourna brièvement pour lui tirer la langue quand il lui demanda si elle l’avait cru. Elle leva même son majeur en gardant son air faussement outragé.

En passant la porte de la boutique, elle prit une longue inspiration et laissa Arthur rentrer avant de refermer la porte. Elle alluma la lumière pour faire découvrir à son ami son petit chez elle. Une douce odeur de fleurs y régnait : apaisant tout de suite les épaules. Elle s’approcha du comptoir pour y poser ses clés avant de s’éclipser dans l’arrière-boutique pour accrocher son manteau et celui d’Arthur. Elle retourna auprès de lui et sortit son calepin de derrière le comptoir :

“Parlons peu, parlons bien : dis-moi tout. Tu recherches quoi ?”


Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l’affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu’on les touchera, elles raisonneront au contact de ce qu’il y a de meilleur en nous.
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Sujet: Re: [terminé] Et la foule vient me jeter entre ses bras. || Arthur ( le Lun 10 Fév 2020 - 21:18 )
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Il était si content de voir que rien n'avait changé, parce que non, rien n'avait changé. Ils étaient tous les deux les mêmes, à rire, à discuter et à sourire à s'en faire mal à la mâchoire. Cela faisait tellement de bien. Arthur avait besoin de soutien pour remonter la pente, et savoir que Misako n'était pas loin, lui réchauffer le cœur, il savait déjà qu'il pourrait compter sur elle, comme elle pourrait compter sur lui. Comme cela avait toujours été. Une amie comme il n'en existe pas d'autre.

« Deal, je marche ». Lui lança-t-il amusé par la proposition, il ne savait pas si elle était sérieuse, mais en tout cas, il ne lui avait pas dit non, aussi surprenant soit-il.

Il n’avait plus eu aucune relation depuis la mort de sa femme, juste quelques coups sans lendemain, sans attache. Arthur ne voulait plus s’engager. La perte de l’être aimée avait été tellement violente pour lui qu’il avait préféré tirer un trait sur cela, ne voulant plus jamais revivre quelque chose de similaire. Cela était peut être extrême, certes, mais pour l’instant c’était la meilleure décision qu’il avait pu prendre. Il se consacrait à sa carrière et seulement elle, rien de plus. Son cœur se réchauffa face à Misako qui prouvait encore aujourd’hui qu’elle pouvait être un soutien. Un pilier même. Arthur ne la remercierait jamais assez de toute cette gentillesse, de cette écoute et cette disponibilité dont elle faisait preuve envers lui. Des qualités de plus en plus rares et très appréciables. Arthur sourit face à elle, comme pour lui montrer qu’il appréciait l’attention qu’elle lui portait.

« Par contre, hors de question de ne pas me laisser payer, et tu sais que je serais intransigeant sur ça. » La prévint-il, parce qu’il ne voulait pas qu’elle fasse ce geste pour lui, aussi adorable soit-il. Il voulait participer à sa réussite et puis ce qu’il voulait risquer de coûter un peu, alors il voulait payer le prix. Il ressemblait à un gamin vexé, une moue sur le visage qui ne dura pas bien longtemps. La joie de vivre de la jeune femme était contagieuse il fallait bien l’avouer.

Il fut content de voir la curiosité et l’engouement de son amie pour son nouveau métier. Il était prêt à lui en parler des heures si elle le demandait tant il était passionné. C’est pour cela qu’il aimait tant être professeur, transmettre son savoir, faire apprendre les multiples techniques, voir le regard pétillant des élèves, écouter et répondre à leur question. Il se mit à hausser les épaules quand elle se montra rassurante.

« Non ce n’est pas mal, mais disons que parfois, souvent même, je me retrouve à faire des choses pour les autres sans forcément penser à moi. Je ne pense pas assez souvent à moi selon mon psy, alors tu vois » Arthur se mordit la langue d’avoir évoqué ses séances de psy. Il n’en parlait jamais, ou très peu. Et pourtant, cela était sorti naturellement, parce que c’était Misako et qu’il avait toujours eu cette facilité à se confier. Cela ne lui était arrivé qu’avec deux personnes : avec Misa, et avec sa femme. « J’essaierais de m’en rappeler alors, pas sûr que j’y parvienne, mais j’essaierais », dit-il en laissant échapper un rire amusé. Comme on le disait souvent, les choses étaient plus faciles à dire qu’à faire. Il hocha la tête et lui adressa un doux sourire comme pour lui réaffirmer qu’elle l’avait effectivement bien aidé, plus qu’elle ne pouvait l’imaginer même. Il lui était redevable de beaucoup.

Il avait vu les yeux de Misako briller lorsqu’elle évoqua sa sœur. Il savait à quel point elle pouvait compter dans sa vie. Il espérait de tout cœur que tout s’arrange, que Misako puisse trouver la paix qu’elle cherchait dans cette relation un peu difficile. Il l’aiderait à surmonter les difficultés sans aucun problème, ça, il pouvait le jurer. Il répondit à son clin d’œil de la même façon, un sourire malicieux et amusé au coin de ses lèvres. Puis la réflexion, il n’avait pas pensé à lui demander dès le début si les livraisons pouvaient se faire, surtout à autant de kilomètres. Il se voulait rassurant dans ses paroles. « Si jamais tu ne peux pas, ne t’inquiète pas, je me débrouillerais. Puis évidemment je paierais les frais supplémentaires. » Il était hors de question qu’elle lui offre cela, il se doutait que cela allait coûter cher. D’habitude c’était le cas.

Il avait patienté devant la devanture de la pizzeria. Elle semblait sympathique et chaleureuse vu de l’extérieur. En y réfléchissant bien, Arthur n’était pratiquement jamais sorti au restaurant depuis qu’il était ici, même seul. Lorsque Misako sortit, il se mit à rire doucement quand il remarqua qu’il n’avait pas été très clair. « Non mais je voulais dire qu’on pourrait y manger, ensemble, tous les deux, en souvenir du bon vieux temps. » Il tourna son visage vers Misako, lui adressant un léger sourire. Cela paraissait tellement surprenant qu’il fasse ce genre de proposition que même la jeune femme ne l’avait pas pris au sérieux. Outch.

Il n’avait pas pu s’empêcher de la taquiner encore un peu. « Je sais que mon humour merdique t’a manqué » Lança-il avant d’éclater de rire quand elle lui tira la langue et lui leva son majeur. Il se mit à l’applaudir en secouant la tête amusée. « Grande classe Cortesi ».

Il s’arrêta quelques secondes devant la petite boutique, à la façade très agréable vu de l’extérieur. Arthur était surement passé quelques fois devant le magasin de Misako, sans pourtant se rendre compte qu’elle se trouvait de l’autre côté. Étrange lorsque l’on y pensait. Il la suivit ensuite en voyant qu’elle l’attendait. Il lui adressa un petit sourire et comme à son habitude, joua les curieux. Il ne put s’empêcher d’observer la petite boutique qui était minutieusement arrangée. Une douce odeur de fleurs se dégageait dans l’ensemble du local, chaque fleur avait une place bien précise. L’ensemble du petit magasin était harmonieux et joli. L’on y voyait aisément la passion de Misako pour son métier. Il lui tendit sa veste, et s’approcha du petit comptoir. Posant ses deux mains dessus, il se mit à réfléchir quelques secondes.

« Et bien, les premières fleurs seraient pour ma mère, c’est son anniversaire et même si mon père m’a renié, je continue à envoyer des fleurs à ma mère, pour son anniversaire, pour sa fête et pour noël. Je ne sais pas ce qu’elles deviennent mais je continue quand même. Alors ma mère n’aime pas les couleurs trop vives, elle aime bien le jaune un peu pâle, ou le blanc, pas de rouge, ni de rose bonbon. Elle n’aime pas les roses, elle préfère les fleurs qui ne fanent pas au bout de quelques jours. Elle a plutôt la main verte, ça l’occupe. ».

Enfin ça l’occupait quand il était encore au Japon avec eux et qu’il la voyait toujours. Aujourd’hui, il ne savait pas si c’était encore le cas, mais il préférait se dire que oui, tout comme il préférait se dire que les fleurs lui faisaient plaisir et qu’elle s’en occupait. Un moyen pour Arthur de se rassurer et de rendre sa réalité moins violente et triste. Il espérait être assez clair dans ses explications, permettant à Misako de trouver ce qu’il lui fallait. Il espérait également qu’il n’était pas trop exigeant, n’ayant aucune connaissance en la matière. Il la regarda noter ce qui lui disait sur son petit calepin, il attendit patiemment qu’elle ait terminé avant de reprendre pour la seconde commande.

« Pour les autres, il me faudrait seulement quelque chose de blanc qui résiste au froid, au gel et à tout. C’est pour mettre en extérieur ».

Arthur avait conscience de l’énorme différence entre son premier discours et le deuxième. Il avait été extrêmement vague mais comment dire que ces fleurs étaient pour fleurir une tombe, celle de sa défunte femme qui plus est. Il espérait tout de même que Misako pourrait trouver. Mais il se doutait que le peu d’information n’était pas suffisant alors il s’attendait à ce qu’elle pose d’autres questions. Alors en patientant, il regarda autour de lui, observant les différentes variétés de fleurs exposées. Il n’en connaissait même pas un tiers à vrai dire. Il n’avait pas et n’avait jamais eu la main verte, faisant crever la plupart du temps les plantes. Sa femme se moquait toujours de cela et prenait garde de ne pas lui confier le soin de ses fleurs. Elle, par contre, savait s’y prendre, elles étaient toujours splendide. Elle aurait beaucoup aimé cette belle boutique dont Misako était propriétaire. Il se surprit à sourire à cette pensée.
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