Revenir en haut
Aller en bas


 

- Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle -

CIAO VECCHIO :: Gestion des Personnages :: Présentations :: Terminées
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nino Carrizo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Nino Carrizo
http://www.ciao-vecchio.com/t7593-nino-o-le-destin-nous-entraine http://www.ciao-vecchio.com/t7594-nino-o-nos-vies-qui-s-egarent
Faceclaim : Miguel Gomez, ©Art Acide
Messages : 250 - Points : 683
Âge : 33 ans, sur ses 34
Métier : sapeur-pompier.
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Empty
Sujet: Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle ( le Dim 20 Sep 2020 - 1:29 )
Qui peut nous dire qui nous sommes ? Qui pourrait changer la donne ? Rien ni personne.
NINO CARRIZO
rôle inventé
Identité :Naomi, prénom de naissance, à présent uniquement prononcé par un père qui n'a pas accepté la transformation de sa fille en cet homme qu'il est devenu aujourd'hui. Nino, identité choisie, représentant sa liberté, son acceptation de soi. Carrizo, nom à consonance espagnole.

Naissance :il a vu le jour en 1986, à Baracoa dans la province de Guantánamo à Cuba.

Origines :il est cubain de souche, à la nationalité de son pays et bien qu'il soit fier de ses racines, ressent de l'amertume envers les siens qui ne l'ont pas très bien accueilli.

Statut :célibataire depuis mars 2019. Sa plus grande relation était violente, brutale, si bien qu'il a fini par avoir peur de lui-même. Il a beau tester de nouvelles histoires, avoir des aventures, il ne trouve pas cette sensation douloureuse qu'il ressentait avec son ex-petite amie. Nino ne cherche pas forcément à passer à autre chose, il se contente de vivre.

Métier :sapeur-pompier de 2010 à 2012, puis reprend de l'activité en 2016. Il éteint les incendies, mais pas seulement. Il évacue les personnes en cas de catastrophe ; inondation, explosion, tremblement. Aussi, il est formé pour administrer les premiers soins aux accidentés de la route, aux victimes de noyade ou de brûlure. Certains problèmes domestiques, comme les chats bloqués dans un arbre, ou les fuites de gaz font aussi partie de sa profession.

Argent :il gagne correctement sa vie, n'est pas le plus à plaindre. 1 600 € par mois.

A Naples depuis :il est arrivé en 2014 et a fait son nid dans la ville italienne. Si ce n’est son frère qu’il ne peut quitter, Nino n’a pas d’autres points d’accroches. Naples, c’est joli, mais ce n’est pas l’endroit le plus merveilleux au monde.

Ambitieux - Aventureux - Brute - Combatif - Courageux - Cynique - Débrouillard - Direct - Dur - Effronté - Engagé - Excessif - Ferme - Franc - Impulsif - Insolent - Jaloux - Loyal - Ouvert d’esprit - Persévérant - Pointilleux - Possessif - Rancunier - Réactif - Sensible - Tolérant - Violent

poids :
78 kg
alcool :
2 verres
cigarettes :
0 par jour


la chanson la plus écoutée en boucle :
Represent Cuba Orishas


Conclusion de ta vie Tabac : il n'a jamais fumé et a horreur des cigarettes. Au début de son traitement, on lui a précisé que c'était incompatible avec l'une de ses opérations, ce qui a fini de le convaincre de ne jamais y toucher.

Alcool : il boit de temps en temps, s'est déjà pris plusieurs cuites, mais n'est pas fan de la gueule de bois du lendemain et encore moins de ne pas être en possession de tous ses moyens. Parce que l'alcool, ça désinhibe. Parce qu'il craint de ne plus savoir contrôler ses mots. Et surtout, parce qu'il déteste l'idée que d'autres personnes puissent profiter de sa vulnérabilité.

Poids : 78 kg pour 1m83. Sportif, il n'a aucun mal à garder une bonne musculature.

Naomi
(un) Naomi. Seule fille d’une famille de deux enfants. Jairo, de trois ans son aîné. Un garçon pour qui elle a beaucoup de respect. Une admiration sans faille qui se transforme parfois en jalousie silencieuse. Elle envie sa situation, ce corps dans lequel il se trouve et qu’elle aimerait parfois emprunter. Alors, à défaut d’être à l’aise dans ses baskets et d’avoir l’allure qu’elle souhaiterait, Naomi grandit en délaissant des poupées qu’elle déteste, pour les troquer contre les jouets de son frère avec qui elle adore s’amuser.

(deux) Son père est un homme qui travaille beaucoup et durement sur les chantiers. Pas toujours juste, très conservateur, ses idées ne sont pas en phase avec celles de Naomi qui ne s’oppose cependant pas au Chef de famille. Sa mère, quant à elle, est plus effacée. Tendre, adorable, à l’écoute, mais qui ne va jamais à l’encontre des décisions de son mari. Ce dernier a sans cesse le dernier mot, alors elle a compris avec le temps que donner un avis différent du sien était une perte de temps et provoquait des disputes pour rien.

(trois) En grandissant, Naomi fait face à un malaise éprouvant, oppressant. L’impression d’être dans un corps qui n’est pas le sien, d’être prisonnière de ce dernier, quand son âme voudrait s’exprimer autrement. Une liberté qu’elle peut s’octroyer difficilement. En apparence, c’est une fille, alors elle doit se comporter comme telle, mais dans son for intérieur, elle se sent garçon.

(quatre) Si son père ne supporte pas l’idée de lui acheter des vêtements trop larges, il finit par lâcher du lest et par céder en la voyant voler les affaires de son frère. Ses parents essaient néanmoins de l’encourager à se vêtir en fille. Sa mère se plaît à lui acheter des robes, des jupes, qu’elle ne met jamais.

(cinq) Agée de quinze ans, Naomi fait face à une période difficile. Probablement l’une des pires. Elle connait sa première relation sérieuse, avec Pedro, un garçon qui semble attaché à elle, qui lui fait une place dans son cœur. La lycéenne l’apprécie, s’accroche à lui, bien qu’elle souffre énormément de leur statut. Ils sont en couple. Péniblement, elle vit leur relation avec une douleur qu’elle exprime mal, provoquant des disputes pour des broutilles. La vérité est qu’elle supporte mal ses baisers, ses mains posées sur elle, mais elle se laisse faire, convaincue que c’est la seule chose à faire, que c’est ce que l’on attend d’elle.

(six) Sa première fois est sur le point de passer, un soir de bal, avec Pedro, mais Naomi perd ses moyens, ne supporte pas l’idée de devoir se mettre à nue, de sentir son petit ami en elle. Ses larmes roulent sur ses joues, alors qu’il l’accueille dans ses bras. Difficile pour Pedro de comprendre, si bien qu’il décide de se confier à son ami Mario, lui faisant part de ses incertitudes, du silence de Naomi qui ne répond plus à ses messages. Il en est amoureux, de cette fille, mais elle lui rend la vie compliquée. Il ignore sur quel pied danser.

(sept) Mario se sert de cette information pour se rapprocher de Naomi, pour discuter un peu avec elle. Il lui propose de la raccompagner et avec hésitation, la lycéenne accepte, mais rien ne se passe comme prévu. Alors qu’il prend la mauvaise sortie et s’arrête dans un coin à l’abri des regards, il devient entreprenant, dérangeant. Naomi contacte son frère, mais n’a pas le temps d’entendre sa voix que Mario se montre plus agressif, fait preuve d’une cruauté qu’elle n’a encore jamais connue. Et pourtant, elle connaissait déjà les moqueries des jeunes de son quartier qui riait ouvertement d’elle et de ses vêtements dans lesquels elle se noyait. Mais là, c’est différent. Il laisse des traces de son passage, son odeur, ses mains. Il la souille, la détruit un peu plus à chaque fois que son corps se colle contre le sien et la laisse ensuite là, au pied de l’arbre, avant de partir sans se retourner.

(huit) Descente aux enfers. Naomi ne supportait déjà pas son reflet dans le miroir, là, ça devient un calvaire. Elle commence les scarifications, se coupe les cheveux à la garçonne, découpe ses vêtements. Jairo la voit se détruire, impuissant. Lui se sent coupable de n’avoir rien pu faire, mais d’avoir été témoin de l’horreur vécue au téléphone. Il aurait aimé le tuer de ses propres mains. Il se montre néanmoins présent, annule ses sorties pour être à son chevet, pour l’épauler. Il accepte qu’elle s’endorme à ses côtés, sachant qu’il lui offre une présence rassurante.

(neuf) Mais ça ne suffit pas. Naomi fait une tentative de suicide en se tailladant les veines. Une minute de plus et elle ne faisait plus partie de ce monde. Rapidement prise en charge par des médecins, Naomi est sauvée de justesse, mais rien ne dit qu’elle ne recommencera pas. L’internement est une solution à envisager et son père l’exige, sans laisser le choix à personne.

(dix) L'hospitalisation dure six mois. Le premier mois se fait dans le silence le plus complet. Naomi refuse de parler, d'adresser la parole à qui que ce soit, peine à accepter la présence de ses proches. Lors du deuxième, elle met un terme à son mutisme et commence à s'exprimer. Le troisième est le début d'un travail difficile : celui où elle parle enfin de ses sensations, du malaise qu'elle ressent à être dans son corps. Il faut attendre le dernier mois pour qu'elle puisse enfin poser des mots sur son agression, sans jamais dénoncer le coupable. Après l'hospitalisation forcée, Naomi peut sortir, à condition d'avoir un suivi régulier avec ce thérapeute qui désire s'entretenir avec elle une fois par semaine.

Nino
(un) Un après son hospitalisation, son thérapeute qu’elle voie régulièrement amène doucement le sujet de la transidentité, lui expliquant la définition de ce terme qu’elle ne connait pas. C’est comme ça que l’on définit une personne qui ne s’identifie pas sexuellement avec le sexe physique qu’elle a eu à la naissance. D’abord, Naomi s’interroge, se demande si la dysphorie de genre n’est pas une maladie, puis elle comprend qu’un trouble de l’identité n’est pas si anormal qu’il n’y paraît.

(deux) Pendant deux ans, Naomi devient doucement Nino, un prénom d’un personnage inventé lorsqu’elle était gamine. Un souvenir rappelé par Jairo. Son père trouve ça absurde, le malmène, est convaincu que sa fille est malade et lui fait subir des sévices douloureux, noyant sa tête dans une bassine pour lui faire entendre raison, lui donnant des coups de ceinture pour l’obliger à abandonner une identité qui, selon lui, est absurde. Il le force à porter des robes, quand il ne veut plus être ce qu’il n’est pas, juste pour faire plaisir aux autres, l’enferme dans sa chambre, le laisse des jours entiers sans nourriture, le privant du jour, mais rien n’y fait. Il n’y a plus de Naomi. Elle est partie depuis longtemps, mais Nino en prend conscience seulement maintenant, pleinement, grâce à ses séances, au soutien de Jairo qui aimerait faire bien plus que soigner son dos lorsque celui-ci est en sang.

(trois) Nino s’endurcit, bien qu’il ne soit pas aidé par ses camarades qui ne lui font aucun cadeau. Certains garçons se permettent même de toucher ses seins pour lui rappeler qu’il s’agit d’une femme, d’autres vont jusqu’à voler ses vêtements et prendre des photos qu’ils diffusent sans aucun scrupule. Il subit un harcèlement qui le blesse, mais s’il s’autorise à pleurer dans les bras de son frère, devant eux, il ne leur fait pas ce plaisir, souhaite réellement s’imposer en tant que Nino. Chose qui n’arrivera jamais à Cuba.

(quatre) Alors qu’il atteint la majorité, son frère prend ses dispositions pour quitter le pays. Aidés par le thérapeute de Nino, ils prennent tous les deux la fuite, de manière illégale, de Cuba et arrivent à Bal Harbour, dans le comté de Miami-Dade aux Etats-Unis où ils sont accueillis par un couple d’amis du psychiatre. Après l’obtention de faux-papiers canadien, ils prennent la route vers le Canada, à Montréal, où ils restent tout au long du processus de transition. La gratuité des hôpitaux a motivé leur choix, ainsi que la multiculturalité.

(cinq) De ses dix-huit à vingt ans (2004-2006), il passe par des évaluations psychologiques. Les séances servent à éliminer les psychoses qui pourraient être à l'origine de ce changement, comprendre la dysphorie de genre. Le suivi permet d'aborder le programme de transition, les interrogations de Nino, les options chirurgicales, les risques, ou encore les éventuelles idées suicidaires qui pourraient faire surface.

(six) La deuxième étape est l’hormonothérapie qui consiste à donner des hormones masculines, de la testostérone. Après les trois premiers mois de traitement, les effets apparaissent. Changement de voix, augmentation de la pilosité faciale, corporelle, arrêt des menstruations. Nino subit également une mastectomie, ou l’ablation des seins. Les changements physiques sont vraiment visibles un an et demi après le début du traitement.

(sept) A vingt-deux ans (2008), il subit la deuxième opération chirurgicale. La phalloplastie qui comprend la création du phallus, du gland, du scrotum et la fermeture de la cavité vaginale. La construction de l’urètre qui est effectuée en même temps que la phalloplastie. L'opération dure 8 heures, avec huit semaines de convalescence. Après six mois, c'est au tour de l'insertion de l’implant testiculaire et de l’implant pénien. La durée de l'opération est de 2 heures et deux semaines de convalescence. Enfin, il passe par des chirurgies de correction sur son torse ainsi que ses parties génitales.

(huit) C’est à l’âge de vingt-trois ans (2009) que le processus se termine enfin. Il a tout de même un suivi régulier derrière. Nino vit ça comme une renaissance, un moyen d’être enfin qui il est. Bien qu’il s’assume pleinement, c’est parfois compliqué de s’imposer. Il a d’abord l’impression qu’on l’observe comme si on savait ce qu’il avait été, puis prend peu à peu conscience qu’aux yeux de tous, physiquement, il est Nino.

(neuf) En 2007, il reprend ses études. Il passe d'abord par un stage de 60 heures, obtient au bout de deux ans le diplôme d'études collégiales (DEC) afin de prétendre au poste de sapeur-pompier. Un métier qu'il exerce de 2010 à 2012.

(dix) Les deux frères restent à Montréal jusqu'en 2012 et décident de partir pour voir autre chose. Jusqu'en 2014, ils visitent la Suède, la Norvège, le Danemark, l'Angleterre, l'Ecosse, l'Irlande, les Pays-Bas, la France et s'arrêtent en Italie. Jairo tombe éperdument amoureux d'une belle italienne. Reconnaissant, souhaitant qu'il puisse avoir ses repères et cesser de toujours sacrifier sa vie pour lui, Nino l'encourage à rester et se stabilise également à Naples.

(onze) Nino travaille pendant deux ans au Las Cuevas en tant que barman, pendant lesquels il apprend l'italien. Il reprend son activité professionnelle en 2016.

(douze) Jairo et lui sont plus proches que jamais, mais ils ont tous les deux besoin de prendre leur envol. Nino quitte leur appartement pour laisser la place à la petite amie de son frère en novembre 2014 et s'installe dans un petit studio qu'il délaisse huit mois après pour un appartement qu'il partage avec Tea.

Les plus
(un) Il a de nombreuses cicatrices sur son corps. Une sur son bras gauche, rappelant son opération chirurgicale, d'autres sur son dos, marqué par les coups de ceinture et les dernières sur son bras droit, bien plus fines, mais qui témoignent de ses scarifications du passé.

(deux) C'est un bon vivant, qui aime la viande rouge, le bon vin et c'est également un bon sportif qui pratique la spéléologie, l'escalade, la via ferrata et la plongée sous-marine. A Montréal, il lui est arrivé de s'essayer à l'alpinisme.

(trois) Ayant eu besoin de s'imposer dans la vie, Nino est souvent brutal et agressif dans ses propos. Il a besoin de se sentir respecté, d'être dominant, de ne plus se laisser marcher sur les pieds.

(quatre) Il adore la musique, notamment les morceaux cubains. Son bar préféré est le Las Cuevas, parce qu'il lui rappelle justement ses origines et qu'il diffuse des sons qu'il connait bien.

(cinq) Il se sent concerné par la communauté LGBTQ+, défendrait n'importe quelle personne de celle-ci qui se fait malmener, mais ne se mêle pas aux manifestations, n'ayant pas envie qu'on sache qui il était auparavant.

(six) On ne se confie pas vraiment à lui. Nino est ouvert d'esprit, mais il est si direct, si froid, qu'on a peur de son avis. Il le sait, mais ça lui est bien égal. Il a trop souvent fermé sa gueule pour se taire maintenant.

(sept) Dû aux coups de ceinture, il a une part de violence en lui qu'il refrène. Nino a peur de cet aspect de sa personnalité, essaie de la contrôler, mais lorsqu'il est furieux, il a tendance à s'éloigner des autres pour s'isoler et cogner contre un mur.

(huit) Il a des tatouages. Un sur le cou, pectoraux ainsi que sur la taille. Tous sont du côté gauche. Le premier date d'après ses opérations. Ils symbolisent ses coups durs, mais aussi son acceptation de soi, sa liberté.

(neuf) Lors de son séjour au Canada, Nino a dû apprendre et jongler entre le français - qu'il écrit très mal et parle maladroitement - et anglais, avant de passer à l'italien en posant définitivement ses bagages à Naples. La langue n'est pas toujours évidente ; il y a des termes qu'il ne saisit pas toujours. Il garde néanmoins son accent latino et parle régulièrement espagnol avec Jairo.

(dix) Ses relations sont souvent éphémères. Pas qu'il ne sache pas tenir une femme ; il pense être apte à leur donner suffisamment d'attention et de tendresse pour qu'elles se sentent bien. Mais il n'aime pas que ça, Nino. Si ses histoires sont quasi toutes compliquées, c'est parce qu'il a le besoin d'adrénaline, qu'on le pousse dans ses retranchements, qu'on lui tienne tête. Les objets en pleine figure, les mots blessants. Ca ne l'effraie pas. Il apprécie les longs débats conflictuelles, les discussions houleuses et les provoque. La jalousie de son ex-petite amie a pris de l'ampleur par sa faute. Nino n'a pas su s'arrêter, aimant la voir s'agacer, pester contre celles à qui il parlait d'un peu trop près. A côté de ça, ils partageaient des moments plus apaisants, calmes, mais il suffisait d'un rien pour lancer les hostilités. Et il s'y retrouvait bien. Ce n'est pas le cas de tout le monde. C'est lorsque s'installe une histoire trop parfaite qu'il s'ennuie et si ça perdure dans le temps, Nino s'en va. Les relations qui se passent bien ne sont pas pour lui. L'intensité, la passion, ça lui est nécessaire pour se sentir vivant, même si, paradoxalement, ça le bouffe parfois. Et c'est peut-être ça qu'il cherche ; que ça le prenne aux tripes pour ressentir vraiment les choses, ce dont il a été privé durant toute son adolescence et jusqu'à ses vingt-trois ans, là où il s'est réellement senti en phase avec lui-même.
ton groupe :TIRAMISUton avatar :Miguel Gomez


pseudo, prénom :Ealitya, Sandrine.combien de bougies ?30.d'où viens-tu ?Nantes.comment t'as atterri ici ?Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle 2457096833


Revenir en haut Aller en bas
Nino Carrizo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
Nino Carrizo
http://www.ciao-vecchio.com/t7593-nino-o-le-destin-nous-entraine http://www.ciao-vecchio.com/t7594-nino-o-nos-vies-qui-s-egarent
Faceclaim : Miguel Gomez, ©Art Acide
Messages : 250 - Points : 683
Âge : 33 ans, sur ses 34
Métier : sapeur-pompier.
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Empty
Sujet: Re: Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle ( le Dim 20 Sep 2020 - 1:29 )
Non, rien n'arrive par hasardComme nos vies qui s'égarent
2001, Baracoa, Cuba - La serviette de bain tombe sur ses chevilles, dévoilant son corps entièrement nu. Ses mains hésitantes effleurent son cou, descendent sur sa poitrine. A quinze ans, elle commence doucement à se former, est même plus avantageuse que pour certaines de ses amies qui la jalousent, lui demandant ce qu’elle a bien pu faire pour en avoir des plus gros. Si c’est dû au sport, ou à une alimentation. Des questions auxquelles elle ne sait pas répondre. C’est « normal », c’est son corps qui se développe, mais pour elle, c’est une véritable torture. Déjà petite, elle se sentait mal dans son physique, avait l’impression d’étouffer, d’en être prisonnière et ce ressenti prend à présent de l’ampleur. Naomi se déteste. C’est pourtant une belle fille ; longue chevelure brune lui arrivant jusqu’au milieu du dos, taille moyenne, visage fin. Plus elle grandit, plus elle attire le regard des garçons, mais si elle les trouve à son goût, c’est pour une raison différente de celles de ses copines qui, elles, bavent littéralement sur eux. Lorsque Naomi les observe, c’est pour détailler leur corps, pour les envier. Souvent, elle se dit qu’elle aimerait être à leur place. Pas pour courir après un ballon, ou pour s’habiller comme un vrai mec. Non, c’est plus profond que ça. Le visage éteint, la tristesse se lisant plus que d’habitude dans son regard, elle se dirige vers la commode pour récupérer ses sous-vêtements et les enfiler. Dans son placard, il ne reste plus que des robes, jupes qu’elle ne porte jamais. Dans un soupir, elle sort de sa chambre et s’engouffre dans celle de son frère Jairo. Elle ne se doutait cependant pas qu’il serait dedans ; il a cinq ans de plus qu’elle, est souvent de sortie, la plupart du temps se trouve même avec sa petite amie qu’elle trouve super jolie au passage. « Olà ! » s’exclame-t-il, en relevant ses yeux vers elle, avant de râler en les détournant. « Tu aurais pu t’habiller ! » « Tu crois que ça me plaît que tu me voies comme ça ? Hein ? Pas du tout ! » Dans un soupir, elle s’avance vers l’armoire dans laquelle elle trouve un pantalon large, trop grand pour elle, ainsi qu’un t-shirt. « Mes fringues sont à laver, je t’emprunte ça. » dit-elle, d’un ton effacé. « Tu vas pas aller comme ça au lycée ? » Et pourquoi pas ? Jairo se redresse, délaisse son livre pour lui arracher les habits des mains et affiche un large sourire. Il n’a pas envie que sa frangine soit la risée de tout l’établissement scolaire, alors après avoir roulé des yeux, la saisit par les épaules et l’oblige à reprendre le chemin inverse. Elle traîne des pieds dans le couloir, puis s’appuie contre le mur, tandis que l’aîné fouille dans son armoire pour en retirer une robe à fleurs. « Tu te fous de moi ? » « Parle meilleur et tu seras très bien dedans. T’en mets quasiment jamais alors que t’es super mignonne. » Naomi lui arrache la robe des mains dans le seul but qu’il se taise. « Sors, c’est bon, sors. » Jairo caresse tendrement son visage et, protecteur, embrasse sa tempe. « Je t’attends. Je vais te déposer, dépêche. » La porte refermée, elle s’empresse de vérifier une nouvelle fois dans ses tiroirs, obtenant le même résultat. C’est à contrecœur qu’elle enfile ce tissu bien trop léger à son goût, trop féminin, trop tout. Naomi mord sa lèvre inférieure, retient ses larmes de couler et glisse ses mains sur son visage qu’elle trouve si laid.

Peu à l’aise, Naomi déambule dans les couloirs du lycée. Certains regards se posent sur elle, mais tellement habituée à vouloir se cacher, elle ne les remarque pas, presse le pas vers son casier qu’elle ouvre rapidement. Que s’est-il passé dans sa tête pour qu’elle accepte de porter cette tenue ? Ca flotte, ça met en avant ses jambes et en plus, ça ne va même pas avec les baskets qu’elle a aux pieds. Pourtant, ça attise la curiosité. Un garçon qui ne lui a jamais adressé la parole, mais qui fait partie de l’équipe de basket. Le sport, elle adore ça. Naomi est douée en escalade, mais également en plongée sous-marine. Elle ne se sent pourtant pas libre de les exercer, pas heureuse, si bien qu’elle manque d’assiduité, préférant être simple spectatrice. Pedro s’appuie sur le casier à côté du sien et sans la quitter des yeux, souffle un : « Salut. », suivi d’un sourire auquel elle ne répond pas. « Je t’ai pas vue dans les gradins aujourd’hui. » Et pour cause, elle n’était pas en position de le faire. Qu’il la regarde ; on dirait un sac à patates. Est-ce qu’il attend une réponse, maintenant ? Parce qu’elle ne sait pas quoi lui répondre. Elle aimerait plutôt se fondre dans la masse, mais difficile d’échapper aux  regards des filles qui ne voient pas d’un très bon œil leur proximité, aussi mince soit-elle. « J’ai pas eu le temps. » ment-elle. « T’as pas raté grand-chose. On a foiré le match. » « Ah. » Onomatopée en guise de réponse. Nerveuse, elle récupère ses affaires qu’elle range dans son sac à dos et referme son casier. « Ca te dit qu’on sorte ensemble, un soir ? » Cette proposition tombe comme un cheveu sur la soupe. Naomi se fige d’un coup. Ses pieds sont ancrés dans le sol, son corps est un poids immense et pour couronner le tout, les mots lui manquent. Elle est ridicule. « Hé Pedro ! Tu ne comptes pas rester planter là ? » Réflexion d’une lycéenne qui passe en la scrutant elle, de haut en bas, comme pour dire qu’elle n’est pas assez bien. Et elle est d’accord, Naomi, elle pourrait même s’enfoncer davantage. Se raclant la gorge, elle referme son casier et fait quelques pas dans le couloir pou se dérober, quand il la rattrape bien vite. « On dit ce vendredi, après les cours ? » Ca veut dire, sortir ? Se confronter aux autres, alors qu’elle aimerait juste être seule ? Naomi ne sait pas, hésite. Jairo serait là qu’il se méfierait également, parce que c’est un garçon, parce qu’il a peur que sa sœur souffre, mais il serait également le premier à l’encourager, parce qu’elle est trop souvent recluse, isolée du monde. Alors, elle finit par hocher la tête, se disant que l’aîné pourrait être fier d’elle. Et c’est tout ce qui compte au fond. Pedro affiche un sourire et lui fait un geste de la main, en s’éloignant vers sa bande de potes. D’ores et déjà, elle regrette.

2001, Baracoa, Cuba - Le rendez-vous se passait bien, jusqu’à cet instant précis. Là. Maintenant. Pedro se mord la lèvre inférieure, comme s’il hésitait, ou ressentait de la nervosité, mais pas tant que ça finalement, puisque son visage s’approche dangereusement de celui de Naomi qui le coupe dans sa lancée avec sa question. « C’est la robe, c’est ça ? » Encore une fois, elle a fait des efforts, mais elle n’aurait pas dû. Elle ressemble à une fille, ce qu’elle n’est pas. Ce n’est pas une fille. C’est que de l’apparence et le cubain est tombé dans le panneau, comme tout le monde. La surprise se lit dans les yeux de Pedro qui n’ose plus faire un seul geste. Il déglutit, n’ayant encore jamais eu droit à une telle question. Les filles qu’il fréquente ne sont pas compliquées. Elles sont charmées, ne demandent que ça, mais pas Naomi et c’est probablement ce qui lui plaît le plus. Elle ne le voit pas comme le type le plus sexy du lycée, ni comme le joueur le mieux noté, mais comme quelqu’un qui n’a pas tous ces atouts pour lui plaire. Et ce soir, il souhaitait que ça se passe plus ou moins bien, aussi tenter sa chance. Parce qu’elle est belle, Naomi, même si elle n’en a pas conscience. Néanmoins, il doit bien admettre qu’il ne s’en serait pas approché si elle n’était pas venue et si, dans le couloir, il ne l’avait pas aperçue dans cette robe à fleurs. Peut-être bien parce que toutes les autres viennent vers lui facilement, ou parce qu’elle ne fait pas partie de sa promotion. Ils ont deux ans d’écart uniquement, mais le fait qu’ils ne soient pas dans les mêmes cours n’aident pas à leur donner de nombreuses opportunités de se voir, de se parler. « Disons juste que tu me plais. Cette robe, c’est, ouais, un truc en plus. Elle te rend belle. » Parce qu’elle ne l’est pas en temps normal. Elle ne l’est jamais. Naomi détourne son regard vers un ailleurs, mais incitée par ses doigts qui se posent sous son menton, repose son attention sur lui. « T’es vraiment bien comme fille. » Fille. Ce mot lui retourne l’estomac, mais elle s’efforce de sourire, ne pas montrer le voile qui passe dans ses yeux. Elle est tellement malheureuse d’être considérée comme telle. Pedro saisit sa main et entrelace ses doigts avec les siens, avant de se pencher vers elle, une nouvelle fois. Et dans une deuxième tentative, il atteint son but. Naomi ferme les yeux, le cœur battant. Un garçon l’embrasse. Elle, la fille. Pas ce qu’elle est vraiment.

2001, Baracoa, Cuba - Six mois. Cette relation dure depuis si longtemps. Une éternité. Pedro et elle, ce n’est pas évident. Alors que Naomi essaie d’être normale, de faire avec le corps qu’on lui a donné, elle ne peut pas s’empêcher d’être parfois distante, d’accepter de le voir et finalement de se raviser en trouvant des prétextes qui ne tiennent pas toujours la route. C’est difficile d’être à l’aise, de sourire, d’apprécier ses baisers à leur juste valeur. La vérité, c’est qu’elle est terrifiée à chaque fois qu’il la touche, mais elle laisse faire, se disant que ça passera, que c’est ce qu’on attend d’elle. Seulement, ça ne passe pas et alors qu’elle est assise sur le lit de son petit ami, Naomi appréhende. Ce bal dans lequel il l’a invitée, tout le monde en rêverait, mais elle ne s’est sentie à sa place nulle part. Encore moins maintenant qu’il met de la musique. Elle regretterait presque que ses parents l’aient autorisée à sortir, ou que ceux de Pedro ne soient pas là du week-end. « Tu sais, je suis désolée. » murmure-t-elle, liant ses doigts aux siens. Désolée d’avoir eu un moment d’angoisse, d’avoir fait une scène dans la salle. « Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise, c’est juste… Il descendait vraiment ses mains sur moi. » Sa bouche se presse contre la sienne, l’invitant à se taire, mais elle pose sa main sur son torse, ayant besoin de terminer son monologue. « C’est comme s’il se permettait d’entrer dans ma bulle. » Comme Pedro le fait maintenant, mais il peut. C’est son petit ami. Il n’a nullement besoin d’autorisation. « Tu me crois au moins ? » C’est son pote, l’un de ceux qu’il côtoie le plus, alors les doutes s’installent. Pedro saisit quelques mèches de cheveux et les place derrière son oreille. « Ouais. Il aurait pas dû. » Le soulagement est de courte durée. Pedro revient doucement à la charge, capture ses lèvres, mais cette fois-ci, Naomi ne dit rien. Des baisers comme les siens devraient lui faire du bien au moral ; ils sont tendres, doux… Pourtant, elle ne ressent rien, si ce n’est du dégoût pour elle-même. Mais elle a envie d’y croire, elle a envie d’être sienne. Alors de sa propre initiative, elle retire sa veste et se place sur ses genoux, à califourchon. Pedro embrasse son cou, le haut de sa poitrine et en lui jetant un regard, saisit la fermeture de sa robe qu’il glisse lentement. Naomi se lève, se recule d’un pas et laisse le vêtement tomber à ses cheville. Il aime ce qu’il voit et elle, elle est incapable de savoir si ce qu’il voit lui plait.

Il l’intime de le rejoindre, la main tendue vers la sienne. Naomi s’en saisit et de retour sur ses cuisses, incline la tête sur le côté pour lui laisser l’accès libre à son cou. Ses mains frôlent son corps, défont habilement son soutien-gorge, caressent ses seins. Les larmes roulent sur ses joues, tandis qu’il continue ses baisers, se transforment en vrai torrent, ce qui l’arrête aussitôt. « Merde. » dit-il, en prenant son visage en coupe. « Putain Naomi. » Il recouvre ses épaules de sa veste et la tient fermement contre lui. Naomi pose sa tête contre lui, sans arriver à calmer ses sanglots. Elle ne veut pas de ça. Cette vie qu’elle mène n’est pas la sienne.

2001, Baracoa, Cuba - Ses longs cheveux tombent sur ses épaules, ses vêtements lui donnent l’impression d’être en sécurité, de se fondre de nouveau dans la masse, mais c’est faux. Les cours viennent de se terminer et autrefois, si elle pouvait sortir de l’établissement sans que l’on fasse attention à elle, c’est différent maintenant qu’elle est en couple avec un garçon réputé. Avant Pedro, avant ses baisers, tout était plus simple. Naomi arrivait plus ou moins à gérer la situation, mais depuis cette soirée qui s’est finie en larmes, son quotidien est devenu infernal. Son petit ami a bien essayé de la contacter, lui envoyer des messages, mais ces derniers sont demeurés sans réponse. Il lui est impossible de converser, même sur des banalités. La cubaine a honte. Et en même temps, elle n’en peut plus de mentir, de feindre des moments heureux, alors que tout son être ne demande qu’à hurler, qu’à sortir de ce véhicule dans lequel il est enfermé. Est-ce que l’on peut naître dans le mauvais corps ? Est-ce possible qu’il y ait eu une erreur lors de l’accouchement ? Un incident qui lui aurait donné les mauvais organes ? Ou alors, peut-être n’est-elle tout simplement pas normale ? Silencieuse, elle ferme les yeux, en pleurerait de nouveau, si elle n’était pas tant habituée à ce sentiment auquel elle est confrontée chaque jour depuis le début de son existence.

La sonnerie retentit, la sort de son coma éveillé. Naomi se redresse, range ses affaires et alors que tout le monde sort de la pièce, son professeur l’interpelle. « Tout va bien Naomi ? » En temps normal, elle aurait simplement acquiescé, puis serait partie, seulement, c’est une bonne opportunité pour laisser les lycéens sortir avant elle et peut-être aussi une occasion de se confier. C’est plus facile de l’imaginer, que de se lancer. « Tu n’es pas dans ton état normal, ces derniers jours. » s’inquiète-t-il, alors qu’elle baisse les yeux. Naomi aimerait lui dire qu’elle n’a jamais été dans son état normal, mais se retient. Ses doigts se crispent sur la lanière, contre son épaule, ses yeux se posent sur la porte. « Vous croyez que c’est possible de ne pas être à l’aise avec soi ? » Elle lâche un soupir, consciente que sa question n’est pas claire, que ça veut tout et rien dire. Son professeur s’appuie sur le rebord de son bureau, incline la tête en essayant de comprendre ce qui se trame dans celle de son élève. « Ca arrive à tout le monde, oui, tous les jours. » Mais pas de la même manière qu’elle. « Naomi, s’il y a un problème, j’aimerais que tu m’en parles. Si tu es dans le besoin, je suis là pour t’aider. » « Mais on ne peut pas m’aider. » murmure-t-elle, en franchissant la porte. C’est vrai, on ne peut rien faire pour elle.

Ses pas se font plus lourds, alors qu’elle dévale les escaliers menant au hall. Elle erre dans les couloirs à présent vide. Ou à moitié. Un groupe sort de l’ombre ; des sportifs et plus précisément, des amis de Pedro. Son cœur se serre, alors qu’elle accélère le pas, priant pour ne pas croiser celui qui attend après elle. « Hé Naomi ! » s’exclame l’un, en se hâtant vers elle. « T’sais que Pedro te cherche partout ? Il est blessé par ton silence. » Ton taquin, railleur. Il s’en fiche royalement. Sans doute cherche-t-il simplement à se moquer. Alors qu’il la saisit par les épaules, il fait signe à ses potes de s’éloigner, ce qu’ils font en ricanant. « Il m’a raconté. » Naomi s’arrête d’un coup, se remémorant cette dure soirée. « Il t’a raconté quoi ? » lance-t-elle, les yeux plantés dans les siens. Son visage est ferme, le sien est léger, amusé. « Que t’as pas voulu de lui. » Il la dévisage avec un petit sourire qui se veut compatissant. « C’est pas à cause de lui. » Elle n’a pas à se justifier auprès de lui, pourtant, elle le fait. Si Pedro en a parlé à Mario, c’est qu’il avait confiance en lui, mais elle n’aime pas l’idée qu’il soit au courant de tout. Naomi reprend sa marche, suivie du lycéen qui lui désigne sa voiture. « Tu montes, je te raccompagne. » « Non, ça va, je vais marcher. » « Allez, monte, ça ira plus vite. En plus, le bus est passé. » Ca lui est bien égal au fond, mais voyant qu’il ne compte pas la lâcher, elle accepte et s’engouffre dans la voiture. « Ca avait l’air de pourtant bien prendre entre vous. » C’est le cas. Du moins, en apparence, mais dans sa tête, c’est autre chose. Pedro, elle l’aime beaucoup, pas comme elle le devrait. C’est un ami pour elle. Un ami de qui elle pourrait être très proche, s’il n’attendait pas autre chose de sa personne.

Le trajet semble long. Trop à son goût, d’autant qu’il ne se gêne pas pour la reluquer. Elle tire sur ses vêtements, comme si ça pouvait la cacher encore plus, soudainement bien gênée. « Ca te va pas, ça, tu sais ? » Qu’est-ce qui lui va, franchement ? « Je te préférais avec autre chose. » Ce qu’elle a porté à trois reprises seulement. Pour lui plaire un peu, à Pedro, même si ce dernier semblait se contenter de ses larges vêtements, sans comprendre pourquoi elle se cachait autant. « Tu sais, tes petites robes. » Nerveuse, elle tourne la tête vers la vitre, appuie sa tête contre celle-ci, avant de se redresser en se rendant compte qu’il s’est trompé de sortie. « Mario, c’est pas le bon chemin. » Il reste silencieux, ne pipe pas un mot, même quand elle pose son attention sur lui et qu’elle l’interpelle de nouveau. « Arrête-toi s’il te plaît. » Ce revirement de situation, elle en a horreur. Elle sort son téléphone portable, rédige un message à l’adresse de Jairo pour lui expliquer qu’un camarade la raccompagne, mais qu’il s’est éloigné de la route. A peine a-t-elle le temps de l’envoyer que Mario ralentit, se gare dans un coin qui lui est inconnu et pose sa main sur sa cuisse. Main qu’elle repousse aussitôt. Naomi retire sa ceinture de sécurité et s’apprête à sortir lorsqu’il la retient. « Tu l’allumes avec tes petites robes et tu veux plus de lui après. Tu cherchais quoi, hein ? » Elle n’en sait rien, ce qu’elle cherchait. Elle souhaitait se sentir femme, quelque chose dans ce goût-là. « Arrête, c’est bon. » rétorque-t-elle, en sortant du véhicule, le cœur lourd. Le pas pressé, la lycéenne se dirige vers le petit chemin précédemment emprunté, seulement, il la rattrape bien vite et l’empoigne douloureusement. « Fais pas ta sainte-nitouche. » « Lâche-moi ! » s’emporte-t-elle, en essayant de se dégager de son emprise. « T’en avais envie, hein. » Sentant sa colère monter, la peur s’immiscer en elle, une gifle part. Ses doigts s’écrasent sur sa joue, le déstabilisent quelques secondes, assez pour qu’elle prenne son téléphone portable et puisse appeler Jairo. Pas assez pour qu’elle l’entende décrocher. Mario la ramène contre lui, la plaque contre un arbre, la faisant lâcher prise sur son portable. « T’es carrément bandante. » dit-il, son corps contre le sien, l’empêchant de partir, peu importe ses supplices, ses cris.

2001, Baracoa, Cuba - L’eau coule sur son corps meurtri par les souvenirs d’une fin de journée qui l’a détruite à jamais. Ses bras tombent le long de sa silhouette, ses mains sont immobiles. Naomi n’ose pas effleurer la moindre parcelle de sa peau, de peur que les flashs lui reviennent encore plus brutalement. Ca fait deux semaines déjà et cette sensation d’être ankylosée ne disparaît pas. En sortant de la douche, elle saisit une serviette qu’elle met sur ses épaules et fait face à son reflet dans le miroir. Une image qu’elle déteste par-dessus tout. Elle fouille dans le placard à pharmacie, récupère une paire de ciseaux et coupe ses cheveux qui tombent le long de son dos, jusqu’à ce qu’elle ait une coupe à la garçonne. Bien court, rien d’attirant, mettant en avant tout ce qu’elle a désiré être et mettant fin à une petite part de féminité en elle. Elle ne se sent pourtant pas mieux. Après avoir enfilé des vêtements que son frère lui a prêté, elle retourne dans sa chambre et ouvre un à un les tiroirs. Elle coupe chaque jupe, robe qu’elle peut trouver, et même les hauts mettant un peu trop en avant sa poitrine. Les soutiens-gorge prennent le même chemin. « Nao. » « Nan, laisse-moi ! » s’emporte-t-elle, alors que Jairo s’approche vivement d’elle pour la prendre par les épaules. « Arrête. Arrête, je t’en prie ! » Elle se débat et lui la prend de force dans ses bras. Naomi lâche les ciseaux, puis donne des coups de poing sur le torse de l’aîné, jusqu’à s’épuiser et se laisser aller par les sanglots. « Qu’est-ce qui se passe par ici ?! » Son père vient de faire irruption dans la pièce et voyant le bazar, les vêtements mis en vrac, resserre sa mâchoire. « Nom de Dieu, tu sais combien ça coûte ces choses-là ? » Il ne tient pas compte de sa fille qui ne s’arrête plus de pleurer, préfère ramasser les dégâts. « Je ne sais pas ce qui se passe ici, mais à mon retour, je ne veux plus voir ce massacre. » Il souffle, puis quitte les lieux, en criant à présent après leur mère qui s’empresse de venir. Et elle, ce qu’elle remarque en premier, c’est ses deux enfants, ensemble. Elle sait plus ou moins la raison pour laquelle Naomi souffre ; Jairo s’est confié à elle le jour où on a volé quelque chose de précieux à sa sœur. Il était là, au téléphone, à se tirer les cheveux et a fait le tour de la ville, avant d’apercevoir sa frangine au bord d’une route, marchant avec ses vêtements souillés, à quelques endroits déchirés, des marques sur le cou, et le regard dans le vide. Un sujet tabou, que personne n’ose aborder, sauf lui. Lui avec elle. Mais leur mère ne peut pas rester là sans rien faire, alors elle s’approche à son tour et les prend tous les deux dans ses bras, caresse avec tendresse les cheveux coupés de sa fille, les larmes roulant sur ses joues. Parce qu’elle n’a pas su protéger son enfant.

••••••••••

Les doigts de Jairo se perdent dans la chevelure de sa sœur, tandis que cette dernière est allongée sur son lit. Il est deux heures du matin, elle n’arrivait pas à dormir, alors elle s’est engouffrée dans la pièce, sachant très bien qu’il ne la rejetterait pas. Il ne la repousse jamais, Jairo, contrairement à leur père qui ne comprend pas toujours son comportement et qui affiche un air excédé dès qu’elle agit de façon étrange. Son frère est ouvert, bien plus que tous les gens qu’elle connait. Il n’est pas silencieux en sa présence, comme l’est leur mère qui ne va jamais à l’encontre des paroles du Chef de famille, qu’importe qu’elle soit en accord ou pas avec ce qu’il dit. « Tu ne veux pas me dire qui c’était ? » murmure-t-il, sans cesser de caresser ses cheveux. Naomi ferme les yeux, se raccroche à la tendresse de Jairo, bien qu’elle sente son corps se tendre suite à sa question. Il aimerait pouvoir lui faire payer son crime, mais comment ? Elle refuse de parler, ne revient pas sur les événements dont il a été témoin. « J’aurais voulu être un garçon. » D’un coup, elle se redresse pour lui faire face. « Je me suis toujours sentie comme étant un garçon, emprisonné dans le mauvais corps. » L’annonce tombe si brutalement qu’il n’a pas le temps de s’y préparer. Jairo a la bouche entrouverte, ignore comment réagir. A dire vrai, il pense même que c’est dû à ce qu’elle a vécu. Un traumatisme. Et là encore, il ne sait pas quelle réaction avoir. Alors, il reste muet, se contente d’effleurer sa joue de ses doigts. « Tu crois que c’est possible ? » « De quoi ? » Naomi prend une profonde inspiration et reprend : « De naître dans le mauvais corps. » Ce n’est pas une question à laquelle il peut répondre. Il ne sait pas, Jairo. Il a toujours été très à l’aise avec le sien. « Tu crois pas que c’est à cause de tout ça, que tu ressens ce trouble ? » Elle serre les dents, puis s’allonge de nouveau, tête sur lui. « Peut-être. » ment-elle, préférant ne pas s’attarder. Il n’y a rien à faire de toute façon. Les dés sont jetés depuis longtemps.

2001, Baracoa, Cuba - Ce n’est pas comme si on pouvait l’aider. Personne ne peut rien faire. En la salissant, Mario n’a fait que la conforter dans cette pensée. Un jour, elle l’aurait fait de toute manière. Elle aurait glissé la pointe des ciseaux sur ses bras, provoquant des entailles, jusqu’à ce que le sang coule le long de sa peau, se répande. Elle se serait laissée partir, ne voyant aucune autre issue à ses problèmes. Là, c’est juste prendre de l’avance sur ses futurs projets. Elle n’en peut plus, Naomi. Ses larmes se mélangent au liquide rouge, ses doigts continuent de diriger l’outil pour mieux creuser, jusqu’à ralentir le mouvement, causé par l’épuisement. Sa tête tourne, cogne contre le carrelage froid de la salle de bain. Elle n’entend presque rien, seulement un bourdonnement qui ressemble à la voix de sa mère qui appelle à l’aide.

2001, Baracoa, Cuba - « Tu sais pourquoi tu es là ? » Naomi ne répond rien, observe un pan du mur, mais oui, elle sait. La raison de son internement, c’est qu’elle a essayé de se suicider, qu’elle pourrait bien recommencer si jamais elle retrouvait sa liberté et les professionnels, comme la famille, souhaitent éviter ça. Alors plusieurs fois par jour, un psychiatre lui rend visite, pour tenter de discuter avec elle, mais n’obtient jamais de réponse, se heurte au silence. L’agression de Mario a été la goutte d’eau, un événement relativement traumatisant, l’ayant poussée à prendre une décision plus rapidement. « Naomi. » murmure de Jairo qui saisit sa main. S’il est là, c’est parce qu’elle est plus loquace en sa présence, aussi parce qu’il sait des choses qu’elle lui a confié, à elle, et personne d’autre. « Tu peux lui parler. Il est là pour t’écouter, pour t’aider. » Mais elle ne parle pas, se renferme comme une huître. Naomi se lève, s’assoit sur le sol, près de la fenêtre, loin d’eux, et se recroqueville sur elle-même. Ses jambes contre sa poitrine, sa tête appuyée contre le mur. Elle ne veut pas parler, c’est trop tôt. Ce sera toujours trop tôt.

Et pourtant, ces deux hommes présents dans la pièce… Naomi l’ignore encore, mais ce seront eux la clé de sa survie.

2002, Baracoa, Cuba - « Comment te sens-tu aujourd’hui ? » Naomi se lève de son siège et s’installe sur le bord de la fenêtre. Le soleil tape fort à l’extérieur. Le temps appelle à se baigner, à profiter pleinement d’activités nautiques. La plongée pour elle. Pourtant, elle n’a pas le cœur à ça. Les marques sur ses bras témoignent de son mal-être important et bien qu’elle les cache avec de longues manches, elle, elle les sent. Un an s’est écoulé depuis sa sortie d’hôpital. Un an à suivre ce thérapeute qui a exigé un rendez-vous hebdomadaire, en lui proposant de venir le voir plus souvent si elle le souhaitait et c’est ce que Naomi fait. C’est devenu un besoin. Son psychiatre l’écoute avec attention, ne semble pas la juger. Il lui donne des conseils, montre de la compassion face à ce qu’elle subit quotidiennement dans son quartier. Les rumeurs sur son compte l’oppressent, les critiques l’angoissent, si bien qu’elle trouve refuge dans son cabinet les jours où tout va encore moins que d’habitude. Et aujourd’hui, c’en est un. Un jour sans. « J’ai été bousculé. » dit-elle, le regard dans le vague. Lors de son retour au lycée, les rumeurs sur son compte ont afflué et si Pedro, l’un des seuls à la soutenir encore, l’a rassurée en lui soufflant que ça finirait par se tasser, ça n’a jamais été le cas. Mario n’a de cesse de l’enfoncer. Probablement parce qu’il craint qu’elle répète tout, mais elle ne dira rien. Au-delà de l’envie de se préserver, de ne pas souhaiter remuer des événements qu’elle préférerait oublier, Naomi ne désire pas se positionner en tant que victime. Une fille qui n’a pas su se défendre face à la brutalité d’un garçon. « Toujours ces rumeurs ? » Silencieuse, elle se tourne vers lui, hésite un instant, puis retire sa capuche, ainsi que son bonnet. Il n’y a plus de cheveux. Elle s’est rasée la tête, pour ne plus ressembler à cette gamine qu’elle déteste. Elle a également bandé sa poitrine pour ne plus la mettre en avant. La cacher au monde, mais aussi à elle-même. Naomi le jauge, observe son visage, à la recherche d’une réaction négative, mais il se contente de la regarder et affiche même un sourire. « Comment te sens-tu comme ça ? » « Mieux. » « Mieux ? » demande-t-il, pour confirmation. Elle acquiesce d’un signe de tête. « On m’a dit aujourd’hui que je ressemblais à un garçon, que j’étais laide. » « Et comment l’as-tu pris ? » Elle se mord la lèvre inférieure et bien qu’elle soit constamment éteinte, pour la première fois depuis longtemps, une nouvelle lueur voit le jour dans ses yeux. « Etonnamment bien. C’était méchant, mais c’était presque un compliment. » Parce qu’elle a toujours eu horreur de paraître comme une belle adolescente. Là, si ses camarades se retournent sur elle, c’est avec un certain dégoût, pour critiquer ouvertement ce look qui, d’après eux, ne lui va pas. « Mon père m’a mis la raclée de ma vie, mais ça en valait la peine. » Lui a aussi mal réagi que ceux qu’elle connait que de vue. Elle se souvient encore de sa main sur sa joue, de ses cris, ses remontrances, mais contrairement à ce qu’il pense, elle n’est pas stupide. « Il m’a dit ne pas me reconnaître, que je ne ressemblais plus à sa fille et… C’est étrange, mais, ça m’a fait du bien de l’entendre dire ça. » Elle ne veut pas être Naomi. Elle n’a jamais voulu l’être. On lui a imposé un corps dans lequel son âme est prisonnière, un corps qui n’est pas un « lui », mais un « elle ». « J’aurais juste aimé qu’il comprenne à quel point je ne me sens pas bien. J’aurais voulu qu’il me soutienne, qu’il essaie de savoir ce qui se passe. » Au lieu de quoi, il se met des œillères, lui reproche ses agissements.

Une minute passe sans qu’elle ne dise plus un mot. Le psychiatre attend patiemment qu’elle reprenne, mais comme souvent, Naomi entre dans sa bulle, jusqu’à en sortir, aidée par une question de son thérapeute qui l’interpelle. « Sais-tu ce qu’est la transidentité ? » Il a longuement hésité avant d’en discuter avec sa patiente, préférait être certain de son diagnostic et celui-ci est sans appel. Naomi ne s’est jamais senti femme, vit un trouble de l’identité de genre et en souffre péniblement. « C’est quoi ? » Il pose son crayon sur son bureau, tandis qu’elle se lève pour s’asseoir à sa place initiale. « C’est le terme que l’on emploie pour définir une personne qui ne s’identifie pas sexuellement avec le sexe physique qu’elle a eu à la naissance. » Son cœur rate un battement, son cerveau examine ce qu’il vient de lui apprendre. « C’est une maladie ? » questionne-t-elle, pendue à ses lèvres. « Non. La dysphorie de genre n’est pas une maladie. Certaines personnes, comme toi, font face à un sentiment d’inadéquation entre le sexe qu’on leur a assigné à la naissance et leur véritable identité. Celle à laquelle elles s’identifient vraiment. » Ca lui parle, même si elle ne sait pas exactement si elle doit se sentir soulagée ou non. Pour autant, c’est la première fois qu’on pose des mots sur ce qui se passe réellement dans sa tête. Son problème est pris au sérieux par quelqu’un. « Et qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là ? On fait avec ? » Ses doigts se crispent sur son pantalon. D’un coup, Naomi voit cet homme comme étant un possible sauveur. Il n’a pas la science infuse, mais il peut avoir les réponses aux questions qui se bousculent dans sa tête. « Il existe un processus de changement de genre. Ca implique la réattribution sexuelle, l’hormonosubstitution. » Le temps semble s’être arrêté, alors que les larmes commencent à lui monter aux yeux, bien qu’elle ne comprenne pas tous les mots qu’il utilise, mais quelque chose comme l’espoir se lit aisément dans ses prunelles. « C’est très long. J’ai rassemblé de la documentation pour que tu puisses être plus informée. » Il glisse un dossier sur le bureau qu’elle effleure du bout des doigts, comme si elle craignait de le détruire rien qu’en le touchant, puis elle le prend dans ses mains, comme l’objet le plus précieux au monde. « Ce que je te propose, c’est que l’on se revoie la semaine prochaine. Ca te laisse le temps de prendre connaissance de tout ça et nous en rediscuterons ensuite. Es-tu d’accord ? » D’un signe de tête, Naomi acquiesce, mais ne bouge toujours pas, déstabilisée. Son psychiatre pose alors sa main sur la sienne et dans un sourire qui se veut réconfortant, murmure : « Tout va bien se passer. » C’est fou que ce soit une personne qu’elle ne connaisse pas qui lui trouve des solutions, qui s’intéresse à sa situation, au malheur qui s’abat sur ses épaules. Mais il est là.

2002, Baracoa, Cuba - « Tu es vraiment certaine de vouloir faire ça ? » Jairo a la bouche entrouverte, semble dépassé par la situation. Naomi acquiesce. Elle veut être une Rebecca Allison au masculin, mais craint de terminer comme Brandon Teena. En même temps, on l’a suffisamment salie et elle est bien trop mal dans sa peau pour ne pas songer à cette éventualité qu’elle considère comme une chance. Avec ce processus qui pourrait s’offrir à elle, la lycéenne pourrait renaître et elle n’attend que ça. Ce sera long. Avant de pouvoir prétendre à l’hormonothérapie, ou la chirurgie, il y a deux ans de psychanalyse. C’est obligatoire. Depuis qu’elle a pris conscience que ça existait, Naomi n’a plus qu’une obsession, même si elle n’en a parlé à personne d’autre que son frère et son psychiatre qui va démarrer avec elle les séances, le plus discrètement possible. « Oui. » dit-elle, en fermant les yeux. L’aîné caresse son crâne, habitude restée inchangée, qu’importe que sa sœur n’ait plus de cheveux. « Tu… Tu as pensé à un prénom ? » Il ne comprend pas très bien ce qui se passe dans sa tête, mais ne peut que l’accompagner. Sa sœur, ou son frère, il ne sait plus très bien, Jairo l’aime plus que tout. Il souhaite la préserver. Naomi secoue la tête, tandis qu’il réfléchit. Il appuie sa tête contre le mur. « Tu penses quoi de Nino ? » Nino. Une identité inventée par Naomi lorsqu’ils jouaient à des jeux de rôle. Elle ne tenait pas à être Naomi la super-héroïne, elle souhaitait être Nino l’astronaute, ou Nino l’athlète plus rapide que l’éclair, capable de sauver l’humanité, sauvant son frère des griffes des plus horribles créatures. Nino.


Elle, TeaI hate you, I love you
Novembre 2014, Naples, Italie - « Moi je suis pour. » dit-elle, doucement, en parlant de la peine de mort. C’est l’une des rares à avoir cet avis, mais la première à oser le dire. Elle est pour tuer une personne. Tous les regards se tournent vers Nino qui s’arrête de boire. De tous ceux présents ici, c’est celui qui l’ouvre le plus quand ça concerne des sujets délicats. Silencieuse, elle sirote la fin de son cocktail et se lève. « Je vais chercher à boire. Quelqu’un veut quelque chose ? » Avec le sourire, certains répondent à l’appel de la boisson, quand Nino se remet tout juste de l’absurdité qui vient de sortir de sa bouche. Tea s’éloigne, tandis qu’il secoue la tête. « Il faut de tout pour faire un monde. » On ne peut pas être d’accord sur tout, d’accord, mais qui est-il pour laisser passer une telle chose sans rien dire ? Cette remarque le fait sortir de ses gonds et aussitôt, Nino part la rejoindre. « Hé. T’es sérieuse là ? » Avant même qu’elle ait atteint le bar, Nino saisit son bras et l’oblige à se retourner. « Tu peux pas t’en empêcher, hein, t’es toujours obligé de chercher la merde. Mais oui ! Oui, j’suis sérieuse. Je suis pour ! » s’exclame-t-elle, en anglais, pour qu’il comprenne bien ce qu’elle souhaite dire. Il a encore des lacunes et même si ça fait six mois qu’il apprend, il y a plein de mots qui lui échappent. « T’es pour tuer un homme, alors que si ça se trouve, il peut être innocent ? Mais t’entends ta connerie là ? » « Et si ça se trouve, il n’est pas innocent. » répond-elle, fermement, les yeux dans les siens, alors qu’elle se dégage de son emprise avec véhémence. « Tu sais ce que ça fait aux victimes de devoir vivre en sachant que le type qui leur a fait mal peut sortir ? Ou les familles qui ont perdu un être cher, de la plus horrible des manières, alors que l’agresseur est sous les barreaux, nourri, logé. Alors oui, je suis pour Nino. Je suis pour la peine de mort. » Arguments qui ne trouvent aucune réplique ; elle en a des bons. Pourtant, les siens ne sont pas mal non plus et s’inspirent d’histoires tout aussi réelles. Des hommes que l’on a condamnés, alors qu’ils n’étaient pas coupables. « Et ce n’est pas en me donnant un faible pourcentage d’innocents morts que tu réussiras à me faire changer d’avis. » conclut-elle, en tournant les talons. Nino souffle. Nino est agacé. Peut-être aussi parce qu’il n’a pas obtenu le dernier mot.

1er janvier 2016 - C’est en chiens de faïence qu’ils s’observent l’un et l’autre. Le cœur de Tea bat si fort qu’il pourrait sortir de sa poitrine et celui de Nino n’y est pas très loin non plus. Ils viennent de se disputer, encore une fois et pour éviter d’en faire profiter leurs amis, ils ont été continué leur discussion à l’extérieur de la maison louée pour le nouvel an. Ils étaient supposés tous en profiter, s’amuser, mais ils avaient également tous conscience qu’en laissant Nino et Tea dans la même pièce, ils se risquaient à faire entrer une tornade. Et elle est là. « Tu ne peux vraiment pas supporter que quelqu’un ne soit pas d’accord avec toi et tes idées. » « Pas quand elles sont si… arriérées ! » « Tu me traites d’arriérée ? » Le latino acquiesce d’un signe de tête. C’est ce qu’elle est pour lui, oui. Comment, en 2015, peut-on encore dire des absurdités concernant l’homosexualité ? Qu’elle soit née sur le sol italien n’est pas une excuse. Ce pays est conservateur, mais à un moment, il faut évoluer, laisser une place à tout le monde, accepter, tolérer. Le fait qu’il soit transexuel ne l’aide pas à prendre du recul face à la situation, mais ça, elle l’ignore. « Ils sont comme toi, comme moi. Leur préférence n’est peut-être pas la tienne, mais un jour peut-être, faudra que t’apprennes à faire preuve de tolérance. » « De tolérance ? » Elle rit. « En soi, j’ai rien contre eux, bien que voir deux hommes s’embrasser me met mal à l’aise, mais ce qui me choque le plus, c’est de les voir élever un enfant, alors qu’il n’a rien demandé. C’est pas normal. Il a besoin d’une mère et d’un père. » Nino lâche un grognement, alors qu’il pose ses mains sur sa tête. Il fait quelques pas et hurle : « Mais putain, tu t’entends ? Deux hommes ensemble peuvent tout à fait élever un gamin. Il y a des couples hétérosexuels, aujourd’hui, qui maltraitent leur gosse ! » Elle hausse les épaules, consciente que c’est vrai, mais pour autant, elle ne souhaite pas revenir sur ses idées. Lui, il pourrait en parler. Il n’a pas eu tout l’amour qu’il aurait dû recevoir de la part de son père qui l’a maltraité à une période de sa vie. « Tu vas me dire que c’est toujours mieux qu’un couple gay ? Pauvre fille. » crache-t-il, tandis qu’elle s’approche d’elle, les poings serrés. « Je dis que c’est toujours mieux, oui. Pauvre type. » lâche-t-elle, avec rage, les yeux plantés dans les siens. Elle ne veut pas les baisser pour lui donner le dernier mot. Tea souhaite lui montrer qu’elle est capable de lui tenir tête, bien que ses membres entiers tremblent, sur les nerfs, tout comme Nino. Quinze longues secondes passent avant que soudainement, il pose sa main sur sa nuque pour la rapprocher de lui. Ses lèvres se pressent contre les siennes et bien qu’elle en soit surprise, Tea enroule ses bras autour de son cou pour prolonger le baiser. C’est fou, c’est du n’importe quoi. Mais c’est bon, oui.

Octobre 2018 - « Ce n’est que pour deux jours. » dit-elle, en soupirant. Un énième déplacement, encore un. Depuis qu’elle travaille chez Clarizio, Tea enchaîne les séjours professionnels, ailleurs qu’à Naples. Ce n’est pas une partie de plaisir, mais il n’aime pas qu’elle soit seule avec son patron, qu’elle puisse partager un repas en sa compagnie, ou ne serait-ce que lui adresser la parole. Ca l’énerve et il n’hésite pas à le dire. Le latino se lève, fait les cent pas et la mâchoire serrée, le regard détourné vers un pan du mur de leur salon, il répond : « Que deux jours. Tu te fous de ma gueule en plus ? » Mécontente, elle se lève du canapé, les mains sur les hanches. « Tu crois que ça me fait plaisir ? Pendant ce temps, tu vas avoir l’occasion de t’amuser avec tes petites pétasses. » Il ne l’a jamais trompé, jamais. Nino répond lorsqu’on s’adresse à lui et il arrive également qu’il danse avec une demoiselle, souvent trop proche d’elle, ayant pour objectif de provoquer sa petite amie. Et ça marche toujours. Pourquoi donc agirait-il autrement ? Seulement, pour Tea, c’est différent. Avec les nombreuses disputes qui s’installent dans leur couple et qui les pourrissent au quotidien, elle a l’impression qu’il ne l’aime pas, qu’il la déteste même, sans savoir pour quelle raison il reste. Probablement parce qu'elle s'y retrouve également, qu'elle aime savoir qu'elle peut lui crier dessus sans qu'il prenne la tangente, mais ses doutes lui rendent l'expérience pénible. Elle ne s’imagine pas qu’il prend son pied dans cette histoire destructrice, que c’est justement parce que tout n’est pas rose, qu’il aime tant leur relation à laquelle il s’accroche sans aucun mal. C’est simple : ils ont beau s’envoyer des horreurs dans la figure, ils n’arrivent pas à se séparer. Ils s'aiment, intensément, fort, mal. Chose incompréhensible pour leur entourage commun qui les voit se déchirer constamment. Quand on demande à Tea ce qu’elle fait avec Nino, elle arrive à trouver des avantages ; Nino, il est sanguin, comme elle, mais il est tendre lorsqu’elle est vraiment dans le besoin et surtout, il est réceptif à la rage qui la consume de l’intérieur et qu’elle laisse exploser à ses côtés. Elle en a besoin. Lui crier dessus, le gifler quand il va trop loin, ou quand il a fait quelque chose qui la met en colère, ça lui est nécessaire. Il ne se laisse jamais faire, empoigne souvent son bras pour qu’elle cesse ou la provoque de nouveau, mais depuis le temps, elle sait comment y faire face. Du moins, elle a le tempérament d’une nana qui sait répondre, mais ses membres tremblent, l’épuisent bien souvent. « Et pendant le tien, tu vas pouvoir flirter avec ton boss. C’est pour quand votre coucherie, que j’sois au courant quand un autre mec te baisera ? » Son sang ne fait qu’un tour et sans réfléchir, elle presse le pas vers lui pour lui donner une gifle qu’il mérite, qu’il accueille en tournant la tête tant son geste est violent. « J’ai raison, hm. T’attends que ça. C’pour ça que t’acceptes tous ces déplacements. Pour qu’il te saute, pour que tu puisses avoir ta putain de promotion. » C’est trop. Elle le pousse, le cœur lourd, geste qui n’a aucun impact sur lui. « Au moins, lui, quand il me sautera, j’suis sûre qu’il ira jusqu’au bout ! » Sujet de discorde ; Nino ne va jamais jusqu’à l’orgasme et ça la vexe. Elle est convaincue que le problème vient d’elle, qu’elle ne fait pas ce qu’il faut pour le satisfaire et à chaque fois qu’elle essaie d’en discuter avec lui, il s’agace et change de conversation. « J’vais peut-être faire ça, ouais, au moins quelqu’un satisfera mes envies. » dit-elle, en frappant sur son torse. « Et peut-être que j’entendrai son souffle m’appeler. » De colère, Nino empoigne ses épaules avec force. Une férocité qu’il ne se connait pas jusque-là. Elle fait ce qu’il sait faire de mieux : provoquer. « Vas-y à ton putain de déplacement. T’attends que ça ! Faut bien mettre à l’honneur ce que t’es : une catin. » Il ne l’a jamais appelée de la sorte, jamais et ça lui fait un mal de chien, si bien qu’une autre gifle commence à partir, mais il retient son bras et la pousse en arrière, sans retenir sa force. L’imaginer avec ce type, lui faire toutes ces choses, ça l’énerve tellement qu’il ferme les poings, alors que Tea se cogne la tête contre le mur. Et quand il s’en approche, une main sur le mur, le poing se heurtant brutalement contre le mur derrière elle, Nino s’arrête subitement. Ce n’est pas nouveau ; ils se disputent, se blessent et peu après, se retrouvent, mais c’est bien la première fois qu’il ressent une envie de la frapper. Après quelques secondes, Nino se recule, l’observe, le cœur battant, le souffle court, puis prend sa veste et s’en va rapidement.
Revenir en haut Aller en bas
Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
Daya Raichand
http://www.ciao-vecchio.com/t4962-so-no-one-told-you-life-was-go http://www.ciao-vecchio.com/t4972-alchimie-de-la-douleur-daya
Faceclaim : Freida Pinto : Ealitya + signa : endless love + gifs : Ealitya
Messages : 1288 - Points : 1755
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Gp22wJb
Âge : 35 ans
Métier : Professeur de piano au conservatoire de musique de Naples
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Empty
Sujet: Re: Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle ( le Dim 20 Sep 2020 - 1:31 )
Bienvenue avec ce perso très intéressant Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle 3867496782
Par contre je sais de source sûre que y a un mensonge dans l'âge mis à la question "combien de bougies" mais bon Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle 1754192869


say you won't let go ♒︎Que deviendra le monde si nos femmes ont peur ? Il s'effondrera le monde ! Sa voûte sombrera et les étoiles qui constellent, se mêleront à la poussière des routes ! ▬ Toi peur ? Et de quoi ?© endlesslove.

Revenir en haut Aller en bas
Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
Dante Galeone
http://www.ciao-vecchio.com/t7564-dante-o-let-s-set-fire-to-the- http://www.ciao-vecchio.com/t7565-dante-o-never-open-up-so-afraid-to-trust
Faceclaim : J. Dornan ©arabian nights
Je suis absent-e : En pleine relance des personnages
Messages : 15756 - Points : 11513
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Tumblr_inline_p7xbkxK5ji1selhrj_250
Âge : trente-six ans.
Métier : commandant de bord pour la compagnie aérienne Alitalia.
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Empty
Sujet: Re: Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle ( le Dim 20 Sep 2020 - 1:59 )
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle 329149742
J'ai oublié. Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle 261764818


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle Empty
Sujet: Re: Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- Nino • Le destin nous entraîne, comme une ritournelle -
CIAO VECCHIO :: Gestion des Personnages :: Présentations :: Terminées
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut