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- Black Coffee for the memory || Thalia -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Rues du centre
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Rosie GiordanoVous vous bonifiez avec l'âge... ou pas
Rosie Giordano
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Sujet: Black Coffee for the memory || Thalia ( le Mer 17 Fév 2021 - 12:42 )
Que fait une personne amnésique dans le cœur de Naples ? Je me pose la question à chaque fois que je me sens perdue : C’est-à-dire à chaque seconde. Se repérer dans une ville qui a pris vingt-et-un an dans la tronche en une fraction de seconde, ce n’est pas une chose facile. Je traverse des rues, j’observe des boutiques et je me rappelle parfois de ce qui les remplaçait autrefois. J’ai décidé de me fixer un but aujourd’hui. Trouver une boutique qui vend toute sorte de café, provenant de divers continents. On dit que l’odeur peut aider à provoquer des souvenirs. On dit aussi que j’étais, apparemment une mordue de café, que j’aimais goûter à toutes sortes de grain, les mélangeant parfois avec certains autres arômes. C’était un petit plaisir quotidien qui me permettait de rester la plus dynamique possible. Mon fiancé m’a rappelé que cette boisson était ma meilleure alliée, qu’elle m’énergisait lors de mes folles journées et m’apaisait le soir dans un plaid devant un bon film. D’ailleurs, je possède une machine à café sophistiquée qui broie le grain. Le bruit est atroce, à en réveiller un mort. La première fois que je m’en suis servie, j’ai dû suivre la notice et lorsque j’ai enfin réussi à la démarrer, je me suis planqué sous la table en hurlant de peur. J’ai bien cru que la maison s’écroulait. A mon souvenir, les cafetières faisaient beaucoup moins de manière. Le pire, c’est que le café n’était même pas des plus intenses. Orfeo m’a averti qu’il ne restait plus que des grains basiques et qu’ils étaient loin d’être mes préférés. Il m’a proposé d’aller en chercher après son boulot, ce que j’ai refusé. A présent, je suis dans les rues, à vagabonder avec mon smartphone à la main. On m’a dit que cet objet simplifié vraiment la vie. Pour ceux qui savent s’en servir, peut-être. Moi, j’ai seulement réussi à l’éteindre en voulant ouvrir une application GPS et je n’arrive pas à le rallumer. J’aimerais bien demander de l’aide à des passants. Cela dit, par crainte, je préfère éviter. Ces gadgets seront des objets de convoitises qu’il ne vaut mieux pas trop exhiber au risque de se faire racketter en deux temps trois mouvements. Ce monde est terrible !

Je perds espoir. Je sais qu’une boutique existe dans le coin, j’ai noté la rue. Cependant, je ne la trouve nulle part et bien que le quartier soit commerçant, je n’y trouve pas mon bonheur. Chercher sans trop savoir où aller me donne même le tournis. Pas loin, un café-bar propose des terrasses extérieures malgré le froid hivernale. Je m’y dirige et m’installe en sortant de ma poche un plan de la ville. Il n’était pas question de m’y installer, et ainsi gâcher mon temps à délaisser ma mission, cependant le serveur au sourire charmeur qui vient jusqu’à ma table n’a pas besoin de lutter pour que je lui commande son meilleur café. Plongée dans mes pensées, mon regard qui se pose sur son fessier jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le commerce me fait honte. Mon nez plongé sur ma carte, je me lance désespérément dans l’étude des rues et ruelles afin d’y trouver mon graal. C’est alors qu’une personne appelle une certaine Rose. Je fronce les sourcils, car ce prénom ne m’est pas inconnu. Je ne percute pas tout de suite puisque le mien est Rosie, avant que je me souvienne que je préférais que l’on m’appelle par mon surnom, Rose. Je ne sais même pas pourquoi je n’aime pas que l’on me nomme par mon véritable prénom, il est si joli. Mon frère m’a dit que c’était à cause d’une sombre histoire de pimbêche qui me rappelait mon père. Lorsque je lève les yeux, de manière plus ou moins discrète, je vois bien que c’est à moi que l’on s’adresse. Mon cœur bat à cent à l’heure. Voilà le genre de situation qui m’embarrasse : Rencontrer une personne étrangère qui n’est pas censé l’être. Elle m’appelle une seconde fois et par réflexe, je lève ma carte comme si je pouvais encore me cacher. C’est peine perdue, je le sais déjà.


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Thalia WallaceToujours frais après un litre de café
Thalia Wallace
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Sujet: Re: Black Coffee for the memory || Thalia ( le Dim 21 Fév 2021 - 20:08 )
Thalia quitte la petite chambre où logeait sa mère depuis près de vingt ans, un triste sourire sur les lèvres. Cela devenait de plus en plus dur de venir lui rendre visite et plus le temps passait, plus la jeune femme écourtait les moments passés avec celle qui lui avait donné la vie. Cela la désolait, car elle savait qu'elle devrait faire l'inverse, qu'elle devrait passer le plus de temps possible avec elle, mais lors de journée comme celle-ci, lorsqu'elle ne la reconnaissait même pas, il lui était difficile de la regarder en face sans que les larmes ne coulent. Dans le couloir, elle croise l'aide-soignante qui s'occupe généralement de sa mère et les deux femmes finissent par échanger quelques mots, comme à leur habitude. Thalia n'était pas une grande bavarde, mais elle appréciait de parler avec elle, car elle était sûrement l'une des seules à bien connaître Marta, à part elle bien entendu. Aujourd'hui, pourtant, elle n'a pas tellement envie de s'éternisait en ces lieux, elle a besoin d'aller prendre l'air, de laisser ce mouroir derrière elle. L'aide-soignante semble apercevoir son malaise et finit par laisser seule et Thalia en profite pour sortir du bâtiment pour souffler. Elle reste un moment assise sur les marches du vieil immeuble, fumant quelques cigarettes histoire de s'occuper les mains, de retrouver cette sensation que la nicotine lui procurait. Mais bientôt, elle ressent un dégoût profond et jette sa dernière cigarette à peine entamée dans un cendrier fixé dans le mur, elle avait besoin d'une longue marche.

Rien ne pressait, la boutique était fermée, elle n'avait aucun pigeon en vue, elle n'en avait de toute façon pas envie. Pas aujourd'hui. Elle avait juste envie de marcher, de laisser ses pas la guider vers un endroit qu'elle ne connaissait pas, elle avait envie de se perdre dans Naples, comme pour essayer de se mettre à sa place, de voir ce que ça fait. Seulement, à la différence de sa mère, Thalia connaissait la vie comme sa poche, ou presque. Elle avait beau essayer, ses pas la guidaient dans des endroits qu'elle connaissait et la lassitude la gagne très vite. Elle se rend compte que cette promenade ne sert strictement à rien hormis ressasser des choses qu'elle essayait pourtant de refouler au plus profond. Est-ce que c'était la dernière fois qu'elle voyait sa mère ? Est-ce qu'elle allait réussir à payer le loyer du mois suivant ? Qu'est-ce qu'elle allait devenir une fois qu'elle sera partie ? Les mains enfoncées dans les poches de son manteau, la jeune femme maugrée dans son coin, cherchant l'arrêt de bus le plus proche afin de rentrer chez elle. Alors qu'elle attend le prochain bus, ses yeux se posent sur la rue d'en face comme si elle cherchait quoi faire pour les quelques minutes qui lui restaient. Elle penche légèrement la tête en apercevant une silhouette qu'elle pense familière. Thalia met du temps à la reconnaître, mais elle décide de traverser la rue pour se rapprocher et surtout pour saluer la jeune femme qu'elle venait de remettre. Elle ne l'avait vu qu'une fois, dans sa boutique, il y a un mois ou peut-être plus, mais elle l'avait marqué. Elle se rappelait qu'elle avait une fille, d'où sa présence dans sa boutique, elle cherchait un cadeau. « Rose ! » Elle la hèle alors qu'elle est à quelques mètres, mais elle ne semble pas réagir, sûrement ne l'a-t-elle pas entendu. La jeune femme arrive presque à sa hauteur avec un léger sourire, réalisant qu'elle ne s'était pas trompée. « Rose ? » Peut-être qu'elle n'avait pas envie d'être dérangée ? Tant pis, elle était là et elle n'allait sûrement pas se laisser ignorer comme cela. Elle remarque le plan devant la blonde et sourit légèrement, est-ce qu'elle s'était perdue ? « Bonjour... je ne vous dérange pas ? » Thalia demande, mais ne se fait pas prier pour s'asseoir en face d'elle malgré le fait qu'elle veuille se cacher derrière ce plan. « Je ne pensais pas vous croiser un jour en ville, comme quoi le monde est petit. Euh... est-ce que ça va ? » Elle avait vraiment l'impression de déranger ou alors cela venait d'elle, en tout cas elle ressentait bien un malaise.



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Sujet: Re: Black Coffee for the memory || Thalia ( le Lun 22 Fév 2021 - 16:46 )
Apparemment, la personne n’est pas prête à baisser les bras. Bien que je tente de me dissimuler sous les rues de Naples, elle vient à ma rencontre. Je suis toute honteuse. Se cacher ainsi, comme une enfant. Ne le suis-je pas ? Non ! Non, on m’a dit que j’étais une adulte qui avait passé la trentaine d’année déjà. Qu'ai-je fait de ma vingtaine ? Toutes ces belles années que j’ai tant attendue ! J’avais pour projet de lui dire que je venais de finir mon café et m’apprêtait à quitter ma table pour vaquer à mes réelles occupations. Le sort en a décidé autrement : « Bonjour…euh… Je dois juste… » Je n’ai pas le temps de chercher une excuse pour fuir cette situation qui me rend nerveuse que le joli serveur m’apporte mon café. « Boire un bon café.  J’aime le café, j’adore ça. » Je précise sans que ce détail ne soit vraiment utile. L’enfant en moi à parfois besoin de raconter sa vie plus que de raison. Je remercie le serveur, qui s’en va déjà pour apporter la deuxième boisson, qui se trouve sur son plateau, à un client dans l’établissement. Je fais un effort pour que mon regard ne s’attarde pas une nouvelle fois sur son joli fessier. Ce n’est pas correct pour lui, ça l’est encore moins pour Orfeo. La jeune femme s’est assise en face de moi, et bien que ma carte m’aide à faire l’autruche, – C’est une expression que j’ai appris il y a peu. J’avais d’ailleurs très mal pris le fait qu’on me traite d’un tel oiseau – je brave ma panique, replis l’imposant morceau de papier avant de la poser sur la table. Si elle me fait part de son étonnement à nous croiser ainsi, moi, je regrette que cela fût aussi facile. Je n’ai rien contre cette femme qui a l’air tout à fait charmante. Cependant, c’est une personne qui en sait plus sur moi que je n’en sais sur elle. C’est quelque chose de malaisant que j’ai tenté d’éviter ce genre de rencontre pendant un mois en restant confiné chez moi. Je ne pensais pas que le monde était aussi petit en bravant l’extérieur. Dans la boite à image, la planète sur laquelle on vit paraissait si vaste. Maintenant qu’elle s’est imposée à moi et que je ne peux plus reculer ni fuir, je tente d’imaginer qui elle pourrait être pour moi. Il ne me sert à rien de tenter de m’en souvenir, je n’ai pas encore eu accès à cette étape. Et à moins qu’elle soit mon amante - et déclencher un déclic que même ma fille n’a su provoquer - je ne pense pas qu’elle puisse y faire quoi que ce soit. Je panique une nouvelle fois. Après tous, je ne sais rien de la femme que j’étais, peut-être étais-je infidèle ? Mon fiancé m’a informé que lors de nos études, je m’étais affirmé dans ma bisexualité à bien des reprises. Imaginons que je vivais une belle histoire de famille, posée avec un homme et une fille, et que nonobstant j’entretenais une double vie avec une femme, en secret. Si une grimace gagne mon visage, ce n’est pas du dégoût que j’éprouve en pensant que cette femme pourrait être mon amante. Non, c’est une histoire de fidélité. Ai-je des secrets cachés au fond du placard ? Je dois répondre à une question. Laquelle déjà ? Ma mémoire à court terme le fait-elle défaut aussi ? Ah non, elle me revient. « Oui, ça va. Et toi ?... » Je lance un peu plus enjouée : « Vous ? » Je me rattrape, me souvenant qu’elle utilisait le vouvoiement. Donc nous ne sommes pas si intimes. Toute mon histoire d’infidélité ne tient donc pas debout. Je suis si rassurée. Le serveur rattrape son retard et viens demander à mon invitée si elle souhaite boire quelque chose. Pendant qu’elle lui répond, je me casse la tête pour essayer de deviner notre lien avant l’accident. L’homme repart, pourtant cette fois mon attention est tournée vers la jeune femme que je ne peux même pas nommée. Je place ma tasse de café près de mes lèvres, et commence : « C’est vrai que le monde est petit. La dernière fois qu’on s’est vu, c’était… » Je fais mine de réfléchir un court instant : « C’était où déjà ? » Je souhaite bien m’en rappeler, par contre, je n’ose pas lui dire que je ne peux pas. C’est assez bête puisqu’à un moment, elle va forcément se rendre compte que je suis totalement dans le flou. Autant boire un peu de ce breuvage avant que mon cerveau ne finisse par geler.




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Sujet: Re: Black Coffee for the memory || Thalia ( le Mer 24 Fév 2021 - 21:43 )
Lorsque Thalia aperçoit la jeune femme de l'autre côté de la rue, elle ne perd pas trop de temps à la rejoindre, finalement, elle n'avait plus tellement envie de rentrer maintenant. Elle avait besoin de parler, même de tout et rien, elle avait besoin d'une présence pour oublier ce qu'elle venait de vivre. C'était toujours ainsi lorsqu'elle quittait sa mère, il fallait toujours qu'elle appelle quelqu'un pour discuter, c'était un peu comme un appel à l'aide, pour signifier qu'elle était toujours là. C'était un peu ridicule comme façon de faire, mais cela lui permettait de se raccrocher à la réalité. Dans le cas présent, elle ne la connaissait pas plus que cela, mais ce serait justement l'occasion d'en savoir plus sur elle. Seulement, lorsqu'elle l'approche, elle remarque bien que quelque chose ne va pas, cachée derrière ce plan de la ville. Est-ce qu'elle essayait de se cacher de quelqu'un ? Thalia n'avait pas envie de la déranger, mais son air perdu l'avait fait tiquer. Elle s'installe en face d'elle et cet air perplexe ne la quittait pas. Est-ce qu'elle la gênait ? Le serveur qui arrive casse cette dynamique et elle la voit prendre sa tasse et faire un commentaire sur le café. L'antiquaire affiche un sourire crispé, elle ne comprenait pas tellement ce qui était en train de se passer et un rapide coup d'œil au serveur ne l'aide pas plus, à vrai dire, il n'a pas l'air de se soucier de ce qui se passe ici et il repart d'ailleurs avec son plateau. « D'accord... » Sa voix est incertaine et elle a une soudaine envie de quitter les lieux, trouvant la situation un peu trop bizarre. Est-ce qu'elle venait d'interrompre quelque chose ? Est-ce que cette femme était en planque et qu'elle essayait juste d'être discrète ? Elle ne savait même pas ce qu'elle faisait dans la vie, mais son attitude étrange montrait bien qu'elle essayait d'être discrète. Elle finit par lui demander si ça allait, déjà prête à partir, si elle l'importunait alors elle allait la laisser. Mais après un silence qui semble durer des heures, elle lui répond par la positive, mais elle n'avait toujours pas l'air sûre d'elle. Elle passe du tutoiement au vouvoiement, Thalia cligne des yeux un instant. « Je vais bien, merci. » Elle la sent un peu plus sereine à cet instant, mais encore une fois, le serveur interrompt le moment et lui demande si elle veut quelque chose. Thalia réfléchit un instant si elle a assez de monnaie pour se payer un café, faisant l'effort de ne pas sortir son portefeuille pour vérifier, elle a sa fierté tout de même. Elle commande donc un expresso et le serveur est déjà parti, les laissant de nouveau seule et la blonde reprend de nouveau la parole, à sa grande surprise, elle avait cru ne plus l'entendre parler. L'antiquaire se met alors à rire, rien de moqueur loin de là, c'était plutôt un rire nerveux, de soulagement. Elle réalise seulement maintenant qu'elle ne se rappelait pas d'elle ce qui n'était pas très étonnant, elles ne s'étaient qu'une seule fois et il y a plusieurs semaines. Thalia avait eu une bonne mémoire des visages, donc cela n'avait pas été très difficile pour elle, mais elle avait tendance à oublier que tout le monde n'avait pas cette facilité si l'on peut. « Dans ma boutique d'antiquité, peu avant Noël. » Elle lui dit cela comme si cela allait tout expliquer, mais vu l'air perdu de la jeune femme, elle avait un doute. « Ce n'est pas grave si vous avez oublié, cela peut arriver. » Elle rit doucement, elle trouvait le moment cocasse même si elle était assez loin de la vérité. « Vous êtes venue dans ma boutique pour trouver un cadeau pour votre fille dont le nom m'échappe par contre, je n'ai pas une mémoire infaillible. » Elle remercie le serveur d'un hochement de tête alors qu'il dépose son café devant elle avant de repartir. « Vous ne vous rappelez pas du tout ? » Thalia est un peu surprise, mais sans plus, cela pouvait arriver, elle voyait tellement de monde qu'il pouvait lui arriver d'oublier, parfois.


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Sujet: Re: Black Coffee for the memory || Thalia ( le Jeu 25 Fév 2021 - 17:56 )
J’ai conscience que mon comportement ne doit paraitre très naturel. Les gens m’ont connu bien plus sociable que ça. Je n’hésitais pas à engager la conversation, prenais souvent le taureau par les cornes, d’après mon fiancé. Encore une expression que j’ai eu du mal à comprendre. Je lui avais même demandé où trouver des taureaux à Naples pour que je puisse aller m’entrainer. Prendre un tel animal par ses cornes, ça doit être amusant. Tant qu’il ne lui est fait aucun mal, bien entendu. A présent, j’ai la sensation d’avoir peur de beaucoup de chose. Ce n’est pas une peur comme on l’entend. Je ne suis pas effrayée par une personne, par une chose, plutôt par les situations que je peux rencontrer. Je n’ai plus aucun repère et il me faudra du temps pour les retrouver, réapprendre à les gérer.
Là, en cet instant, j’avais envie de fuir. De partir en courant, les bras ballant vers les cieux en hurlant, offrant aux passants un spectacle digne des plus gros nanars du cinéma. Un nanar n’a rien à voir avec un canard coupé en deux. Je le sais parce que j’en ai suivi un à la TV et lorsqu’Orfeo m’a vu en larme devant, il m’a dit qu’il ne fallait pas que je me mette dans des états pareils pour un nanar. C’est là que je lui ai demandé si un de ces volatiles allait se faire couper en deux avec un air des plus inquiets. Il m’a expliqué la différence, j’en ai été soulagé. Je ne l’aurai pas supportée.
Je n’ai pas pu tenter d’évasion, il était trop tard. J’ai improvisé comme sait le faire une gamine de dix ans, ce qui ne l’a pas totalement convaincu. Je dois essayer d’être moins bizarre. Cependant, comment m’y prendre. Je ne peux décemment pas jouer un personnage que je ne connais pas. Si elle était proche de moi, elle connait des choses, des parcelles de ma vie, je paraitrais pour une folle si je lui raconte l’inverse de ce qu’elle sait déjà. Cela dit, qu’importe le chemin que je choisis, elle verra que quelque chose cloche… Si ce n’est pas déjà fait.
Je me rappelle de là où en était notre discussion et lui répond, n’hésitant pas à me reprendre lorsque je me souviens que la norme de notre conversation est basée sur le vouvoiement. Je vois bien qu’elle a tiqué. Mes lèvres se tordent en une grimace désolée. Le serveur ramène son joli p’tit cul. Malgré ça, les yeux restent rivés sur celle qui s’est invitée à ma table. Je tente de la discerner dans ce brouillard que sont mes souvenirs, Et pourtant rien, absolument rien. Elle n’a pas plus de pouvoir que mon fiancé ou ma fille. Je sais que je ne la connaissais pas d’avant mes dix ans, déjà par rapport au vouvoiement, et sinon elle m’apparaitrait comme mon jumeau, sous les traits de son visage d’enfant - du moins, ça aurait été le cas les premières secondes.
Après qu’elle est passée sa commande, je tente subtilement d’en connaitre davantage sur notre relation. Sa réponse est sans équivoque et pourtant ne creuse absolument pas le fossé qu’il y a entre elle et moi. Je pense que ça se voit à ma tête. J’ai un air tout à fait paumé. J’avais vu un dessin animé où un corbeau passait derrière la tête d’un personnage figé, tout ça sous l’effet sonore d’un croassement régulier. Je comprends totalement la métaphore de cette image à présent, puisque je la vis. Je ne suis pas plus avancée. J’ai donc visité sa boutique à Noël. Ceci dit, Nous connaissions nous d’avant ?
Une nouvelle grimace fronce mon nez lorsqu’elle tente de me rassurer. Ce n’est pas que cela peut arriver, c’est juste l’histoire de ma vie, actuellement. J’aimerais que les gens aient conscience que mon amnésie n’est pas quelque chose que je contrôle, que, comme dans les films, un rien peut déclencher tous ces souvenirs en veille. Chaque jour, je me ramasse pourtant un tas de réflexion sur mon incapacité à me remémorer. « Si, tu te souviens ? », « Rappelle-toi ! », « T’as pas pu oublier ça ! ». Je sais qu’ils ne pensent pas à mal, qu’ils espèrent pour moi ce que je n’ose plus espérer. La frustration est pourtant là, attisée par un sentiment de culpabilité de ne pas pouvoir leur offrir ce qui me trouble moi-même plus qu’à un autre. J’aimerai me sentir normal pour une fois et c’est probablement pour ça que je n’ai pas encore avertie ma compagnie du mal qui le ronge. Cependant, avouons-le, ce n’est pas très concluant.
Lorsqu’elle bute sur un détail que je connais, je me presse de lui apporter la réponse : « Lucia. Elle s’appelle Lucia » je lance d’un air un peu trop enjoué, le regard pétillant. Je suis tellement contente de savoir une chose que cette jeune femme ne sait pas. Ce n’est pas par prétention. Juste la satisfaction d’avoir un quelque chose pour moi. J’aimerais lui faire plaisir et lui prouver qu’elle n’est pas de celle qu’on oublie. Je ne peux malheureusement pas répondre à cette attente.
Avant de lui répondre, j’ose fouiller dans ma mémoire, la fraîche. Parce que depuis mon réveil à l’hôpital, mon cerveau enregistre de nouvelles informations, heureusement. Je me souviens de cet objet dans la chambre de ma fille. Un jouet qui se rapproche de mes souvenirs d’enfance, malgré un design différent légèrement. Sans trop faire attention, le regard perdu sur le bâtiment à l’opposé de la rue, je laisse échapper : « Le cheval à bascule… » Continuant ma réflexion, Je m’autorise une petite analyse que je partage, malgré moi, à la brune : « J’en avais un presque identique lorsque j’étais petite. Nous étions deux à l’utiliser. Mon frère l’a cassé lorsqu’il avait sept ans. On l’avait retrouvé dans le grenier de mes grands-parents. Je me souviens… » Un léger rire passe mes lèvres pendant que je repose ma tasse. « Il avait l’air d’un géant dessus. Je l’avais prévenu. Je lui ai dit qu’il allait casser Coco. Le bois n’a pas tenu. » Je lui raconte, le sourire se perdant dans le vide.
Mes yeux me chatouillent, je sens l’émotion me submerger. Se souvenir de certaines choses, qui étaient rangé dans un coin de notre tête, est tellement satisfaisant. Cela n’implique aucune amélioration puisque les événements avaient eu lieu avant mes dix ans. Je suis pris d’un nouvel éclat de rire, mélangé, cette fois, à un soupçon de sanglot. Puis je reprends : « Je voulais l’enterrer dans le jardin. Faire une cérémonie et fabriquer une croix pour marquer sa tombe. C’était avant de savoir que mon grand-père l’avait emmené à la décharge le jour même. »
Pourquoi ai-je envie de partager ce souvenir avec cette inconnue ? Je sais maintenant que nous ne sommes vues que pour un échange commercial et je lui raconte une anecdote que j’ai peut-être gardé pour moi, toute ma vie oubliée. Je suis touchée par cela. Ce n’est pas le deuil d’un jouet qui me rend sensible, plutôt l’intensité de ne pas être totalement vide.




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Sujet: Re: Black Coffee for the memory || Thalia ( le )
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