Revenir en haut
Aller en bas

-38%
Le deal à ne pas rater :
Disque Dur Externe – WD Elements™ – 1To – USB 3.0
49.99 € 80.01 €
Voir le deal

 

- no light, no light, in your bright blue eyes. -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo :: Résidences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Sienna MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Sienna Morelli
Faceclaim : Bianca Balti • av. nuit de tubéreuse + sign. uc.
Messages : 34 - Points : 61
Âge : trente-huit ans, bientôt trente-neuf. la quarantaine approche et les inquiétudes et regrets avec.
Métier : commissaire priseur avant de ne devenir héritière et pdg du vignoble familial.
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Mar 29 Déc 2020 - 13:56 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

Un frisson me passe sur l’échine et je ferme les yeux, secouée par son intensité, la sensation d’avoir chaud et froid en même temps, comme un vilain rhume qui s’installe alors que j’ai la tête qui tourne. Le corps lourd, endolori, la sensation de courbatures omniprésente qui se rappelle à chaque inspiration ou expiration qui m’échappe. La nausée installée sur mon estomac depuis bien avant le déjeuner et qui ne semble pas vouloir me quitter. Le dos raidi, probablement par la chaise, qui essaye de compenser avec des crampes pour me rappeler à l’ordre. Alors que j’ouvre de nouveau les yeux, je remarque l’heure. Il est tout juste quatorze heures, pourtant, j’ai l’impression d’être là depuis une éternité. J’ai l’impression que tout tourne au ralenti alors que j’ai pourtant tant à faire. Une de ces journées qui devrait passer en un éclair, tellement j’ai de choses sur la planche. Quelques objets à voir, à estimer. Des conclusions à rédiger pour envoyer à certains clients. Quelques mails à traiter, une vente à organiser. Pourtant, depuis ce matin, c’est à peine si j’ai pu faire autre chose que regarder les photos envoyées. Les observer, de façon absente, comme si j’avais l’esprit occupé ailleurs. Et probablement, que j’ai l’esprit occupé ailleurs. Chez moi. Chez nous. Dans cette nouvelle grande maison, bien différente de l’appartement que nous avons délaissé.

Une charge mentale supplémentaire qui s’est ajoutée, parce que Luciano en avait marre d’être au cœur de la ville, parce que je n’ai pas su résister à la vue sur l’étendue de bleu paisible quand il m’y a traînée. Peut-être, aussi, que je n’ai pas pu résister à son sourire sincère, ses yeux rêveurs. Peut-être, probablement, ai-je culpabilisé de dire non à d’autres rêves, laissant celui-ci se réaliser, quand bien même, il est un rappel de ce qu’il désire réellement. Un nouveau départ qui s’offre à nous, encore que, j’en doute bien sincèrement, puisque la présence de Luciano semble se réduire, encore et toujours, comme s’il fuyait déjà ses murs qu’il a pourtant voulu. Des murs encore vides, parce que je n’ai pas eu le temps de m’y mettre. Dédiée à mon travail, à finir les dossiers en cours avant les fêtes pour pouvoir prendre le temps pendant des vacances méritées. Un moment pour décrocher, en famille. Parce qu’il est évident que cette année, plutôt que d’aller à Monto Nuovo, nous resterions dans cette nouvelle maison. Sans aucun doute, mes parents viendront nous rendre visite pour admirer la maison. Mon père à me chouchouter. Ma mère qui subtilement évoquera les chambres supplémentaires… Comme un complot silencieux avec Luciano. Celui qui vise à me rappeler, encore et toujours, que ces pièces-là attendent un occupant, un propriétaire. Peut-être que le mot « nurserie » lui échappera, alors qu’elle me demandera comment je compte aménager telle ou telle pièce. Si je compte changer la décoration.

Un stress qui s’étire depuis des semaines. Les décisions multiples, oppressantes qui doivent être prises rapidement. Comme celle de garder l’appartement et le louer, de déménager rapidement pour commencer la nouvelle année dans ce nouveau « chez nous ». Un stress qui m’éprouve et que je cache, pour que Luciano ne voit rien. Car je sais que son travail lui pèse aussi, et je sais que les nombreuses heures qu’il passe au bureau l’épuisent. Peut-être est-ce aussi pour cela, que je l’ai laissé nous sortir légèrement de la ville pour un peu de calme. En espérant peut-être le voir plus souvent. Pourtant, il est souvent parti avant moi le matin. Pourtant, il rentre tard le soir. Juste à temps pour dîner rapidement et prétexter être exténué pour disparaître aussi sec dans la chambre. Dans le fond, une liberté offerte qui me permet de laisser mes démons s’exprimer sans crainte qu’il ne les surprenne.

« Sienna, tu as envoyé le mail aux Balottelli ? »  Nouveau frisson qui me rappelle à l’ordre et le coupe le souffle. Je cherche l’heure et mes yeux peinent à faire la mise au point sur ma montre tellement j’ai la tête qui tourne, alors, je préfère lever les yeux sur mon associé qui se tient dans l’encadrement la porte. « Pardon ? » Je bredouille, chose qui ne m’arrive jamais. J’ai la sensation affreuse d’avoir été prise la main dans le sac, comme si j’étais à piquer une sieste et qu’il m’en avait réveillée. Il me regarde, surpris, avec un air sur le visage étrange. Il a l’air concerné. Mais, de quoi ? « Sienna, ça va ? » Il s’approche et pousse la porte derrière lui, probablement décidé à ne pas laisser échapper notre conversation dans le reste du bureau. « Oui, pourquoi ? » Ses sourcils se froncent et je me demande ce qui peut bien clocher. « Déjà ce midi, tu n’avais pas l’air en forme, mais depuis que tu es revenue… » Il laisse sa phrase en suspens et je me surprends à chercher ce qu’il veut me faire comprendre. « Rentre chez toi. » Une suggestion offerte qui pourrait presque ressembler à un ordre. J’inspire, puisant dans mes dernières réserves pour me lever. Tout tangue et je manque de tanguer avec la pièce alors que je me presse sur mes deux pieds, les mains qui me retiennent, à plat sur le bureau. « Je suis fatiguée, probablement en train de tomber malade, ce n’est rien. » Je me justifie, un peu mollement. Je ne me sens pas la force d’argumenter avec lui. « Sienna. » Son ton se durcit et j’ai l’impression d’entendre mon mari qui veut me faire entendre raison. Ce que je déteste ça. J’amorce le mouvement dans sa direction, et lui tombe dans les bras, saisie par une douleur foudroyante. « Ça ne va pas du tout, laisse-moi appeler un médecin. » « Non. » Je rétorque, comme une enfant, alors que j’essaye de me redresser pour tenir la face entre ses bras. « Alors Luciano. Qu’il te ramène chez vous. » « Surtout pas. » Je réponds trop vite pour que cela ne soit pas suspect. D’ailleurs, il me regarde avec cet air qui me prouve que ma réponse ne lui plaît pas, qu’elle le surprend, aussi. « Ça va. » Je finis par reprendre le contrôle de mon corps, non sans mal. Juste assez pour lui donner le change. « Pour te faire plaisir, je vais rentrer et aller chez le médecin. » Je lui sers un faux sourire, en espérant le convaincre.  Aller chez le médecin, passer à la pharmacie, rentrer et me reposer. Un plan qui ne me convient guère mais avec lequel je vais devoir composer.

La distance de mon bureau à ma voiture est une torture indescriptible et je me maudis d’avoir enfilé des talons ce matin. Quand je glisse derrière le volant, je me regarde enfin dans le rétroviseur et je comprends soudain l’inquiétude de mon associé. Je suis pâle, les yeux vitreux, loin de la superbe que j’affiche habituellement. Je souffle, cherchant déjà mon téléphone dans mon sac avant de ne chercher à joindre mon cher et tendre. Les doigts qui tapent sur le volant avec impatience alors qu’une dernière sonnerie ne se stoppe soudainement pour m’annoncer que je viens d’atterrir sur sa messagerie. Je souffle, agacée ou soulagée, je n’en sais trop rien. « Amore… Je voulais juste te prévenir que je vais rentrer à la maison. Je ne me sens pas bien, je vais aller consulter. À plus tard. » Je ne m’attarde pas, parce qu’il prendra probablement connaissance du message plus tard, trop tard peut-être, alors que je serai déjà à la maison. Les clés qui tournent pour démarrer le bolide, le bruit du moteur, et je disparais.

•••

Un frisson me passe sur l’échine et j’ouvre les yeux, secouée par son intensité, la sensation d’avoir chaud et froid en même temps, comme un vilain rhume qui s’installe alors que j’ai la tête qui tourne. Pourtant, je sais que ce n’est pas un vilain rhume qui s’installe. C’est une partie de moi qui a mis les voiles. J’ai la gorge serrée et je sais que le moindre battement de cils pourrait laisser échapper des larmes incontrôlables. Des larmes que je suis incapable d’expliquer, comme cette culpabilité qui me ronge de l’intérieur, qui me provoque la nausée. Pourtant, je suis vide. D’énergie. D’envie. Je peine à lever les yeux. La mise au point est rapide. Le ciel se teinte de pourpre et d’orange. Le temps qui semblait s’être arrêté derrière mon bureau est passé aussi vite qu’un claquement de doigt à l’instant où le médecin m’a regardée, m’ordonnant d’aller aux urgences. Tout le reste n’est qu’un passage flou, trop rapide. De gens qui se succèdent, de médecins qui approchent, d’infirmières qui m’interrogent.  Et puis, finalement, quelques mots, quelques explications à toute cette souffrance physique qui va s’amplifier et aller flinguer le moral. « Madame Morelli, vous êtes en train de faire une fausse couche. » Un train qui vous percute à grande vitesse. Comment puis-je perdre un enfant qui n’existe pas ? Car, il est bien impossible que je sois enceinte. Que j’ai pu être enceinte. Parce que je fais attention, parce que je n’oublie jamais ma pilule. Parce que mon retard ne s’explique que par le stress du déménagement. Parce que mes étourdissements et nausées ne sont que le résultat des crises de boulimie liées à l’anorexie. Parce que je contrôle tout ça. Nuance, je contrôle tout. Alors, comment cela aurait-il pu m’échapper ?







    AMORE •••
    softly whispered lies.
Revenir en haut Aller en bas
Luciano MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Luciano Morelli
http://www.ciao-vecchio.com/t8214-luciano-morelli#273048 http://www.ciao-vecchio.com/t8230-luciano-o-39-ans-o-publiciste#273636
Faceclaim : Cillian Murphy ©and there is a woman
Messages : 90 - Points : 70
no light, no light, in your bright blue eyes. Ift0
Âge : Quasiment 40 printemps
Métier : Publicitaire
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Mer 30 Déc 2020 - 18:40 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

J’ouvre mollement les yeux sur notre chambre à coucher. Presque instinctivement je cherche à tâtons la chaleur du corps qui a l’habitude, chaque nuit, d’être allongé à côté du mien. Rien. Seulement le froid et le vide d’un lit depuis longtemps déserté. Je me retourne pourtant rageusement comme si je le boudais de m’avoir abandonné. Le soleil déjà haut perce de ses rayons les rideaux encore fermés. 

Le même réveil tous les matins depuis que nous sommes arrivés dans cette maison qui ne tient pas la promesse de la nouvelle vie que j’espérais. Je suis déjà fatigué d’une journée qui n’a pas encore commencée. D’ailleurs une fois sur deux je ne programme même plus l’alarme sensée me sortir de la torpeur d’une nuit agitée. Non pas par la passion que Sienna et moi devrions partager. Plutôt par le stress et l’anxiété. Cette même sensation de boule au ventre, de gorge nouée s’amplifie au fur et à mesure que les heures s’égrènent doucement, trop lentement jusqu’à ce que je puisse retourner me coucher. Je prie alors silencieusement pour qu’un sommeil long et profond vienne me faucher. Il n’arrive jamais...

Tout aussi mollement que j’ai ouvert les yeux, je pose un pied à terre puis deux. En grattant la joue rêche d’une barbe qui renaît je me dirige tout droit vers la lumière qui m’a probablement réveillé. Comme je l’avais subodoré le jour a depuis longtemps commencé sa course effrénée sans que je ne sois prêt à l’accompagner. La vue à couper le souffle n’a pas le pouvoir de me sortir de la grisaille où je suis enfermé. Emprisonné. Mes tripes ont décidé de me harceler. Alors que rien ne semble l’indiquer, j’ai la sensation qu’un terrible orage est sur le point d’éclater. Pourtant derrière la vitre le ciel et la mer se mélangent ne formant plus qu’une tache bleutée.

Un café. Malgré le retard que j’accumule dernièrement au travail je me dirige vers la cuisine comme un robot et descends l’escalier piano-piano. Le long du couloir j’occulte volontairement les portes closes qui cachent plusieurs pièces tristement vierges. À l’intérieur pas de pots de peinture aux couleurs pastel attendent d’être posés. Pas de projets pour les combler d’objets ou plus particulièrement de berceau en osier. Notre récente acquisition est à l’image de ses nouveaux propriétaires. Peu concernés. Même dans le salon il n’y a pas comme les autres années, un sapin allumé. À priori dans la famille Morelli il n’y a plus rien à célébrer. Mal réveillé je butte sur un de ces cartons qui jonchent encore le parquet. Comme le reste j’essaye d’oublier.

Munie d’une tasse fumante et odorante, en boitant légèrement mais jurant ostensiblement je réemprunte le même escalier, passe devant les mêmes portes verrouillées. Devant le miroir, le même regard blasé que les cernes ont amplifié. Une gorgée de ce breuvage aussi noire que mes idées. De la mousse à raser. J’attrape le coupe-choux que j’ai cru bon acheter. La lame étincelle à la lumière du plafonnier et glisse sur la mâchoire lissée.

Pour la première fois de la matinée un pâle sourire égaille mon visage éreinté. Je ne m’en suis pas trop mal sorti avec ce rasage de près, mais la satisfaction n’est que de trop courte durée. D’une main, la mauvaise, je ferme l’instrument de boucher parfaitement aiguisé, de l’autre j’attrape mon café. Les deux tombent à mes pieds bientôt succédés d’une larme carminé. Le bac de douche se teinte de la même couleur prononcée...

 J’arrive à l’agence à une heure impardonnable en tendant mon bandage taché. Ni la culpabilité, ni la douleur n’a rien changé au fait qu’avant d’aller enfin travailler je suis passé embrasser celle qui emplit désormais mon cœur et mes pensées. Milo m’observe en soufflant. " J’imagine que tu plaisantes ?!  " Mon associé à de plus en plus de mal à me reconnaître en ce moment. Envolé le PDG survolté qui n’a jamais essayé de se ménager. " Non, pas vraiment... " Devant ma négation c’est pourtant lui qui hoche la tête. Sans me laisser protester il pianote sur l’écran de son portable, commande un Uber l’index levé pour me contraindre à un silence obligé. Je n’ouvre la bouche que pour indiquer ma destination. Les urgences !

•••

Je suis assis sur une table, le bandage écarlate. Un médecin trop jeune pour être expérimenté entre dans la salle. Très patiemment, trop patiemment il défait le pansement mal ajusté, la plaie s’est remise à saigner. Il a l’air d’hésiter. " Je crains qu’il faille recoudre Monsieur Morelli... Peut-être même devrions-nous anesthésier... " Je m’agace devant sa perplexité. " Allez-y ça n’a que trop duré... " Je ne sais plus depuis combien de temps j’attends pour qu’on puisse m’examiner et je n’ai même pas pensé à prévenir Sienna. " Très bien... Il ne s’agit que de deux ou trois points... " Avec la même paresse il enfile son aiguille qui vient percer la paume coupée, je serre les dents, encore une putain de journée ! Un point puis le second. Au troisième et finalement dernier il croit bon d’ajouter : " C’est marrant il y a aujourd’hui un autre patient qui porte le même nom que vous... Une patiente a vrai dire... " Est-ce la douleur ou la surprise qui me chavire. Ma main valide cherche dans la poche de ma veste le téléphone que je n’aie pas pris la peine d’allumer. A mon oreille un message que j’aurais dû écouter !  Amore… Je voulais juste te prévenir que je vais rentrer à la maison. Je ne me sens pas bien, je vais aller consulter. À plus tard. C’est moi maintenant qui suis interloqué. Bredouiller. " Sienna Morelli ? " Le docteur a confirmé. Je ne l’ai pas laissé terminer, plutôt supplier. Où est ma femme ? 

Comme un fou je cours dans d’autres couloirs immaculés. Une chambre m’a été indiqué. Rien qu’une chambre pas de pronostics ni de diagnostics, les protagonistes ont été parfaitement muets. Néanmoins quand j’ouvre la porte à la volée et vois Sienna allongée je comprends qu’un drame s’est joué. Sur ses joues diaphanes son maquillage a coulé. Je n’arrive pas à parler...




pain
Le devoir d’une éternelle fidélité ne sert qu’à faire des adultères.
(c)crackintime
Revenir en haut Aller en bas
Sienna MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Sienna Morelli
Faceclaim : Bianca Balti • av. nuit de tubéreuse + sign. uc.
Messages : 34 - Points : 61
Âge : trente-huit ans, bientôt trente-neuf. la quarantaine approche et les inquiétudes et regrets avec.
Métier : commissaire priseur avant de ne devenir héritière et pdg du vignoble familial.
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Sam 2 Jan 2021 - 12:37 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

La porte s’ouvre dans un fracas qui me sort de cet état d’engourdissement général de l’être, de l’âme dans lequel je suis plongée depuis un temps certain maintenant. Je n’ai pas la moindre idée du temps écoulé, je sais seulement que les teintes prises par le ciel se sont réchauffées pour se préparer à devenir plus sombres encore, avant l’annonce d’une nuit longue, comme toutes celles du mois de Décembre, comme toutes celles qui se couchent sur ma vie depuis un moment maintenant. Pourtant, à la façon dont la porte s’ouvre brusquement, je me doute bien que ce n’est pas une infirmière ou un médecin qui s’invite entre les murs. Malgré tout, je suis bien incapable de pouvoir prédire qui s’empresserait de cette façon dans la pièce. Luciano n’a pas été prévenu. Mes parents non plus. La stratégie de garder le silence jusqu’au verdict est judicieuse, surtout quand le verdict est aussi saisissant. Improbable. Douloureux, surtout quand je croise les perles bleutées de mon époux.

J’ai le cœur qui s’enfonce dans la poitrine, qui se serre pour se rétrécir, comme s’il voulait disparaître. En cet instant, j’ai envie de disparaitre toute entière de sa vue. Pas parce que je ne ressemble probablement à rien. Cheveux en bataille. Maquillage défait. Teint blafard. Les yeux gonflés et rougis. Non, je veux disparaître car je suis vulnérable. Plus que je ne l’ai jamais été. Plus que je ne le serai probablement jamais. Parce qu’aujourd’hui, je viens de prendre l’une des claques les plus violentes de ma vie. Un imprévu qui ne devrait pas m’atteindre. Pourquoi donc, devrais-je être attristée de perdre un enfant que je ne veux pas ? Un enfant dont je ne soupçonnais même pas l’existence il y a encore quelques heures. Et si ça me foudroie et me ronge de l’intérieur, c’est bien à cause de ces perles bleutées qui me regardent, ce regard qui m’interroge car il semble visiblement incapable de poser la moindre question en utilisant sa voix, ses mots. La réponse est évidente. Si je veux disparaître, c’est que je me refuse à voir dans ses yeux la tristesse, la douleur et puis, les accusations, la culpabilité posée sur mes épaules.

Car il est évident que cela ne peut être que de ma faute. Il ne fait aucun doute que Luciano posera sur mes épaules le manteau du meurtrier. Je viens de tuer son enfant. Ce rêve, cet espoir qui fait briller ses yeux et réchauffe son cœur. Ce désir formulé depuis un moment maintenant et que je lui refuse par peur. D’être délaissée, mise de côté. D’être changée, au point de ne plus jamais être la même. Physiquement. Mentalement. De devoir laisser mes propres rêves de côté. Mes ambitions. De renoncer à tout ce pour quoi je me suis battue jusqu’à maintenant. Quand bien même, il n’y avait pas préméditation. Le résultat reste le même. La sentence restera inchangée, dans ses yeux. Il ne la prononcera peut-être pas. Par pudeur, par égard. Mais, je sais qu’elle s’imposera. Alors, le navire finira de couler, touchant enfin le fond. Une descnte qui aura été longue, qui nous aura pris à la gorge, nous aura étouffés, noyés… Avec lenteur et agonie. Il ne restera de notre mariage que des vestiges que certains de plairont peut-être à venir chercher dans les profondeurs. La séparation des survivants qui, eux, feront tout pour oublier, chacun de leur côté.

« Luciano. » Ma voix déraille à son intention, et enfin, mes yeux vrillent pour le regarder. Il ne semble pas avoir la meilleure mine du monde, mais, très vite, ce qui attire mon attention, c’est le bandage sur sa main. Que lui est-il donc arrivé ? « Que fais-tu ici ? » Je l’interroge, parce que c’est bien la meilleure des défenses. Tant qu’il parle de lui, on ne parle pas de moi. Tant qu’il est le sujet de la conversation, je peux encore m’en sortir. À moins que quelqu’un ne lui ait déjà dit. Mais, j’en doute. Il n’a pas encore ce regard que certains autres ont pu m’adresser. Un mélange de pitié et de tristesse. Qui cache probablement d’autres sentiments et émotions derrière. « Tu vas bien ? » Préoccupée, je passe le revers d’une main sur mon visage, constatant l’humidité qui s’y trouvait. Je me rajuste sur le lit que j’occupe, tirant sur le fil de perfusion dont je n’ai absolument pas compris l’utilité.

J’espère juste pouvoir sauver les meubles, rapidement. J’espère pouvoir être libérée vite, pour rentrer chez nous. Quand bien même, notre nouvelle maison n’est pas aussi réconfortante que notre appartement. Quand bien même je ne suis pas sûre de ce qui va se produire ensuite. Je veux simplement être ailleurs. Qu’on me détache, qu’on me libère. Comme si sortir d’ici allait changer ce qui s’est passé. Non. Bien sûr que non. Mais, une crise de couple dans un hôpital serait la dernière lame de couteau dans mon cœur pour finir de m’achever.






    AMORE •••
    softly whispered lies.
Revenir en haut Aller en bas
Luciano MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Luciano Morelli
http://www.ciao-vecchio.com/t8214-luciano-morelli#273048 http://www.ciao-vecchio.com/t8230-luciano-o-39-ans-o-publiciste#273636
Faceclaim : Cillian Murphy ©and there is a woman
Messages : 90 - Points : 70
no light, no light, in your bright blue eyes. Ift0
Âge : Quasiment 40 printemps
Métier : Publicitaire
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Dim 3 Jan 2021 - 16:08 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

Le poing bandé et écrasé sur la porte s’est recroquevillé sur la douleur lancinante. Par instinct mon regard se penche sur ma main coupée, sur la chair déchirée comme si elle n’avait existée que pour me conduire dans cette chambre décolorée. Est-ce pour fuir, encore, que je détaille le mobilier usé, la peinture écaillée, le papier peint délavé ? Rien ici ne ressemble au monde que Sienna et moi avons adopté, même le luxe rassurant semble nous avoir abandonné. 

Pour revenir à la réalité mes yeux papillonnent sur l’alitée. Sous le drap rigide et grisé, qui a dû être taché et lavé sans arrêt, ma femme ou ce qu’il en reste porte la blouse qu’on revêt quand on n’a pas prévu de séjourner dans ce lieu inhospitalier. Ça ne lui arrive jamais de ne pas prévoir, de ne pas anticiper. Nouveau signe qui m’indique le pire et je suis toujours incapable de bouger. Muet. 

Mon esprit aussi aiguisé que la lame qui a tranché échafaude mille suppositions qu’il rejette l’instant d’après. Tout y passe de la maladie incurable subitement diagnostiquée, à celle qu’on tait depuis de trop nombreuses années. Son anorexie. La reine du contrôle aurait-elle tellement maltraité son corps émacié qu’il aurait décidé de se venger ? J’ai pourtant peine à croire qu’elle ne compte pas les calories ingurgitées, ingérées, qu’elle ne les intègre pas dans de savants calculs dont elle seule a le secret ! La formule a-t-elle dégénéré ? Sa voix éraillée, comme si elle ne s’était pas exprimée depuis de nombreuses heures, finie par m’appeler. Un reproche succède à ce murmure mi désespéré, mi étonné !

- Je me suis coupé... D’un geste qui fend l’air desséché, j’élude cette question que j’aurais dû être le premier à poser. Si je ne l’ai pas fait c’est que j’ai peur d’entendre la réponse d’être encore confronté à notre réalité. Loin du confort dans lequel nous nous sommes enveloppés cette chambre d’hôpital est l’allégorie de notre union ou plutôt de notre désunion. Inconfortable et oppressante !

Je pourrais continuer d’expliquer. La morosité à commencer cette journée comme si je sentais où elle allait inéluctablement nous mener. Les gestes dénués d’intérêts. Que Milo m’ait mis de force dans une voiture, que j’ai attendu des lustres qu’on vienne me chercher. Mais ce pauvre mouvement pour se redresser, la perfusion à laquelle elle est rattachée ne m’encourage qu’à me précipiter. J’attrape la perche sans réfléchir pour la rapprocher de ma main mutilée. Une grimace avant de m’asseoir sur le lit qui d’un grincement indigné rejette le poids supplémentaire qu’il doit supporter. Je me force à sourire tant bien que mal. Plutôt mal tout bien considéré. Et cherche sa main pour la serrer. Mal également. 

- Une aubaine on dirait... Sans cette vilaine blessure qui sait si j’aurais pu me trouver à ses côtés ? Mais ce n’est manifestement pas ce qui doit nous inquiéter... Cette blouse par contre... Je pince le nez, sans doute autant pour plaisanter que pour esquiver le moment où les vraies questions vont se succéder. Pourtant j’y arrive sur la pointe des pieds. Ne te va absolument pas... Pas plus que cet endroit... Tu comptes y rester ?





pain
Le devoir d’une éternelle fidélité ne sert qu’à faire des adultères.
(c)crackintime
Revenir en haut Aller en bas
Sienna MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Sienna Morelli
Faceclaim : Bianca Balti • av. nuit de tubéreuse + sign. uc.
Messages : 34 - Points : 61
Âge : trente-huit ans, bientôt trente-neuf. la quarantaine approche et les inquiétudes et regrets avec.
Métier : commissaire priseur avant de ne devenir héritière et pdg du vignoble familial.
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Mar 5 Jan 2021 - 18:13 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

La réponse apportée est sèche, rapide et surtout, elle balaie d’un geste les questions posées. Littéralement, alors que sa main bandée s’agite dans l’air comme pour me stopper dans mon interrogatoire. Car je n’ai visiblement pas le droit de poser de questions. Je n’ai probablement pas le droit, non plus, de m’inquiéter. Est-ce donc ce que notre mariage est devenu ? Seulement un engagement sur le papier. Toute trace de sentiments effacée avec le temps, le quotidien, les rêves qui divergent. Qui nous tirent inévitablement, il faut croire, loin l’un de l’autre, sans possibilité de se rapprocher. Et pourtant, il s’en est fallu de peu…

Quand j’y repense, j’ai l’impression de prendre encore une tonne de plus sur les épaules, sur la poitrine. Que le cœur se charge de vide, mais d’un vide lourd. Si lourd qu’il est insupportable. Pourtant, je me rajuste, péniblement. J’essaye de tenir encore un minimum les apparences. Non sans réaction. Luciano approche et j’ai l’impression qu’il prend son rôle dans la pièce de théâtre dont nous somme les stars. Il devient lui aussi le héros de ce drame. Comme dans les séries B où les acteurs sont mauvais mais qu’on regarde quand même… Il m’attrape la main, là, assis à mes côtés sur le lit. Un geste réconfortant qui pourtant ne l’est pas tant que ça. Un geste malgré tout, qui réchauffe ma main gelée.

Il ironise, mon italien. Il semble vouloir s’amuser de la situation. Du comique qu’il peut y avoir à se retrouver, par hasard, au même endroit, au même moment. Sans le savoir. Sans le vouloir. Juste, un tour du Destin. Une farce du Karma. Il s’amuse, presque, de la blouse que je porte, soulignant qu’elle ne me sied pas. Je ne bronche pas. Je ne dis rien. Je me contente de regarder sa main et la mienne. Je me contente d’esquiver son regard car je ne suis pas prête. J’ai besoin de prendre une nouvelle bouffée d’air. J’ai besoin d’encore un peu de temps pour réaliser, pour que cela soit vrai. Besoin d’un peu de temps pour lui annoncer que ce rêve que je lui refuse, je l’ai tué avant même que sa vie ne commence.

Je secoue doucement la tête, amère à sa question. Je ne pense pas rester. Dans un monde parfait, s’il avait répondu au téléphone, je présume qu’il serait là pour me récupérer. Dans un monde parfait, tout cela n’aurait été qu’un flou. Un mauvais rêve avec une issue différente. Une chute plus rude mais plus acceptable probablement si la vie se manifestait encore au creux de mon ventre.  Lui, aurait été ravi, sourire jusqu’aux oreilles et yeux pétillants. Moi… La seule certitude aurait été l’absence de culpabilité.

« Je ne pense pas. » Je murmure à peine, mais, je n’ai pas besoin de parler plus fort. Il n’y a que nous dans ce silence, dans la pièce. Pas de machine à faire un bruit infernal où à reproduire les battements de cœur d’un humain en devenir. Non, il n’y a rien que le silence et la froideur des murs. Je jette un œil à la perfusion presque vide. Je sais que c’est elle qui conditionne mon échappée. « Je nous ramènerai à la maison dès que je serai libérée de la perfusion et que le médecin m’aura examinée, je présume. »  J’agite sa main seulement pour la regarder sous toutes les coutures, peut-être distraire son attention alors que je remarque qu'il ne sera pas en état de se servir de sa main pour quelques temps.Peut-être, aussi assouvir ma curiosité. « Comment t’es-tu coupé Luciano ? Tu n’es pas si distrait habituellement. » Un constat simple, une question douce.






    AMORE •••
    softly whispered lies.
Revenir en haut Aller en bas
Luciano MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Luciano Morelli
http://www.ciao-vecchio.com/t8214-luciano-morelli#273048 http://www.ciao-vecchio.com/t8230-luciano-o-39-ans-o-publiciste#273636
Faceclaim : Cillian Murphy ©and there is a woman
Messages : 90 - Points : 70
no light, no light, in your bright blue eyes. Ift0
Âge : Quasiment 40 printemps
Métier : Publicitaire
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Dim 10 Jan 2021 - 13:38 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

J’ai l’impression que ma réponse laconique a pour effet de rapetisser mon épouse un peu plus qu’elle ne l’est déjà ! Ce lit métallique ressemble à s’y méprendre à un tombeau, son drap à un linceul dans lesquels elle se noie. Plus aucune trace de la femme dont je suis tombé amoureux il y a longtemps déjà, plus aucune trace de celle qui ne laisse rien au hasard, de celle qui contrôle, maîtrise et analyse. Pour la première fois je la vois vulnérable, faible et même fragile, comme si elle s’avait déjà...

Depuis que j’ai rencontré Pia, je me suis longuement imaginé le visage triste et devasté que j’ai maintenant devant moi. Celui de la défaite, celui de la débâcle. Le voir en réalité, alors que je ne sais même pas pourquoi elle est reliée par le bras à cette perfusion presque à plat, m’enfonce un pieu douloureux et invisible dans ce muscle désorienté et hésitant, embarrassé et inconstant qui me sert de palpitant. Malgré lui il rate un battement. Si je trompe allègrement Sienna je pourrais jurer sans mentir cette fois qu’elle compte toujours énormément pour moi. Que la voir dans cet état affecte le mien bien plus que je ne le soupçonnais déjà.

J’accours comme un maladroit... Trop tard en tout cas ! J’aurais dû être là depuis des lustres, j’aurais dû décrocher mon téléphone quand elle a appelé, j’aurais dû être devant le médecin quand on lui annoncé ce qui ne va pas. Le désintérêt qu’elle doit supporter me saute aux yeux en même temps que cette foutue fébrilité que je ne peux toujours pas nommer. J’ai envie de questionner, j’ai envie de comprendre et de savoir à quel point je dois m’inquiéter mais je connais mieux que quiconque la femme aux yeux perdu sur nos mains liées et glacées par l’émoi. De mes interrogations elle ne veut pas...

- Tu nous ramèneras ? Un rire ironique presque sarcastique m’échappe déjà. En tout état de cause elle est incapable de mettre un pied devant l’autre, alors remonter l’allée blanchâtre, retrouver la voiture, se mettre derrière le volant et conduire jusqu’à chez nous me semble être dévolu. C’est moi qui dois faire tout ça ! Lui reprocherais-je implicitement de nier ma place, de nier le rôle dont je m’échappe parfois tant elle n’a pratiquement jamais eu besoin de moi. Comme si ça ne suffisait pas elle examine mon bandage se substituant à un médecin qui a déjà fait son boulot de surcroît... C’est un simple accident Sienna, j’ai seulement eu la merveilleuse idée de me raser en buvant conjointement mon café... Voilà le résultat ! Je récupère ma main pour l’agiter nerveusement devant nos regards éteints, ses yeux qui ne me regarde même pas. Puis j'enterre définitivement le sujet, j’estime que nous avons assez tergiversé ! Et toi... Que fais-tu là ?!





pain
Le devoir d’une éternelle fidélité ne sert qu’à faire des adultères.
(c)crackintime
Revenir en haut Aller en bas
Sienna MorelliLe vin est un puissant lubrifiant social
Sienna Morelli
Faceclaim : Bianca Balti • av. nuit de tubéreuse + sign. uc.
Messages : 34 - Points : 61
Âge : trente-huit ans, bientôt trente-neuf. la quarantaine approche et les inquiétudes et regrets avec.
Métier : commissaire priseur avant de ne devenir héritière et pdg du vignoble familial.
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le Dim 17 Jan 2021 - 18:53 )
❝ no light, no light, in your bright blue eyes
i never knew daylight could be so violent
a revelation in the light of day
you can't choose what stays and what fades away
Luciano & Sienna

L’ironie présente dans sa voix et sur son visage lorsque j’évoque le fait que je compte nous ramener me laisse amère. Contrairement à lui, j’ai encore deux mains valides. Certes, je suis épuisée, vidée de toutes forces, mais, rien d’insurmontable maintenant que les douleurs ont cessé. J’ai le corps épuisé et pourtant, l’horreur n’est pas terminée. Je le sais. Depuis que je suis arrivée ici, tout est clair et limpide. Je ne vais pas m’en sortir en quelques minutes et retrouver une pêche incroyable le temps de cligner des yeux. Ce sont des jours de repos entiers qui m’attendent. Au moins une semaine. Si j’ai essayé de négocier avec le médecin, mon état de santé global est alarmant et probablement que le stress sur mes épaules est le facteur privilégié de cet incident tragique. Ça, probablement que je me garderai bien de le lui dire, à mon cher et tendre époux. Lui qui ne semble voir que ce qui l’arrange. Comme la façon dont il voit les choses. Sa coupure qu’il dédramatise alors qu’elle est tout de même à l’origine de sa visite aux urgences. Et je sais que ça l’agace. Pas que je m’en inquiète, non. Mais que je l’interroge. Si ces derniers temps, il y aa bien quelque chose que je sais que je dois éviter, c’est bien ça. L’interroger. Oser poser des questions pour savoir le pourquoi. Le comment. Alors qu’il y aurait bien des choses que j’aimerai savoir. Je devrais, savoir.

Et il réclame la pareille, d’un ton tranchant alors qu’il m’interroge sur les raisons de ma présence. Je le regarde, laissant mes mains retomber en un nœud sur mes cuisses. Je le regarde, comme si c’était la première fois que je le voyais. Comme si, je me demandais de quel droit cet homme me posait des questions. Parce que ce n’est pas celui que j’ai épousé. La patience est visiblement une vertu qui se perd. Avec le temps ou l’usure d’un mariage. Je ne saurais dire. J’ouvre la bouche, incapable de faire sortir un mot. Je prends une seconde pour réfléchir à la façon la moins compliquée de le lui annoncer. Car je sais qu’à l’instant ou cela s’ancrera dans son esprit, il regrettera probablement que l’entaille dans sa main ne l’ait pas fait saigner jusqu’à ce qu’il perde connaissance ou pire encore. Parce que, je vais lui retirer un rêve quand bien même, il n’était encore qu’une inconnue, une illusion. J’ai le cœur qui se serre et je détourne les yeux, car je ne veux rien voir des émotions qui vont le saisir, le traverser. Je ne veux rien voir des sentiments qui changeront, en pire, sans aucun doute. J’inspire, regard fixé sur mon pouce que je gratte de mon autre main. « Je.. J’ai… » Impossible de savoir comment conjuguer. Ce n’est pas fini. Et pourtant, ça l’est tout de même. La complexité globale est éreintante. Situation violente. « J’ai fait une fausse couche, Luciano. » Et je ferme les yeux, prête à me prendre les pires reproches qu’il garde probablement depuis des mois, des années dans son cœur. Je remarque finalement l’eau qui coule sur mes joues, constatant les larmes imprévues.






    AMORE •••
    softly whispered lies.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
no light, no light, in your bright blue eyes. Empty
Sujet: Re: no light, no light, in your bright blue eyes. ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- no light, no light, in your bright blue eyes. -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Bord de la Tyrrhénienne :: Posillipo :: Résidences
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut