Thomas | Pas si discret que ça

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- Thomas | Pas si discret que ça -

Ciao Vecchio :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: San Calisto
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Tobia PerciatiLa cerise, fruit de la réussite
Tobia Perciati
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Thème·s abordé·s : dépression, deuil, maladie, mort, suicide.
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# Sujet: Thomas | Pas si discret que ça ( le Dim 14 Nov 2021 - 2:16 )
Garé sur un parking payant, à une dizaine de minutes du bar dans lequel il a pour habitude de se réunir avec son groupe d’ami·e·s, sortie qu’il n’était pas sûr de pouvoir s’autoriser avec la longue journée qu’il vient de passer et qui ressemble à un quotidien auquel il doit se faire. Lorsque le PDG du groupe d’édition a demandé à le voir, il ne savait pas à quoi s’attendre, était loin d’imaginer le projet de fusion, la récupération d’une plus petite maison, dont les intérêts lui sont inconnus. Ce rachat doit forcément lui rapporter de l’argent, ou agrandir sa réputation dans le milieu. Avec ce qu’il a appris sur l’ancien directeur de la firme, celle-ci n’allait pas de toute façon pas faire long feu et les employé·e·s auraient tou·te·s été licencié, par la force des choses, alors peu importe ses intentions finales, c’est un bon plan pour elleux aussi qui gardent leur place, sans être muté·e·s ailleurs, et peuvent remercier cet homme d’affaires de les avoir, à sa manière, épargné·e·s. Iels devront néanmoins se faire aux nombreux changements, notamment leur boss qui est bien différent de celui qui les baladait jusque-là, avec ses magouilles, l’évasion fiscale qui lui doit une poursuite judiciaire. Lui est de plus droit, et de loin. Toutes ces années à travailler au sein de l’entreprise lui a valu des bons points, une image qu’il n’a jamais cherché à se créer, mais qui s’est faite, de par son professionnalisme, ses résultats, sa façon de gérer qui ne plaît pas à tout le monde, il en a conscience, mais qui lui convient très bien à lui. Ce qui fait probablement le plus parler, c’est son sens des procédures. Il est tellement désorganisé qu’il a besoin de s’aider de ça pour ne pas s’éparpiller. C’est comme ça que très souvent, il refuse des rendez-vous imprévus, spontanés, des conversations qui pourraient durer une minute et qui, dans tous les cas, finissent par être rédigés par mail afin d’avoir une trace écrite, et que ça lui serve de notes. D’ailleurs, il fonctionne par post-it. Sur son bureau, il y en a plein. Et sur son écran, sur le clavier, sur son café. Ils sont tellement nombreux qu’il ne sait jamais où il en est, mais grâce à son assistante, Tobia arrive toujours à se rappeler des choses importantes. Alors ça, plus les évolutions au sein de l’entreprise, fait qu’il passe beaucoup de temps dans le bâtiment. Il a besoin de se réadapter en ajoutant ses nouvelles missions, qu’il se sent tout à fait apte de diriger.

Lentement, ses doigts saisissent la clé du véhicule qu’il s’apprête à tourner, afin de couper le moteur, mais la musique qui résonne à l’intérieur le pousse à se figer dans sa lancée. Adele chante son refrain et il ne peut s’empêcher de l’accompagner, à plein poumon. Lorsque le couplet reprend, Tobia s’oblige à s’arrêter et coupe le contact. S’il s’écoutait, il resterait le temps de quelques minutes supplémentaires, mais n’aimant pas trop être en retard, abandonne définitivement l’idée et sort de sa voiture.

Les rues illuminées sonnent l’arrivée des fêtes de fin d’année. Ce n’est pas encore la période, mais il a la sensation qu’iels s’y prennent de plus en plus tôt. Il y a un an de ça, il en aurait été ravi. L’ambiance, les films de Noël, les gens heureux, cette touche de magie… Tout ça, c’est quelque chose qu’il aime, mais cette année a encore le goût amer de la dernière. Il aimerait juste pouvoir y échapper, être déjà en janvier, et ne pas avoir à vivre ces moments douloureux. À défaut de pouvoir avancer le temps, il s’efforce de rendre ça un peu moins dur. Vainement.

Arrivé près du San Calisto, Tobia pousse la porte et s’arrête face à la table qui est déjà composée de quelques proches qu’il salue d’un signe de la main.
- Finalement, tu es là.
- Eh oui, dit-il, appuyé d’un hochement de tête. S’il n’était pas certain de pouvoir se joindre à elleux, il est tout de même content de s’être libéré. Enfin, ça c’était avant d’apercevoir, du coin de l’œil, Thomas l’écrivain. Thomas avec son livre à la fin éclatée au sol. Thomas qui travaille avec sa maison d’édition, maintenant. Et surtout, Thomas qu’il a envoyé balader dans la journée, n’ayant aucun temps à lui accorder. Il se doute de la raison pour laquelle il souhaitait s’entretenir avec lui, mais tout était déjà annoté dans les marges de son manuscrit. Certainement que ça ne vaut pas une discussion en direct, mais il devra s’en contenter pour l’instant. Discrètement, Tobia s’installe auprès de ses ami·e·s, espérant ne pas se faire remarquer. Et il ira prendre sa commande, lorsque Thomas se sera éloigné. D’ailleurs, il est avec qui, là, ce soir ? Parce qu’on lui a bien affirmé qu’il ne serait pas là.


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Thomas De LucaLa pomme, fruit libéré
Thomas De Luca
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# Sujet: Re: Thomas | Pas si discret que ça ( le Lun 22 Nov 2021 - 12:26 )
Thomas avait besoin d'un bon verre de whisky même s'il avait horreur du goût, mais il avait seulement besoin d'avaler quelque chose de fort et pour se brûler l'œsophage et se donner un style, accoudé au bar du San Calisto. L'image cliché de l'écrivain raté qui préfère se saouler la gueule plutôt que d'affronter son problème, à savoir son manuscrit. Pourtant, Thomas n'en ferait rien, le temps passant, le temps de récupération après une soirée bien arrosée, s'allongeait avec le temps et il avait besoin de garder les idées claires. Il troque finalement le whisky pour une bière, mais toujours accoudé au bar, ruminant doucement alors qu'il ressasse chaque moment chaotique de cette journée. Qu'il apprenne que Tobia soit le nouveau directeur de la maison d'édition qui le publiait, oui c'est une surprise, mais celle-là, encore, il avait réussi à la digérer. Partiellement. Mais qu'il refuse de le recevoir prétextant un manque de temps alors qu'il attendait des explications sur toutes les annotations sur son manuscrit, là c'était trop. Près d'un an et demi maintenant qu'il est sur ce bouquin qui le rend littéralement marteau. L'écrivain a ce livre en horreur et il lui devient maintenant difficile de poser ses yeux sur l'amas de feuilles qui le constitue ou même sur les mots qui le composent. Il connaissait chaque phrase, chaque mot, sur le bout des doigts, jusqu'à l'écoeurement. Un véritable écoeurement au point où plus rien ne voulait sortir, il n'était même pas sûr de vouloir continuer à écrire après cela. L'ancien directeur semblait disposé à le publier sans trop de soucis, mais ça, c'était avant que Tobia ne vienne fourrer son sale petit nez dedans. Tout avait changé depuis qu'il avait pris la tête de cette firme. Il avait maintenant des annotations à rallonge sur son manuscrit et il ne pouvait plus débarquer dans le bureau directorial sans prévenir, chose qu'il adorait pourtant faire. Au fil du temps, Thomas avait compris que se pointer sans être attendu résolvait toujours beaucoup de choses, mais il n'avait pas encore réussi avec son nouveau directeur. Mais l'échec est un pas vers la réussite, il lui suffira de papoter avec son assistante et il pourra squatter son fauteuil sans problème, il avait déjà hâte.

Thomas fomente son plan alors qu'il déguste sa bière fraiche, son manuscrit ouvert devant lui. C'était presque ironique. L'écrivain traînait presque ce brouillon avec lui, comme un boulet. Peut-être qu'au fond de lui, il espérait le perdre quelque part et ne plus jamais remettre la main dessus, un soulagement pour tout le monde en somme. Mais Thomas se rappelle soudainement qu'il en avait fait plusieurs copies et l'envie de pleurer lui effleure l'esprit. Jamais il ne s'en sortirait c'est ça ? Plusieurs rires retentissent derrière lui, timing parfait, il avait l'impression qu'on était en train de se foutre de lui, mais il n'en était rien. Par réflexe, il se retourne légèrement avant de voir la bande d'ami·e·s habituelle qui lui arrivait de fréquenter, par connaissances communes, mais l'envie de se mêler à elleux n'était pas là ce soir. Jusqu'à ce que son regard se pose sur la porte qui venait de s'ouvrir. Tobia.  Il fallait qu'il débarque ici celui-là, même le karma était en train de se foutre de lui. Mais peut-être que Thomas savait que l'établissement était un lieu de rencontre assez fréquenté par cette bande d'ami·e·s, alors qu'il soit là ce soir, n'est peut-être pas un hasard. Et bien effectivement, l'écrivain n'avait pas choisi le Calisto par hasard, mais ça, il refusera de l'admettre. Il se donne quelques minutes, laissant le temps à Tobia de le repérer et de fuir pendant qu'il en a l'occasion, mais Thomas savait aussi qu'il était trop tard pour fuir. Un léger sourire aux lèvres, il repose sa bière sur le comptoir avant de se lever, manuscrit en main, prenant la direction de l'endroit où était attablé son nouveau directeur. Saluant d'un geste de la main le reste de la bande, l'écrivain se dirige instantanément auprès de Tobia, lâchant bruyamment le manuscrit qui pesait son poids, sur la table, devant lui, faisant vibrer les verres, pleins ou vides. « On va faire des heures sup' toi et moi. Tu peux me dire ce que c'est que ça ? » Il fait un signe de tête en direction du tas de feuilles pour qu'il n'y ait pas méprise, mais Tobia savait très bien de quoi il en retournait. « Tu peux pas me dire que mon livre est nul avec tes annotations et refuser de me voir après ça. » Les choses étaient claires, posées, ce n'était sûrement ni l'endroit, ni le moment pour parler de tout ça, surtout devant ses ami·e·s, mais Thomas n'en avait que faire sur le moment, il voulait juste des explications.


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Tobia PerciatiLa cerise, fruit de la réussite
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# Sujet: Re: Thomas | Pas si discret que ça ( le Jeu 25 Nov 2021 - 13:50 )
Du coin de l’œil, il visualise la silhouette tant redoutée se rapprocher de leur table. Aussitôt, Tobia regrette de s’être présenté à cette soirée qui est supposée n’être que détente et lui apporter un peu de baume au cœur, mais il le sent, à son énergie qui se dégage au loin, que cette confrontation ne sera pas une partie de plaisir. Avant même que l’auteur les rejoigne, il lâche un soupir de lassitude, préparé psychologiquement, et par la force des choses, à une discussion qu’il n’a pas la moindre envie d’avoir, mais il est évident qu’il ne lui laissera pas le choix, chose qui se confirme lorsque le manuscrit rencontre brutalement la table, faisant trembler tout ce qui se trouve dessus. Tous les regards se posent alors sur la personne qui les dérange dans un doux moment. Les rires laissent place à la stupeur. Sentent-ils également la tension qui règne ? Cette lourdeur qui s’abat sur elleux ? Tobia le ressent, lui, et il n’est pas certain d’apprécier ça. S’il a fait savoir, par une intermédiaire, qu’il n’aurait aucune disponibilité pour lui dans la journée, et qu’il était nécessaire de bloquer un créneau dans son agenda pour parler de ce manuscrit qu’il ne compte pas publier en l’état, c’est parce que c’est comme ça, sa façon de fonctionner. C’est pour tout le monde pareil, et il ne voit pas pour quelle raison il ferait une exception ici. Qu’ils se connaissent ne change rien, encore moins. L’écrivain fait partie d’un groupe commun d’ami·e·s, mais leur relation n’a rien d’amical. Il ne l’a jamais considéré ainsi.
- Ça, c’est ton manuscrit, dit-il, sur un ton monotone, las.
C’est certainement des annotations dont il souhaite parler, mais lui a-t-il demandé si lui était disposé à ça ? Il est bien gentil, à s’imposer après que sa journée soit terminée, pour lui parler de cette chose horrible, ces pages encrées qui lui ont fait perdre de nombreuses heures dans son emploi du temps.
- Tu ne peux pas te présenter dans mon bureau, sans rendez-vous. Je ne suis pas à ta disposition.
C’est sec, ferme, et ça instaure un climat rigide entre les deux hommes, mais ça lui est bien égal. Depuis quand devrait-il se soumettre aux règles imposées des gens avec qui il travaille ? C’est lui qui dicte.
- Estime-toi chanceux d’avoir toutes ces observations dans les marges. C’est déjà une première approche pour commencer tes modifications.
Et comprendre ce qui ne convient pas. Il ne peut nier qu’il a été très sévère, plus qu’avec les autres, peut-être bien parce qu’il s’agit de lui, qu’il connait son travail, son écriture, son style, pour avoir lu tout ce qu’il produisait, si bien qu’il a été surpris de lire ce roman et d’en voir une finalité déplaisante. Ce n’est pas une question de scénario, d’un pari risqué par l’auteur… C’est juste mauvais. Impossible pour Tobia de le publier, alors que son avis n’est pas favorable.
- Si ton ancien éditeur songeait une seconde à laisser passer ça, ce n’est pas mon cas. Je fais simplement mon travail, Thomas, et je t’évite par la même occasion un retour de bâton difficile et des critiques qui pourraient bien te faire redescendre.
Autrement dit, il pourrait presque le remercier.


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Dernière édition par Tobia Perciati le Lun 6 Déc 2021 - 23:53, édité 1 fois
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Thomas De LucaLa pomme, fruit libéré
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# Sujet: Re: Thomas | Pas si discret que ça ( le Ven 26 Nov 2021 - 14:25 )
L'écrivain n'avait même pas pensé au reste de la petite bande présente autour de la table, non, lui, celui qu'il désirait voir ce soir, c'était Tobia. Peu importe le froid ou la stupeur jeté sur l'ambiance alors qu'il lâche son manuscrit sur la table, sans aucun préambule. Puisque son nouveau directeur d'édition refusait de le voir dans leurs locaux, alors peut-être qu'il voudrait bien répondre de ses actes ici et maintenant ? Thomas n'exagère aucunement, ou alors un tout petit peu, mais ces annotations l'avaient vraiment troublé. Est-ce qu'il les attendait ? Évidemment que oui. Une petite part de lui savait que son travail était médiocre, notamment la fin de son récit et ce n'était même pas une surprise qu'il ait des remarques sur le sujet et puis cela prouve une chose :  Tobia faisait bien son travail. Mais hors de question de le reconnaître, n'est pas de mauvaise foi qui veut. Thomas se voilait encore la face au sujet de son dernier livre et il avait surtout très envie d'en finir avec lui afin de passer définitivement à autre chose. « Bravo, Sherlock. » Bon d'accord, il allait laisser sa mauvaise foi de côté un instant, après tout il le dérangeait en pleine soirée, pas sûr que lui-même aurait aimé être dérangé de la même manière alors qu'il était accompagné. En fait… non. Il n'en avait rien à faire. « Apparemment, Monsieur le Directeur est toujours en rendez-vous, alors je te vois quand, moi ? Peut-être que j'aurai plus de chance de me présenter sous un faux nom ? » Et Thomas s'en voulait déjà d'avoir dévoiler une partie d'un plan qui aurait pu marcher. Tobia était certes débordé, mais il était quasiment certain que lorsque son nom était évoqué, il cherchait tous les moyens possibles pour l'éviter, comme depuis des années au final. L'idée de se présenter sous un faux nom lui avait effleuré l'esprit le matin-même mais maintenant qu'il en avait fait allusion, le plan tombait à l'eau, Tobia se méfierait. Thomas croise les bras, dans l'attente d'une réponse qui ne viendrait peut-être pas, mais il n'en avait que faire, il ferait le pied de grue ici le temps qu'il faudrait pour avoir une réponse. Pourtant ce que lui dit l'anglais a le même effet qu'un coup dans l'estomac, ce qui lui fait décroiser les bras qui retombent le long de son corps. S'estimer chanceux ? Est-ce qu'il était en train de se payer sa tête ? « Mes modifications ? T'es pas sérieux ! » Bien entendu qu'il l'était, il n'y avait qu'à le regarder pour le comprendre. Une boule d'angoisse se forme peu à peu. Modifications. Cela voulait dire qu'il n'en avait pas fini avec ce foutu livre ? Impossible. Il n'avait plus la force de se battre pour ce tas de feuilles, pour ces milliers de mots qui lui donnaient maintenant la nausée. « Donc tu es en train de me dire que l'ancien éditeur était un bon à rien ? » Là encore, ce n'était pas forcément une surprise, surtout après les révélations de fraude fiscale, mais ça, c'était une autre histoire. Thomas commençait maintenant à douter de tout, notamment de ses premiers livres, publiés par le même éditeur. Est-ce que cela voulait dire qu'il écrivait de la merde depuis des années ? L'écrivain en aurait presque le tournis. « Je m'en fous des critiques Tobia. Je n'écris pas pour gagner le Pulitzer, j'écris pour moi. » Ce qui n'était ni totalement faux, ni totalement vrai. Thomas écrivait pour lui principalement, mais aussi pour les autres, pour ce besoin de reconnaissance qu'il a depuis l'enfance, ce besoin de compter, de briller, d'exister aux yeux des autres. « Tu ne peux pas comprendre.. Tu ne peux pas me faire ça. » L'écrivain était soudainement abattu, déjà fatigué de lutter pour la sortie de ce livre qu'il haïssait tant. Il avait décidé de transférer toute cette rancœur sur la première personne qui était face à lui, à savoir Tobia, alors que ce dernier n'y était pour rien au final.


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# Sujet: Re: Thomas | Pas si discret que ça ( le Lun 6 Déc 2021 - 23:35 )
En effet, son agenda était bouclé pour un moment et il ne laissait pas la place à l’improvisation. Un besoin incessant de contrôler son emploi du temps, et surtout, d’être un minimum organisé. Lui qui a un bazar monstre sur son bureau, avec des post-it partout, même sur ses écrans, sait au moins ce qu’il doit trouver et préparé lors des créneaux prévus. C’est une façon de garder la tête froide. Mais il doit bien avouer que s’il pouvait éventuellement faire quelques efforts pour traiter les urgences, il n’en ferait aucun pour Thomas.
- Tu exagères, dit-il, en soupirant, silencieusement agacé parce qu’il n’a pas tort. Peut-être aurait-il plus de chance en se présentant avec un nom différent, chose à laquelle il n’aurait jamais songé, s’il ne lui avait pas soufflé l’idée. Doit-il se méfier des personnes qu’il ne connaîtrait pas et qui prendraient rendez-vous ? L’idée qu’il doive s’en inquiéter le fait râler. Jamais encore on ne lui avait fait un coup pareil. D’habitude, son autorité, en tant que Directeur, est respecté. Là, l’écrivain montre qu’il n’en a rien à cirer.
- Thomas. On se connaît, si on peut dire.
Pas vraiment. Juste un peu. L’un comme l’autre détiennent des informations à leur sujet, ont une proximité qui brise des barrières, celles imposées par le cadre professionnel. Ça ne l’arrange donc pas de travailler avec lui.
- Mais ce n’est pas pour cette raison que tu auras un passe-droit. Tu fais comme tout le monde, tu patientes et on rediscutera de ça un autre jour.
Est-ce trop demandé ? Visiblement, si, puisqu’il en rajoute une couche. D’un regard, il s’excuse auprès du groupe qui observe leur confrontation, essayant parfois de lancer un sujet entre elleux, pour alléger l’ambiance, ne pas la pourrir totalement. Des initiatives vaines, puisque trop intrigué·e·s par les tensions entre son poulain et lui.
- Ce n’est pas ce que j’ai dit.
Cet homme a fait son travail, parfois correctement, et d’autres fois, il était à côté de la plaque. Il y a quelques ratés selon lui, mais ça n’a jamais touché les livres de Thomas, avant aujourd’hui. Est-ce si étonnant ? Tout le monde sait à présent que ce type accordait plus d’importance à ses rentrées d’argent, qu’à ce qu’il publiait. En tant que passionné par son milieu, ce n’est pas son cas. S’il y a bien une chose que Tobia fait correctement, c’est ça. Il s’autorise que très peu de marge d’erreur.
- À qui crois-tu que tu t’adresses ?
Cherche-t-il réellement à lui faire avaler ça ?
- Pas uniquement. N’essaie pas de m’embobiner à ce sujet.
Ce n’est pas une honte de vouloir partager ses écrits avec d’autres personnes et selon lui, c’est ce dont il avait besoin. S’il écrivait seulement pour lui, jamais ses livres ne seraient publiés. Et si les critiques lui importent si peu, alors il aimerait au moins que ses lecteur·rice·s qui le suivent depuis des années, puissent retrouver leur écrivain préféré à travers un contenu qui, pour le moment, n’est pas à la hauteur.
Alors qu’il s’apprête à le recaler une énième fois, Tobia se fige, les lèvres entrouvertes qu’il referme au bout de quelques secondes, surpris par l’image d’un auteur qui ne combat plus, qui n’insiste plus… Mais qui, à la place, est épuisé face à ce qu’il semble considérer comme une punition. L’anglais prend une inspiration, puis se lève, posant sa main sur le bras de l’écrivain qu’il incite à s’éloigner.
- On va en discuter, dit-il enfin, comprenant que c’est ce dont il a probablement besoin, et non d’un refus catégorique. Il ne l'admet pas, mais il est touché, aurait même préféré qu'il s'énerve, plutôt qu'il se montre aussi vulnérable. Au passage, il récupère le manuscrit et se dirige vers une table libre, tout au fond du bar. Les verres ne sont pas encore débarrassés, mais ça lui est égal. Il dépose les feuilles reliées sur le bois, et avant de s’installer, fait signe au serveur.
- Ça n’a rien de personnel, tu sais. Ce n'est pas fait avec plaisir.
Certes, il est plus pointilleux, plus exigeant avec lui, mais ce n’est certainement pas pour lui mettre des bâtons dans les roues.
- Alors, explique-moi. Qu’est-ce que je ne peux pas comprendre ?
Il est là, présent, attentif. Ce temps que Thomas souhaitait, il l’a maintenant, alors il aimerait comprendre ce qui semble lui échapper, aussi ce refus d’effectuer ces maudites modifications.
- Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?


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# Sujet: Re: Thomas | Pas si discret que ça ( le )
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