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- Brigitta • La blogueuse désespérée -

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Brigitta GhionaVieille fille et blogueuse désespérée
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ID : Djoan (Floriana) fait vivre Brigitta à travers les articles de son blog.
Faceclaim : Alison Brie ©Shiya
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Âge : Trente-quatre ans, au bout de sa vie à la moindre ride qui s'accumule sur son visage.
Métier : Professeur en école maternelle et blogueuse dépressive à son temps perdu.
Sujet: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Lun 5 Juin 2017 - 20:21 )
Lorsque j'ai vu tous ces objets dans le placard de ma mère, je me suis dit qu'elle avait une sacrée endurance,
et surtout une vie sexuelle.
Brigitta Ghiona
Future bonne sœur italienne
identité :Brigitta désespérément encore et toujours Ghiona, surnommé la frigide.

naissance :34 ans de vie à nourrir une relation fidèle avec le mojito et le chocolat, sans dire non à un pot de glace devant les aventures de Bridget Jones. Né à Naples, n'y a pas bougé ses fesses, mais devrais pour trouver Roméo. Né en 1982. N'en dis pas plus sur la date. Jugement sur le signe astrologique trop fréquent.

origines :Pure italienne, sans la moindre origine. Fantasme sur les ritals à proscrire. Apparemment incomestible.

statut :Côté cœur, le néant complet. Pire, cœur pris par fourbe manipulateur et infidèle répondant au triste nom de Marco Maurizio. A songée à virer de bord, mais n'est pas du tout faite pour ça. Plus apte à entrer au couvent.

métier :Professeur des écoles. Une bonne façon de rester jeune dans ma tête. Est parfois confrontée à des gamins plus matures que ma personne.

argent :Sous-payée. Pense sérieusement à passer sous le bureau du directeur pour obtenir une promotion. Serait peut-être déjà fait, si directeur en question n'était pas un vieux schnock pervers et tout ridé.

à naples depuis le :Premier jour. Passage dégagé par un frère et une sœur. Eux sont partis et ont fait leurs vies et l'ont plutôt bien réussi.

Maladroite, susceptible, hystérique, fleur bleu, romantique, cultivé, intelligente, sociable, fêtarde, alcoolique, active, spontané, gourmande, insatiable, naïve, naturel, impatiente, imprévisible, désespéré, blasée, impulsive, obstiné, hésitante, irritable, souriante, enthousiaste résigné.

poids :
50 kg
alcool :
5 verres
cigarettes :
14 par jour


la chanson la plus écoutée en boucle :
Hello Adele


conclusion de ce bilan.Désespoir, ô désespoir ! Déjà, 34 ans et pas l’ombre d’un homme pour me blottir contre lui. Qu’ai-je fais pour mériter aussi peu de considération ? Est-ce à cause de la fois où j’ai essayé d’écrire mon nom en pissant dans la neige, persuadée que c’était possible et pour le plaisir de contredire mes amis masculins ? Oh, s’il vous plaît, j’étais totalement déchirée. Ça ne devrait pas compter. Je crois que ce moment où Marco m’a dit qu’il m’aimait pour se casser avec sa garce sans explication aucun était une bonne punition. Peut-on passer à autre chose ? J’ai essayé de me racheter depuis ; j’essaye d’aider mon prochain. Okay, la dernière fois que j’ai voulu aider une jeune femme, ça m’est retombé dessus. Mais qui pouvait deviner que c’était la sœur de son petit ami qui traîné avec lui. J’étais persuadée que c’était sa maîtresse ! Résolution à partir de maintenant : me mêler de ce qui me regarde. Elle a raison cette petite amie en colère : au lieu de faire chier le monde, je ferai mieux de m’acheter une vie.

(un.) Elle a une tache de naissance quelle n’a jamais aimé puisque d’une part se situe sur sa fesse gauche et d’autre part, lui trouve un air de Jésus. Si bien qu’elle est persuadée que cette tache est la cause de son célibat.
(deux.) Elle se dit allergique aux poils de chats pour ne pas dire qu’elle ne les aime pas. (trois.) Étant ado, un de ses camarades lui a tendu une banane, elle l’a accepté et mangé. Sa manière de la dévorer était tellement subjective qu’elle provoqua l’hilarité de ceux qui l’entouraient. Honteuse, depuis ce jour-là, elle devint bananaphobique.  (quatre.) Ayant un crédit automobile qu’elle peine à rembourser, elle est souvent sollicitée par son conseiller bancaire. Elle trouve toujours un moyen, soit de ne pas lui répondre soit de se faire passer pour ce qu’elle n’est pas, prenant des accents improbables. (cinq.) Petite, avec sa meilleure amie, elle a fait le serment de se marier dans un lieu mythique, en prenant l’une et l’autre comme demoiselle d’honneur. Malheureusement, sa meilleure amie est depuis décédée. En plus de sa peine, elle s’imagine, à présent, qu’elle ne se mariera jamais. (six.) L’arrivée d’un séduisant voisin a failli la consoler du départ de Marco Maurizio. Ce fut de courte durée, puisqu’elle a vite appris qu’il était fiancé et en plein préparatif de mariage. De quoi la déprimer encore davantage. (sept.) Elle a gardé le vieil album de souvenirs fictifs qu’elle avait confectionné lorsqu’elle avait encore beaucoup d’espoir quant à sa relation avec Marco Maurizio. (huit.) Elle a perdu une amie en embrassant le conjoint de cette dernière pendant une coupure de courant. Dans le noir, elle a senti des lèvres se poser sur les siennes, saisissant l’occasion de ce geste romantique, elle en a bien profité. Mais lorsque la lumière est revenue, elle déchanta vite puisque ce petit vaurien l’accusa de lui avoir sauté dessus, attirant les regards culpabilisateurs de tous les invités. (neuf.) La personne visitant le plus son appartement est le concierge de l’immeuble, profitant de la plomberie qui n’en fait qu’à sa tête, pour draguer ouvertement Brigitta. Le ventre bedonnant et la raie dépassant de son pantalon n’attirent pas du tout la jeune femme. Ses blagues salaces ne la font pas rêver non plus. Pourquoi n’est-elle pas tombée sur un concierge sexy ? (dix.) Elle a du mal à se décider d’aller chez le gynécologue depuis qu’elle a reconnu un ancien camarade de classe entre ses cuisses.
ton groupe :PNJton avatar :Alison Brie


pseudo, prénom :L'anonyme.combien de bougies ?infini.d'où viens-tu ?Ici et ailleurs.comment t'as atterri ici ?Par le saint esprit.


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Brigitta GhionaVieille fille et blogueuse désespérée
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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Lun 5 Juin 2017 - 20:27 )
Première partieDésespéramment maudite en amour.
Doit-on se satisfaire d’une enfance heureuse lorsque la suite de notre chemin est bourrée d’embûches ?  C’est la question que se pose régulièrement Brigitta Ghiona, éternelle insatisfaite sur le plan sentimental. Elle scrute déjà les petites annonces pour adopter des petits chats, juste par principe. Née Ghiona, elle y est restée à son plus grand désarroi et tout ça a commencé le cinquième jour du mois de mars de l’année 1983. Elle précède Paulo de cinq ans son ainé et Isabella de deux ans. Bien que trainés à l’église, ils n’ont pas eu une enfance malheureuse, bien au contraire. Cadrés par des parents aimants, ils n’ont pas manqué de grand-chose. Le manque, c’est une affaire d’aujourd’hui et pour le comprendre, il faut étudier le cœur malmené de la jolie brune.
Au lycée, c’est en renversant son verre de punch sur Marco Maurizio, lors de la fête d’anniversaire de sa meilleure amie, qu’elle imagine avoir trouvé l’homme de sa vie. Marco est un jeune footballeur, issue d’une famille aisée. Il est intelligent, galant, mature et plutôt modeste. Seule ombre au tableau, c’est un coureur de jupons. Il lui fallait bien un défaut. Brigitta, totalement paniquée d’avoir arrosé ce jeune homme que toutes convoitent, avait saisi le bas de sa longue jupe afin d’essuyer ses méfaits, offrant aux spectateurs la vue de sa culotte en dentelle, sous les rires de nombreux garçons. Heureusement, quelques heures plutôt, elle avait décidé d'en mettre une. Marco, prévenant, avait saisi sa main délicatement et lui avait fait lâcher sa jupe afin qu’elle se replace le long de ses jambes. Honteuse, Brigitta avait rougi. Lui avait trouvé cela mignon et lui avait proposé de s’isoler dans un endroit moins bruyant. Ce soir-là, après une longue discussion maladroite, ils échangèrent leur premier baiser. C’est lui qui y mit fin, et bien que Brigitta fût mal à l’aise, et se surprît à ne pas être la seule. Ils ne reparleront pas de ce moment avant un bout de temps.

Fin des études. Brigitta a essuyé quelques relations de courte durée. Était-elle amoureuse ? Pas vraiment. À cette époque, la jeune femme avait des idées très arrêtées. Si elle ne trouvait pas l’homme de sa vie pendant ses études, alors les chances d’en trouver un après cela seraient très minces, voire inexistantes. Pour elle, sans Jules avant le diplôme, elle finirait vieille fille avec 23 chats, à avaler des tonnes de glaces devant des feuilletons à l'eau de rose. Il en était hors de question, surtout qu’elle n’appréciait pas vraiment la compagnie des chats. Elle les trouvait sournois, capricieux et surtout infidèles. Et des infidèles, elle en avait croisé, ils étaient, à 90 %, la cause de ses séparations. Le pire de tous était Marco Maurizio. Lui, c’était le summum des goujats. Elle le détestait ! Il faut dire que depuis ce baiser à la fête d’anniversaire, elle s’était imaginée mille et une chose. Pire encore, elle avait créé un album souvenir, de faux souvenir avec des photos trafiquées, mélangeant photos de magazine avec les têtes de Marco et d'elle même, le tout racontant leur histoire jusqu’à leur trente ans. Marco ne lui avait jamais donné d’espoir, mis à part ce baiser, offert sur le coup. Mais pour elle, ce dernier avait été un engagement. Alors le voir entouré de toutes ces filles, bras dessus dessous avec certaines, c’était de trop.

Enfin Diplômée, Brigitta est torturée dans un mélange de joie et d’angoisse. Elle n’a pas de petit-ami et c’est probablement les dernières fois qu’elle voit les garçons de son université. Dans peu, elle donnera ses propres cours, auprès de jeunes enfants. C’est en quittant l’école, en fin d’après-midi, qu’elle croise Marco Maurizio. Elle ne l’avait pas vu depuis quelques années, juste aperçu de loin. Ce dernier n’avait pas changé. Ou si, il était encore plus séduisant, ce qui ne lui facilitait pas la tâche. La belle avait toujours su comment le traiter s’il osait se présenter. Et selon elle, elle n’irait pas par quatre chemins, elle sera violente. Une gifle, des hurlements, des reproches, mais elle ne s’abaisserait pas à pleurer, oh ça non ! Et devant ce sourire, elle n’a rien su faire d’autre que de bafouiller qu’elle était heureuse de le revoir. Il lui proposa d’aller boire un café. Dans ses plans, c’était clair et net, elle ne lui accorderait que 5 minutes, pas une seconde de plus. Le lendemain matin, elle fixait ce bel homme, endormi à ses côtés après une longue nuit de passion.

Et elle devint une maîtresse. Non, Marco n’était pas marié, ni fiancé. Brigitta débuta simplement dans sa fonction de professeur des écoles. Et dans ses premiers jours, rien ne pût gâcher la merveilleuse histoire qu’elle vivait. Pas même ce gamin qui ne cessait de se coincer un bouchon de feutre dans son nez ou cette petite fille qui levait sa jupe en affirmant qu’elle avait perdu quelque chose, parce que son frère, lui, il avait un truc à cet endroit. Non, sa vie était trop parfaite pour être gâchée par des petits incidents. Elle et Marco se voyaient le plus souvent possible. Lui était devenu architecte. Il lui avait raconté que sa vocation lui était venue étant gosse, désireux de redresser la tour de Pise. Il avait abandonné le foot, mais il avait malheureusement gardé ses potes. Brigitta faisait bonne figure devant eux, mais elle ne les supportait pas. Pourquoi ? Parce que ces derniers insistaient sans cesse pour qu’il les suive dans des bars peu fréquentables. Parce qu’ils ne s’empêchaient pas de reluquer des jeunes femmes et de demander l’avis « expert » de Marco. Parce que, en somme, la confiance qu’elle accordait à son petit ami s’effritait de jour en jour, non pas à cause de lui, mais bien à cause d’eux. Après quatre mois de parfait amour et une énième dispute à cause de ses amis, il y eut le choix professionnel qui mit un terme à leur relation. Pour Marco, c’était le moment de faire une pause loin de l’Italie afin de réfléchir à eux. Les choses ne s’arrangèrent guère.

Et elle devient déprimée. « Pourquoi tu pleures Maîtresse ? » demandaient ses élèves et Brigitta partait dans de plus grands sanglots. Ceci dura une bonne semaine avant qu’elle ne se reprenne. C’est quelques mois plus tard qu’elle rencontra un autre homme lors d’une soirée chez un collègue. Ce dernier s’était dit que présenter deux cœurs brisés pourrait faire des étincelles. Brigitta dut consoler le jeune homme, nommé Donato Viretti. Celui-ci vivait très mal sa séparation avec son ex. Bien qu'elle trouvant plutôt pathétique, elle finit par s’attacher à lui et se dit que s’il tombait amoureux d’elle comme il l’était de son ex, il ne la quitterait pas comme l’avait fait Marco. Alors qu’ils étaient ensemble, il ne cessa, pendant de longs mois, de remettre cette ex sur le tapis. Brigitta s’était fait une raison, non pas qu’elle le comprenait, mais elle arrivait à le supporter. Ce n’était pas comme s'il disait qu’il souhaitait retourner avec elle. Après une année et trois mois, Donato posa un genou sur le sol et fit sa demande en mariage. Elle accepta, heureusement d’en avoir fini avec sa malchance en amour. Le jour de son mariage, elle remarqua une tâche sur sa robe avant de rejoindre l’église. Elle rejoignit les toilettes et tomba sur l’ex de son fiancé, à genoux devant ce dernier, braguette ouverte. Ce n’était certainement pas une prière. Brigitta fit annuler le mariage et retourna vivre chez ses parents pendant un temps.

Et elle passa son temps libre à manger. La plupart du temps devant des feuilletons à l’eau de rose, chialant toutes les larmes de son corps lorsque l’histoire se rapprochait de la sienne. D’ailleurs, dès qu’elle voyait une robe de mariée, elle fulminait de tout son être. Ayant vidée les placards, elle se rappela une conversation téléphonique de sa mère qui affirmait qu’elle avait, dans sa chambre, tout un placard où se trouvaient ses délices. Elle se souvenait parfaitement de ce mot-là puisque ça l’avait fait saliver en s’imaginant des confiseries, des chocolats, et même des Häagen Dazs (même si l’endroit ne s’y prêtait pas). Pendant leur absence, elle s’y était donc aventurée, afin de satisfaire sa gourmandise. Elle trouva le placard aisément et lorsqu’elle l’ouvrit, le choc ! Des jouets ! Des tas de jouets de toutes sortes. Pas des jouets de Noël qu’on met de côté pour les gamins de la famille. Non, des jouets sexuels. Des sex-toys. La bouche grande ouverte devant cette découverte, elle la ferma rapidement en posant son regard sur un énorme chibre noir. Aussitôt, tout ce qu’elle avait avalé semblait vouloir sortir. La faim, elle ne la retrouvera pas avant quelques jours et une petite explication avec ses parents. Dans un premier temps, sa mère affirma que tous ces jouets étaient à son père. Mais ce que cela impliquait rendait encore plus malade la jeune femme. Alors elle lui avoua tout. Que même à leur âge, il avait des envies et une activité sexuelle. Qu’il se devait d’y mettre un peu de piment. Brigitta pensa que « un peu » était un doux euphémisme vu le contenu du placard. Mais ce qui la dérangeait encore plus, c’était que ses parents avec une vie sexuelle plus épanouie que la sienne. Oh si elle connaissait l’entière vérité.

Et la vérité, c’est que ça les ennuie bien que leur fille ait trouvée du réconfort chez eux. Son arrivée a tout chamboulé dans leur vie. En effet, ils n’ont jamais su dire à leurs enfants qu’ils se sont séparés il y a quelques années. Chacun a trouvé chaussure à son pied, tous deux d’une manière inattendue. Monsieur et Madame Ghiona ont fréquenté les clubs échangistes. C’est là-bas qu’ils ont fait la rencontre d’un charmant couple dont ils sont tombés amoureux. Madame Ghiona est donc partie avec ce mari et Monsieur Ghiona avec la femme de ce dernier. Mais craignant pour leur réputation (car ils ont longtemps été à l’église), ils n’ont su avouer cette vérité à leur proche. D’un commun accord, ils ont donc choisi de faire croire au monde que rien n’avait changé. Alors que leur fille reste chez eux et les empêche de voir leurs amants, croyez bien qu’ils ont tout fait pour la remettre sur pied afin qu’elle retourne chez elle.

Fatigués de ne pouvoir vivre leurs vraies vies à cause de la présence de leur fille, les Ghiona déclenchent le plan d’urgence. Après avoir invité son grand frère et sa grande sœur à plusieurs reprises afin de la consoler, ils doivent se faire à l’évidence que cela ne fonctionne pas. Il ne resta alors plus qu’une solution. Ce jour-là, Brigitta divagua dans sa baignoire vide, vêtue de sa robe de mariée, jouant avec deux poupées qu’elle mimait en train de se disputer au sujet d’une ex. On toqua à la porte et comme à son habitude, elle hurla qu’elle ne souhaitait pas être dérangée et tant pis pour celui qui avait besoin de se laver. Mais la porte s’ouvrit et Marco Maurizio apparu, un air peiné sur le visage. Brigitta enfouit immédiatement les poupées dans les plis de sa robe, incapable de dire quoi que ce soit. Il y eut un long silence. Il s’approcha, s’installa sur le rebord de la baignoire et l’observa. Elle fit de même, oubliant même sa respiration. Sous son regard compatissant, elle explosa en sanglot. Marco lui caressa le visage et la rassura en lui disant que cela passerait. Elle, reniflant à plusieurs reprises, lui expliqua sa mésaventure comme s’il ignorait tout, mais tout s'était su. Elle conclut par le point le plus rageant selon elle, précisant qu’elle ne pouvait même pas rendre sa robe de mariée à cause d’une tâche. Il plaisanta en lui annonçant que la tâche n’était pas sur la robe et qu’elle s’en était bien débarrassé. Et l’impensable se produisit, elle commença à rire. Tout d’abord, c’était un mélange étrange de sanglots et d’hilarité, tout en reniflant entre ces deux stades. Puis, sous l’accompagnement de son ex petit ami, elle se mit à rire simplement, le cœur plus léger.

Deux jours plus tard, Brigitta rentrait chez elle, laissant enfin leur liberté à ses parents. Marco n’était jamais très loin. Il prenait un café ensemble parfois, se remémorant quelques uns de leurs souvenirs en commun. En très peu de temps, elle retrouva cette petite étincelle dans les yeux qu’elle avait perdus après sa énième déception. A chaque rencontre, elle espérait sentir une nouvelle fois ses lèvres se poser sur les siennes, mais elles trouvèrent toujours le chemin de sa joue. Elle se doutait qu’il se montrait prévenant, qu’il ne voulait pas aller trop vite pour qu’elle puisse faire le deuil de sa relation avec Donato. Il avait toujours été ce gentleman. Et puis un jour, la douche froide. Alors qu’elle allait chercher son café avant d’entamer sa journée de travail, elle croisa Marco. Ce dernier tenait, à la taille, une jeune femme qui passait commande. Le cœur meurtri de la jeune Ghiona se déchira de nouveau. Il lui était infidèle ! Il n’était pas différent d’un autre. Lorsqu’il la vit, rien dans son expression ne montra de la gêne ou de la culpabilité. Brigitta s’interrogea alors. Quand lui s’était-il montré charmeur ? Quand lui avait-il fait croire qu’il souhaitait reprendre là où il s’était arrêté ? N’avait-il pas été qu’un simple ami ces derniers temps ? L’espoir qu’elle s’était offerte, elle ne le devait qu’à elle-même et à ses illusions. Lorsqu’il lui dit bonjour et lui présenta la charmante créature qui l’accompagnait, elle crut qu’elle allait défaillir. C’était une jolie blonde aux yeux bleus, probablement rencontré en Angleterre ou en Norvège. Un corps somptueux et un sourire à faire battre le cœur d’un mort. Bien que tentant de ne rien montrer, l’italienne n’en fut pas capable de par ses maladresses. Quelle idée d’appeler sa fille Grace. Il était si facile de ripper : « Enchantée Garce … graisse. Garce, Grace ! ». Malgré un sourire, style de rien, elle perçut le regard de Marco et se confondit en excuse, prétextant qu’elle était en retard et elle prit ses jambes à son cou. Marco l’a suivi, lui demandant des explications sur son comportement. Bien qu’elle n’ait aucune envie de révéler la triste vérité, elle y fut bien poussée. Ainsi, elle lui avoua l’aimer encore depuis le premier jour de leur rencontre. Il ne sut quoi répondre, lâchant un simple « désolé », comme si cela suffisait. Incapable de réagir plus à cela, Brigitta en profita pour s’enfuir.

Quelques semaines plus tard, après avoir enchaîné quelques rendez-vous sans coup de cœur, Brigitta végéta sur son canapé devant une comédie romantique. Le soleil venait de se coucher et malgré l’invitation de ses amis à sortir, elle avait refusé car pour elle, c’était un jour de deuil. Bien qu’elle ne l’ait pas revu depuis leur rencontre au café, Brigitta avait appris par ses parents que son ex-petit ami repartait pour l’Angleterre, surement accompagné de sa sublime petite amie. Il se murmurait d’après sa mère, qu’il avait une grande nouvelle à annoncer sur leur relation. Un mariage ? Un bébé ? Rien de bien enthousiasmant pour la jeune italienne qui avait vu s’enfuir l’amour de sa vie pour la troisième fois. Son passage préféré du film allait arriver : la porte allait sonner, la jeune femme allait ouvrir et un homme tenant des pancartes, accompagné d’un poste diffusant des chants de Noël, allait lui avouer son amour interdit pendant que son fiancé lui demandait de qui il s’agissait. Pourtant, la sonnette, bien que familière, ne collait pas avec le film. Elle finit par comprendre qu’on sonnait chez elle. C’était bien une chose qu’elle détestait…Qu’on la coupe à ce moment précis. Lorsqu’elle ouvrit la porte, c’était dans une attitude lasse et contrariée. Mais Marco se tenait devant elle à présent. Son cœur s’enflamma et elle pria pour qu’il se calme avant d’être blessée une nouvelle fois. Cependant, Le jeune homme ne l’entendit pas de cette oreille et se lança sur ses lèvres pour un baiser passionné. Conquise, Brigitta plaça ses bras autour de son cou et espéra que ce moment dure éternellement. Une petite voix dans sa tête lui disait qu’elle ne serait pas étonnée qu’il ne s’agisse que d’un baiser d’adieu. Rompant cette étreinte, elle voulut s’en assurer. Marco lui avoua qu’il retournait bien en Angleterre, mais c’était pour rompre avec sa petite amie, affirmant que Brigitta ne cessait d’envahir ses pensées. Il lui demandait donc un peu de patience afin de mettre de l’ordre dans sa vie. Bien qu’elle fut effrayée, il lui dit une chose qui la rassura tellement qu’elle crut marcher sur des petits nuages. Il venait de lui dire « Je t’aime ».

Les jours passèrent et bien qu’elle ait eu des appels remplis d’amour pendant les trois premiers jours, il cessa de lui donner des nouvelles du jour au lendemain. Dans un premier temps, elle pensa qu’il était occupé, voir préoccupé par tout ce qu’il devait faire. Mais les semaines passèrent, puis un mois. Brigitta a tenté de le contacter pendant tout ce temps, mais le numéro n’était plus disponible. Après avoir déplacé des montagnes, elle eut la garce… Grace plutôt au bout du fil. Cette dernière lui expliqua que Marco et elle s’était fiancée et qu’il désirait tirer un trait sur sa vie en Italie. Brigitta faillit lui avouer qu’il l’aimait, qu’il lui avait dit avant de quitter le pays. Mais elle ne put s’y résoudre, ravalant sa salive elle raccrocha, tentant de digérer cette nouvelle déception.
Deuxième partieL'efficacité chronopost
Elle ne s’était pas vêtue d’un costume de père Noël, mais en revanche, elle s’était accaparée de la plus sophistiquée des tenues de cambrioleurs. Si par sophistiqué, on entend un jean slim noir et un pull du même colori. C’était les seuls vêtements qui pouvaient la rendre discrète, invisible. Enfin, si il n’était pas trois heure de l’après-midi. Son but était de récupérer le colis à la demeure des Maurizio sans même que Marco s’en aperçoive.  Elle avait suivi le colis depuis une application, dans la certitude de pouvoir l’intercepter avant que les livreurs ne sonnent à la porte. Elle se cachait derrière un muret, à l’angle, avec une vue sur l’entrée si elle se penchait un peu.
Cela faisait maintenant trois heures qu’elle patientait. Aucun signe de quelconque véhicule. Dans le quartier de Posillipo, la circulation n’était pas dense, surtout là où se situait ce genre de Villa. Un grognement fit sursauter la jeune femme. Elle comprit très vite qu’il s’agissait de son ventre vide. Ouvrant son sac, elle saisit un sandwich qu’elle s’était fait à la va-vite avant de partir. Il avait une triste mine et le regard qu’elle lui portait n’était pas rempli de fierté. Alors qu’elle allait croquer dedans, le contenu entre les deux tranches de pain glissa et tomba sur le sol. La bouche grande ouvert, elle resta un moment figée, maudissant sa malchance. Que faisait-elle là ? Elle posa le reste de son repas sur le sol et sortit son smartphone. Elle y vérifia l’évolution de l’acheminement pour se rendre contre qu’il était toujours au même point. Elle soupira sur une mèche rebelle qui virevolta avant de se poser sur le bout de son nez. Louchant sur celui-ci, elle ne remarqua qu’à la dernière seconde le jeune homme qui se présenta à elle.
C’était lui, c’était Marco. Cet homme séduisant, vêtue élégamment, comme à son habitude. Il posait sur elle un regard suspicieux. La jolie brune ne savait pas comme réagir. Elle était là, assise depuis des heures contre le muret d’une maison qui ne lui appartenait pas. Elle venait d’être prise sur le fait, et même si ces deux-là partageaient un passé en commun, elle n’avait rien à faire ici. Pire, il pouvait croire qu’elle était ici pour le harceler. Le silence pesa, et c’est finalement lui qui prit la parole :
« Viens avec moi. Je dois te montrer quelque chose. »
Brigitta se leva, timide. Elle ne put détacher son regard de cet homme qui lui semblait différent, à présent. Il y avait un petit quelque chose qui ne lui ressemblait pas. Elle se décida à le suivre, mais ne put se résoudre à garder ses questions pour elle :
- Comment tu as su que j’étais là ? J’étais super bien planquée. J’ai fait super gaffe.
Pendant qu’elle le suivait vers la demeure, il lui répondit sans lui lancer un regard :
- Mes parents se sont fait cambriolés l’été dernier. Il y a une caméra ici.
Il pointa un gadget accroché à l’une des façades de la villa, puis une autre :
- Une là-bas et une juste au-dessus de là où tu te trouvais. Je t’avoue que j’ai hésité à appeler la police.
- La police ? s’étrangla-t-elle, Mais pourquoi ? Je n’ai rien fait de mal !  
- Si ce n’est que tu rôdes dans cette ruelle depuis plus d’une heure, que tu surveilles l’entrée assez souvent. Sans compter cette accoutrement pour le moins… douteux.
La bouche grande ouvert, elle n’en croyait pas ses oreilles. Comment pouvait-il la traiter ainsi ? C’était inimaginable. Ils avaient quand même partagé le même lit, il fut un temps. Il lui avait même dit « je t’aime ». Alors pourquoi agissait-il avec autant d’indifférence ? Brigitta ne savait même pas quoi lui répondre. Elle était prise d’une terrible colère qu’elle refoulait. Elle s’était dit qu’il craquerait de nouveau pour elle à leur prochaine rencontre, que tout s’arrangerait, qu’il lui dirait que tout cela n’était qu’une terrible méprise. Mais rien de tout cela. Il se comportait comme le pire des connards. Ça lui brulait les lèvres de le lui dire d’ailleurs. Mais n’était-ce pas elle qui venait d’être prise sur le fait à surveiller sa maison ? Aurait-elle l’avantage si elle se lançait dans une querelle ? Elle hésita, mais finalement, ce n’était peut-être pas le bon moment.
Marco passa l’entrée. Un homme galant, celui qu’il était autre fois, lui aurait tenu la porte pendant qu’elle s’engouffrait à l’intérieur. Mais il n’en était rien. Elle tiqua un instant, avant de le suivre. Se pourrait-il qu’il est autant changé ? Et si c’est le cas, est-il prudent de rentrer dans cette maison avec un inconnu ?
Ils passèrent le hall, puis le salon, pour se rendre dans la salle à manger. Brigitta n’était pas dépaysée. Elle était déjà venue ici à maintes reprises. Mais depuis leur rupture, la vraie, celle qui reste encore un mystère, elle n’y avait jamais remis les pieds. Elle n’avait même pas eu le courage de revoir ses parents, trop fragile pour les affronter. Depuis le silence radio de Marco, elle n’avait eu aucune nouvelle, même par le biais de leurs connaissances en commun. Il s’était fait discret, pour des raisons inconnues. Sur la table de la salle, deux colis s’y tenait. La jeune femme fit de grands yeux ronds. Elle avait attendu des heures pour rien. Ils étaient déjà passés, sans doute tôt dans la matinée. Elle se dirigea vers les cartons et y remarqua son nom, accompagné de l’adresse des Maurizio. Elle se trouva encore plus stupide en lisant cette erreur. Mais que lui était-il passé par la tête ?
- Et tu m’as laissé poireauter trois heures alors que c’était ici ? lui lança-t-elle avec un air de reproche.
Marco s’éloigna un peu avant de revenir, un objet dans les mains. Il le posa sur la table et finit par lui répondre :
- Encore fallait-il que je sache que cela te concernait.
Une nouvelle fois, sa mâchoire se décrocha. Elle le fixa de son regard ahuri, se demandant quel était son problème. Elle allait lui poser la question lorsqu’il lui fit une nouvelle remarque.
- Je t’ai dit que j’étais à deux doigts d’appeler la police, il appuya son regard un instant et finit par ouvrir le livre qu’il venait de poser. Si je ne l’ai pas fait, c’est parce que j’ai rêvé de toi.
Il y avait un temps pour y voir clair et un temps pour être dans le flou. A cet instant précis, Brigitta, elle, elle était totalement aveugle.
- Tu as rêvé de moi ? Et c’est pour ça que tu n’as pas contacté la police ? l’interrogea-t-elle en s’attardant presque sur chaque mots. Donc les moments que nous avons partagés, notre histoire, tout ça n’a rien à voir.
Il fronça les yeux, tentant de saisir ce qui venait d’être dit. Lui non plus ne semblait pas comprendre ce qui se passait à ce moment précis. Il ressentait un mélange de culpabilité et de frustration. Brigitta ne bougea pas, le dévisageant, essayant par tous les moyens de lui faire perdre cette assurance qu’il tentait de se donner. Elle voyait clair dans son jeu. Il n’était pas à l’aise avec cette rencontre. Elle le soupçonnait même de l’avoir laissé dehors pendant des heures parce qu’il était incapable de se décider à venir à sa rencontre. La voix du jeune homme fendit ses espoirs. Il s’exprimait toujours avec ce calme si captivant :
- C’est là que réside le problème. Je n’ai aucuns souvenirs de toi.
Brigitta crut défaillir. L’homme qu’elle aimait, parce que il fallait bien reconnaître qu’elle l’aimait toujours, ne se souvenait pas d’elle. Elle le soupçonnait d’avoir Alzheimer avant l’heure. C’était bien sa veine. Elle était tombée amoureuse d’un Alzheimer précoce. Elle avait besoin de s’asseoir. Les huit chaises qui entouraient la table lui paraissaient pourtant inaccessible. Elle imaginait que si elle bougeait, ne serait-ce qu’un orteil, elle s’effondrerait sur le sol sans aucune grâce. Elle ne pouvait pas offrir ce spectacle à l’homme en face de lui. Et au final, était-ce aussi important ? Dans quelques temps, il oubliera cette chute.
- Lorsque je t’ai vu au magasin de bricolage, j’ai eu cette sensation de te connaitre. Mais je n’ai pas osé te le demander. J’ai eu peur de faire fausse route. Et puis je me suis souvenu.
Il tourna les pages de ce qui ressemblait à un album photo. Brigitta y fit plus attention et reconnu cet ouvrage. Elle se rappelait de ce jour où il l’avait acheté. Il était tombé sur cet album fictif qu’elle avait tenu pendant ses jeunes années. Elle se rappela de la honte qu’elle avait eue lorsqu’il s’était permis d’y fourrer son nez. Elle avait tenté de lui expliquer, de peur qu’il ne réagisse mal, qu’il la prenne pour une folle. Le lendemain, il était rentré avec un nouvel album, ressemblant à son ancien, mais celui-ci était vierge. Il lui avait promis de le remplir de leurs photos, de véritables photos d’eux. Il avait tenu sa promesse. Ça, c’était avant qu’il ne s’en aille pour son emploi, lasser des crises de jalousie de sa petite amie à cause de ses amis.
- J’avais rêvé de toi quelques mois plus tôt, il se gratta l’arcade, un air gêné. C’était assez embarrassant, surtout lorsqu’on sait que ma fiancée dormait juste à côté de moi. Je n’avais ni ton nom, ni ton adresse, je ne me souvenais que de ton visage. Je pensais que tu n’étais qu’un rêve.
Ses jambes devenaient plus molles qu’un carré de beurre dans un désert. Elle prit appuie sur un dossier avant de faire trainer la chaise. Les quatre pieds crièrent en glissant sur le sol, mais elle n’avait pas la force de la soulever :
- Je crois que j’ai besoin de m’asseoir.
Ce qu’elle fit, avec douceur, comme si se précipiter n’était pas une bonne solution. La prudence était mère de sureté. Son cœur battait à tout rompre et le vertige ne cessa pas malgré le cul posé sur cette chaise. Elle voulait comprendre et pour cela, peut-être aurait-il fallu pouvoir formuler une question. Au lieu de cela, Marco se rapprocha, glissant l’album jusqu’à elle. Il tira une chaise à côté avec plus de discrétion et s’installa avant de reprendre :
- A mon arrivée à Londres, j’ai eu un accident. Une voiture m’a renversé. Enfin, c’est ce qu’on m’a dit. Je n’en ai aucun souvenir. Je souffre d’amnésie. Grace m’a dit ce que je devais savoir, il s’interrompit et vit Brigitta tiquer lorsqu’il nomma la jeune blonde. Elle m’a annoncé qu’on était fiancé, qu’on avait décidé de vivre à Londres, que notre vie était parfaite. J’ai pensé que c’était le cas pendant un temps. Et puis, il y a eu cette nuit. Ce rêve. Et je n’ai jamais pu m’en défaire. Je suis revenu à Naples pour la première fois depuis l’accident. Et j’ai trouvé ceci, dans ma chambre.
Il tourna une page et Brigitta redécouvrit les photos. Celle d’un photomaton pour faire dans le cliché, une autre à leurs réveils, Elle peignant les murs blancs de leur ancien appartement, Lui cuisinant son excellente recette de pâte. Une larme coula le long de la joue de la jeune brune. Prise par l’émotion, elle détourna le regard, cachant son émoi aux yeux de cet homme qui ne la reconnaissait plus. Cet homme fiancé à une autre, incapable de comprendre tout l’amour qu’elle éprouve pour lui et encore moins maintenant.
- Brigitta, dit-il en posant sa main sur son épaule.
Elle resta dos à lui, tentant de se reprendre. Elle essuyant sa joue, tout en s’émerveillant dans la retenue :
- Tu te souviens de mon prénom ? Sur le ton de l'espoir.
- C’est noté sur les colis et personne ne porte ce prénom ici.
Elle se sentit sotte, ce qui n’arrangea pas ses sanglots qu’elle taisait pourtant. Elle se demandait pourquoi il n’avait pas demandé à ses parents qui était la personne qui hantait ses rêves. Probablement par pudeur. Alors que son souhait avait toujours été d’être près de cet homme, elle sentit le besoin immédiat de s’en éloigner. Pourtant, cette disparition soudaine avait une raison à présent, une excuse qu’elle ne pouvait pas vraiment refuser. Seulement, le savoir ainsi, devoir recommencer, encore et encore, inlassablement, elle ne pouvait pas. Elle doutait d’en avoir la force. Elle qui pensait que l’amour qu’elle éprouvait pour lui était infaillible, elle commençait à tout remettre en doute.
- Nous étions plus que des amis, je me trompe ?
Elle ne répondit pas, incapable de se maitriser. Elle resta muette, fermant les yeux, se cachant toujours de lui.
- J’ai parfois l’impression que mes rêves n’en sont pas. Je me souviens d’une jeune femme dans une robe de mariée, installé dans une baignoire. Je sais. C’est complètement farfelu, ajoute-t-il. Et puis, je n’ai jamais été marié.
Entendre ça lui fit ouvrir les yeux, un flot de larme s’en échappa. D’un revers de main, elle s’essuya le visage une nouvelle fois et trouva la force de se lever. Elle posa agrippa les colis. Il n’était pas question de les laisser ici. Elle les avait payés !
- Je dois y aller, lança-t-elle de manière trop sèche.
Marco quitta la table à son tour, surpris par ce virement si soudain.
- J’ai dit quelque chose de mal ? S’en inquiéta-t-il.
- J’ai juste… Il faut que j’y aille, bafouilla-t-elle pour simple réponse.
Et c’est ce qu’elle fit. Elle prit son dû et quitta la pièce avec précipitation. Voulait-elle qui le rattrape ? Non, si cela aurait été le cas, elle se serait déplacée avec lenteur. Là, elle ne lui lassa pas le temps de répliquer. Quittant la demeure, elle prit le chemin du portail. Son cœur battait la chamade. Serrant fort ses cartons comme s’ils pouvaient la consoler, elle retrouva son véhicule. Elle s’était réveillée le matin en sachant que la journée allait être compliquée. Mais jamais elle n’aurait pu prévoir que l’homme qu’elle aimait, celui qu’elle avait tenté de haïr pour l’avoir abandonné, avait les meilleures raisons du monde pour l’avoir oublié. Etrangement, ce qui aurait dû la rassurer l’avait poussé à fuir. Incapable de gérer ses émotions, apeurée par l’idée de ne pas savoir gérer cette situation, Brigitta se demandait s’il n’était pas temps de l’oublier. Elle y voyait un signe, aveuglée par ses désillusions du passé, incapable de voir l’espoir qui venait de naître. Garée sur cette allée, elle pleurait toutes les larmes de son corps, un cri strident retentissant dans son esprit comme le hurlement qu’elle souhaitait extérioriser à cette instant précis. Elle mit quelques secondes à comprendre que ce cri strident n’était autre que le klaxon de son auto qu’elle actionnait en posant lourdement son front sur son volant. Le sentiment de honte pris le dessus et elle démarra, prête à rentrer chez elle. En passant devant le portail des Maurizio, elle vit cet homme, suivant la voiture d’un regard à la fois inquiet et perdu. Son cœur se déchira une nouvelle fois.

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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Lun 5 Juin 2017 - 20:45 )
Bienvenue !
Ce qu'elle est belle notre Brigitta. Je vais peut-être faire une exception pour rompre un peu mes habitudes de célibataire...


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.
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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Sam 2 Déc 2017 - 11:27 )


Djo, t'es vraiment dégueulasse. C'est trop triste. Je suis déprimée. Brigitta me fait trop de la peine et Marco, mais omg, je veux le prendre dans mes bras. PUTAIIIIIIIN. C'est QUOI ce CHAPITRE.

Mais j'ai adoré te lire. <3 Une merveille !
Mais je te boude.
OUI. JE TE BOUDE.


Je sens quelque chose qui ne se dit pas, dont j’ignore la cause. C’est dans tes sourires, un je-ne-sais-quoi qui s’arrête au bord du désir. Quelle est cette voix, qui nous entraîne à renoncer sans regarder l’un vers l’autre ? Si c’est un choix, il faut qu’on s’aime, sans se lasser pour se garder l’un et l’autre. L’un près de l’autre.


Dernière édition par Bren Gianelli le Sam 2 Déc 2017 - 15:27, édité 1 fois
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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Sam 2 Déc 2017 - 12:23 )


J'ai pas de mots, là.


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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Sam 2 Déc 2017 - 13:48 )
Bha ça va non, il était un peu drôle ce chapitre, au début ? Rolling Eyes
N'empêche, je rigolai en voyant toutes ces personnes traiter Marco d'enfoiré. Mouahaha ! (Sachant que cette suite était déjà dans ma tête depuis le début.)



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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Sam 2 Déc 2017 - 14:30 )
Pavre Marco

Elle a un peu l'air d'une tarée oui en mode cambrioleuse Brigitta Tu es sadique Djo, mais cette suite est absolument parfaite, sauf la fin Ne laisse pas tomber :please:
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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Sam 2 Déc 2017 - 15:09 )
Après avoir lu tout ça, du coup, je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt, mais comme ça, j'aurai moins à attendre ;).
Franchement, tu as un récit fluide et prenant. J'ai dévoré les deux chapitres rapidement . Cela se voit que tu as fais des fanfictions par le passé. En tout cas, j'aimais déjà bien ta plume, donc pas de grandes nouveautés pour moi, si ce n'est la découverte d'un nouveau personnage à suivre.
Du coup, pauvre Brigitta et Marco . Le sort est vraiment contre eux, mais je suis certaine que c'est le début d'une logue suite. En tout cas, bon courage pour la suite de l'écriture .
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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Dim 3 Déc 2017 - 12:01 )
Tu nous as bien bernés, tu es content hein. :sifflotte: Rolling Eyes Petit con. Rolling Eyes On va créer un clan de boudeuses pour faire taire la satisfaction que je sens pousser en toi. L'armée de femmes sur CV !!!

Bon, la Brigitta, elle a intérêt à se bouger le cul !!!!

Toujours aussi fluide et agréable à lire. Et bizarrement, je préfère ton style dans le mélodramatique complexe, même si j'aime aussi quand c'est plus léger et drôle. Ton talent est indéniable.
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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le Dim 3 Déc 2017 - 12:39 )
Je vous remercie ! C'est très gentil à vous.
Mais faut bien trouver matière pour continuer l'aventure. Si tout était simple... On s'embêterait vite. Mouhahaha !

En tout cas, ca me donne bien envie de continuer ! Merci à vous



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Sujet: Re: Brigitta • La blogueuse désespérée ( le )
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