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- Daya | Réveille-toi -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Hôpital de Maria di Loreto Nuovo
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Dante GaleoneLe vin est un puissant lubrifiant social
Dante Galeone
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Sujet: Daya | Réveille-toi ( le Mer 30 Sep 2020 - 14:24 )
Des secousses, des éboulements par endroits. Naples a été touchée et si des informations fuites, elles sont peu nombreuses, contrairement aux rumeurs qui affluent. Comme s’ils cherchaient à étouffer l’affaire, à pousser les habitants à ne pas paniquer. Chose invraisemblable lorsqu’on connaît les dégâts causés. Les urgences n’ont eu de cesse de prendre en charge des blessés, parfois sans arriver à les sauver. Dante le sait, puisque depuis son arrivée, il est témoin de mauvaises nouvelles, de la douleur des proches. Des larmes, des cris, et parfois, aucun son ne sort, comme cette femme à qui l’on vient communiquer le décès de son mari. Elle pose la main sur le mur, la bouche entrouverte, ne semble plus entendre les bruits autour. Ce doit être un choc. Comment aurait-il réagit si on lui avait annoncé des complications lors de l’opération ? Si mal. Il y a songé, quelques fois, se forçant toujours à éloigner cette pensée, de peur qu’elle se réalise.

L’âme en peine, Dante erre dans les couloirs à la recherche d’un distributeur de boissons chaudes. Son cœur abîmé est gonflé par trois émotions oppressantes. La peur. Celle de ne plus revoir le visage de sa compagne s’animer, de ne plus la voir sourire, ni sentir ses bras se refermer autour de son cou. Ne plus entendre ses soupirs, ses mots doux. Dans sa vie, il a aimé des femmes, mais jamais avec cette même hargne, cette passion dévorante, cette tendresse. Lui a-t-il dit tout ça ? Lui a-t-il confié qu’il l’aimait, avec de vrais mots ? Tout s’embrouille. L’italien n’est plus sûr de rien. Et aujourd’hui, il craint de se retrouver sans elle, de creuser cette deuxième émotion qui le pèse et qui se nomme solitude. Fenrir lui a apporté son soutien, pourtant, ce sentiment le ronge. Il a l’impression de perdre un à un celles et ceux qui comptent le plus pour lui. Le départ de Tina, la mort d’un père à qui il n’a pas pu dire au revoir. Dante vit avec la culpabilité de ne pas avoir été présent lors des événements, schéma qui se renouvelle ici.

Café en main, il déambule jusqu’à la chambre de Daya, dans laquelle il ose pénétrer. La voir sans bouger est insoutenable, mais son besoin d’être auprès d’elle est plus fort, si bien qu’il ne laisse pas la sensation d’une boule bloquée dans la gorge le dominer. « Je suis revenu. » dit-il, en tendant le bras vers son visage qu’il caresse de son pouce. Dante se penche vers lui, embrasse sa tempe et s’approche ensuite de la fenêtre. La pluie tombe sur les carreaux : s’il y a un être supérieur, un Dieu, ou peu importe qui, il pleure en même temps que son cœur aujourd’hui.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Daya RaichandLe vin est un puissant lubrifiant social
Daya Raichand
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Sujet: Re: Daya | Réveille-toi ( le Dim 18 Oct 2020 - 20:59 )
Avec légèreté, ses doigts caressaient les touches de ce piano devant lequel elle réalisait à peine qu’elle était assise. Les larmes ruisselaient sur ses joues tandis que l’obscurité gagnait son chemin jusqu’à elle. Mais elle ne s’arrêtait pas pour autant. Parce que pour Daya, si elle s’arrêtait alors ce serait la fin. Elle ne savait pas où elle était. Ni même pourquoi ce besoin urgent de jouer, comme si l’avenir de l’humanité résidait au bout de ses doigts. Autour d’elle, le bruit couvrait les cris qu’elle essayait par tous les moyens de faire disparaître. Ceux de son fils qui appelait à l’aide encore une fois, tandis que totalement impuissante, la créole ne pouvait faire autrement que de détourner les yeux. A mesure que les notes s’échappaient de l’instrument, son cœur se brisait pour laisser place à un trou béant qui ne cessait de grandir à mesure que s’égrainaient les secondes. La jeune femme avait perdu tout contact avec cette réalité qui s’échappait par la même occasion. Les paupières closes, les doigts tapant avec plus de force sur les touches pour faire taire les cris, des images se mêlaient les unes aux autres sans que la métisse ne puisse y comprendre quoi que ce soit. Du sol de la cuisine tachetée du sang de la Réunionnaise, les images la faisaient passer à la chambre de son fils qu’elle a pu atteindre non sans mal. A-t-elle vraiment pu l’atteindre ? Ou sa culpabilité modifiait ses souvenirs pour qu’elle se sente un peu moins mal d’avoir fermé les yeux pendant que l’horreur se passait dans la chambre d’à côté ? Alors qu’aucun son n’était capable de sortir de sa bouche, Daya sentait comme un feu qui se consumait tout le long de sa gorge, l’obligeant à pousser ce cri qui ne voulait pas sortir. Ses lèvres refusaient de bouger pour qu’elle puisse faire entendre. Qu’elle demande à l’homme qu’elle avait épousé de laisser son fils tranquille. De s’en prendre à elle plutôt qu’à lui. Mais rien, au lieu de ça elle restait immobile et jouait la même mélodie encore et encore. Lorsqu’elle se terminait, au bout de quatre longues minutes et vingt-neuf secondes, elle la reprenait du début. Elle était à bout de force, mais il lui était impensable de s’arrêter. Sentant la douleur qui lui paralysait presque les doigts, rendant ses notes moins précises, elle ne lâchait rien. Daya continuait tout en faisant abstractions des cris qui cognaient encore contre les murs de cette pièce dans laquelle elle était enfermée. Passant outre les images sans le moindre sens, qui se jouaient même sous ses paupières closes. Alors que pour la énième fois, la jeune femme s’apprêtait à reprendre la mélodie… Le silence. Plus de cris, plus de notes qui jouaient. Les images s’étaient mêmes arrêtées de défiler tandis qu’elle ouvrait les yeux pour regarder autour d’elle et constater qu’elle était seule. Ce silence lui glaça le sang. Un vent froid traversa la pièce, la faisant frissonner au point qu’elle laissa s’échapper un petit cri. Le premier son qu’elle poussa depuis un laps de temps indéterminé. A une vitesse folle, elle sentait les températures chuter. Les yeux baissés sur ses doigts immobiles depuis de longues secondes, elle les vit disparaître sous ce nuage noir, épais et froid comme si son être se retrouvait aspiré par le néant. Et la fin pour Daya se prononça lorsqu’elle sentit des lèvres aussi froides que la mort se poser sur son front, l’accueillant avec douceur comme un vieil amant qu’elle attendait depuis des années.

Bip. Bip. Bip. Ce son agaçant avait su synchroniser les battements de ce qu’il restait du cœur de la créole, qui trouvait ça désagréable. Les yeux fermés, une lumière blanche perçait le manque de lumière dans lequel elle s’était enveloppée comme dans une couverture. Le corps endolori qui se réveillait en même temps qu’elle, Daya poussa un petit grognement. Est-ce qu’elle était morte ? La mort était-elle douloureuse à ce point ? Physiquement, elle voulait dire. Dans un ultime effort, elle se força à ouvrir les yeux avant de les refermer aussitôt. « Hum… » Poussa-t-elle plus fort, alors que rien que le fait de respirer lui faisait un mal de chien. Elle ne savait pas où elle était, mais tout lui indiquait qu’elle n’aimerait pas cet endroit.


say you won't let go ♒︎Que deviendra le monde si nos femmes ont peur ? Il s'effondrera le monde ! Sa voûte sombrera et les étoiles qui constellent, se mêleront à la poussière des routes ! ▬ Toi peur ? Et de quoi ?© endlesslove.

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